Université et Science

La lettre du vendredi 11 octobre 2019

L’influence, la puissance, la richesse, le prestige, d’un pays ne dépendent pas seulement de sa population, de son travail, de ses investissements, de ses dirigeants politiques mais aussi de sa science, de ses universités et de ses centres de recherche. L’organisation du système universitaire et scientifique joue dans le monde moderne, nous le savons, un rôle décisif. Au lendemain comme à la veille de la guerre de 1870, la France a perçu le retard considérable qu’elle avait pris par rapport à l’Allemagne dans les sciences physiques et biologiques. Indignés, Renan et Pasteur l’ont clamé. Aujourd’hui, les classements universitaires qui paraissent régulièrement, les études sur la productivité scientifique dans le monde et en Europe, les statistiques sur les Prix Nobel ou sur les brevets montrent que l’organisation scientifique de notre pays n’obtient pas les résultats que son passé dans l’histoire des sciences comme la qualité de son peuple devrait lui permettre d’obtenir. Commentaire n’a cessé de s’en préoccuper et a ouvert très tôt une série intitulée L'Idée d’Université, apportant des réflexions générales sur l'enseignement supérieur et sur la recherche, en France, en Europe et dans le monde. Parallèlement la revue a publié de nombreux articles sur la politique scientifique. Voici quelques articles témoins de ce souci.

 

 Les diplômes français se dévalorisent-ils ?

Damiano Argan et Robert Gary-Bobo
N° 167 Automne 2019

Cet article étudie l’évolution des salaires des jeunes diplômés français entre 1992 et 2013. On constate une dévalorisation des diplômes, de l’ordre de 10 % en termes réels, pour les diplômes universitaires et pour les diplômes des écoles d’ingénieurs. Cette dévalorisation a conduit à un tassement de la hiérarchie salariale. Les périodes étudiées, 1992-1995 et 2010-2013, sont comparables sur le plan macro-économique, et le taux de chômage, le taux d’accès et le temps d’accès à un CDI se sont dégradés pour tous les jeunes diplômés. L’examen des origines sociales des étudiants montre que la mobilité sociale a peu évolué. La massification de l’enseignement supérieur ne s’accompagne pas nécessairement de démocratisation. Nous proposons donc une interprétation de ces faits. [Lire la suite]

 

Science et politique 

Yves Bréchet
N° 161 Printemps 2018

Yves Bréchet appartient à l'Académie des sciences, il propose quelques réflexions sur l'instruction scientifique des décisions politiques en France. La question qu'il traite est d'une importance décisive pour notre pays et pour l'Europe. [Lire la suite]

 

La crise de la science française

N° 106 Été 2004

Depuis de nombreuses années, Commentaire souligne la gravité de la crise que connaît la science française, et, à certains égards, toute la science européenne si on la compare à celle des États-Unis. En France, cette crise ne semble due ni à la qualité des hommes, ni à leur formation générale dans l'enseignement secondaire, mais à la mauvaise organisation des universités comme des institutions de recherche, ainsi qu'à des financements insuffisants et mal attribués. Ce sont les parlements et les gouvernements successifs qui sont largement responsables de cette situation, puisque, chez nous, lois, décrets, et arrêtés encadrent et déterminent, dans sa totalité, la vie scientifique et universitaire. Ce numéro commence donc par le manifeste de quatre savants français universellement reconnus. Ce texte offre un diagnostic sur la situation et des propositions qui devront être discutées dans les numéros suivants Nous publions ensuite les résultats d'une enquête menée auprès de savants français installés aux États-Unis. Elle montre que ce qui caractérise la France aux yeux de ces savants est le refus de reconnaître la gravité de la situation. Vient ensuite une étude de Pierre Buhler montrant l'importance des universités dans le monde d'aujourd'hui. Cet ensemble s'achève sur une note d'actualité incisive d'un de nos meilleurs biologistes, Jean-Claude Weill, dont le titre pourrait servir à nommer la campagne que nous lançons : Arrêtez de faire semblant de ne pas comprendre... 

