Nº 171

Sans commentaire

Nicolas Hulot : Façon de penser

« Le temps est venu… pour une nouvelle façon de penser… de réanimer notre humanité… d’applaudir à la vie… de se rappeler que la vie ne tient qu’à un fil… d’apprendre de nos erreurs… de l’intelligence collective… de la transparence et de la responsabilité… de l’humilité. »

Maïa Mazaurette : Bonapartiste

« Malheureusement, notre culture sexuelle est bonapartiste : elle s’acharne. Et elle produit en continu des stratégies permettant de contourner la réalité anatomique de la majorité des femmes… pour continuer à privilégier la pénétration. »Lorsque je quittai l’Amérique au printemps de 1946, j’étais loin de me faire une idée précise de la situation des idées à Paris. […] Certes, depuis la Libération, les lettres que je recevais et divers ouvrages qui m’étaient parvenus me laissaient clairement entendre que, sur le plan intellectuel, le vent n’avait pas tellement tourné. J’avais eu aussi, à New York, de longues conversations avec Camus, puis avec Sartre, qui m’avaient fait entrevoir ce que pouvait être ici l’état des esprits. Je me rappelle que Sartre insistait particulièrement sur la « terreur » que les staliniens faisaient régner dans les lettres. À l’en croire, il eût été de la dernière imprudence de contester publiquement les mérites poétiques de l’Aragon du Crève-cœur  : on risquait de ne pas s’éveiller le lendemain.[…]À Paris, je me convainquis vite que si c’était là une façon romantique de s’exprimer, ce qu’elle dépeignait n’en état pas moins bien réel. Les staliniens, seuls, puissamment organisés dans la période de clandestinité, avaient réussi à occuper presque tous les postes clés dans l’édition, la presse, la radio, les galeries d’art, etc. Ils étaient bien décidés à s’y maintenir par les moyens définis depuis longtemps pour les leurs mais qu’ils venaient d’avoir l’occasion de perfectionner sur le plan expérimental. J’avais beau m’être avisé de ces moyens depuis longtemps, j’avoue que, dans leur application, ils dépassaient à tout instant mon attente. On retrouvait les plus farouches antimilitaires dans les attitudes les plus chauvines, brandissant des « listes noires », avides de sanctions, quitte – en sous-main – à passer l’éponge moyennant de solides garanties, ce qui constituait la technique dite du « dédouanage ». Sur le plan intellectuel, il va sans dire qu’il était de toute importance de neutraliser, de bâillonner ceux qui eussent été à même de dénoncer une telle opération en perçant ses mobiles réels. Par d’innombrables infiltrations dans tous les organismes susceptibles de modeler l’opinion, l’appareil stalinien parvint, au moins dans une grande mesure, à étouffer leur voix en même temps qu’il s’efforçait de les déconsidérer dans sa propre presse, par le procédé de la calomnie périodique.