Nº 173

Sans commentaire

Aurélie Filippetti, professeur de l’enseignement secondaire (PRAG) depuis 2017 à Science Po : Cours magistraux

« Sciences Po échappe au droit commun de l’enseignement supérieur […] il y a aujourd’hui encore une barrière pour les femmes. Elles sont souvent chargées de TD, tandis que les cours magistraux en amphi sont essentiellement assurés par des hommes. »

Louis Fouché, médecin réanimateur de Marseille : Évidence

« Là, on t’a dit il y a plein de morts, c’est un virus qui vient de nulle part. On t’a mis dans la confusion. On t’a dit d’aller au théâtre. “Non, finalement, masquez-vous. Ne vous masquez pas.” Tout ça, c’est à l’évidence des techniques de confusion qu’on utilise en hypnose. Et donc c’est ça qui m’a le plus choqué en fait. C’est de me rendre compte que le gouvernement, les médias, étaient en train d’essayer de nous hypnotiser, avance le médecin. Au début, j’ai pensé que c’était de la maladresse. Ou quelque chose qui était de l’incompétence. Et puis petit à petit, je me suis rendu compte que non, ça ne pouvait pas être de l’incompétence. Parce que c’était extrêmement tissé, filé. C’est mondial et puis il y avait vraiment une narration, une scansion. C’était pas un plan qui se déroulait “comme ça”. Et ça, ça m’a posé une question : mais pourquoi en fait ? »

Leo Soesanto : Informations sociologiques

« […] le porno contemporain aurait tout à fait vocation à être consulté comme à la bibliothèque : non pas pour ficher les visiteurs, mais pour cartographier l’imaginaire du moment. Et cela doit se faire inévitablement en ligne : car sinon, on n’aurait pas d’informations sociologiques. »

Jonathan Bailey : Plus agréable

« Le comédien Jonathan Bailey qui joue Anthony [NDLR : dans la série Bridgerton], nous avait confirmé en interview l’importance de ces coordinateurs : « Avant, quand on recevait un scénario et qu’on voyait dans le script une scène de sexe, on se disait toujours ‘oh non.’ Mais depuis environ 5 ans, il y a eu un vrai changement dans l’industrie du divertissement. Maintenant, on a des coordinateurs d’intimité, ça révolutionne complètement l’expérience. […] Cela n’a rien à voir, c’est vraiment beaucoup plus agréable. En tant que comédien, on peut utiliser le sexe pour raconter autre chose, et pas juste serrer les dents en attendant que la journée soit finie. »

Lauren Bastide : Flamme

« […] je travaillais au magazine féminin Elle. L’invisibilisation de certaines femmes y était dominante alors même que toutes mes collègues étaient des femmes, toutes mes cheffes étaient des femmes et tous les sujets étaient liés aux femmes. Un jour, j’ai été interpellée par des lectrices noires, des lectrices grosses qui m’ont fait prendre conscience des sérieux manquements au cœur de la façon dont les magazines féminins sont faits, en France en particulier. J’ai alors commencé à m’intéresser au féminisme intersectionnel et à comprendre qu’il n’y a pas de féminisme juste s’il ne s’accompagne pas d’une pensée antiraciste, antivalidisme, antigrossophobie, etc. À partir de là, j’ai eu envie de défendre cette pensée intersectionnelle et cette flamme ne s’est depuis jamais éteinte. »J’ai peur que nous ayons les yeux plus grands que le ventre et plus de curiosité que nous n’ayons de capacité ; nous embrassons tout, mais nous n’étreignons que du vent.

Houria Bouteldja : On ne peut pas

« On ne peut pas être israélien innocemment. »

Éric Coquerel, député France insoumise de la Seine-Saint-Denis : Le voile de la mariée

« C’est dans le fond de ces religions de faire en sorte que la soumission de la femme à l’homme soit inscrite dans les textes […] et dans les signes distinctifs. Savez-vous que le voile d’une mariée chrétienne symbolise le fait qu’il y a une soumission de la femme à son époux ? Est-ce que vous allez demander dorénavant, au nom de ce que vous pensez, à ce que les mariages religieux ne se fassent plus de la même manière ? […] tout cela renvoie à quelque chose d’extrêmement clair dans la religion chrétienne. »