Quand la Révolution française avait deux-cents ans

La lettre du vendredi 8 mai 2020

En 1989 on a célébré, en France et dans le monde, le bicentenaire de la Révolution française. La même année s’éteignait en Russie les feux allumés par la Révolution d’Octobre 1917. Voici quelques-uns des très nombreux articles que Commentaire a publié à propos de cet immense évènement et de cette commémoration. Il fallait, bien sûr, parler aussi de la Glorieuse Révolution anglaise et de la Révolution américaine qui aboutit à la constitution des États-Unis de 1788 toujours en vigueur, puisque ces trois Révolutions fondent les régimes libéraux et démocratiques de l’Occident. Il fallait aussi, en contrepoint, parler de la Révolution de Saint-Pétersbourg qui à partir de 1917 voulut dépasser la Révolution française au point de nier jusqu’à l’idée même de liberté.

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Penser la révolution anglaise

Franck Lessay
N°47/Automne 1989

A.J.P. Taylor, le grand historien d’Oxford, écrivait : « L'interprétation whig de l'histoire est aisée à définir ; toute notre pensée politique en découle. C'est le récit bâti autour des libertés anglaises fondées par la Magna Carta, consolidées par la Glorieuse Révolution, élargies par la grande réforme électorale de 1832, et atteignant leur plus haut épanouissement avec le gouvernement travailliste. Selon la formule de Ramsay Macdonald, "plus haut, toujours plus haut - plus loin, toujours plus loin ". C'est la doctrine de l'histoire conçue comme progrès : les hommes devenant sans cesse plus sages et plus tolérants ; les maisons plus confortables ; la nourriture plus abondante ; les nouvelles lois toujours meilleures que les anciennes ; les idées nouvelles supérieures aux idées d’autrefois ; les épouses nouvelles l'emportant toujours sur celles d'avant (situation fréquente dans l'aristocratie whig). [Lire gratuitement l'article]

 

Adams et Madison, lecteurs de Montesquieu

Jean-Claude Lamberti
N°41/Printemps 1988

Commentaire a consacré plusieurs articles à la Constitution américaine, à l'occasion du bicentenaire de celle-ci. En 1989 nous célèbrerons le tricentenaire de la naissance de Montesquieu, qui influença profondément, autant que Locke et d’autres, les constituants américains. Jean-Claude Lamberti, analyse cette influence, et nous offre une leçon de politique constitutionnelle. [Lire gratuitement l'article]

 

La déclaration des droits de l’homme et du citoyen

Marcel Gauchet
N°43/Automne 1988

Voici, en bonnes feuilles, une étude de Marcel Gauchet pour le Dictionnaire critique de la Révolution française, publié sous la direction de François Furet et de Mona Ozouf, à paraître chez Flammarion. [Lire gratuitement l'article]

 

Aux armes, citoyens ! 1789 ou l’apprentissage de la guerre

Pierre Rétat
N°42/Été 1988

La France révolutionnaire est-elle devenue guerrière à partir de 1792 ? Aucun historien ne croirait à une aussi brutale métamorphose, mais il faut avouer que les transitions et les préparations font un peu défaut, dans les mises en scène ordinaires de l'Ancien Régime finissant et de la première Révolution, qui expliqueraient d'assez loin l'enthousiasme de l'an II et le génie conquérant de la République. L'ouvrage ancien et fané d'Aulard sur le Patriotisme français de la Renaissance à la Révolution (1921) nous laisse fort impuissants à comprendre comment la Révolution a donné naissance à une extraordinaire machine de guerre. Le sursaut d'un peuple menacé n'explique pas tout. [Lire gratuitement l'article]

 

La fête révolutionnaire en 1789

Pierre Rétat
N°47/Automne 1989

« La prise de la Bastille, dit l'Histoire, ce fut la première célébration, la première commémoration et pour ainsi dire déjà le premier anniversaire de la prise de la Bastille ; ou enfin le zéroième anniversaire.
On s'est trompé, dit l'Histoire ; on a vu dans un sens, il fallait voir dans l'autre. Ce n'est pas la fête de la Fédération qui fut la première commémoration, le premier anniversaire de la prise de la Bastille. C'est la prise de la Bastille qui fut la première fête de la Fédération, une Fédération avant la lettre. » C’est ce qu’écrit Charles Péguy dans Clio.[Lire l'article]

 

Le banquet du centenaire de 1789 (I)

