Société

La lettre du vendredi 8 novembre 2019

Commenter, c'est prendre un recul par rapport à l'événement, à la chose dite ou écrite, c'est donc exercer et honorer cette « faculté de juger » par laquelle l'homme se révèle à la fois présent dans le monde et libre par rapport à lui. Voici quelques phénomènes de société analysés dans la revue.

Le vote des Gilets jaunes

Olivia Grégoire 
N° 167 Automne 2019

Entre novembre 2018 et mai 2019, la France a traversé deux moments politiques inédits avec l'apparition des Gilets jaunes et, en réponse, l'organisation du Grand Débat national, soit d'une part la tentation de changer le système de l'extérieur, de l'autre la possibilité de le changer de l'intérieur. Pourtant, il ressort du suffrage du 26 mai 2019 une relative stabilité des rapports de force constitués avant l'éclosion des Gilets jaunes. Il n'y a pas eu de chute du parti majoritaire ou de triomphe d'un parti alternatif, ainsi qu'aurait pu le laisser croire la forte sympathie dont a joui le mouvement. Il reste à déterminer la nature de l’influence sur le jeu politique des Gilets jaunes, au regard de l'élection qui a eu lieu. [Lire la suite]

 

Le médecin, le juge et la fin de vie du patient

Marie Grosset (1)
N° 167 Automne 2019

Affaire Lambert. La guerre des juges n’a pas eu lieu

Jean-Éric Schoettl (2)
N° 167 Automne 2019

Ces deux articles traitent de la tragique affaire Vincent Lambert, affaire médicale, juridique et morale. Le premier analyse le cadre juridique qui concerne la décision médicale et explique le long et difficile débat qui a suivi. Le second tire les conclusions de la dernière séquence judiciaire qui a précédé le décès de Vincent Lambert. [Lire gratuitement les articles - (1) - (2)]

 

La confiance dans la relation médecin-malade

Marie-Christophe Boissier
N° 139 Automne 2012

La relation entre le médecin et son patient est au centre de l'activité médicale. Dans cette relation où l'un souffre ou va souffrir et où l'autre a pour mission de soulager, la confiance naît de l'espoir intime d'être délivré de la souffrance. Le langage de la confiance n'est pas seulement dans les mots, mais dans des gestes aussi simples d'humanité que tenir la main, poser la main sur l'épaule, soutenir un regard. Inévitablement on est renvoyé à Emmanuel Lévinas : « Aucun dit n'égale la sincérité du dire, n'est adéquat à la véracité d'avant le vrai, à la véracité de l'approche, de la proximité, par-delà la présence. » [Lire la suite]

 

Pourquoi accorder des droits aux animaux ?

Aurélien Barrau, Louis Schweitzer (1)
N° 166 Été 2019

L’entrée des animaux au Code civil

Jean-Pierre Digard (2)
N° 166 Été 2019

La question animale, fruit de l’esprit de compassion propre aux démocraties, tient désormais sa place en Occident. Ces deux articles en traitent. Le premier pose le problème, et ses auteurs sont partisans de faire entrer les animaux dans le « cercle émancipateur » des droits. Le second, plus réservé que le premier, revient sur la modification du Code civil qui a sorti les animaux de la catégorie des « biens » à laquelle ils appartenaient depuis le droit romain pour les faire entrer dans celle des « êtres vivants ». Ce débat, ainsi ouvert, se prolongera. [Lire les articles - (1) - (2)]

 

L'animal aujourd'hui : mauvaises avancées d'une juste cause

Rémy Libchaber
N° 167 Automne 2019

Le débat sur la situation de l'animal est devenu intense et se livre aussi sur le terrain juridique. Dans le Code civil de 1804, les animaux étaient considérés comme des biens, et plus précisément comme des meubles. La loi de février 2015 a modifié cette situation : « les animaux sont des êtres vivants doués de sensibilité. Sous réserve des lois qui les protègent, les animaux sont soumis au régime des biens ». Cet article fait la transition entre le premier Livre du Code, consacré aux personnes et à la famille, et le second consacré aux biens. Les animaux paraissent ainsi échapper à la catégorie des biens, sans pour autant entrer dans celle des personnes. [Lire la suite]

 