François JACOB, Philippe KOURILSKY, Jean-Marie LEHN et Pierre-Louis LIONS, Donner un nouvel essor à la recherche française [Lire gratuitement l'article]

JEAN-LAURENT CASANOVA, Les savants français d'Amérique [Lire l'article]

COMMENTAIRE, Enquête auprès des savants français installés aux États-Unis [Lire l'article]

ROGER GUILLEMIN, Espoirs et désespoir des chercheurs en France [Lire l'article]

ALBERT BENDELAC, Les scientifiques français doivent-ils continuer à voter avec leurs pieds ? [Lire l'article]

FRANÇOIS MATHEY, Le déclin en chimie [Lire l'article]

NORBERT PERRIMON, Le modèle américain [Lire l'article]

OLIVIER POURQUIÉ, Diagnostic [Lire l'article]

LUC TEYTON, Les raisons de n'avoir aucun espoir [Lire l'article]

PIERRE BUHLER, Universités et mondialisation [Lire l'article]

JEAN-CLAUDE WEILL, Arrêtez de faire semblant de ne pas comprendre [Lire l'article]

 

La crise de la science française (II)

N° 107 Automne 2004

COMMENTAIRE, La crise de la science française (II) [Lire l'article]

Olivier POSTEL-VINAY, La crise de la recherche française : état des lieux [Lire l'article]

Claude DESPLAN, Doit-on choisir entre liberté et ambition ? [Lire l'article]

Jean ICHBIAH, Quand la recherche bute sur la centralisation [Lire l'article]

Gérard KARSENTY, Changer la recherche pour sauver la recherche [Lire l'article]

Albert LIBCHABER, Idéalisme et réalisme, la recherche en France et aux États-Unis [Lire l'article]

André WEIL, Science Française ? [Lire l'article]

 

Enquête sur l'état de la science française

N° 108 Hiver 2004

Claude ALLÈGRE, Espérons pour entreprendre [Lire l'article]

Pierre-André CHIAPPORI, Que retenir de l'exemple américain ? [Lire l'article]

Pierre CORVOL, Être médecin et chercheur. Les ambiguïtés de la polyvalence [Lire l'article]

Philippe EVEN, Une autre politique de la recherche [Lire l'article]

Pierre-Gilles de GENNES, Pour une révolution [Lire l'article]

Bruno LEMAITRE, La crise vue de l'intérieur [Lire l'article]

Fabienne MACKAY, Chercheur français : un produit de qualité destiné à l'exportation ? [Lire l'article]

Guy OURISSON, Remèdes pour une crise réelle [Lire l'article]

Yves POMEAU, Propos divergents [Lire l'article]

Bernard RAVEAU, Les problèmes à résoudre [Lire l'article]

Didier ROUX, Faiblesses et forces du système français [Lire l'article]

 

L'état de la science française

N° 109 Printemps 2005

COMMENTAIRE, Enquête sur l'état de la science française [Lire l'article]

Francois d'AUBERT, Une nouvelle politique de la science [Lire l'article]

Bernard GAVEAU, Pierre GRÉGORY et Maurice MONCANY, Libérons la recherche ! [Lire l'article]

Bertrand JORDAN, Élitisme, démocratie et recherche [Lire l'article]

Yves MEYER, Une crise de la recherche [Lire l'article]

Laurent NOTTALE, La crise du système d'évaluation scientifique [Lire l'article]

Michelle SCHATZMAN, Franchir une barrière de potentiel [Lire l'article]

Emmanuel VILLERMAUX, La tradition du moine copiste [Lire l'article]

Moshe YANIV, Que faire pour la recherche biologique et médicale ? [Lire l'article]

 

Science et sciences sociales

N° 110 Été 2005

Raymond BOUDON, Les sciences sociales françaises : does anything go? [Lire l'article]

Pierre BOUGNÈRES, Élitisme républicain, une évolution à notre portée [Lire l'article]

Jean-Pierre DUPUY, La concurrence et la science [Lire l'article]

Christian MORRISSON, La réforme est-elle possible ? [Lire l'article]

 

« Orientation et réussite des étudiants »
Une nouvelle loi pour les universités (I)

Olivier Beaud, François Vatin
N° 163 Automne 2018 
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Parcoursup : la loi en pratique

Olivier Beaud, François Vatin
avec la collaboration de Sylvia Marques
N° 164 Hiver 2018 [Lire l'article]

