Turbulences politiques et progrès économique et social

La lettre du vendredi 7 décembre 2018

L’agitation politique qui secoue la France, si elle se poursuit, menacera la stabilité monétaire et le progrès économique du pays, exactement comme mai 68 a compromis les réformes engagées par De Gaulle, avec la création du nouveau franc en 1958, et affaibli l’économie française par rapport à l’économie allemande. Si notre gouvernement, par faiblesse, renonçait aux grandes réformes pour obéir à la démagogie, l’efficacité de notre économie, sa compétitivité, l’équilibre de nos finances publiques et à terme la stabilité de l’euro et la construction de l’Europe seraient menacés. Aussi est-il opportun de lire ou de relire quelques articles récents sur les rapports délicats entre politique et économie.

Un succès historique : l’euro 

Jean-Claude Trichet
N° 164 Hiver 2018-2019

Lorsqu’on lit certains travaux académiques et des articles signés par des institutions financières et des participants du marché qui n’appartiennent pas à la zone euro, la présentation qu’ils font de l’euro est souvent négative. Les résultats économiques de la monnaie unique auraient été médiocres, particulièrement en comparaison des États-Unis. L’euro et la zone euro ne seraient pas soutenus par l’opinion publique des pays membres. La confiance dans le projet européen aurait diminué au cours de ces dernières années, ce qui rendrait très difficile la mise en œuvre des réformes indispensables au succès de l’euro. En somme, l’avenir serait sombre et la question de l’existence même de la monnaie unique et de la zone euro serait plus actuelle que jamais. Il s’agit d’une vision erronée qui ne rend pas compte de la réalité et qui peut conduire gouvernements, décideurs et agents économiques, à prendre de mauvaises décisions. [Lire la suite]

 

La réforme du système monétaire international

Jean-Claude Trichet
N° 150 Été 2015

Trois raisons expliquent la gravité de la crise financière qui a éclaté en 2007. L'excès d'endettement, l'ignorance des risques qui s'accumulaient, le progrès des techniques d'information et de communication. La leçon en a été tirée, il faut maintenant réformer le système monétaire international selon deux axes principaux : en renforçant l'architecture financière du monde et en améliorant les relations de change entre monnaies convertibles. [Lire la suite]

 

Les leçons de la Grande Récession

John B. Taylor
Sur la règle de Taylor,  Jacques de Larosière
Trois observations à ce propos, Jean-Claude Trichet
N° 156 Hiver 2016-2017

John B. Taylor professeur à Stanford University, a joué un grand rôle dans la politique économique des États-Unis. En 1993, dans un article célèbre, il a proposé ce que l’on appelle « la règle de Taylor » qui définit la façon dont la Banque centrale doit de façon prévisible fixer les taux d’intérêt nominaux. On s’accorde à reconnaître que son influence intellectuelle sur la politique des banques centrales a été et reste considérable et que ses analyses permettent de comprendre les échecs et les succès des politiques monétaires des dernières années. Nous avons accompagné son texte de deux commentaires, dont les auteurs ont aussi exercé de grandes responsabilités monétaires et financières. [Lire gratuitement la suite des articles -1 -2 -3]

 

Réforme des retraites : poser les bonnes questions

Didier Maillard
N° 164 Hiver 2018-2019

Le gouvernement français projette une grande réforme des retraites. Plusieurs raisons sous-tendent ce projet. Parmi celles-ci, on peut citer le poids croissant des dépenses de pensions, qui sont pour l’essentiel en France des dépenses publiques. On peut citer également la volonté de répondre à un possible sentiment d’injustice dans la population, au regard d’un foisonnement des régimes de retraite, chacun ayant ses propres règles. La réforme s’inscrit aussi dans le souhait de garantir la pérennité des régimes. Il ne fait guère de doute que le grand projet se heurtera à de grandes résistances, et il est difficile de prévoir ce qui ressortira des conflits et négociations à venir. [Lire la suite]

 

Dix ans après la crise… menace !