 La nouvelle langue d’Ésope. Perspectives de l’intelligence artificielle

Jean-Michel Kantor
N° 166 Été 2019

Durant les trente dernières années, l’intelligence artificielle a développé un champ entier de méthodes s’appuyant sur les mathématiques, sur de nouvelles architectures informatiques inspirées des processus du cortex visuel, et des progrès technologiques (très grandes bases de données, accélération des opérations). La nouveauté des méthodes et l’importance des résultats sont si impressionnantes que certains ont pu parler d’une nouvelle science (ou plutôt technoscience), le machine learning. Malgré tout, des réticences se manifestent, par exemple devant la mauvaise interprétabilité des résultats. Notre étude est l’occasion d’examiner les fréquentes résistances au changement dans le milieu culturel français, et d’évoquer les questions éthiques et politiques de ce bouleversement technoscientifique. [Lire la suite]

 

MeToo et après 

Claude Habib
N° 165 Printemps 2019

Le genre ne doit plus être compris comme un fait biologique, mais comme un acte de liberté. C’est ce que soutenait Judith Butler, ne reconnaissant plus aucun genre mais seulement des performances de genre, éphémères, spontanées, n’obéissant qu’au désir du sujet dans l’instant.
C’est dans le contexte de la déconstruction du genre que le féminisme du XXIe siècle doit se reformuler, et la tâche est ardue, car, si le genre n’existe pas, on voit mal comment penser la domination de genre. La seule voie praticable est celle qu’empruntent aujourd’hui les tenants de l’antiracisme, soutenant simultanément que le racisme est prévalent mais que les races n’existent pas. De la même façon, seuls les sexistes persistent à croire à la différence des sexes. [Lire la suite]

 

Les voies de l'athéisme catholique

Alain Besançon
N° 160 Hiver 2017

Cette réflexion sur l'état actuel de l'Église de France devait-elle être publiée ? Écrite rapidement, elle peut paraître – à l'auteur lui-même – schématique, caricaturale, voire provocatrice. Je l'ai déjà montrée à quelques personnes, dont des ecclésiastiques. Parmi ceux-ci, deux l'ont trouvée assez juste, moyennant nuances, compléments et corrections. Deux l'ont approuvée sans réserve. Je pense donc que ce texte, si imparfait soit-il, pourrait constituer une base de discussion. Je réponds à des soucis assez largement répandus chez les catholiques. Mais pas seulement chez ceux-ci, car ces affaires concernent, en fin de compte, les équilibres généraux, religieux ou autres, de notre pays. [Lire la suite]

 

Justice et prisons : plus de cent ans déjà...

Jean-Charles Asselain
N° 149 Printemps 2015

Il est remarquable que le dernier texte donné à notre revue par Jean-Charles Asselain, historien et économiste réputé, disparu le 10 septembre 2013 des suites d’une longue maladie, ait été une étude d’histoire judiciaire dans le prolongement de son maître livre L’Argent de la Justice. Le budget de la justice en France de la Restauration au seuil du XXIe siècle (Presses universitaires de Bordeaux, 2009), qui vint combler une lacune importante de l’histoire de la justice contemporaine. Dans l’étude qui suit, il rend compte des conditions d’élaboration du décret du 13 mars 1911, qui décida de la « translation » de l’administration pénitentiaire et de ses établissements du ministère de l’Intérieur à celui de la Justice. [Lire la suite]

 

Le mariage et la famille en mouvement

Patrick Festy
N° 142 Été 2013

Le débat sur le « mariage pour tous » met le projecteur sur les bouleversements que pourrait occasionner dans la famille l'ouverture du mariage et de l'adoption aux couples homosexuels. Patrick Festy, démographe, montre ici qu'il s'agit de la pointe émergée d'un iceberg beaucoup plus profond, les transformations du couple et de la famille étant en cours depuis quarante ans et s'écrivent sans rupture de continuité. [Lire la suite]

 

Retour sur le mariage pour tous

N° 144 Hiver 2013

Philippe D'HARCOURT, Brouillage et confusion [Lire l'article]

Diane LE BÉGUEC, Droit ou liberté ? À propos d'un débat manqué [Lire l'article]

Jacques ANDRÉ, La psychanalyse à l'heure des homosexualités [Lire l'article]

Une bataille politique s’est livrée à propos du « mariage pour tous », autrement dit du mariage entre personnes du même sexe. Mais la politique n’est pas tout. Commentaire revient sur ce problème avec trois articles dont les conclusions diffèrent, mais qui abordent la question de plus haut. Car cet épisode politique pose des problèmes philosophiques, sociaux et anthropologiques qui méritent des réflexions plus approfondies que celles qui se sont exprimées au Parlement ou dans la rue.

