Trente ans après (II)

La lettre du vendredi 29 mai 2020

Avant de parler de notre numéro 170, principalement consacré à la pandémie et à ses conséquences, nous le ferons la semaine prochaine, continuons de regarder en arrière. Voilà trente ans, l’année fut décisive. Jean-Pierre Chevènement avait écrit : « Si aucune régression vers le capitalisme privé ne s’est jamais produite à l’Est de l’Europe, si la propriété collective des grands moyens de production n’a jamais été remise en question, s’affirmant ainsi avec le caractère irréversible des mutations qui vont dans le sens de l’Histoire et sur lesquelles aucune forme sociale n’est à même de revenir… en revanche le socialisme n’est nullement à l’abri de déviations. » Cette prévision a été démentie. À l’Est de l’Europe, la propriété privée, le marché, l’échange libre, le capitalisme donc, sont revenus. À l’Ouest les partis socialistes ont poursuivi sans dévier dans la voie de l’économie sociale de marché, confirmant que c’était Lénine et, pour dire comme Baudelaire riant des « singes de Robespierre », « les singes de Lénine » qui étaient des « déviants ». 1990 l’a démontré : ce ne fut pas « la fin de l’histoire » mais ce fut la fin du communisme et de ses attraits. Ce fut le principal sujet traité dans Commentaire. On retrouvera ici un texte inédit de Raymond Aron qui décrivait l’attitude des intellectuels français à l’égard du communisme au début des années 1950. Et d’autres articles sur des questions qui restent d’actualité comme la situation de l’Europe centrale, le projet européen du Général de Gaulle, la situation de l’Algérie et le début des neurosciences. On lira enfin un chapitre des Mémoires d’Annie Kriegel sur une des tristes années de notre pays :1942. En souvenir de cette femme admirable, qui entrée à 16 ans dans la Résistance, puis trompée par le communisme, consacra ensuite sa vie d’historienne à en démêler les origines et les caractères.

Au mausolée du communisme (I)

Z.
N°51/Automne 1990

Le monde s'inquiète de Gorbatchev, de ses succès et de ses projets, mais dans le même temps on laisse de côté les questions fondamentales touchant à la capacité du système politique et économique soviétique à réaliser les réformes promises par la perestroïka. Z. observateur de la scène soviétique, rend compte de ce qu'ont été les espérances liées à la glasnost et à la perestroïka. Il explique pourquoi les résultats correspondent si peu aux intentions largement proclamées. Il prend, en ce qui concerne la démocratisation, la restructuration, la croissance économique, ainsi que les problèmes complexes et divers des nationalités, une perspective historique qui le porte à conclure que le bilan de soixante-dix ans de communisme soviétique n'autorise que le scepticisme le plus grand à propos des résultats de la réforme. Car les contradictions internes du système sont simplement trop importantes pour permettre des progrès dans l'équilibre. Il faut donc s'attendre à des bouleversements bien plus considérables encore. Cet article, achevé à la fin de novembre 1989, a d'abord été publié par Daedalus (hiver 1990) de l'Académie américaine des arts et des sciences. L'auteur nous a autorisé à le traduire. C’est que Z est notre ami Martin Malia et il a bien voulu réviser son texte pour Commentaire. Cet essai, à la suite d'un extrait publié par le Herald Tribune (5 janvier 1990), a eu un grand retentissement et provoqué des controverses très vives. Les Nouvelles de Moscou (23 février 1990) ont aussi longuement répondu à Z. par un article de Serguei Plekhanov, directeur adjoint de l'Institut soviétique des États-Unis et du Canada. [Lire l'article]

 

Au mausolée du communisme (II)

Martin Malia
N°52/Hiver 1990

Voici la deuxième partie du grand article de Martin Malia, alias Z., sur l'évolution de l'Union soviétique. L'auteur a bien voulu réviser son texte et le compléter par une postface qui explique pourquoi il avait choisi en janvier 1990 l'anonymat, et pourquoi il y renonce aujourd'hui. Il évalue aussi, après un an, la pertinence de son essai quant au drame communiste qui se déroule. [Lire gratuitement l'article]

 

Europe centrale : après le déluge, nous

Timothy Garton Ash
N°52/Hiver 1990

Timothy Garton Ash, à Oxford, s'est révélé comme le meilleur spécialiste de l'Europe centrale, de la Pologne et de l'Allemagne notamment, depuis bientôt dix ans. Il a publié chez Gallimard, en 1990 La chaudière. Europe centrale 1980-1990, traduction de son livre The Uses of Adversity. Essays on the Fate . Voici un long article, après une enquête en Europe centrale achevée en juillet 1990, et qu’il a bien voulu réviser à la suite des élections polonaises. Tout le prix de cet article vient du tableau réaliste et complet qu'il trace des difficultés que va désormais connaître l'Europe centrale. [Lire l'article]

 

