Simon Leys (1935-2014)

La lettre du vendredi 13 juillet 2018

Saluons aujourd’hui Simon Leys, le collaborateur et l’ami de Commentaire. Son souvenir ne nous a pas quittés, car il était un profond moraliste, un grand savant et l'intègre observateur de la Chine. Pour en persuader nos jeunes lecteurs, renvoyons à ses livres et à quelques-uns des articles qu’il a publiés dans la revue.

 

« Alain Besançon reproche à notre mémoire historique de traiter inégalement communisme et nazisme. Mais les deux phénomènes sont-ils vraiment identiques ? Dans l'abstrait, Besançon a sans doute raison de l'affirmer. Pourtant, j'ai l'impression que son exposé ne pourrait pas vraiment rendre compte d'une modeste évidence concrète qui ne laisse pas de me troubler : les amis de Commentaire (qui sont aussi les miens) ont tout naturellement compté quelques communistes repentis — et je m'en réjouis —; mais je doute qu'ils aient jamais inclus beaucoup d'ex-nazis. » Simon Leys

Vérité

N° 121, printemps 2008

Cet essai fut conçu à l'origine pour être prononcé comme une communication à la conférence annuelle (2007) de la Cour suprême australienne ; mais là, à la demande des organisateurs, son titre, Des mensonges qui disent la vérité. Le paradoxe de l'art et de la littérature, fut changé en Vérités historiques et autres-titre qui parut mieux approprié à un auditoire aussi sérieux. Car les juges sont censés être des gens graves - en effet, ne portent-ils pas toges et perruques pour nous en convaincre (et pour s'en souvenir eux-mêmes) ? Les gens sérieux ne s'intéressent guère aux fictions, quelle qu'en soit la forme ; et aussi, présentée sous le titre frivole que j'avais d'abord proposé, ma causerie n'aurait probablement pas réussi à attirer beaucoup de monde. N'empêche, le titre affiché me causa un certain malaise (car je ne suis pas vraiment un historien) et je profite donc de la présente publication pour me débarrasser de cette annonce légèrement malhonnête. Je traite ici, sous le titre simple de Vérité, du paradoxe de la littérature et de l'art qui par des mensonges disent la vérité. [Acheter la suite de l’article]

 

La lutte pour la liberté en Chine. La cinquième modernisation : la démocratie. 
« Pour Wei Jingsheng »  

N° 7, automne 1979

Grâce à l'admirable travail effectué à Pékin par divers journalistes occidentaux - au tout premier rang desquels il faut spécialement citer les correspondants de l'Agence France-Presse -, nous avons été informés presque jour par jour de tout le déroulement du « printemps de Pékin », jusqu'à son écrasement final. Malheureusement, la presse internationale n'a, dans son ensemble, fait que très insuffisamment écho à ces rapports détaillés et bouleversants [Lire gratuitement la suite de l'article] 

 

Anatomie d'une dictature post-totalitaire - La Chine d'aujourd'hui

N° 137, printemps 2012

Les essais de Liu Xiaobo sur la Chine d'aujourd'hui permettent de faire l'anatomie d'une dictature post-totalitaire. De la décrire et d'en comprendre la pathologie. Le texte que nous publions ici, et que l'auteur a bien voulu nous confier, fait partie de son livre, Le Studio de l'inutilité, paru au printemps 2012 aux éditions Flammarion. [Acheter la suite de l’article]

 

L’attitude des Chinois à l’égard du passé

N° 39, automne 1987

La Chine est la plus ancienne civilisation vivante de notre planète. Une aussi unique continuité implique naturellement des relations particulièrement complexes entre un peuple et son passé. Il semble en fait qu'il y ait un paradoxe à la base de cette remarquable longévité culturelle : le respect des valeurs spirituelles et morales des Anciens paraît s'être combiné le plus souvent avec une indifférence et une curieuse négligence (pouvant aller à l'occasion jusqu'à un iconoclasme pur et simple) envers l'héritage matériel du passé. Quant à savoir si la continuité spirituelle de la Chine fut assurée en dépit de, ou grâce à, une destruction partielle des expressions matérielles de sa civilisation, il s'agit là d'une question qui ne pourra être que brièvement évoquée. [Acheter la suite de l’article]