 

Retours sur l'affaire Polanski

David Chilstein, Rémy Libchaber
N° 128 Hiver 2009

Ce que l'on peut nommer l'affaire Polanski ne fait plus mystère pour personne. Après avoir eu des relations sexuelles avec une jeune fille de treize ans, en 1977, le cinéaste s'est trouvé confronté à la justice américaine. Après quelques jours de détention, alors qu'un arrangement était négocié avec l'ensemble des parties prenantes, le juge a fait volte-face en refusant de lui donner des garanties quant à la peine qui serait prononcée. Roman Polanski en a pris prétexte pour fuir les États-Unis, où il n'est jamais revenu. Double national franco-polonais, il a établi son domicile en France et a continué d'exercer son activité cinématographique, avec le succès mondial que l'on sait. En 2009, plus de trente ans après les faits, alors qu'il se rendait en Suisse pour recevoir un prix au Festival de Zurich, il a été appréhendé par les autorités helvétiques sur le fondement d'une demande d'arrestation provisoire formulée par les États-Unis. Il s'y trouve maintenu en détention, d'abord en attente d'une demande d'extradition formelle, présentée depuis, le 22 octobre dernier. Voilà l'affaire résumée. Revenons maintenant sur les réactions qu'elle suscite et les réflexions qu'elle suggère. [Lire gratuitement la suite]

 

Du PACS au mariage et retour

Jean-François de Montgolfier
N° 123 Automne 2008

Le ciel du droit de la famille vit apparaître, en 1999, un astre nouveau. Dans l'espace juridique, en dépit de la pléthore législative, un tel événement est rare. Dans la constellation du droit de la famille, il est exceptionnel. Ainsi, il se peut que l'importance de cette apparition ait été sous-estimée lorsque le pacte civil de solidarité (PACS) fut classé comme un satellite de l'étoile du mariage : un sous-mariage. En réalité, on était bien en peine alors de spécifier avec précision ne serait-ce que la nature du PACS. Près de dix ans plus tard, alors que la certitude paraît acquise que le PACS n'était pas une étoile filante destinée à se désagréger dans l'atmosphère nuptiale et que ce nouvel objet juridique a été abondamment décrit, l'incertitude subsiste sur la nature des forces qui attirent ou tiennent à distance le mariage et le PACS. Dix ans est, certes, un délai bien trop court pour mesurer les conséquences de l'invention du PACS, et ce d'autant plus que le mariage appartient à l'histoire longue, anthropologique, celle qui compte en millénaires. En comparaison, le PACS est encore une ride à la surface de l'histoire. Il faut néanmoins tenter cette analyse, rapprocher et comparer le mariage et le PACS, prendre la mesure de cette évolution et en comprendre le sens. [Lire la suite]

 

De l'adoption ou difficultés du « droit à l'enfance »

Michelle Gobert
N° 122 Été 2008

Jean-Marie Colombani a dirigé une mission sur cette question. On vient de publier son Rapport sur l'adoption. Michelle Gobert est professeure des facultés de droit et spécialiste du droit de la famille. À partir de ce rapport, elle analyse le problème de l'adoption tel qu'il se pose aujourd'hui en France. [Lire la suite]

 

L'irrésistible mariage homosexuel ?

Dominique Schnapper
N° 107 Automne 2004

La revendication du mariage homosexuel, qui entraîne nécessairement, même si on l'occulte dans les débats publics, le droit du couple homosexuel marié à adopter un enfant, est justifiée par l'aspiration à l'égalité. Au nom de quoi certains, à cause de leur inclination sexuelle, ne disposeraient-ils pas des mêmes droits que les autres : voir leur amour reconnu par la société et leurs intérêts matériels communs protégés par la loi? Pourquoi seraient-ils réduits à voir leurs relations amoureuses confinées au domaine privé sans bénéficier de la consécration institutionnelle et symbolique accordée par le mariage, s'ils le souhaitent, aux couples hétérosexuels ? « Si le mariage est un contrat entre deux personnes désirant vivre ensemble par consentement mutuel, pourquoi resterait-il interdit à des contractants de même sexe ? » « Les droits des homosexuels doivent être les mêmes que ceux des hétérosexuels », libres de se marier ou non, de se « pacser » ou non. Mais l'égalité de tous devant le mariage et l'adoption est-elle seulement une égalité parmi d'autres, un nouvel exemple de l'aspiration générale de l'homme démocratique aux « droits à » ? [Lire la suite]

