Un florilège de citations

La lettre du vendredi 5 janvier 2018

Commentaire a été créée en mars 1978. La revue célébrera donc, en cette année 2018, son quarantième anniversaire. Depuis le premier numéro, le conseil de rédaction s'applique à choisir des citations pour ses lecteurs. Afin de bien commencer l'année, la revue vous propose un florilège des citations qui ont jalonné les numéros parus en 2015, 2016 et 2017.

Nous souhaitons à nos lecteurs et à nos abonnés une très belle année 2018.

Qu’est-ce que l’Europe ?

Charles de Gaulle

C’est ce que nous allons faire sur le vaste champ de l’Europe. Pour moi j’ai, de tous temps, mais aujourd’hui plus que jamais, ressenti ce qu’ont en commun les nations qui la peuplent. Toutes étant de même race blanche, de même origine chrétienne, de même manière de vivre, liées entre elles depuis toujours par d’innombrables relations de pensée, d’art, de science, de politique, de commerce, il est conforme à leur nature qu’elles en viennent à former un tout, ayant au milieu du monde son caractère et son organisation. C’est en vertu de cette destination de l’Europe qu’y régnèrent les Empereurs romains, que Charlemagne, Charles Quint, Napoléon, tentèrent de la rassembler, qu’Hitler prétendit lui imposer son écrasante domination. Comment, pourtant, ne pas observer qu’aucun de ces fédérateurs n’obtint des pays soumis qu’ils renoncent à être eux-mêmes ? Au contraire, l’arbitraire centralisation provoqua toujours, par choc en retour, la virulence des nationalités. Je crois donc qu’à présent, non plus qu’à d’autres époques, l’union de l’Europe ne saurait être la fusion des peuples, mais qu’elle peut et doit résulter de leur systématique rapprochement. Or, tout les y pousse en notre temps d’échanges massifs, d’entreprises communes, de science et de technique sans frontières, de communications rapides, de voyages multipliés. Ma politique vise donc à l’institution du concert des États européens, afin qu’en développant entre eux des liens de toutes sortes grandisse leur solidarité. Rien n’empêche de penser qu’à partir de là, et surtout s’ils sont un jour l’objet d’une menace, l’évolution puisse aboutir à leur confédération.

Charles de Gaulle, Mémoires d’espoir, vol. 1, Le Renouveau 1958-1962, Plon, 1970, p. 181-182.

N.d.l.r. : Il s’agit du dernier écrit du général de Gaulle.

 

Europe : Nous irons de l’avant, vous vous ajusterez

Jean Monnet

Mieux valait parler net. Sir Stafford Cripps [secrétaire d’État au Foreign Office] me pria de passer à son bureau avant que je ne quittasse Londres. « Vous engageriez-vous avec l’Allemagne sans nous ? me demande-t-il. – Mon cher ami, lui répondis-je, vous connaissez mes sentiments envers l’Angleterre depuis trente ans et vous ne pouvez pas les mettre en doute. Je souhaite de tout cœur que vous vous engagiez dans l’entreprise au départ. Mais, si ce n’était pas le cas, nous irions de l’avant sans vous, et je suis convaincu que, réalistes comme vous l’êtes, vous vous ajusterez aux faits lorsque vous constaterez que nous avons réussi. »

Jean Monnet, Mémoires, Fayard, 1976, p. 363.

 

L’Angleterre et l’Europe

Paul Morand

Entrer dans le Marché commun, c’est périlleux ; ne pas y entrer, c’est dépérir, c’est aller contre l’Histoire. L’Angleterre, c’est le Parlement : rien au-dessus, même pas la reine ; tous les noms de parlementaires illustres gravés sur les chevrons et sur les lambourdes d’Eton le répètent ; or, entrer dans le Marché commun, c’est mettre Bruxelles et Rome au-dessus de Westminster ; écrite ou non, c’est la fin de la Constitution.

Paul Morand, Le Nouveau Londres, Gallimard, « Folio », 1962, p. 497.

 

