Politique française

La lettre du vendredi 4 octobre 2019

La démocratie est un régime politique qui organise le choix de ses dirigeants par la compétition des hommes et des partis à travers de libres élections. Aussi la réflexion politique sur la France commence-t-elle par l’observation des électeurs et des élus, c’est-à-dire par l’analyse des élections et du comportement des partis et des dirigeants politiques avant et après ces suffrages. C’est ce genre d’études que Commentaire offre régulièrement à ces lecteurs, comme le montre le choix d’articles qui suit tirés de son dernier numéro et de quelques autres qui l’ont précédé depuis trois ans.

Les élections européennes de 2019 en France

Pierre Martin
N° 167 Automne 2019

Ces premières élections intermédiaires de l’ère Macron ont été marquées par un échec relatif en termes électoraux et un succès relatif en termes d’opinion de la liste gouvernementale devancée par le Rassemblement national, l’effondrement des Républicains, le bon résultat d’EELV, l’échec de La France insoumise et la confirmation de l’effondrement du PS. [Lire la suite]

 

1988 : Rocard et Mitterrand ou l’échec de l’ouverture

Jérôme Jaffré
N° 167 Automne 2019

Dans l’histoire de la Ve République, le moment 1988 retient l’attention à plus d’un titre. Il voit la réélection facile du président de la République, François Mitterrand – un fait assez rare –, sur la base d’une campagne électorale peu politique et bien davantage fondée sur son image personnelle et aussi la promesse de la France unie. Il voit la nomination à l’Hôtel Matignon de son rival historique dans le socialisme français, Michel Rocard. Il fait apparaître les difficultés à réussir l’ouverture promise et une recomposition politique. Il voit enfin des élections législatives organisées dans la foulée de la présidentielle qui ont failli être perdues, alors que toutes les autres menées dans les mêmes conditions entre 1981 et 2017 ont donné une majorité absolue des sièges au parti qui soutient le président de la République. [Lire la suite]

 

Le vote des Gilets jaunes

Olivia Grégoire
N° 167 Automne 2019

Entre novembre 2018 et mai 2019, la France a traversé deux moments politiques inédits avec l’apparition des Gilets jaunes et, en réponse, l’organisation du Grand Débat national, soit d’une part la tentation de changer le système de l’extérieur, de l’autre la possibilité de le changer de l’intérieur. Pourtant, il ressort du suffrage du 26 mai 2019 une relative stabilité des rapports de force constitués avant l’éclosion des Gilets jaunes. Il n’y a pas eu de chute du parti majoritaire – comme c’est généralement le cas lors d’élections intermédiaires – ou de triomphe d’un parti alternatif – ainsi qu’aurait pu le laisser croire la forte sympathie dont jouit toujours le mouvement. En dépit de son échec à constituer une liste fédératrice, il ne s’agit pas de remettre en cause la réalité et l’ampleur du moment et du mouvement des Gilets jaunes, mais il faut déterminer la nature de leur influence sur le jeu politique, au regard de l’élection qui a eu lieu. [Lire la suite]

 

Socialisme et social-démocratie

Bernard Poignant
N° 167 Automne 2019

Le Parti socialiste, dans sa forme et ses principes actuels, est bien loin de la première déclaration de la SFIO adoptée en avril 1905 qui souhaite « fonder un parti de lutte de classe ». Si, d’un « parti de lutte de classe et de révolution », le Parti socialiste est devenu un « parti de réforme », on a aussi assisté à la mutation, de fait d’abord, puis assumée, d’un socialisme vers une social-démocratie. Bernard Poignant retrace les grandes étapes de cette évolution, expose les propositions du PS redéfinies suivant ces nouveaux principes et explique, enfin, en quoi cette transformation correspond à un changement intrinsèque du citoyen français et de l’électeur socialiste. [Lire la suite]

 

Philosophie économique : le renoncement de la France à la troisième voie

Gilles Saint-Paul
N° 167 Automne 2019

En 2018, la Ve République a fêté ses soixante ans. Mais cette exceptionnelle longévité s’est accommodée d’évolutions multiples. La Ve République est celle d’Antoine Pinay mais aussi celle de Georges Pompidou et d’Emmanuel Macron, de Raymond Marcellin et de Martine Aubry. La Ve République que nous connaissons est-elle la même qu’en 1958 ? Si oui, quelles sont ses spécificités ? S’agit-il d’un régime fourre-tout ou bien est-il porteur de principes particuliers ? Comment a évolué notre philosophie économique, avons-nous progressivement renoncé à une troisième voie ? [Lire la suite]

 

Faut-il craindre le référendum d’initiative citoyenne ?

