Sortir du sujet et explorer les domaines inconnus

La lettre du vendredi 25 août 2017

Diplômé de Sciences Po, agrégé d’histoire et docteur, Alain Besançon a fait sa carrière universitaire essentiellement à l’École des hautes études en sciences sociales. À l’étranger, il a enseigné à Columbia (New York), Rochester (New York), Wilson Center (DC), Stanford (Cal), Hoover institution (Cal), All Souls College (Oxford). Il a reçu les prix Chateaubriand et Guizot, et a été élu en 1996 à l'Académie des Sciences morales et politiques.
Membre fondateur et membre du conseil de rédaction de Commentaire, il est aussi membre du comité de rédaction des Cahiers du Monde russe. Il a été également éditorialiste de l’Express de 1983 à 1988.
Derniers livres parus : Cinq personnages en quête d’amour (Éd. de Fallois, 2010) ; Sainte Russie (Éd. de Fallois, 2012) ; Le Protestantisme américain de Calvin à Billy Graham (Éd. de Fallois, 2013) et Problèmes religieux contemporains (Éd. de Fallois, 2015).

Commentaire est le biotope stable et amical
qui me permet d’être, de respirer,
et d’élargir la connaissance du monde
qui est à ma portée.

Les confidences d'Alain Besançon
Ma vocation d’historien s’est développée à la manière dont une pierre jetée dans l’eau fait des ronds de plus en plus larges jusqu’au bord. La pierre jetée dans l’eau est le hasard qui m’a forcé de m’occuper de la Russie et du communisme russe. 

Pour saisir ce problème compliqué, il a fallu sortir du sujet, et aller dans des domaines inconnus mais en rapport. Je les ai explorés à mes risques et périls, toujours avec plaisir, parce que l’art ou la théologie sont en soi infiniment plus riches et intéressants que les avatars de l’histoire russe. Mais je n’aurais pas osé sortir de mon « champs » initial, si Commentaire ne m’avait pas ouvert libéralement ses colonnes.

Je n’aurais presque rien écrit sans la générosité et la confiance peut-être téméraire que cette revue m’a toujours accordées. Le "milieu" Commentaire est le biotope stable et amical qui me permet d'être, de respirer, et d'élargir la connaissance du monde qui est à ma portée.

« Par formation et tournure d'esprit, je suis historien. Le questionnaire et la conscience historiques mutent au cours du temps comme l'image au fond du kaléidoscope.
Cela n'empêche nullement l'histoire d'être une discipline rationnelle car on arrive, si l'on s'y prend bien, à une certaine intelligibilité par les causes ; et une discipline cumulative, car si l'enquête varie dans ses buts, ses méthodes, ses curiosités, ses résultats demeurent et sont réutilisables pour une autre enquête ; ainsi le savoir historique s’enrichit. Il devient donc un art plutôt qu’une science et, finalement, une culture.
Tel est du moins l'idéal, que je suis loin d'avoir atteint. Mon sort est d'être tombé sur un sujet difficile qui m’a retenu pendant beaucoup d'années. L’histoire de la Russie, quand je m'y suis attelé, n'était guère plus documentée que l'histoire de l'Antiquité, et, de plus, elle était l'objet d'interprétations furieusement opposées. L’histoire de la Russie était aussi le siège de phénomènes si nouveaux, si inquiétants, que ses témoins étaient obligés, pour les saisir, de quitter le seul point de vue de l'explication historique et de recourir au point de vue philosophique et théologique. Je les ai suivis. Au moins ai-je compris que la culture historique, en se développant, doit empiéter  dans certains cas et dans certaines situations, sur le domaine de la philosophie, de l’esthétique, de la théologie et sans doute encore sur bien d'autres. »

Nous suggérons la lecture des quatre articles suivants, dont le premier est en lecture gratuite pendant une semaine. 

Alain Besançon
Il n'est pas toujours besoin pour comprendre le destin des nations d'invoquer leur caractère national. Souvent suffisent les dischronies, les aléas, les accidents, qui ont mis à part la France dans le concert des nations européennes.
Alain Besançon
L'islam doit être jugé non pas sur son rapport à Dieu – comme font souvent les chrétiens – mais sur son rapport au monde. C'est ce rapport qui fait de lui « une bonne religion ». Elle explique la fidélité de ses adeptes et l'attrait qu'elle exerce sur notre monde moderne, en dépit de ses agressio...
Alain Besançon
Publiant aux Éditions de Fallois un livre intitulé Problèmes religieux contemporains (280 pages), je suis heureux d'offrir aux lecteurs de Commentaire la primeur d'un des chapitres de cet ouvrage. Il s'agit de la capacité de l'Église à appréhender la réalité. Des institutions comme la censure et...
Alain Besançon
Je dois le dire tout de suite : oui elle est possible parce qu'elle existe déjà. En font foi des bibliothèques immenses. Les trois gros « Pléiades » publiés sous la direction d'Henri-Charles Puech contiennent un vrai savoir, sér...

Retrouvez, dans la rubrique Auteurs, l'intégralité des articles de Alain Besançon publiés dans la revue.

Très belle fin de semaine à tous !

Commentaire est une revue fondée par Raymond Aron et dirigée par Jean-Claude Casanova
116 rue du Bac – 75007 Paris – ISSN 0180- 8214
Copyright © 1978-2017 Commentaire - Tous droits réservés
twitter
facebook
Si vous ne souhaitez plus recevoir cette newsletter, désabonnez-vous en suivant ce lien