L’amour de la liberté et de la dignité humaine

Alexis de Tocqueville

On veut absolument faire de moi un homme de parti et je ne le suis point ; on me donne des passions et je n’ai que des opinions, ou plutôt je n’ai qu’une passion, l’amour de la liberté et de la dignité humaine. Toutes les formes gouvernementales ne sont à mes yeux que des moyens plus ou moins parfaits de satisfaire cette sainte et légitime passion de l’homme. On me donne alternativement des préjugés démocratiques ou aristocratiques ; j’aurais peut-être eu des uns ou des autres, si j’étais né dans un autre siècle et dans un autre pays. Mais le hasard de ma naissance m’a rendu fort aisé de me défendre des uns et des autres. Je suis venu au monde à la fin d’une longue Révolution qui, après avoir détruit l’état ancien, n’avait rien créé de durable. L’aristocratie était déjà morte quand j’ai commencé à vivre et la Démocratie n’existait point encore ; mon instinct ne pouvait donc m’entraîner aveuglément ni vers l’une ni vers l’autre. J’habitais un pays qui pendant quarante ans avait essayé un peu de tout sans s’arrêter définitivement à rien, je n’étais donc pas facile en fait d’illusions politiques. Faisant moi-même partie de l’ancienne aristocratie de ma patrie, je n’avais point de haine ni de jalousie naturelle contre l’aristocratie et, cette aristocratie étant détruite, je n’avais point non plus d’amour naturel pour elle, car on ne s’attache fortement qu’à ce qui vit. J’en étais assez près pour la bien connaître, assez loin pour la juger sans passion. J’en dirai autant de l’élément démocratique. Aucun souvenir de famille, aucun intérêt personnel ne me donnait une pente naturelle et nécessaire vers la Démocratie. Mais je n’en avais reçu pour ma part nulle injure ; je n’avais aucun motif particulier de l’aimer ni de la haïr, indépendamment de ceux que me fournissait ma raison. En un mot, j’étais si bien en équilibre entre le passé et l’avenir que je ne me sentais naturellement et instinctivement attiré ni vers l’un ni vers l’autre et je n’ai pas eu besoin de grands efforts pour jeter des regards tranquilles des deux côtés.

Alexis de Tocqueville à Henry Reeve, 22 mars 1837, in Œuvres complètes, tome VI-1 (correspondance anglaise), Gallimard, 1954, p. 37-38.

 

Docteur Johnson : Français et Anglais

James Bosswell

À propos d’un éminent étranger à qui il fit visiter le British Museum et qui le harcela de questions absurdes, il dit un jour : « Voilà ce qui distingue un Anglais d’un Français. Un Français se doit de parler sans cesse, qu’il connaisse quelque chose de la question ou qu’il n’en sache rien. Un Anglais se contente de ne rien dire, quand il n’a rien à dire. »

James Bosswell, The Life of Samuel Johnson, 1780, Aetat. 71, Oxford University Press, 1969, p. 1078, trad. de l’anglais par Commentaire.

 

Français et Allemands

Jean Jaurès

Si l’on compare le génie de la France et le génie de l’Allemagne, les Allemands concilient volontiers et unissent les contraires qui paraissent se combattre, tandis que les Français embrassent avec amour l’un des contraires, pour mieux haïr et écraser l’autre. Les Français opposent la raison à la foi, la liberté individuelle à la puissance collective. Les Allemands interprètent la religion chrétienne avec la raison ; et ils assurent que la liberté de chacun peut seulement être établie et garantie grâce au pouvoir et au droit de l’État. – La Réforme, en accordant solennellement à chacun la liberté d’interpréter et de commenter, puis en libérant simultanément la raison et la conscience, mais en leur donnant les Saintes écritures comme fondement, afin que du berceau de la foi la raison montât vers la lumière et la vie, la Réforme prépara la mentalité allemande à l’embrassement des contraires.

Jean Jaurès, Œuvres, tome 3, Philosopher à 30 ans, Fayard, 2000, p. 399.

 

Le besoin de faire de l’effet

Benjamin Constant

Ce qui parmi nous menace le plus et le bon ordre et la liberté, ce n’est pas l’exagération, ce n’est pas l’erreur, ce n’est pas l’ignorance, bien que toutes ces choses ne nous manquent pas : c’est le besoin de faire effet. Ce besoin, qui dégénère en une sorte de fureur, est d’autant plus dangereux qu’il n’a pas sa source dans la nature de l’homme, mais est une création sociale, fruit tardif et factice d’une vieille civilisation et d’une capitale immense. En conséquence, il ne se modère pas lui-même, comme toutes les passions naturelles qu’use leur propre durée. Le sentiment ne l’arrête point, car il n’a rien de commun avec un sentiment : la raison ne peut rien contre lui, car il ne s’agit pas d’être convaincu, mais de convaincre. La fatigue même ne le calme pas ; car celui qui l’éprouve ne consulte pas ses propres sensations, mais observe celles qu’il produit sur l’autre. Opinions, éloquence, émotions, tout est moyen, et l’homme lui-même se métamorphose en un instrument de sa propre vanité.

Benjamin Constant, Principes de politique, « Bibliothèque de la Pléiade », Gallimard, p. 1155-1156.

