Réflexion autour des incertitudes

La lettre du vendredi 27 avril 2018

Dans notre première livraison, en 1978, Raymond Aron écrivait un article sur les « Incertitudes françaises ». Incertitude est un terme inhérent à la prévision et à la décision politiques. Mais la France de 1978 paraissait plus incertaine qu’auparavant. Le monde d’aujourd’hui, mais pour bien d’autres raisons, paraît plus incertain qu’à la fin du siècle précédent, et il l’est certainement. Il fallait donc poser la question des incertitudes. Ce qui nous ramène à d’autres questions souvent posées dans nos colonnes : vers où va l’histoire ? A-t-elle une fin ou procède-t-elle par retours ? Que reste-t-il de notre héritage ? Quels regards porter sur la France, sur l’Europe, sur ses voisins à l’Ouest et à l’Est ? À ces immenses questions, il faut répondre modestement comme le font les articles réunis ici. Il ne s’agit pas de dresser un inventaire ou d’imaginer un bilan, mais de tracer quelques pistes de réflexion simplement et, comme nous fêtons un anniversaire, de réunir nos amis les plus anciens et nos plus jeunes amis. Aussi, les textes qui suivent esquissent des réponses diverses à une question : dans une France, une Europe, un monde plus incertains qu’autrefois, de quelles incertitudes aimeriez-vous parler ?

Pierre Manent, « Rétrécissement du temps »

Commentaire, N° 161/Printemps 2018  

À l'origine de Commentaire, il y a quarante ans, le fait communiste, la menace soviétique, les risques entraînés par l'union de la gauche. Le communisme comme urgence pratique et question théorique. Le communisme comme ambition de moins en moins plausible, mais encore soutenable, de résumer, accomplir et clore l'histoire. L'ampleur et la gravité du défi communiste sont devenues incompréhensibles aux générations nouvelles. Non pas tant parce que son « échec » est entériné, que parce que tout grand projet collectif, qu'il soit salutaire ou ruineux, appartient à leurs yeux au passé. Le seul projet intelligible et légitime aujourd'hui est l'installation de l'homme dans ses droits, un projet qui non seulement ne produit pas de chose commune sinon des « valeurs », mais qui est conçu pour éviter d'avoir à produire du commun. « L'Europe » est le nom collectif, le nom qui donne apparence de communauté à une démarche dont la seule finalité réside dans l'administration des droits et intérêts individuels, et dont le seul principe régulateur est la concurrence libre et non faussée. Acheter l’article

 

Gilles Andréani, « Du bon usage des incertitudes » 

Commentaire, N° 161/Printemps 2018  

Dans le premier numéro de Commentaire Raymond Aron s'interrogeait sur les « Incertitudes françaises » ; il observait que persistait dans notre pays une instabilité politique, singulière en Europe, fondée sur l'exacerbation du clivage gauche-droite, et sur une propension à la révolution que venait d'illustrer mai 1968, tentative symbolique de renouer avec la chaîne des révolutions du XIXe siècle. Pourtant, notait-il, cette instabilité, toujours restée politique et parisienne, contrastait avec les aspirations d'une société française dans ses profondeurs éprise d'ordre depuis cent cinquante ans, c'est-à-dire depuis que les acquis de la Révolution française n'étaient plus contestés : stabilité sociale, instabilité politique… lequel l'emporterait ? Aron ne tranchait pas : il discernait une inquiétude sociale montante liée à l'internationalisation des échanges et qui pointait en cette fin des années 1970 ; il concédait que la Ve République avait apporté une certaine stabilité institutionnelle ; mais le Programme commun lui paraissait porteur d'un bouleversement économique et social radical, dont il craignait qu'il ne finît dans la violence : « ce peuple reste dangereux », concluait-il. Acheter l’article

 

Cédric Argenton, « Mondialisation économique, climat, paix »

Commentaire, N° 161/Printemps 2018  

Chaque époque se débat avec les problèmes du moment et il est de nombreux exemples de sociétés prospères qui se sont pensées, sur le coup, comme fragiles, en crise, voire en décadence. C'est la responsabilité des jeunes générations de maintenir le minimum d'optimisme et d'ouverture sur l'avenir nécessaire à la poursuite d'objectifs sociaux un tant soit peu ambitieux.
Cela dit, loin de moi l'idée de nier les nombreuses incertitudes qui pèsent actuellement sur le destin d'une puissance occidentale moyenne comme la France. Il me semble profitable de sérier les différents niveaux d'analyse, même si, inévitablement, les considérations qui suivent ne prétendront à aucune originalité : les problèmes sont bien connus ; c'est sur les solutions possibles que les meilleurs esprits doivent travailler. Acheter l’article

 

Jean-Claude Casanova, « Contraste »

