Politique française

La lettre du vendredi 29 mars 2019

Sondages, opinion, système politique, loi électorale, réforme, difficultés économiques, perte de confiance, crise, « nouveau monde »… Présentons aujourd’hui quelques articles de ceux qui ont bien voulu observer, pour Commentaire, depuis le printemps 2018, les Français et la pratique politique de la France,  en analysant les étapes décisives et les traits principaux de notre histoire politique.

 

La Ve est-elle une république des sondages ?

Jérôme Jaffré
N° 165 Printemps 2019

Les sondages politiques sont omniprésents. Mais quel rôle jouent-ils précisément dans notre système politique ? La réalité correspond-elle à l’apparence ? La Ve République peut-elle être qualifiée de république des sondages ? En vérité, l’importance des sondages en France est étroitement liée à l’élection présidentielle au suffrage universel et à son poids dans le jeu politique. Pour en prendre la mesure, il est nécessaire de revenir à la découverte des sondages lors de la première élection, celle de 1965, et d’examiner leur installation dans le jeu politique – tant les origines du phénomène permettent de mieux comprendre les causes. Puis, il faut étudier l’évolution de leur rôle au cours des soixante dernières années. Il convient donc de considérer à la fois l’histoire des sondages et l’histoire de la Ve République. [Lire la suite]

 

Le général de Gaulle et les Français

Alain Duhamel
N° 165 Printemps 2019

Le général de Gaulle s’est toujours fait une certaine idée de la France, de lui-même et des Français. De la France, c’est une idée quasi religieuse, presque mystique. De lui-même, c’est une idée altière et intraitable. Des Français, c’est une idée circonspecte, voire goguenarde. L’Homme du 18-Juin regarde la France avec les yeux de Corneille et les Français avec les yeux de Racine : il imagine donc la France telle qu’elle devrait être et les Français tels qu’il croit qu’ils sont. Mais ce qui nous occupe, c’est beaucoup moins l’idée que le général de Gaulle se fait des Français que l’idée que les Français se font du général de Gaulle. [Lire la suite]

 

Leçons d’histoire pour une France en crise

Vincent Feré
N° 165 Printemps 2019

La révolte des gilets jaunes déclenchée à l’automne a confirmé ce que l’on savait déjà : la France connaît depuis plusieurs décennies une profonde crise économique, sociale et politique. Mais toute révolte n’est pas le prélude à une révolution et la France, impuissante à se réformer pour s’adapter au monde nouveau, peut tout aussi bien paraître promise à un lent déclin auquel elle pourrait toutefois échapper à condition de méditer certaines leçons de l’histoire. [Lire la suite]

 

Pourquoi n’avons-nous plus confiance ?

Adam Garfinkle
N° 164 Hiver 2018

Parmi les problèmes de l’Amérique, l’hémorragie de la confiance sociale est un élément déterminant pour l’avenir, nous dit Adam Garfinkle dans cet important article. Il en est de même dans les démocraties européennes. Les faits crèvent les yeux : les citoyens n’ont plus, dans une très large majorité, confiance dans les institutions et dans les hommes qui les incarnent. Ces considérations sont transposables à la France. [Lire la suite]

 

Retrouver la raison

Pierre Manent
N° 164 Hiver 2018

L’article d’Adam Garfinkle analyse le phénomène le plus caractéristique de la situation présente de l’Occident, la perte de confiance qui affecte pour ainsi dire tous les acteurs politiques. Son approche attentive aux conditions élémentaires de la cohésion des sociétés, prend pour objet la vie américaine, et trouverait sans doute à s’appliquer à la vie des nations européennes, France comprise. Dans ce cas, le paramètre politique, à savoir la décrépitude du gouvernement représentatif, viendrait au centre de l’attention. Je voudrais souligner l’importance d’un facteur qui affecte toutes les instances, un facteur d’ordre intellectuel et moral, fort difficile à cerner mais qui se trouve à l’origine du trou d’air de plus en plus angoissant dans lequel l’Europe menace de s’abîmer. Je le désignerai comme la perte de confiance dans la raison pratique, c’est-à-dire dans la capacité de la raison humaine à orienter et régler de façon judicieuse les actions et institutions humaines. [Lire gratuitement la suite]

 

La fondation de la Ve République et l’avenir du gaullisme

Raymond Aron
N° 164 Hiver 2018

On a célébré cette année le soixantième anniversaire de la Constitution. Ce n’était que partiellement exact, puisque le principe de notre Constitution remonte à 1962. En effet, la loi fondamentale est la loi électorale, en l’occurrence celle qui a confié l’élection présidentielle au suffrage universel. Les années 1958 et 1959 correspondent à la première étape de la Ve République (la partie la moins décisive en termes institutionnels), mais elles correspondent aussi et surtout au retour du général de Gaulle. Le paradoxe étant que l’Algérie française l’a porté au pouvoir et qu’il l’a rendue indépendante, au grand désarroi de ses plus proches compagnons. [Lire la suite]