Ambroise Laurent
N° 164 Hiver 2018-2019

L’année des commémorations s’achève. Entre celles des événements de mai 68 et de l’armistice de novembre 1918, nous avons eu en septembre celle de la faillite de Lehmann Brother qui a donné lieu à quantité de débats sur les causes, les responsabilités et les conséquences de la crise financière qui a marqué toute la décennie 2008-2018. Mais, comme nous ne faisons que sortir de ce profond séisme, les commentateurs n’ont pas fait état du même recul que celui qui a prévalu dans l’analyse des deux autres événements précités. [Lire la suite]

 

Crise grecque et zone euro

Evángelos Venizélos
N° 159 Automne 2017

Evángelos Venizélos a exercé d'importantes responsabilités au sein du gouvernement de la Grèce. Ses convictions européennes et ses compétences lui donneront un jour, de nouvelles responsabilités. Il a bien voulu nous confier cet article sur le drame qu'a traversé et que traverse encore son pays. Il y montre quelles leçons l'Europe devrait en tirer. On doit aussi considérer ce cas grec comme une expérience de gouvernance économique de et dans la zone euro. Cette expérience est de nature financière, mais aussi sociale et politique, et en vérité historique et culturelle, car la crise a obligé un gouvernement de gauche grec à accepter et à appliquer les réformes recommandées par l’Union européenne. [Lire gratuitement la suite]

 

Et Macron vint…

Jean-Claude Casanova
N° 158 Été 2017

Commençons par ce qui est certain. Macron est jeune. Plus jeune que tous ses prédécesseurs. Un an de moins que Louis Napoléon Bonaparte, neuf ans de moins que Valéry Giscard d'Estaing, qui furent les tenants du titre avant lui. On n’a pas manqué d'évoquer un Éliacin et je serai tenté d'y ajouter les vers de Racine, à propos d'Éliacin, qui sont en épigraphe. Car, derrière son air noble et modeste, l'acier, peu répandu de nos jours, apparaît dans son extraordinaire audace, dans son ingratitude à l'égard de Hollande, dans sa détermination, dans son discours solitaire devant l'arc de triomphe du Carrousel. [Lire la suite]

 

Contraste

Jean-Claude Casanova
N° 161 printemps 2018

L'incertitude et l'indétermination qui règnent dans la politique mondiale et dans plusieurs pays d'Europe ont désormais atteint la France et Emmanuel Macron en est victime. En tout cas, il sait deux choses. Parce qu'il est jeune et pour ne pas apparaître comme un météore qui impressionne mais ne dure pas, il doit être réélu en 2022. Or aucun Président, depuis De Gaulle en 1965, n'a été réélu sur son bilan : Mitterrand en 1988 et Chirac en 2002 avaient bénéficié d'une cohabitation favorable à leur réélection, Valéry Giscard d'Estaing, Nicolas Sarkozy et François Hollande n'ont rempli qu'un mandat. Sa tâche ne sera donc pas aisée car les Français aiment tant la monarchie présidentielle qu'ils adorent changer de monarque. Et sauf en 1958, puis de 1976 à 1981, ils ont démontré leur répugnance à accepter les réformes qui rendraient à leur pays la place qu’ils revendiquent pour lui en Europe et dans le monde. [Lire la suite]

 

*
*  *

 

Le N° 164 Hiver 2018-2019 vient de paraître, retrouvez-le ainsi que l'ensemble des numéros de la revue sur www.commentaire.fr

Commentaire est une revue fondée par Raymond Aron et dirigée par Jean-Claude Casanova
116 rue du Bac – 75007 Paris – ISSN 0180- 8214
Copyright © 1978-2018 Commentaire - Tous droits réservés
twitter
facebook
Si vous ne souhaitez plus recevoir cette newsletter, désabonnez-vous en suivant ce lien pixel