Commentaire, N° 161/Printemps 2018  

L'incertitude et l'indétermination qui règnent dans la politique mondiale et dans plusieurs pays d'Europe font ressortir par contraste les traits de la politique française. Elle est dominée par l'élection d'Emmanuel Macron. Il dispose d'une large majorité à l'Assemblée nationale. L'homme est déterminé. Il est certain des objectifs qu'il a annoncés et qu'il poursuit. Oublions les controverses sur les épithètes de doctrine et la question de savoir s'il est lui-même de gauche, de droite, centriste, libéral, europhile, gaulliste, progressiste ou conservateur. On peut être tout à la fois et ce n'est pas plus intéressant que le sexe des anges. Accéder gratuitement à l’article

  

Jean-Marc Daniel, « La fin de la gauche ? » 

Commentaire, N° 161/Printemps 2018  

Quand Raymond Aron parlait d'incertitudes en 1978, il ne mesurait probablement pas combien cette année-là allait être cruciale. C'est en effet en 1978 qu'au sommet européen de Brême puis au G7 de Bonn se mettent en place de nouvelles règles du jeu qui restent nos références en matière d'économie. Face aux ébranlements de l'époque, dont la traduction la plus manifeste était la stagflation, deux visions de la politique économique à mener se font jour. Acheter l’article

 

Gil Delannoi, « Avis d’incertitude sur la grammaire » 

Commentaire, N° 161/Printemps 2018  

Certaines difficultés superflues de l'orthographe française ont servi de prétexte à des compétitions médiatiques aussi drolatiques que désuètes, qui naquirent d'un sentiment de dégradation de l'orthographe. Jusqu'où cette dégradation pourrait-elle aller ? Doit-on concéder à toute personne libérée un peu d'originalité orthographique pourvu que sa langue reste lisible sans effort ? Les correcteurs automatiques ne seront jamais parfaits. Eux aussi régalent parfois de quelques incongruités. Acheter l’article

  

Michel Duclos, « Où va le monde ? »  

Commentaire, N° 161/Printemps 2018  

En 1980, alors jeune haut fonctionnaire, j'avais été associé à la rédaction d'une note répondant à une commande du ministre des Affaires étrangères de l'époque, Jean François-Poncet. La commande était la suivante : « Où va le monde ? Quelle est la politique étrangère de la France ? » Il était précisé : répondre en deux pages. Trente-huit ans plus tard, il me faudrait plus de deux pages, ou de huit mille signes, pour tenter de traiter des incertitudes de l'avenir du monde. Acheter l’article

 

Jean-François de Fuentes, « Force et contagion du modèle chinois »  

Commentaire, N° 161/Printemps 2018

Dans le paysage mondial d'appréhensions et de conflits enchevêtrés marqué par le recul spectaculaire du libéralisme politique au-dessus duquel plane la psychose d'une nouvelle conflagration mondiale évoquée par les Cassandre, le Parti communiste chinois exprime une assurance et une sérénité étonnantes. Acheter l’article

 

Jean Gatty, « Incertitude financière »  

Commentaire, N° 161/Printemps 2018

Les dettes publiques pèseront sur le destin des États. L'expérience dit qu'elles sont nocives. La Grèce antique, la France de 1715, Terre-Neuve, l'Allemagne de Weimar, la Grèce récente, nombre de régimes ou même d'États endettés ont disparu. À l'inverse, les États sans dette sont financièrement invulnérables, comme le sont les entreprises sans dette, et les ménages sans dette. Que la Suisse, Singapour, le Luxembourg, le Japon (jusqu'en 1970 !) et quantité d'États sans dette aient été ou soient même plus riches que les États endettés devrait donner à penser. Acheter l’article

 

Hervé Mariton, « Le fil continu de l’incertitude »  

Commentaire, N° 161/Printemps 2018

L'incertitude et la certitude, les risques et les faits sont évidemment liés. Peut-on être certain d'être incertain, incertain d'être certain ? Le balancement pourrait être oiseux. Abordons vite des exemples précis.
Après la catastrophe de Fukushima, le directeur général de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), Jacques Repussard, eut un propos fort : « L'accident nucléaire est certain. » C'était non seulement la certitude du fait récemment éprouvé, mais aussi le résultat de l'analyse statistique. Acheter l’article

  

George de Menil, « La menace populiste »  

Commentaire, N° 161/Printemps 2018

La montée du populisme menace les démocraties libérales. La victoire du leave dans le référendum sur le Brexit et l'élection de Donald Trump aux États-Unis en sont des manifestations troublantes. En 2017, la France a évité le pire, mais il ne faut pas oublier que 40 % des votants au premier tour de l'élection présidentielle ont porté leurs voix à des partis extrémistes.
Les conditions objectives d'un malaise social existent et s'amplifient. Acheter l'article

  

Rémy Prud’homme, « Le cas du climat »