Anatole Leroy-Beaulieu
N°41/Printemps 1988

On célébrera dans un an le bicentenaire de la Révolution. Commentaire consacrera désormais, de façon régulière, des articles aux interprétations, aux conséquences et aux célébrations de cet événement. Nous inaugurons cette série en reproduisant le bel article qu'Anatole Leroy-Beaulieu, qui succéda en 1906 à Émile Boutmy à la direction de Sciences Po, avait publié lors du premier centenaire. Il avait imaginé de commémorer la Révolution en faisant s'exprimer des représentants des diverses nations et civilisations concernées. [Lire l'article]

 

Le banquet du centenaire de 1789 (II)

Anatole Leroy-Beaulieu
N°42/Été 1988

Voici la deuxième partie de l'article qu'Anatole Leroy-Beaulieu avait consacré au centenaire de la Révolution française. Nous avons entendu un professeur américain, puis un whig britannique. Écoutons cette fois-ci un privat-docent de Prusse orientale, un jurisconsulte d'Italie et un Grec de Constantinople. [Lire l'article]

 

Le banquet du centenaire de 1789 (III)

Anatole Leroy-Beaulieu
N°43/Automne 1988

Voici la troisième partie de l'étude qu'Anatole Leroy-Beaulieu avait consacrée au centenaire de la Révolution française. Écoutons maintenant un savant prêtre venu de Quito, en Équateur, que suivront un Juif d'Europe, un noir d'Haïti, un antisémite d'Autriche et un hindou d'Oxford. [Lire l'article]

 

Le banquet du centenaire de 1789 (IV)

Anatole Leroy-Beaulieu
N°44/Hiver 1988

Voici la quatrième et dernière partie de l'étude d'Anatole Leroy-Beaulieu. Écoutons pour finir un professeur de science, Suisse de Genève, un bourgeois français, un Chinois ancien élève de l'École des sciences politiques, et un Russe qui leva son verre à la révolution prochaine. [Lire l'article]

 

« La Révolution française est un bloc… »

Jean-Marie Mayeur
N°45/Printemps 1989

Lors de la seconde représentation de Thermidor, de Victorien Sardou, à la Comédie-Française, le 26 janvier 1891, éclatèrent des incidents dus à des manifestants d'extrême gauche. Le ministre de l'Intérieur fit suspendre les représentations de la pièce, susceptibles de créer des troubles. Elle fut remplacée par Tartuffe. Le jeudi 29 janvier, trois députés républicains modérés, Joseph Reinach, Henry Fouquier et Francis Charmes, déposèrent une demande d'interpellation sur les mesures que le gouvernement comptait prendre « pour assurer à la fois l'ordre public et la liberté de l'art dramatique ». Le président du Conseil, Freycinet, est depuis le 17 mars 1890 à la tête d'un gouvernement de « concentration », qui associe républicains de gouvernement et radicaux modérés. Mis en cause par des membres de sa majorité, il accepte la discussion immédiate. Le débat qui suivit devait demeurer dans l'histoire, résumé par la formule de Clemenceau : « La Révolution française est un bloc... » [Lire l'article]

 

La Révolution est-elle un bloc ?
Réponse à Pichon, Clemenceau et Mitterrand

Anatole France
N°41/Printemps 1988

François Mitterrand a expliqué le 2 décembre 1987 au journal soviétique Les Izvestia qu'il trouvait « juste » l'appréciation de Clemenceau : la Révolution française est un bloc. Le 15 janvier 1988 il rectifiait, à la Sorbonne, en disant : « Ne faudrait-il pas dire plutôt : la révolution est un tout. » Ces augustes paroles ont franchi les portes des lieux souterrains. Et nous avons trouvé dans notre boîte aux lettres la missive suivante qu’Anatole France adressait à François Mitterrand et qu'accompagnait un article, que nous nous empressons de publier. [Lire gratuitement l'article]

 

La Contre-Révolution : un autre anniversaire ?

