Politique française

La lettre du vendredi 28 juin 2019

Commentaire consacre régulièrement des articles à la politique française, qu’il s’agisse de politique intérieure, de politique européenne, de politique étrangère ou des principales réformes qui sont entreprises par les gouvernements et de celles qui paraissent souhaitables. Voici quelques-uns de ces articles publiés depuis trois ans.

Faut-il craindre le référendum d'initiative citoyenne ?

Jean-Marie Denquin
N° 166 Été 2019

 Le débat sur l'instauration d'un « référendum d'initiative citoyenne » est, comme on le sait, une conséquence de l'activité, par ailleurs diversement appréciée, des « gilets jaunes ». L'idée, cependant, n'a rien d'original. Des consultations directes du corps électoral sont depuis longtemps organisées, au niveau national dans divers pays, au niveau local en Allemagne et dans certains États américains. En Suisse, l'initiative populaire est une pratique fréquente au niveau constitutionnel. En France, la tradition politico-juridique a manifesté, dans sa majorité, une vigilante hostilité à l'usage de telles procédures. Le « référendum d'initiative partagée » inscrit dans la Constitution en 2008 n'a nullement mis en œuvre cette hypothèse puisque la procédure demeure soumise au bon vouloir des parlementaires. Le Conseil constitutionnel a, il est vrai, admis dans sa décision du 9 mai 2019 la possibilité de soumettre au référendum une proposition de loi visant à affirmer l'exploitation des aérodromes de Paris. Cette consultation suppose le soutien de 4 717 396 personnes inscrites sur les listes électorales Autant dire que la mise en œuvre de cette procédure demeure problématique. [Lire la suite]

 

Emmanuel Macron : deux ans après

Jean-Claude Casanova
N° 166 Été 2019

Deux ans sont passés depuis l'accession d'Emmanuel Macron à la présidence de la République, et les élections européennes viennent de se dérouler. C'est l'occasion, au lendemain de ce scrutin, de faire le point par quelques notes sur la situation politique du premier des Français. Son avenir se résume à deux questions : poursuivra-t-il ses réformes ? Sera-t-il réélu en 2022 ? [Lire gratuitement la suite]

 

Retour sur la crise française

Vincent Feré
N° 166 Été 2019

Au printemps 2017, la France élisait un Président jeune, chantre de la « mondialisation heureuse » (Alain Minc), au moment où la Grande-Bretagne votait le Brexit et où les Américains s'apprêtaient à installer Donald Trump à la Maison-Blanche. Il y avait encore une fois une exception française. L'élection d'Emmanuel Macron annonçait la défaite des populismes. La France, fidèle à sa vocation historique, ouvrait la voie ; le monde allait suivre. Macron pouvait se poser en champion de la démocratie et de la construction européenne, l'ouverture et le libéralisme l'avaient emporté sur le repli hexagonal et l'illibéralisme. Restait aux Français, guidés par leur Président, à faire les réformes trop longtemps différées pour que leur pays retrouve son leadership en Europe et dans le monde. Deux ans plus tard, la France est en crise, l'Europe au point mort, les populismes n'ont pas été vaincus et les sondages placent la liste LREM et celle du Rassemblement national au coude à coude pour les prochaines élections européennes. Que s'est-il donc passé ? [Lire la suite]

 

La longue marche de l'Alsace

Patrick Hetzel
N° 166 Été 2019

L'Alsace vient une nouvelle fois de faire irruption dans le débat public français à la suite de la signature d'un accord en date du 29 octobre 2018 à Matignon entre les deux présidents des conseils départementaux du Bas et du Haut-Rhin, du président de la Région Grand Est et du Premier ministre. Cet accord prévoit la création d'une « collectivité européenne d'Alsace » et, au moment où paraissent ces lignes, le débat parlementaire autour du projet de loi proposé par le gouvernement est encore en cours. Nous proposons ici de mettre la question alsacienne dans son contexte historique depuis la fin du XIXe siècle, puis de traiter les différents aspects particulièrement structurants des spécificités alsaciennes et enfin d'aborder les enjeux institutionnels permettant l'avènement d'une véritable collectivité territoriale d'Alsace digne de ce nom, fruit d'une longue marche vers un statut particulier. [Lire la suite]

 

Et Macron vint...