Commentaire, N° 161/Printemps 2018  

Le nombre et l'ampleur des incertitudes auxquelles l'homme est confronté augmentent-ils ? La réponse à cette question est incertaine, faute d'instruments de mesure sérieux. Ce qui est certain, en revanche, c'est que l'homme a toujours détesté l'incertitude, et qu'il a inventé mille façons de la nier ou de la contourner : la religion, l'art, la connaissance, la solidarité, l'assurance – et la certitude. En réalité, certitude et incertitude marchent du même pas, comme un homme et son ombre. Plus l'incertitude (objective, réelle) est élevée, plus la certitude (subjective, imaginée) est grande. Le cas du climat illustre bien ce paradoxe. Acheter l’article

 

Christian Saint-Etienne, « Emmanuel Macron prend-il la mesure du problème ? »

Commentaire, N° 161/Printemps 2018  

Les mesures nouvelles
Le nouveau gouvernement a mis en place une série de mesures nouvelles au cours du second semestre de 2017. La loi de finances 2018, présentée en septembre 2017, annonce une réduction de la dépense publique de 3,5 points de PIB entre 2017 et 2022 (au lieu des 5 points souhaitables). Baisse des prélèvements obligatoires de 1 point de PIB en cinq ans au lieu des 3 points de PIB souhaitables. Pas de recul de l'âge de départ à la retraite annoncé à la fin octobre 2017. Acheter l’article

  

Dominique Schnapper, « Sortons-nous de l’obstination dans l’irréel ? »

Commentaire, N° 161/Printemps 2018  

La lecture des « incertitudes » de 1978 suscite une réflexion quelque peu métaphysique. Sur le temps qui passe, sur les événements imprévus qui sont intervenus entre-temps et ont changé la donne, sur les permanences de la politique française. À coup sûr, l'incertitude aujourd'hui n'est ni tout à fait la même ni tout à fait une autre. Acheter l’article

 

Éric Thiers, « La certitude de la bêtise »  

Commentaire, N° 161/Printemps 2018 

C'était il y a trente ans ou presque – et non point quarante. L'auteur de ces lignes ouvrait, pour la première fois, un numéro de Commentaire et, quelque temps auparavant, les Mémoires de Raymond Aron et Le Spectateur engagé. C'était la fin de l'histoire, la chute du Mur, le bicentenaire de la Révolution, un étudiant qui tenait tête à une colonne de chars à Pékin… C'était le temps où l'on croyait fermement que la vérité et la liberté triomphaient et que s'éloignait cette peur qui avait marqué l'enfance d'une génération d'Européens, entre Pershing II et SS20. Acheter l’article

 

Philippe Trainar, « Incertitudes… économiques »

Commentaire, N° 161/Printemps 2018  

Les experts nous l'assurent : pour la première fois depuis dix ans, la croissance économique repart un peu partout dans le monde et l'on peut être optimiste pour 2018 et 2019. Pourtant, les doutes et interrogations qui ont agité les esprits au cours de la dernière décennie demeurent. Rarement le monde n'est apparu aussi incertain qu'aujourd'hui ou, pour être plus exact, rarement nos certitudes n'ont paru aussi fragiles, avec ce sentiment diffus que le monde aurait vraiment changé et que nous ne disposerions pas des clés pour comprendre le nouveau monde auquel nous faisons face. Frilosité héritée de la décennie perdue ou prudence légitime au vu de la situation mondiale ? L'observation des faits ferait plutôt pencher la balance en faveur de la deuxième hypothèse. Même vue du point de vue étroit de l'économie, les incertitudes auxquelles nous sommes aujourd'hui confrontés non seulement sont réelles mais elles débordent aussi très largement le champ de l'économie. Acheter l’article

 

Michèle Tribalat, « La question migratoire »

Commentaire, N° 161/Printemps 2018  

 Les incertitudes apparaissent souvent inversement proportionnelles à la capacité de maîtriser un sujet. C'est hélas souvent le cas en démographie, et tout particulièrement sur la question de l'immigration étrangère. Quand on sait peu de choses et que, techniquement, on ne sait pas tout à fait de quoi l'on parle, paradoxalement l'incertitude se raréfie. La chose a été illustrée récemment dans Libération par Laurent Joffrin commentant les conséquences néfastes qu'il craignait que la publication de l'Insee sur le bilan démographique de la France en janvier pourrait avoir : alimenter le fantasme du grand remplacement. Acheter l’article

 

Hubert Védrine, « Certitudes et incertitudes en 2018 »

Commentaire, N° 161/Printemps 2018  

Si Raymond Aron titrait, en 1978, son article « Incertitudes », alors même qu'il nous semble, avec le recul, que le monde bipolaire de la Guerre froide était dur, mais plus simple et plus prévisible, quelles certitudes pourrions-nous éprouver dans le nôtre, que le Secrétaire général de l'ONU, António Gutteres, n'hésite pas à qualifier de chaotique ? Acheter l’article

