Certains de mes amis s’étonnent régulièrement que je ne dise ni n’écrive du mal du président de la République, Emmanuel Macron. La mode est à le déchirer, parfois avec commisération, parfois encore avec cette hargne qu’on explique en psychanalyse par ce qu’on appelle le « syndrome de monsieur Perrichon ». Dans une célèbre pièce de Labiche, on découvre cette loi : vous finissez par détester ceux qui vous ont rendu service, et aimez au contraire ceux que vous avez ai
Un homme à l’Élysée
François Bayrou a bien voulu offrir à nos lecteurs, en bonnes feuilles, un passage de son livre Alerte sur la France qui vient (Éditions de l’Observatoire, 2026, p. 81 à 92), dans lequel il brosse le portrait d’Emmanuel Macron. Je voudrais, en peu de mots, dire pourquoi Commentaire lui en est reconnaissant. D’abord parce que c’est lui, et que, depuis l’origine, nous le savons un ami fidèle de notre revue. Ensuite parce qu’il s’agit d’un éloge d’Emmanuel Macron.
On peut certainement discuter et critiquer son action, comme on l’a fait pour tous les présidents de la Ve République, y compris le général de Gaulle qui, en 1968, n’a pas échappé aux critiques les plus extrêmes. Comme nous le faisons aujourd’hui, modérément et continûment, en matière de déficit des finances publiques. Mais je trouve hystériques et déplacés les propos généraux d’une grande partie du monde politique à l’égard de l’actuel président de la République. Quelqu’un croit-il sérieusement que François Fillon, aveugle sur la Russie, ou bien Anne Hidalgo, incompétente en tout, aurait mieux gouverné la France ? Et que, deux fois de suite, la majorité des Français ont fait un « mauvais choix » ?
La situation de la France et de l’Europe entière est historiquement difficile, on dira même tragique. Ce n’est pas Emmanuel Macron qui en est responsable. Ce sont les politiques menées en Europe, à l’est et à l’ouest de l’Europe, depuis au moins le début du xxie siècle. Il en est conscient et a mené pour le renforcement de l’Union européenne, ce qui est essentiel, un combat salutaire dont nous lui sommes redevables.
Jean-Claude Casanova
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