Jean-Claude Casanova
N° 158 Été 2017

 Commençons par ce qui est certain. Macron est jeune. Plus jeune que tous ses prédécesseurs. Un an de moins que Louis Napoléon Bonaparte, neuf ans de moins que Valéry Giscard d'Estaing, qui furent les tenants du titre avant lui. Barre n'aurait pas manqué d'évoquer un Éliacin, expression qu'il affectionnait, et je serai tenté d'y ajouter les vers de Racine, à propos d'Éliacin, qui sont en épigraphe. Car, derrière son air noble et modeste, l'acier, peu répandu de nos jours, apparaît dans son extraordinaire audace, dans son ingratitude à l'égard de Hollande, dans sa détermination, dans son discours solitaire devant l'arc de triomphe du Carrousel.
À la jeunesse, à l'énergie et à l'audace, ajoutons la bonne fortune. Elle l'a comblé. Hollande ne pouvait plus se présenter. Macron n'a pas été seul à l'écarter. Les socialistes (par fronde, mollesse et sottise) et Hollande lui-même y ont contribué. Et le Parti socialiste a trouvé avec le gentil Hamon le plus médiocre candidat. Ajoutez le talent solitaire de Mélenchon et vous obtenez une gauche désunie, incapable de rassembler et de parvenir au second tour. À droite, la primaire écarte Juppé et impose Fillon. Celui-ci, dès son apparition, est mortellement blessé par le parquet financier. Sa défense ne convainc pas. Ses amis ne peuvent ou ne savent pas le retirer. Le sous-préfet gaulliste Dupont-Aignan, malgré son insignifiance, le prive des quelques pourcentages nécessaires pour devancer Le Pen. Celle-ci rate sa campagne et son émission. Au lieu de parler d'immigration, son seul point fort, elle vaticine sur l'euro. Elle offre la première place à Macron au premier tour et un succès plus grand que prévu au second. Ce sont là des contingences, aucun de ces événements n'était nécessaire. La constellation aurait donc pu se composer autrement : si Hollande et Juppé s'étaient portés candidats par exemple, si Bayrou ne s'était pas allié à Macron, le résultat aurait été différent. La bonne fortune a souri à Macron en lui offrant une large voie, au centre, entre des droites et des gauches désunies. Et, comme il est trop jeune pour avoir beaucoup d'ennemis et suffisamment inspiré pour s'aventurer : il est venu, il a vu et il a vaincu. [Lire la suite]

 

Un président trop normal ?

Jean-Claude Casanova
N° 157 Printemps 2017

 François Hollande sera le premier Président de la Ve République à ne pas se représenter à la suite de son mandat initial. Par désintéressement : il ne s'accroche pas, il laisse la place, alors que tant d'autres s'incrustent. Par lucidité : il ne pourrait pas être élu une seconde fois. Pourquoi ? Son impopularité est restée grande. Depuis le décrochage initial, il n'a jamais regagné les faveurs de l'opinion. Cela tient à sa politique, à son parti, à la gauche tout entière, peut-être à lui-même. [Lire la suite]

 

La Ve est-elle une république des sondages ?

Jérôme Jaffré
N° 165 Printemps 2019

 Les sondages politiques sont omniprésents. Pas un journal, pas une émission de débat d'actualité sur une chaîne de télévision sans qu'il y soit fait référence. Mais quel rôle jouent-ils précisément dans notre système politique ? La réalité correspond-elle à l'apparence ? La Ve République peut-elle être qualifiée de république des sondages ? En vérité, l'importance des sondages en France est étroitement liée à l'élection présidentielle au suffrage universel et à son poids dans le jeu politique. Pour en prendre la mesure, il est nécessaire de revenir à la découverte des sondages lors de la première élection, celle de 1965, et d'examiner leur installation dans le jeu politique – tant les origines du phénomène permettent de mieux comprendre les causes. Puis, il faut étudier l'évolution de leur rôle au cours des soixante dernières années. Il convient donc de considérer à la fois l'histoire des sondages et l'histoire de la Ve République. [Lire la suite]