 

Une femme extraordinaire : Soong Mayling

N° 133, printemps 2011

Notre ami Simon Leys a préfacé le livre de  Philippe Paquet : Madame Chiang Kaishek. Un siècle d'histoire de la Chine (Gallimard, 2010, 776 pages.) dont il recommande la lecture. [Acheter la suite de l’article]

 

Orwell ou l’horreur de la politique

N° 24, hiver 1983 & N° 25, printemps 1984

On a peine à croire qu'il y a déjà trente-trois ans qu'Orwell dort dans son petit cimetière campagnard. Ce mort continue à nous parler avec plus de force et de clarté que la plupart des commentateurs et politiciens dont nous pouvons lire la prose dans le journal de ce matin. Et pourtant, en France, il demeure sinon inconnu, du moins largement mécompris. Est-ce seulement un effet de l'incurable provincialisme culturel de ce pays ? En fait, le malentendu qui l'entoure ici doit avoir également des causes politiques, semblables peut-être à celles qui permirent jadis à Sartre et Beauvoir d'excommunier si durablement des rangs de l'intelligentsia bien-pensante un Camus ou un Koestler, coupables de la même lucidité. Acheter la suite de l’article : [partie I] & [partie II]

 

Orwell intime

N° 134, été 2011

Deux livres récents – excellentes éditions d'écrits intimes – ont ramené Simon Leys à George Orwell. Ces lectures lui ont inspiré les réflexions qu'il a bien voulu confier à nos lecteurs. [Acheter la suite de l’article]

 

Malraux           

N° 80, hiver 1997

On connaît l'histoire (elle est éculée) : dans une église pleine de monde, le prédicateur monte en chaire et prononce un sermon d'une éloquence bouleversante. Tout le monde pleure. Un homme cependant a gardé l'œil sec. On lui en demande la raison. « C'est, dit-il, que je ne suis pas de la paroisse. » Étranger, mais francophone, chaque fois que je passe en France, je me sens chez moi. C'est seulement quand il est question de Malraux que l'évidence me frappe : décidément, je ne suis pas de la paroisse. [Acheter la suite de l’article]

 

L’Australie de D. H. Lawrence

N° 63, automne 1993

Souvent, pour que la vérité d'une ville ou d'une terre nous touche en profondeur, il faut d'abord qu'elle ait été inventée par un poète. Le Pékin de Segalen, la Province de Mauriac, l'Équateur de Michaux, l'Australie de D.H. Lawrence en sont de bonnes illustrations. Considérons ici le dernier de ces exemples. Lawrence est arrivé en Australie presque par hasard ; il n'y a séjourné que trois mois ; il n'a guère fréquenté qu'une demi-douzaine d'Australiens et n'a examiné que quelques arpents d'un continent grand comme l'Europe. [Acheter la suite de l’article]

 

Jean-François Revel : une présence forte et lumineuse

N° 116, hiver 2006

Je crois que c'est Schopenhauer qui a remarqué que la grandeur morale d'un homme, à l'inverse de sa stature physique, croît avec la distance. Vivant à 20 000 kilomètres de l'Europe, j'ai toujours envié les amis parisiens de Jean-François Revel, qui, eux, avaient constamment la chance de le voir et de l'entendre. Pour ma part, le sentiment que j'avais de sa présence n'était cependant nullement affaibli par l'éloignement géographique : il était nourri par la lecture de ses écrits - et c'est dire combien cette présence était forte et lumineuse. [Lire gratuitement la suite de l'article] 

 

Vérité de Simenon

N° 59, automne 1992

André Gide l'avait annoncé avant la guerre, Bernard de Fallois démontré dans son petit livre de 1961 (Simenon, Bibliothèque idéale, Gallimard), nous savons désormais que Georges Simenon est le plus grand romancier de langue française pour la partie médiane et la fin du XXsiècle. Simon Leys lui a succédé à l'Académie royale de langue et littérature françaises de Belgique. En séance publique, il a prononcé l'éloge que l'on va lire et dont il a bien voulu permettre la publication dans notre revue. [Acheter la suite de l’article]

 

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Retrouvez, dans la rubrique « Auteurs », l'intégralité des textes de Simon Leys publiés dans Commentaire.

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