 

L'adoption par des couples homosexuels

Claude Habib
N° 107 Automne 2004

La revendication pour le mariage homo- sexuel paraît être la dernière cause progressiste. Elle demeure un enjeu de convoitise à gauche, malgré les risques électoraux qu'elle fait courir. Malgré la posture radicale, il ne s'agit pas d'appareiller vers un monde meilleur, mais de rendre celui-ci moins mauvais. [Lire la suite]

 

 

Un statut légal du concubinage? Cuc, Pic, Pacs et autres avatars du mariage

Philippe Malaurie
N° 82 Été 1998

A plusieurs reprises, Élisabeth Guigou, garde des Sceaux, a annoncé pour 1999 une réforme globale du droit de la famille, soumise à une conférence présidée par Irène Théry. C'est la première raison pour laquelle je trouve inopportuns les débats parlementaires annoncés pour l'automne prochain sur le statut légal du concubinage, contrat d'union civile - Cuc et autres avatars - et pacte d'intérêt commun - Pic, aussi dénommé projet Hauser du nom de son inventeur. Ces réformes - d'une considérable portée - ne devraient être envisagées qu'en les rattachant à une vision d'ensemble de la famille. [Lire la suite]

 

La réforme, la rue et les syndicats

Dominique Andolfatto, Dominique Labbé
N° 156 Hiver 2016

Au printemps 2016, la France a connu une agitation confuse qui semble devenir coutumière. Après les réformes sur la sécurisation de l'emploi (2013), la formation professionnelle (2014) et le dialogue social (2015), sans effets réels sur l'emploi et les relations sociales à la française, le gouvernement a cherché à lancer une réforme plus volontaire et ambitieuse. Étonnamment, il n'a pas voulu annoncer clairement son ambition et ses objectifs et il a donné le sentiment d'agir sous contrainte, en hésitant et en tâtonnant. La contestation que cette loi a provoquée donne l'occasion de faire le point sur l'état des forces syndicales en France. [Lire la suite]

 

La CGT change-t-elle ?

Dominique Andolfatto
N° 143 Automne 2013

Les congrès scandent la vie syndicale. Temps de mobilisation interne, ils sont l'occasion pour les organisations syndicales de se mettre en scène et, ce faisant, de susciter l'intérêt des médias et du public. S'ils créent rarement l'événement, ils permettent de faire le point sur les stratégies mises en œuvre, de tracer des perspectives, de renouveler les équipes dirigeantes. En mars 2013, le 50e congrès confédéral de la CGT a vu le départ de Bernard Thibault. C'est aussi l'occasion d'interroger les évolutions stratégiques accomplies par la confédération syndicale depuis une quinzaine d'années, lors des quatre mandats successifs confiés à Bernard Thibault (1999-2013) et, en contrepoint, de dresser un état des forces de la CGT et de leur recomposition partielle. [Lire la suite]

 

Des comptes enfin publics

Gérard Adam (1)
N° 137 Printemps 2012

 La part des cotisations

Dominique Andolfatto, Dominique Labbé (2)
N° 137 Printemps 2012

Conséquence de la loi du 20 août 2008 « portant rénovation de la démocratie sociale », les confédérations syndicales se trouvent dans l’obligation – depuis 2011 – de rendre publics leurs comptes. À la mi-décembre 2011, toutes les confédérations se sont mises en conformité avec ces nouvelles règles.
Que nous apprennent ces comptes enfin publiés ? Quel est le poids des cotisations versées par les adhérents dans l’ensemble des ressources des confédérations strictement définies ?
Dans ces deux articles, écrits indépendamment l’un de l’autre par des experts réputés du syndicalisme, on verra que, contrairement aux objectifs de la réforme de 2008, il n’est pas simple de faire la « transparence »… et que les budgets syndicaux réservent quelques surprises. [Lire les articles - (1) - (2)]

 

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