 

Les imprévus du nouveau monde

Olivier Mongin
N° 163 Automne 2018

 Plus d'un an après la victoire d'Emmanuel Macron à l'élection présidentielle, qui oserait dire qu'il ne s'est rien passé ? C'est un fait indéniable, il se passe quelque chose tous les jours et le Président a imposé un style bien à lui. L'emporte cependant un sentiment d'incertitude sinon d'insatisfaction : la « déconstruction » en cours de l'ancien monde politique et « le train des réformes » qui l'accompagne ne permettent pas de saisir si un « nouveau monde politique » est en train de prendre forme, ou si l'effondrement de « l'ancien monde politique » laisse juste la place à des rééquilibrages budgétaires et à des réaménagements pragmatiques. L'idée que je voudrais mettre en avant ici est celle d'un décalage, voire d'une disjonction entre une action hexagonale menée à bride abattue et une difficulté à inscrire celle-ci dans la mondialisation historique en cours. Alors qu'Emmanuel Macron a vanté les mérites d'une mondialisation à la fois technologique, économique et politique, qu'il a énormément voyagé et rencontré les grands de ce monde, l'an I de la Macronie a été très hexagonal. Cela n'est pas un hasard, la crise de la représentation politique est aussi une crise de la représentation historique. [Lire la suite]

 

Parti socialiste : aux origines d'un désastre

Gérard Grunberg
N° 160 Hiver 2017

 L'effondrement du Parti socialiste aux élections de 2017 marque la fin du cycle d'Épinay ouvert en 1971. C'est un effet de la conjoncture politique particulière, celle des trois années qui ont précédé les élections de 2017. Mais, en réalité, cet effondrement a frappé un parti fragilisé depuis fort longtemps. Sans remonter jusqu'à la période mitterrandienne et aux ambiguïtés originelles du parti d'Épinay, le choc de l'élimination de Lionel Jospin au premier tour de l'élection présidentielle de 2002 aurait dû alerter davantage sur les fragilités de ce parti. Pour quelles raisons les années qui ont suivi le choc 2002 ont-elles pu laisser penser que, pour traumatisante et grave qu'elle soit, cette élimination était un accident de parcours plutôt qu'un événement portant en germe une catastrophe future ? [Lire la suite]

 

Les ordonnances sur le travail de septembre 2017

N° 160 Hiver 2017

JEAN-EMMANUEL RAY, Les ordonnances sur le travail de septembre 2017. I. Une révolution de velours

PIERRE CAHUC et ANDRÉ ZYLBERBERG, Les ordonnances sur le travail de septembre 2017. II. La réforme n'a pas encore vraiment eu lieu

BERTRAND MARTINOT, Les ordonnances sur le travail de septembre 2017. III. Sauver le droit du travail

 

Les retraites : problèmes et solution

Philippe Trainar
N° 158 Été 2017

En dépit des propos rassurants de tels responsables politiques ou de certains experts, la situation de notre système de retraites par répartition est préoccupante dès lors que l'on retient des hypothèses économiques et démographiques tendancielles. Même si l'on peut critiquer ces hypothèses, n'est-il pas paradoxal que notre système, qui devrait être prudent et résilient eu égard à la nature de ses engagements extrêmement longs, voire infinis, ne soit pas capable d'affronter des situations économiques qui dévient tant soit peu d'hypothèses optimistes ? Afin de comprendre les raisons de ce paradoxe, il faut revenir sur les spécificités de notre système ainsi que sur ses déterminants structurels de long terme. Nous verrons alors que les problèmes récurrents d'équilibre et d'équité du système français sont imputables à une incitation intrinsèque à la gestion au jour le jour, que l'on a beaucoup de mal à rattacher à une quelconque philosophie cohérente de la répartition. La première priorité consiste donc à clarifier cette philosophie pour en tirer une discipline rigoureuse qui permette d'assurer l'équilibre et l'équité du système dans la stabilité des taux de cotisations. Afin de garantir la pérennité de ce nouvel équilibre, il serait souhaitable de l'accompagner d'un certain nombre de réformes institutionnelles qui aideraient grandement à limiter les incitations à la procrastination. [Lire la suite]