 

De Jacques Chirac à Nicolas Sarkozy. Une étape décisive

Alain Duhamel
N° 163 Automne 2018

Ces pages concernent les suites de l’élection présidentielle de 2002 qui, au second tour, opposa Jean-Marie Le Pen à Jacques Chirac et qui aboutit à la victoire de celui-ci. Période décisive de notre histoire politique : le premier mandat de cinq ans pour un président de la République, le début de nos difficultés économiques (déficit du commerce extérieur, chute de notre compétitivité, dérèglement de nos finances publiques) et la grande défaite du parti européen au référendum sur le projet de Constitution de l’Union européenne. Période décisive parce que les traits qui s’y dessinent commandent, pour la France, tous les périls et tous les enjeux de la période qui suit, celle dans laquelle nous vivons encore. [Lire la suite]

 

Les imprévus du nouveau monde

Olivier Mongin
N° 163 Automne 2018

Plus d’un an après la victoire d’Emmanuel Macron à l’élection présidentielle, qui oserait dire qu’il ne s’est rien passé ? C’est un fait indéniable, il se passe quelque chose tous les jours et le Président a imposé un style bien à lui. L’emporte cependant un sentiment d’incertitude sinon d’insatisfaction : la « déconstruction » en cours de l’ancien monde politique et « le train des réformes » qui l’accompagne ne permettent pas de saisir si un « nouveau monde politique » est en train de prendre forme, ou si l’effondrement de « l’ancien monde politique » laisse juste la place à des rééquilibrages budgétaires et à des réaménagements pragmatiques. [Lire la suite]

 

La singularité française ?

Joseph Hanimann
N° 163 Automne 2018

Les Français n’ont que trop tendance à se dénigrer ou se rengorger. Aussi paraît-il utile de savoir ce que pensent des étrangers qui vivent en France et qui savent l’analyser. C’est le cas de Joseph Hanimann. Correspondant culturel à Paris pour la Frankfurter Allgemeine Zeitung de 1986 à 2011, puis pour la Süddeutsche Zeitung. « La France multiplie depuis quelques décennies des retours inquiets sur ses principes républicains. Des notions comme “égalité”, “laïcité”, “service public”, “pouvoir de l’État” se trouvent, en effet, bousculées par les mécanismes de l’unification européenne et de la mondialisation. Le pays donne l’impression de se chercher. Lui qui se voulait exemplaire se voit comme une exception ». [Lire la suite]

 

 Des infortunes de la révision constitutionnelle

Jean-Éric Schoettl
N° 163 Automne 2018

Une importante réforme de la Constitution de 1958 serait en cours. Cet article met en garde contre les excès du révisionnisme. [Lire la suite]

 

Retour sur la révision de 2008 et sur les pouvoirs du Parlement          

Jean-Jacques Urvoas
N° 163 Automne 2018

« Les institutions sont comme les horloges, écrivait Lord Byron, de temps en temps, il faut savoir les arrêter, les nettoyer et les mettre à l’heure juste. » Aussi les dix années écoulées depuis la révision du 23 juillet 2008 permettent-elles de regarder différemment la démarche de 2008. La nature profonde du régime est demeurée inchangée. La Ve République reste cet étrange hybride entre prééminence présidentielle de fait et persistance d’institutions en théorie parlementaires. Les chefs de l’État ont même plutôt eu comme inclination de concentrer le pouvoir exécutif à l’Élysée au grand dam de leurs Premiers ministres. Mais il faudrait beaucoup de mauvaise foi pour nier les évidents progrès concernant le pouvoir législatif. [Lire la suite]

 

L’opinion et le pouvoir

Valéry Giscard d'Estaing
N° 161 Printemps 2018

L’opinion n’est pas une posture scientifique, née d’un raisonnement rigoureux, comme le sont les idées selon Platon. C’est l’expression d’une préférence, d’une tendance.  C’est une manière de voir ou de juger particulière à une personne ou à un groupe social, en matière de morale, religieuse ou politique. L’adjectif « publique » précise qu’il s’agit de l’opinion d’un groupe, parfois d’une collectivité tout entière, ou éventuellement même de la nation. [Lire la suite]

 

 

Retrouvez tous les articles de politique française parus dans la revue sur notre site www.commentaire.fr

Commentaire est une revue fondée par Raymond Aron et dirigée par Jean-Claude Casanova
116 rue du Bac – 75007 Paris – ISSN 0180- 8214
Copyright © 1978-2019 Commentaire - Tous droits réservés
twitter
facebook
Si vous ne souhaitez plus recevoir cette newsletter, désabonnez-vous en suivant ce lien pixel