Jean-Marie Denquin
N° 166 Été 2019

Le débat actuel sur l’instauration d’un « référendum d’initiative citoyenne » est, comme on le sait, une conséquence de l’activité, par ailleurs diversement appréciée, des « gilets jaunes ». L’idée, cependant, n’a rien d’original. Des consultations directes du corps électoral sont depuis longtemps organisées, au niveau national dans divers pays, au niveau local en Allemagne et dans certains États américains. En Suisse, l’initiative populaire est une pratique fréquente au niveau constitutionnel. En France, la tradition politico-juridique a généralement manifesté, dans sa majorité, une hostilité vigilante à l’usage de telles procédures. La campagne en faveur de cette institution, longtemps de basse intensité, revient en force sous une étiquette renouvelée. La substitution de l’épithète « citoyenne » à l’adjectif « populaire » introduit-elle une nuance significative ? Que penser d’une telle procédure ? Faut-il l’adopter ou la redouter ? [Lire la suite]

 

Emmanuel Macron : deux ans après

Jean-Claude Casanova
N° 166 Été 2019

Deux ans sont passés depuis l’accession d’Emmanuel Macron à la présidence de la République, et les élections européennes viennent de se dérouler. C’est l’occasion, au lendemain de ce scrutin, de faire le point par quelques notes sur la situation politique du premier des Français. Son avenir se résume à deux questions : poursuivra-t-il ses réformes ? Sera-t-il réélu en 2022 ? [Lire gratuitement la suite]

 

De Jacques Chirac à Nicolas Sarkozy
Une étape décisive

Alain Duhamel
N° 163 Automne 2018

Ces pages concernent les suites de l’élection présidentielle de 2002 qui, au second tour, opposa Jean-Marie Le Pen à Jacques Chirac et qui aboutit à la victoire de celui-ci. Période décisive de notre histoire politique : le premier mandat de cinq ans pour un président de la République, le début de nos difficultés économiques (déficit du commerce extérieur, chute de notre compétitivité, dérèglement de nos finances publiques) et la grande défaite du parti européen au référendum sur le projet de Constitution de l’Union européenne. Période décisive parce que les traits qui s’y dessinent commandent, pour la France, tous les périls et tous les enjeux de la période qui suit, celle dans laquelle nous vivons encore. [Lire gratuitement la suite]

 

Les lectures d’Emmanuel Macron

Olivier Mongin
N° 159 Automne 2017

Nommé secrétaire général adjoint de l’Élysée par François Hollande – dont il avait été le conseiller économique durant la campagne présidentielle de 2012 avant d’occuper trois ans plus tard le poste de ministre de l’Économie à Bercy –, Emmanuel Macron a été vite stigmatisé comme un énarque et un banquier. Bref, la honte en France ! Cela n’a pas été sans occulter le véritable parcours du Président élu en 2017, et sans aveugler ceux qui se satisfaisaient de l’image d’un jeune ambitieux à la recherche des couvertures de magazines. Celui que l’on présentait abusivement comme un banquier tombé subitement dans le chaudron de la politique avait pourtant une formation diversifiée et peu habituelle dans le milieu politique. Cela a surpris et a suscité la curiosité d’esprits comme celui de Régis Debray : « Après une période politique qui s’est livrée pieds et poings liés à la vidéosphère, avoir quelqu’un aux manettes qui ne donne pas le dernier mot à BFMTV peut susciter une vraie curiosité, disons un sourire, entre l’ironie et l’expectative » (Le Journal du dimanche, 2 juillet 2017). Mais, au-delà de l’étonnement, il est manifeste qu’Emmanuel Macron est un homme qui aime les livres et sait parler de ses lectures. [Lire la suite]

 

Les primaires, bouc émissaire

Olivier Duhamel
N° 159 Automne 2017

Sur les questions institutionnelles, plus encore que sur d’autres, le microcosme médiapolitique ne fonctionne que selon des modes bornées. Il ne se fixe que sur une réforme, sans s’interroger sur sa cohérence avec l’existant, ou avec d’autres. Il traite le point objet de son attention sans en évaluer les conséquences. Et il s’enthousiasme, puis doute, puis condamne. Prenons le cas des primaires. [Lire la suite]

 

Droite et gauche depuis 1958

Vincent Feré
N° 159 Automne 2017

Le gaullisme de rassemblement du général de Gaulle en 1958 a paradoxalement créé un régime basé sur une bipolarité devenue un élément structurant de la vie politique française. On a pu du reste retourner l’argument et considérer que la Ve République ne pouvait fonctionner qu’au prix de cette bipolarisation du champ politique, ce qui suppose que les citoyens se reconnaissent dans les fondements du clivage gauche/droite. Or la victoire récente du candidat centriste Emmanuel Macron et la défaite cinglante des partis de gouvernement montrent que ce n’est plus le cas.
L’histoire de la droite et de la gauche depuis 1958 et de leur position respective par rapport aux questions sociale et nationale permet alors de mettre en perspective ce bouleversement de la vie politique française et d’en mesurer la portée. 2017 représente-t-il une rupture équivalente à celle de 1958 ? [Lire la suite]

 