 

Leurs figures : Séguin et Pasqua

Jean-Marie Colombani

Je me souviens de l’épisode du traité de Maastricht pour la ratification duquel François Mitterrand avait convoqué un référendum. Jacques Chirac, chef de l’opposition et toujours maire de Paris, hésitait et il fallut beaucoup de pédagogie à Édouard Balladur pour le convaincre que, s’il cédait à son inclination – voter non –, il ne serait jamais président de la République. Très peu de temps après l’annonce présidentielle, je reçois un coup de fil de Charles Pasqua me proposant un « papier » signé de lui-même et de Philippe Séguin et me demandant de le publier aussitôt que possible. Titre de l’article : « Oui à Maastricht ! » (sic). Quelques heures plus tard, Jacques Chirac tient une conférence de presse et annonce que, tout bien pesé, il votera en faveur de la ratification du traité, donc « oui » à Maastricht. Re-coup de fil de Pasqua : « Jean-Marie, le papier, mettez-le à la poubelle, je vous en renvoie un autre ! » Le lendemain, arrive l’autre « papier », toujours signé de Charles Pasqua et de Philippe Séguin. Titre : « Non à Maastricht ! » Ainsi va la politique. L’un et l’autre cherchaient alors à écarter Jacques Chirac du leadership de la droite. Et Philippe Séguin parvint très bien alors à se poser en s’opposant au Président Mitterrand.

Jean-Marie Colombani, avec Catherine Vincent, Un monde à part, Plon, 2013, p. 149-150.

 

Marchons

Anatole France

Non mon ami, à moins de changer les Français, il n’y a rien à changer en France. Sans doute, je suis progressiste. Il faut dire qu’on marche, fût-ce pour se dispenser de marcher. « Marchons ; marchons !… »

Anatole France, Le Mannequin d’osier, Calmann-Lévy, 1923, p. 182.

 

Prémonitions : 1917

Léon Bloy

16 mars 1917. – Journée sans aucun autre intérêt que celui-ci : Nicolas II a abdiqué. Est-ce le premier coup de cloche du grand tocsin ?

18 mars 1917. – Le tsar Michel proclame la pleine souveraineté du peuple. La souveraineté du peuple en Russie ! En 1789, la Terreur s’est fait attendre trois ans. Les Russes iront plus vite.

20 mai 1917. – On parle de la guerre et surtout de la révolution russe, qui nous est si funeste. Un monsieur Kerensky, ministre de la Guerre en Russie, vient de proclamer que la patrie est en danger, formule attendue, cette révolution devant être une copie de la nôtre. Hier c’était 89, aujourd’hui c’est 92, sans Valmy et Jemmapes, demain ce sera 93.

Léon Bloy, Journal II, 1907-1917, Laffont, « Bouquins », 1999, p. 599, 600 et 614.

 

Repenser la part du politique

François Furet

Aujourd’hui, nous sommes tous d’accord pour penser que l’idée de discréditer comme événementielle l’étude du politique, alors que le reste est supposé ne pas l’être, est une idée absurde. Comme chacun sait – personne ne l’a jamais vraiment dit, mais pour des raisons plus de circonstances que de doctrine – l’histoire politique s’est trouvée un peu déshonorée dans la tradition que nous aimions, vous et moi, parce qu’elle était considérée comme une simple chaîne d’événements plus ou moins superficiels. Alors aujourd’hui, ce que nous essayons de refaire, avec d’ailleurs les gens qui sont autour de cette table, Mona Ozouf par exemple qui a fait le Dictionnaire critique de la Révolution avec moi, ce que nous essayons de faire, c’est de penser le politique de notre société moderne. La société moderne, c’est-à-dire notre société, libérale, démocratique, bourgeoise, est une société qui a constitutivement un déficit politique, puisque son élément de base est l’individu libre en face de la nature, c’est-à-dire l’homme de l’économie. Nous sommes devant cette énigme du statut du politique dans la société moderne depuis plusieurs siècles, et elle est plus que jamais visible aujourd’hui, où le communisme s’est effondré, déshonorant du même coup la grande expérience volontariste de la politique moderne. Si bien que nous nous trouvons plus que jamais dans le monde de l’économie politique, de la prospérité et de l’hédonisme en face d’un déficit politique sur lequel il est de bon ton de se lamenter. Raison de plus pour réexaminer, à la fin du xxe siècle, notamment à la lumière du xxe siècle, qui est marqué par les formidables échecs du volontarisme que sont le fascisme et le communisme, comment on peut repenser la part du politique dans les sociétés libérales et démocratiques où nous vivons.

François Furet, Histoire de la Révolution et la Révolution dans l’histoire. Entretien. Association pour la recherche à l’École des hautes études en sciences sociales, « Savoir et mémoire », n° 5, 1994, p. 41-42.