 

Propositions pour la France

N° 157
Printemps 2017

Liminaire

CÉDRIC ARGENTON, Préalables

PATRICK ARTUS, Les réformes radicales et indispensables

CHRISTOPHE BARBIER, Vers la nation européenne

NICOLAS BAVEREZ, Pour réinventer le modèle français

ALAIN BERGOUNIOUX, Renouer avec le progrès

JACQUES BILLE, Disruption

MONIQUE CANTO-SPERBER, Lettre au Président sur l'Université

MICHEL DIDIER, Relancer d'emblée pour pouvoir réformer

BRUNO DURIEUX, Réformer pour refonder l'Europe

THIERRY FOUCART, L'urgence social-libérale

JEAN GATTY, Travailler beaucoup plus

JEAN-DOMINIQUE GIULIANI, L'urgence européenne

DENIS KESSLER, Que ne pas faire ?

DIDIER MAILLARD, Établir l'état de droit

BÉATRICE MAJNONI D'INTIGNANO, Fin du fin de l'ISF ?

PHILIPPE MANIÈRE, La réduction de la dépense publique, alpha et oméga

BERTRAND MARTINOT, L' aggiornamento du droit du travail

GEORGE DE MENIL, Du courage, encore du courage

ALAIN MINC, Les sept travaux d'un petit Hercule

JEAN-THOMAS NORDMANNDes circulaires pour refonder l'école

RÉMY PRUD'HOMME, Arrêter la « transition énergétique »

CHRISTIAN SAINT-ÉTIENNE, Priorités

SÉNÈQUE, Éducation : sortir de l'impasse

PHILIPPE TRAINAR, L'Europe, l'économie, l'État

JEAN-PIERRE VESPERINI, Comment rester une grande puissance ?

JEAN-PHILIPPE VINCENT, Une stratégie de confiance

ETIENNE WASMER, Rationalité collective et décentralisation

CHARLES WYPLOSZ, Pour un État svelte

 

L'intellectualisme et la politique française

Alain Duhamel
N° 155 Automne 2016

 Cet article porte dans son titre le terme «intellectualisme ». En effet, la politique française se pique d’intellectualisme, c’est là son moindre défaut. Dans ce pays, le débat des idées ne se repose jamais et s’enflamme facilement. Les passions idéologiques imprègnent les esprits, enracinent les préjugés, envahissent l’espace politique, s’imposent dans les médias, bousculent les rentrées littéraires, s’invitent en permanence dans les séances parlementaires. Elles peuvent être inexactes, imprécises, démenties par les faits, devenir caduques ou même n’avoir jamais correspondu à la réalité. Peu importe : elles marquent, elles comptent, elles pèsent, elles enflamment. À Paris, l’éthique de conviction l’emporte toujours sur l’éthique de responsabilité. Je crois, donc je suis, c’est le mot d’ordre sous tous les régimes, sous toutes les majorités. Absolutisme monarchique ou dictature robespierriste, aventure impériale ou critique libérale, juste milieu ou insurrection populaire, république des ducs ou socialisme utopique, guesdisme, jauressisme, solidarisme, clémencisme, marxisme, conservatisme, pacifisme, vichysme, collaborationnisme, résistancialisme, gaullisme, communisme, mendésisme, européisme, antitotalitarisme, populisme, cléricalisme, social-démocratie, social-libéralisme, gauchisme, nationalisme, toutes les doctrines, toutes les idéologies, toutes les croyances, toutes les utopies, toutes les chimères, toutes les aventures s’affrontent, se combattent, se déchirent. En France, la lutte des idées domine la lutte des classes. [Lire gratuitement la suite]

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