Cet article tente de proposer une analyse raisonnée de la loi dite ORE (pour « Orientation et réussite des étudiants »), promulguée le 8 mars dernier et des conditions de sa première application pour la rentrée universitaire 2018.
Cela nous conduit à étudier les profondes évolutions, juridiques, démographiques et culturelles, qu’a connues l’enseignement supérieur au cours de ces trente dernières années. Nous analyserons ensuite l’aspect juridique de la loi, dont on montrera, au choix du lecteur, les subtilités ou les ambiguïtés. Puis nous nous appuierons sur une enquête pour montrer les conditions différenciées de l’application de ce texte, selon les disciplines et les établissements. L’idée est que cet essai d’histoire immédiate permette d’éclairer le lecteur sur les tensions qui traversent actuellement l’Université française et sur les tendances prévisibles de ses transformations.
Le scandale du « tirage au sort » fut à l’origine de la rédaction de la loi ORE. Cette loi vise à couvrir juridiquement une nouvelle plate-forme d’appariement des candidats et des formations : « Parcoursup », en remplacement de l’ancienne (APB), qui avait été au fil des années complétée par un ensemble de dispositifs « techniques » non conformes aux textes en vigueur et n’avait pu in fine éviter un recours arbitraire au tirage au sort.

 

La folie des fusions dans l’Université française

Robert Gary-Bobo
N° 159 Automne 2017

Les universités, les établissements d’enseignement supérieur français sont engagés depuis dix ans dans un mouvement de regroupement et de fusion. Nous nous interrogeons ici sur l’opportunité de poursuivre cette politique. Les principes d’économie des organisations n’offrent que des justifications assez faibles à la concentration. Les fusions ne sont ni une condition nécessaire ni une condition suffisante du « rayonnement international » et le gouvernement ne peut pas décréter la formation d’universités de recherche de rang international. Nous montrons que l’obligation de regroupement et l’incitation à la fusion révèlent surtout les contradictions d’une administration centrale en proie à une perte de contrôle ; elles sont une tentative de sauver ce qui peut encore l’être parmi les institutions d’un dirigisme dépassé. [Lire la suite]

 

Comment financer les universités

Béatrice Majnoni d’Intignano
N° 165 Printemps 2019

Le monde universitaire n’échappe pas aux convulsions. Or la question du financement est sur la table. La Conférence des grandes écoles et Campus France (agence publique chargée de valoriser l’enseignement supérieur français) plaident pour augmenter les droits d’inscription des étudiants étrangers. Refus des syndicats et lancement du plan « Bienvenue en France » par le gouvernement. L’attrait qu’exercent les filières sélectives et payantes des grandes Écoles, Sciences Po, IUT, université Paris-Dauphine, cursus privés, s’accroît. Leur liste s’allonge, démontrant que les étudiants acceptent la sélection et le prix pour accéder à la qualité. Les filières sans débouchés ou de piètre intérêt perdurent à l’abri de la fiction du diplôme unique.  Hypocrite,  la confusion entre gratuité d’accès et égalité des chances : la gratuité opérant une redistribution à l’envers au profit des classes aisées. encore : la dualité de l’enseignement supérieur français composé d’une aristocratie d’écoles ou d’instituts bien dotés et bien gérés, et d’un tiers état d’universités en mal de moyens et de gestion des ressources humaines. Méprisante : la sélection cruelle par l’échec au cours des premières années de licence qui coûte cher au contribuable et gaspille le temps de l’étudiant. Paradoxal enfin le refus d’analyser les stratégies et les innovations étrangères pour augmenter les moyens financiers des universités, pour absorber l’accès massif des étudiants aux études supérieures, pour préserver la qualité des enseignements et pour résister à la concurrence mondiale en conservant ou en attirant les meilleurs étudiants… [Lire la suite]

 

« Nocivité de l’École normale »

Fabrice Bouthillon [Lire l'article]

Fécondité de l’École normale et des classes préparatoires

Jean-Thomas Nordmann [Lire l'article]
N° 154 ÉTÉ 2016

 

Retour sur la Rue d'Ulm

Jacques Lautman, Joël Merker 
[Lire l'article]
N° 160 Hiver 2017

L’article de Fabrice Bouthillon porte sur la concurrence que les classes préparatoires littéraires font à la Faculté des lettres.
Comme il critique l’École normale, il était légitime que son article soit suivi d’une défense de la Rue d’Ulm par un autre de ses anciens élèves.
Il convenait aussi d'offrir une vue globale de l'évolution de l'École normale, le département de mathématiques étant présenté non comme représentatif mais comme exemplaire à plusieurs égards. C'est ce que deux archicubes, Jacques Lautman et Joël Merker, l'un entré côté lettres et l'autre mathématicien, ont tenté de faire.

