À partir du moment où Poutine envahit l’Ukraine et où Trump retraite, l’Europe doit évoquer deux héros éponymes : Churchill et de Gaulle. Timothy Garton Ash l’avait dit voilà plus d’un an. The Economist vient de le découvrir dans l’article qui ouvre cette revue de presse et dont le titre devrait être : « Admettons-le : de Gaulle avait raison ». En effet, il avait dit à Adenauer en 1962, selon les archives allemandes : « Les Américains ne sont pas un peuple européen. Ils n’ont pas le sens de l’histoire de l’Europe. Ils agissent selon leurs propres intérêts et peuvent, un jour, se retirer. L’Europe doit donc s’organiser par elle-même. » Cette pensée n’est pas propre à de Gaulle, puisque c’est la IVe République, bien avant son retour au pouvoir, qui entreprit de doter la France de l’armement nucléaire. En revanche, comme le montre la citation au dos de la couverture de ce numéro de Commentaire, il souhaitait aussi réorganiser l’Alliance atlantique pour mieux défendre le monde libre ; ce que l’Europe doit préparer en attendant que Trump s’éloigne.
Au moment où l’Europe connaît une crise grave, il est opportun de revenir à la crise majeure et destructrice de juillet 1914, dont l’histoire européenne dépend encore. Ce que nous permet de faire la lecture d’un extrait de l’important article que Georges-Henri Soutou a consacré aux causes profondes de la Première Guerre mondiale.
À Munich, lors de la dernière Conférence sur la sécurité, le secrétaire d’État Marco Rubio a procédé à un exercice difficile : concilier les idées du Président Trump avec ses propres convictions atlantistes. Il n’y est pas tout à fait parvenu, malgré l’hypocrite standing ovation qu’il a obtenue. Comme le rappelle William Kristol, l’Amérique n’a pas été fondée pour agir selon des intérêts. Sa révolution et sa Constitution fondent son esprit et son honneur, comme en 1917, en 1941 ou en 1947. Aujourd’hui, tout laisse penser encore que « le peuple américain est meilleur que ses dirigeants ».
Si l’on considère l’Afrique du Nord, on constate que les rapports de la France avec le Maroc restent excellents, avec la Tunisie cordiaux, avec l’Algérie détestables. Les Algériens s’occupent à nous donner des leçons d’histoire ; rendons-leur la pareille, et offrons-nous le plaisir de publier un article du petit-fils de l’émir Abdelkader, la principale figure historique de l’Algérie moderne. Jean-Louis Panné l’a déniché et il a bien voulu le préfacer. Abderrazak Abdelkader a lutté pour l’indépendance de l’Algérie et a appartenu au FLN. Il a porté sur les relations entre Juifs et Arabes un regard différent de celui des dirigeants algériens actuels.