 

Emmanuel de Waresquiel, « L’histoire comme antidote »

Commentaire, N° 161/Printemps 2018  

Rien n'est plus évident qu'un événement lorsqu'il est advenu. Au XIXe siècle les historiens avaient cherché à expliquer l'inexplicable en faisant de la Révolution la conséquence logique d'un enchaînement implacable de causalités. Ils en voyaient les commencements dans la conquête franque de la Gaule romanisée et les prolongements dans l'affrontement auquel se seraient livrés, depuis le Moyen Âge jusqu'au XVIIIe siècle, les héritiers des vainqueurs et ceux des vaincus : la noblesse d'un côté, la bourgeoisie de l'autre. La Révolution n'aurait été que la juste revanche des seconds sur les premiers. Écoutons Guizot : « Le résultat de la Révolution n'était pas douteux, l'ancien peuple vaincu était devenu le peuple vainqueur. » Acheter l’article

 

Jean-Claude Casanova et Béatrice Dedinger, « L’Europe de 1800 à 2055. Perspectives historiques et démographiques » 

Commentaire, N° 161/Printemps 2018  

On pourrait dire, en complétant la formule prêtée par Goethe à Napoléon : « Le destin aujourd'hui, c'est la politique, et la politique, c'est la démographie. » C'est pourquoi nous publions régulièrement ces perspectives historiques et démographiques qui commandent le sort de l'Europe et, comme on s'en aperçoit désormais tous les jours, la politique sur ce continent. Ce ne sont que des chiffres, Béatrice Dedinger a bien voulu m'aider à les regrouper. Ils invitent à la réflexion. Si l'on considère le rôle de l'Europe dans le monde : il ne fut jamais si important qu'en 1900, comme l'était sa part dans la population mondiale. Histoire connue : 1914, 1917 et 1939 ont détruit la primauté européenne. De 1945 à nos jours, l'Europe se rétablit, s'unifie progressivement et devient un « Welfare State confédéral » et la première puissance commerciale, mais, comme on l'a dit, un nain politique. Pour songer à l'avenir, on doit s'entendre sur ce que l'on appelle l'Europe. Notre tableau offre toutes les possibilités politiques. Accéder gratuitement à l’article

Raymond Aron, « Incertitudes françaises »

Commentaire, N° 1/Printemps 1978

Au printemps dernier, mes amis et moi, alors que nous préparions le premier numéro de Commentaire, nous choisîmes ensemble le titre de l'article politique de tête : Incertitudes françaises. Avouons-le en toute humilité : avant les vacances, nous supposions tous que la campagne électorale, prévue de septembre 1977 à mars 1978, se déroulerait bloc contre bloc, droite contre gauche, l'actuelle majorité contre les trois partis signataires du programme commun. Or, à cette date, la victoire de l'opposition nous paraissait pour le moins plausible. Du même coup, le régime de la Ve République semblait mis en question en même temps que le système économique du pays. Accéder gratuitement à l’article

 

Jean-Claude Casanova, « Incertitudes françaises (suite) »

Commentaire, N° 14/Été 1981

Dans son premier numéro, à la veille des élections législatives de 1978, notre revue rappelait : « l'histoire ne commence ni ne finit au mois de mars 1978 ». Dans le même numéro, Raymond Aron concluait ainsi son article : « Si le P.S. va au bout de son programme pour obtenir les voix communistes au deuxième tour ou la participation communiste au gouvernement, la France vivra des années de troubles peut-être révolutionnaires, peut-être despotiques. » En mai 1981, après les élections présidentielles qui viennent de donner la victoire à F. Mitterrand, les mêmes incertitudes renaissent, les mêmes risques subsistent. Acheter l’article

 

Jean-Claude Casanova, « Dix ans après : incertitudes européennes »

Commentaire, N° 41/Printemps 1988

INCERTITUDES FRANÇAISES, c'était le titre que, voilà dix ans, Raymond Aron donnait au premier article de notre revue. Il avait été rédigé à la veille des élections législatives de 1978 et les incertitudes dont il était question naissaient de l'alliance conclue entre communistes et socialistes, du programme commun qu'ils avaient élaboré, de la probabilité d'une victoire de la gauche « unie » (bien qu'à vrai dire, cette union ait été ébranlée dès septembre 1977) et d'une éventuelle application des dispositions retenues par les deux partis. Dans cette hypothèse, on pouvait craindre, au pire, une remise en cause du régime de la Ve République et du système économique, au mieux, une expérience de politique économique irréaliste et coûteuse, interrompue après deux ans, comme le furent celles de 1924 ou de 1936, par un retour à la raison. On connaît la suite de l'histoire. Acheter l’article

 

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Commentaire est une revue fondée par Raymond Aron et dirigée par Jean-Claude Casanova
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