 

Obscurantisme et liberté de l’enseignement et de la recherche

Jon Elster
N° 153 Printemps 2016

Dans son étude, l’auteur s’attaque à une menace qui pèse sur l’Université et que l’on sous-estime, celle qui mine « l’ardeur et l’audace » des professeurs. Comme on le verra, cette forme d’obscurantisme n’est pas une vaine menace. [Lire la suite]

 

L’Université de la médiocrité 

Raymond Aron
N° 152 Hiver 2015

Le 21 octobre 1983 a paru le dernier éditorial de Raymond Aron. Il l’avait écrit le matin même de sa mort. Dans cet article il critiquait sévèrement la loi dite Savary, une de ces nombreuses lois (loi de 1895, loi Faure en 1968, loi Pécresse en 2008) qui depuis la fin du XIXe siècle promettent aux universités françaises une autonomie qu’elles n’atteignent jamais – elles sont aujourd’hui les universités les moins autonomes d’Europe – et qui les privent d’une gouvernance efficace comme en bénéficient les universités anglaises, américaines ou suisses. Il faudra expliquer un jour pourquoi l’échec universitaire français tient à l’illusion législative et au crétinisme gouvernemental en ce domaine. Nous avons retrouvé une longue interview de Raymond Aron sur ce sujet, qui lui tenait tant à cœur ; elle avait paru en mai 1983, quand la loi en question était en préparation. On verra que beaucoup des questions soulevées par Aron, hélas, persistent. [Lire gratuitement la suite]

 

Le baroque universitaire français

Bernard Bobe
N° 151 Automne 2015

Ailleurs dans le monde, une université est une institution qui assure quatre fonctions : créer des connaissances scientifiques, diffuser les savoirs, assurer une formation professionnelle, sélectionner les élites. Selon ces quatre critères la France ne possède pas de « vraies » universités. Une hypercentralisation, des élites républicaines devenues des castes au fil des décennies, des attitudes culturelles peu favorables à la science et à la diffusion des savoirs contribuent à expliquer l’absence de « vraies » universités en France, à la différence de tous les autres pays. Que faire ? [Lire la suite]

 

Université : la crise se confirme et s’aggrave 

François Vatin
N° 149 Printemps 2015

Il y a quantité de façons de traiter la crise de l’Université française : par son financement, par sa gouvernance, par les modes de recrutement des professeurs. Mais cela ne doit pas masquer la question essentielle qui porte sur la double mission de l’Université : l’enseignement et la recherche. Aujourd’hui, la contradiction éclate entre cette mission et la réalité : dégradation du public étudiant, frustration du corps enseignant. [Lire la suite]

 

Le modèle universitaire suisse

Robert Kopp
N°145 Printemps 2014

On a constaté que des pays comme la Suède, la Hollande, la Suisse obtenaient en matière universitaire et scientifique de bien meilleurs résultats que la France, tant pour la recherche que pour la place des universités dans les classements internationaux. Écart d'autant plus navrant pour nous que les populations de ces pays sont moins nombreuses que la nôtre. Sans doute l'explication tient-elle aux profondes défaillances de notre organisation et de notre politique universitaires. Aussi est-il intéressant d'étudier les modèles étrangers. Commençons par le modèle suisse. [Lire la suite]

 

L'Université française du XIXe au XXIe siècle. Sept thèses pour expliquer son histoire

Jean-Claude Casanova
N° 117 Printemps 2007

Je voudrais m’aventurer et énoncer sept thèses concernant l’histoire universitaire française, en essayent de démêler les relations entre l’histoire générale de notre pays et l’histoire particulière de l’Université. [Lire gratuitement la suite]

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