Un nouveau clivage
Perdants versus gagnants de la mondialisation

Jérôme Fourquet
N° 158 Été 2017

Présidentielle autrichienne, référendum sur le Brexit en Grande-Bretagne, présidentielle américaine, chacune de ces élections avait sa propre logique et s’inscrivait dans un contexte national particulier. Néanmoins, ces trois scrutins ont donné à voir la montée en puissance d’un clivage extrêmement puissant, celui opposant, pour faire court, les gagnants et les perdants de la mondialisation. Dans ces trois pays et ces trois scrutins, c’est cette ligne de fracture qui a structuré les votes bien davantage que la logique traditionnelle de l’affrontement gauche/droite. En France, l’opposition entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron incarne et confirme ce nouveau clivage. [Lire la suite]

 

Un séisme politique
L’élection présidentielle de 2017

Pierre Martin
N° 158 Été 2017

La victoire d’Emmanuel Macron, candidat centriste libéral, face à Marine Le Pen, après un premier tour caractérisé par l’élimination de François Fillon et de Benoît Hamon, les candidats des deux forces politiques ayant gouverné la France depuis plus de trente ans, et la percée de la gauche radicale derrière Jean-Luc Mélenchon font de cette élection présidentielle un séisme politique. Ces résultats sont la conséquence de la profonde crise politique que traverse le pays. [Lire la suite]

 

Et Macron vint…

Jean-Claude Casanova
N° 158 Été 2017

Commençons par ce qui est certain. Macron est jeune. Plus jeune que tous ses prédécesseurs. Un an de moins que Louis Napoléon Bonaparte, neuf ans de moins que Valéry Giscard d’Estaing, qui furent les tenants du titre avant lui. On n’aura pas manqué d’évoquer un Éliacin, et je serai tenté d’y ajouter les vers de Racine, à propos d’Éliacin, qui sont en épigraphe. Car, derrière son air noble et modeste, l’acier, peu répandu de nos jours, apparaît dans son extraordinaire audace, dans son ingratitude à l’égard de Hollande, dans sa détermination, dans son discours solitaire devant l’arc de triomphe du Carrousel. [Lire la suite]

 

Les conséquences des élections présidentielles

Vincent Feré
N° 157 Printemps 2017

 

L’élection présidentielle au suffrage universel reste – ou est redevenue avec le quinquennat – l’élection majeure et le président de la République conduit effectivement la politique de la France. Ce scrutin a entraîné des évolutions politiques profondes : la bipolarisation ou, plus récemment, l’institutionnalisation des primaires. Pour autant, en dépit de son indéniable et persistant succès, il n’est jusqu’alors pas parvenu à résorber la crise de la représentation politique et, sans doute même, est-il d’une certaine façon un obstacle à sa résolution. À l’heure des choix historiques qui attendent la France et l’Europe, on peut considérer que cette élection a jusqu’à présent contribué à détourner les politiques et les citoyens des vrais enjeux. Cela dit, rien n’indique que les Français aspirent à un changement institutionnel profond auquel, par ailleurs, personne ne les invite franchement à réfléchir. [Lire la suite]

 

Un président trop normal ?

Jean-Claude Casanova
N° 157 Printemps 2017

François Hollande sera le premier Président de la Ve République à ne pas se représenter à la suite de son mandat initial. Par désintéressement : il ne s’accroche pas, il laisse la place, alors que tant d’autres s’incrustent. Par lucidité : il ne pourrait pas être élu une seconde fois. Pourquoi ? Son impopularité est restée grande. Depuis le décrochage initial, il n’a jamais regagné les faveurs de l’opinion. Cela tient à sa politique, à son parti, à la gauche tout entière, peut-être à lui-même. [Lire la suite]

 

De l’hyper-Président au Président normal

Philippe Raynaud
N° 157 Printemps 2017

Le texte qui suit est extrait d’un livre que je viens de publier : L’Esprit de la Ve République. L’histoire, le régime, le système (Perrin, 2017, 284 pages). Pour éclairer le lecteur, je dois expliquer mon intention. Ce livre ne prétend donner ni une histoire exhaustive de la Ve République, ni une analyse juridique des institutions françaises et de leurs transformations, car il privilégie délibérément la dimension politique des choses, en s’intéressant principalement à la manière dont le pouvoir se conquiert et s’exerce. L’hypothèse dont je suis parti est que le régime de la Ve République constitue un système qui s’est mis en place dès l’époque du général de Gaulle, qui a survécu à tous les changements de Président et de majorité et qui repose sur quatre règles majeures, dont trois seulement sont inscrites dans la Constitution. [Lire la suite]

 

En finir avec l’élection du président de la République au suffrage universel

Thomas
N° 153 Printemps 2016

Depuis la réforme constitutionnelle de 1962, la France élit le chef de l’État au suffrage universel direct et connaît un dualisme à la tête du pouvoir exécutif, partagé entre Président et Premier ministre. Unique au sein des démocraties occidentales, cette double spécificité a peu à peu transformé la Ve République jusqu’à un affaiblissement qui, mutatis mutandis, commence à évoquer l’impuissance des IIIe et IVe Républiques. Cet article établit le diagnostic et trace des voies de sortie. En raison des fonctions qu’il a occupées et de celles qu’il occupe, l’auteur signe d’un pseudonyme. [Lire la suite]

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