 

Cette anecdote n’a pas besoin de commentaire

Duc de Saint-Simon

Alors il [Louis XIV] lui conta que l’extrême besoin de ses affaires l’avait forcé à de furieux impôts ; que l’état où elles se trouvaient réduites le mettait dans la nécessité de les augmenter très considérablement ; qu’outre la compassion, les scrupules de prendre ainsi les biens de tout le monde l’avaient fort tourmenté ; qu’à la fin il s’en était ouvert au P. Tellier [son confesseur jésuite], qui lui avait demandé quelques jours à y penser, et qu’il était revenu avec une consultation des plus habiles docteurs de Sorbonne qui décidait nettement que tous les biens de ses sujets étaient à lui en propre, et que, quand il les prenait, il ne prenait que ce qui lui appartenait ; qu’il avouait que cette décision l’avait mis fort au large, ôté tous ses scrupules, et lui avait rendu le calme et la tranquillité qu’il avait perdus. Mareschal fut si étonné, si éperdu d’entendre ce récit, qu’il ne put proférer un seul mot. Heureusement pour lui, le Roi le quitta dès qu’il le lui eut fait, et Mareschal resta quelque temps seul en même place, ne sachant presque où il en était. Cette anecdote, qu’il me conta peu de jours après, et dont il était presque encore dans le premier effroi, n’a pas besoin de commentaire ; elle montre, sans qu’on ait besoin de le dire, ce qu’est un roi livré à un pareil confesseur, et qui ne parle qu’à lui, et ce que devient un État livré en de telles mains.

Duc de Saint-Simon, 1710, in Mémoires complets et authentiques du duc de Saint-Simon sur le siècle de Louis XIV et la régence, troisième partie, Gustave Barba éditeur.

 

La vraie grandeur

Marcel Jouhandeau

Je m’extasie souvent, le matin avant le jour, devant l’attitude de certains êtres simples ; leur dignité est si évidente, le sérieux avec lequel ils accomplissent de pauvres gestes, de modestes offices, de ternes devoirs serait digne d’un plus haut emploi ; leur sérieux n’a rien de triste, n’a rien que de grave et s’agrémenta parfois de grâce, de courtoisie et d’un certain enjouement, d’ironie à peine. X. a raison : « Le plus humble dans sa misère peut se mouvoir comme un roi, quand bien des rois commettent des gestes d’esclaves. » Le trône seul et l’appareil de leur métier les distinguent du vulgaire. J’aperçois au contraire autour de ces communs visages une sorte de gloire qui les accompagne partout, d’autant plus réelle que la fortune la leur refuse et qu’ils sont seuls à se la donner à eux-mêmes, à force de mérite : voilà la vraie grandeur.

Marcel Jouhandeau, Un monde, Gallimard, 1950, p. 9.

 

La distinction des ordres

Simon Leys

Si l’exigence d’égalité est une noble aspiration dans sa sphère propre – qui est celle de la justice sociale –, l’égalitarisme devient néfaste dans l’ordre de l’esprit, où il n’a aucune place. La démocratie est le seul système politique acceptable, mais précisément elle n’a d’application qu’en politique. Hors de son domaine propre, elle est synonyme de mort : car la vérité n’est pas démocratique, ni l’intelligence, ni la beauté, ni l’amour – ni la grâce de Dieu. (La grâce de Dieu : des auditeurs m’ont demandé si j’étais janséniste. Il n’en est rien. Je pensais seulement à la parabole des Ouvriers de la onzième heure et à celle du Fils prodigue. Les ouvriers qui n’ont travaillé qu’en fin de journée reçoivent une aussi belle récompense que ceux qui ont trimé depuis l’aube. Le jeune voyou qui rentre à la maison après mille frasques est fêté comme un prince par son père, alors que son aîné, qui fut toujours attentif et zélé, ne bénéficia jamais d’une telle faveur. Réconfortante leçon : nous ne méritons rien, mais nous recevons tout. Tandis que le janséniste qui mérite tout craint de ne rien recevoir.) Une éducation vraiment démocratique est une éducation qui forme des hommes capables de défendre et de maintenir la démocratie en politique ; mais, dans son ordre à elle, qui est celui de la culture, elle est implacablement aristocratique et élitiste.

Simon Leys, Le Studio de l’inutilité, Flammarion, 2012, p. 289-290.

 

Uchronie : si mon père eût vécu

Napoléon

Si mon père eût vécu, il eût probablement arrêté ma carrière. Il eût été député à l’Assemblée parlementaire constituante, pris parti pour les intrigants, les Lameth, les Noailles, m’eût nécessairement lancé dans les affaires trop tôt, trop jeune et je n’eusse pu faire la fortune que j’ai faite. Mon père était patriote mais tenait aux idées de noblesse.

Napoléon, le 9 janvier 1817, in général Bertrand, Cahiers de Sainte-Hélène, tome I, Journal 1816-1817, Sulliver, 1951, p. 178.

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