Le général de Gaulle, le plan Fouchet et l’Europe

Georges-Henri Soutou
N°52/Hiver 1990

Beaucoup se sont interrogés sur la place exacte du plan Fouchet dans l'ensemble de la politique extérieure du général de Gaulle. Pour les uns, De Gaulle tenait à son projet d'union politique, qu'il aurait poursuivi, sous une forme ou sous une autre, depuis la Seconde Guerre mondiale.Ainsi, Jean Lacouture qualifie le Général d'« européen malheureux ». Pour les autres, le plan Fouchet n'était qu'un épisode tactique, déblayant la voie pour le traité franco-allemand de l'Élysée, et au-delà levant l'hypothèque européenne occidentale pour permettre à partir de 1965 la politique « de détente, d'entente et de coopération » avec l'URSS et l'Europe orientale. [Lire gratuitement l'article]

 

Algérie : chronique d’une faillite annoncée

Nicolas Baverez
N°52/Hiver 1990

L’Europe occidentale figure en cette fin de siècle un îlot de prospérité au cœur de deux zones caractérisées par leur instabilité politique et leur faillite économique. A l'Est, le reflux de l'empire soviétique laisse pour tout héritage de près d'un demi-siècle d'occupation des appareils répressifs hypertrophiés, des sociétés exsangues, travaillées et déchirées par l'expression des nationalismes, et des industries hors d'âge. Au Sud, au Maghreb et en Afrique, la situation est pire : l'évolution vers l'État de droit et la démocratie rencontre, outre la résistance des structures autoritaires ou totalitaires, l'influence de l'islam ou du tribalisme ; la transition vers le marché doit prendre en compte des contraintes supplémentaires, notamment la pression d'une démographie non maîtrisée. L'énergie des diplomates comme celle des banquiers et des capitaines d'industrie se concentre sur l’Europe orientale. Est-il pour autant justifié que le Sud passe à la trappe de la réunification allemande et des retrouvailles pan-européennes ? [Lire l'article]

 

1942 : Paris-Grenoble

Annie Kriegel
N°52/Hiver 1990

Avant le printemps paraîtront les mémoires de notre amie Annie Kriegel. Nous sommes heureux d’offrir à nos lecteurs la primeur d’un des chapitres de cet ouvrage. Il paraîtra sous le titre Ce que j’ai cru comprendre aux éditions Robert Laffont, dans la collection « Notre époque » que dirige Georges Liebert et qui a déjà publié les souvenirs de Robert Marjolin et de Bertrand de Jouvenel. [Lire gratuitement l'article]

 

Préjugés des écrivains, préjugés des Français

Raymond Aron
N°52/Hiver 1990

Chaque année, à l'automne, nous publions un texte inédit de Raymond Aron. L'article qui suit est tiré de ses archives. En préparant ses Mémoires, Aron l'avait rangé dans un dossier, et, comme il n'était pas l'homme des classements, il avait mentionné en marge « probablement jamais publié ». Le texte, a été rédigé dans les années 1950 à l'intention d'un public étranger. Puisque l'intelligentsia française a toujours souligné les méfaits du communisme et chanté les bienfaits du capitalisme, nos lecteurs trouveront dans ces lignes une utile radioscopie du monde intellectuel français de l'après-guerre et une prévision très exacte de ce que serait le monde dans lequel nous vivons désormais. [Lire gratuitement l'article]

 

Les sciences de la cognition

Jean-Pierre Changeux
N°52/Hiver 1990

Sous l’égide des ministres de l’Éducation nationale et de la Recherche, une action concertée « Sciences de la cognition » vient d’être créée. Le Centre nationale de la recherche scientifique lance un programme « Cogniscience » dont l’enjeu, le plus ambitieux qui soit sur le plan intellectuel, consiste à comprendre le cerveau de l’homme et ses compétences. Jean-Pierre Changeux, professeur au Collège de France, nous expose l’importance de la recherche dans ce domaine. [Lire gratuitement l'article]

 

*
*  *

À nos abonnés, à nos lecteurs,

La revue est heureuse de vous annoncer que son numéro 170 Été 2020 sera au rendez-vous avec une parution le 11 juin. 
Pour le découvrir et le lire aussi bien dans sa version papier que numérique, nous avons décidé de vous proposer de souscrire un abonnement couplé « Duo » à un tarif plus avantageux.

Découvrez notre nouvelle offre « DUO » sur notre site : Boutique/Abonnement

Pour nos abonnés qui renouvellent leur abonnement ou pour nos lecteurs qui souscrivent un premier abonnement, nous les invitons à le faire dans notre boutique en ligne :

  • avec, de préférence, un règlement sécurisé par carte bancaire,
  • sinon, par virement en cochant « par chèque » (IBAN : FR76 3000 4001 5800 0101 1720 391 – BIC : BNPAFRPPPGB) en précisant votre nom ou votre numéro d’abonné pour un réabonnement.

Nous vous remercions de votre compréhension, 

Commentaire a besoin de votre soutien.

*
*  *

Retrouvez l'intégralité des numéros de la revue sur notre site : www.commentaire.fr

Commentaire est une revue fondée par Raymond Aron et dirigée par Jean-Claude Casanova, Philippe Raynaud et Philippe Trainar
116, rue du Bac 75007 Paris – ISSN 0180- 8214
Copyright © 1978-2020 Commentaire - Tous droits réservés
twitter
facebook
Si vous ne souhaitez plus recevoir cette newsletter, désabonnez-vous en suivant ce lien pixel