Gérard Gengembre
N°45/Printemps 1989

La Révolution nous constitue, nous informe, nous parle. Est-ce à dire que son ennemie la plus irréductible doive hanter les poubelles de l'histoire, d'où l'exhumeraient périodiquement les héritiers toujours renouvelés de ses obstinés refus et de ses irrécupérables incompréhensions ? Nous voudrions ici contribuer et inciter à la relecture d'une pensée encore trop souvent simplifiée. Pour mieux comprendre la Révolution, il faut réexaminer la Contre-Révolution. [Lire l'article]

 

Contre Condorcet

Sainte-Beuve
N°48/Hiver 1989

La dépouille de Condorcet aura été transportée au Panthéon quand cet article paraîtra. Comme les encens n'auront pas manqué, il est normal qu'une voix discordante se fasse entendre. Et il n'y avait pas meilleure occasion pour en appeler à Sainte-Beuve, qu'il faut toujours consulter quand on veut comprendre l'histoire de France. Si l'on avait souhaité rendre hommage à l'esprit des Lumières, il fallait songer au maître et à l'ami de Condorcet, à Turgot, qui le dépasse de cent coudées, et dont les cendres reposent rue de Sèvres dans la chapelle des Incurables, au cœur de l’ancien hôpital Laennec. Deux siècles étant passés, une question subsiste : comment doit-on considérer aujourd'hui, après les événements que l'on sait, un théoricien du progrès indéfini de l'esprit humain et donc un philosophe de l'Histoire ? Sainte-Beuve, qui ne pardonnait pas les massacres de Septembre et l'indulgence de Condorcet à leur égard, acceptait qu'on l'amnistiât à cause de ses écrits académiques et de sa pauvre fin. Après l'amnistie, méritait-il une apothéose ? Sur ce point, Sainte-Beuve et François Mitterrand divergent. Nos lecteurs jugeront en comparant le lundi du critique aux homélies officielles. [Lire gratuitement l'article]

 

Dictionnaire des girouettes 

Gaspard Monge
N°48/Hiver 1989

Gaspard Monge, célèbre mathématicien et fondateur de l’École polytechnique, a, en 1989 comme Condorcet, rejoint très légitimement le Panthéon, au bout de la rue Soufflot. Il avait été Ministre de la marine sous la Convention nationale en1792 ; il vint avec Lebrun et Clavière, prononcer à la séance du 21 septembre le discours suivant : « La convention nationale vient de ratifier le vœu de tous les sages, et de légaliser la volonté de tous les Français en les délivrant du fléau de la royauté. Certes, cette journée est la plus grande dont les fastes du genre humain puissent encore conserver la mémoire ; et il est sans doute permis au premier pouvoir exécutif de la République française, de se glorifier d'abord de telles fonctions à remplir à une époque si solennelle. Il nous est impossible, messieurs, de vous exprimer toute l'énergie que ces circonstances nous inspirent, et nous serions les plus lâches des hommes, si, quels que soient les dangers auxquels nous pourrons être exposés, nous n'étions toujours prêts à les braver pour le maintien de la glorieuse résolution que vous avez prise. En vous présentant nos hommages, nous prenons devant vous l'engagement de mourir, s'il le faut, en dignes républicains, pour la liberté et l'égalité, que vous allez fonder sur des bases inébranlables. » Après la campagne d’Égypte et le 18 Brumaire, Monge, jusqu’à juin 1815 et au-delà jusqu’à sa mort en 1818, resta fidèle à Napoléon. [Lire gratuitement l'article]

 

In memoriam. Denis Richet (1928-1989)

Emmanuel Leroy-Ladurie
N°48/Hiver 1989

Denis Richet était l’ami de plusieurs d’entre nous qui furent ses camarades de jeunesse ou ses collègues historiens. Nous l’admirions et l’aimions tous. Emmanuel Leroy-Ladurie a bien voulu lui rendre hommage au nom de notre revue. [Lire l'article]

 

Le bolchévisme et le jacobinisme

Albert Mathiez
N°46/Été 1989

On trouvera ci-dessous un texte fort intéressant d’Albert Mathiez, jamais réédité depuis sa parution en 1920 sous forme de brochure à la Librairie du Parti socialiste et de L’Humanité. Les sous-titres sont de la rédaction de Commentaire. [Lire gratuitement l'article]

 

La Russie et la Révolution française

Alain Besançon
N°46/Été 1989

À tous les pays d'Europe, la Révolution française pose un double défi. D'abord, à l'exception de l'Angleterre qui a sa révolution derrière elle, ils comprennent tous qu'elle est un des futurs contingents qui s'offrent à eux. Ensuite, puisque cette révolution a eu lieu et qu'on en connaît le déroulement, on ne la fera plus innocemment. Tout processus allant dans ce sens sera comparé, mesuré, avec angoisse ou espoir, au formidable précédent français. [Lire gratuitement l'article]

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