Lisons, relisons Commentaire (III)

La lettre du vendredi 3 avril 2020

Poursuivons ce que nous avons entrepris depuis deux semaines. Reprenons cette fois-ci les numéros de Commentaire parus entre 1984 et 1986, avant les élections législatives de cette année. En 1983, nous avons perdu Raymond Aron. En 1984, nous avons publié un volume à sa mémoire. François Mitterrand a renoncé à son programme économique et se prépare à la dyarchie appelée « cohabitation ». On trouvera ici un choix d’articles de cette période. Ils traitent de diverses questions, notamment la campagne que nous avons entreprise pour le contrôle de la constitutionnalité des lois.

Au moment où notre pays traverse une crise inédite, tant sur le plan sanitaire qu’économique, lire ou relire ces articles vous aidera à comprendre et à anticiper un avenir différent.

Tant que durera le confinement, nous vous proposons tous les articles de « La lettre du vendredi » en lecture gratuite pendant une semaine. Vous pouvez la diffuser autour de vous ou transmettre à infos@commentaire.fr les adresses électroniques de vos amis et proches susceptibles d’être intéressés par cette lettre. Nous la leur adresserons alors régulièrement. Ils peuvent également s’abonner eux-mêmes en indiquant leur adresse mail sur la page d’accueil de notre site www.commentaire.fr ou retrouver dans la rubrique « Digitale » l’ensemble des Lettres parues.

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Aron nous quitte fin 1983

« Cher Raymond Aron… »

Georges Canguilhem
N°28/Hiver 1984

 

Les mots d'adieu prononcés par Georges Canguilhem le 20 octobre 1983 lors de l'inhumation de Raymond Aron au cimetière Montparnasse, à Paris. [Lire l'article]

 

Le dernier des libéraux

Allan Bloom
N°28/Hiver 1984

Il y a quelques semaines, lors d'un séjour à Paris, j'allai déjeuner chez mon ami Jean-Claude Casanova. En franchissant l'imposante porte de l'immeuble du boulevard Saint-Michel, j'eus une expérience que seul un Américain amoureux des choses françaises peut appeler proustienne. Je ressentis un choc soudain, le sentiment intense d'une absence qui se rattachait à toute la substance de ma vie adulte : c'était ici que Raymond Aron avait vécu et je ne l'y retrouverais plus. [Lire l'article]

 

Raymond Aron et la politique française. Trois Républiques et leurs institutions

Jean-Claude Casanova
N°28/Hiver 1984

Raymond Aron a consacré beaucoup d'articles et plusieurs essais à la situation historique et à la politique de la France. Mais il n'a jamais fait de la vie politique proprement dite l'objet d'une réflexion systématique ou d'un grand livre, comme cela a été le cas pour la philosophie de l'histoire, les relations internationales , la sociologie, Clausewitz ou Marx. Néanmoins à travers ses articles on peut dresser le tableau de sa vision et de ses opinions sur nos institutions politiques. [Lire l'article]

 

Le pacte Atlantique

Raymond Aron
N°28-29/Hiver 1984

Cet article a paru en avril 1949. Dans une revue d'inspiration gaulliste. L’article répondait aux critiques de Hubert Beuve-Méry, le directeur du Monde,  et Étienne Gilson, l'un et l'autre hostiles au pacte de l’Atlantique. Cet article a contribué à persuader le général de Gaulle de ne pas prendre position contre le pacte de l’Atlantique. [Lire l'article]

 

Idées

La politique et la sacré
Comment relire Péguy

N°30/Été 1985
Pierre Manent

Charles Péguy n'est certainement pas oublié ; il est loin d’être « négligé ». Depuis sa mort, comme pendant sa vie, il a été une figure controversée. Homme passionné, il n'a cessé de susciter les passions. Aujourd'hui encore, en France du moins, un livre consacré à Péguy fait naître presque à coup sûr la polémique. On scrute avec minutie le détail de sa vie politique, sentimentale, religieuse. Mais ce qui, le plus souvent, reste négligé, ce qui, en tout cas, n'est pas pris au sérieux, dans cette célébrité orageuse, c'est le penseur, ou, si l'on veut (Péguy l'aurait voulu), le philosophe. [Lire l'article]

 

Sartre et Giacometti :
Les Mots entre deux amis

James Lord
N°31/Automne 1985

Un soir de 1939, Alberto Giacometti se trouvait à une heure tardive au café de Flore à Paris. Il ne restait presque plus de clients, mais un homme était encore assis à la table voisine de la sienne. Il se pencha soudain vers Alberto et lui dit :« Excusez-moi, mais je vous ai souvent vu ici et je pense que nous sommes le genre d'hommes qui se comprennent. Il se trouve que je n'ai pas d'argent sur moi. Est-ce que cela vous ennuierait de payer mon verre ? » C'était le type de requête à laquelle Alberto n'opposait jamais un refus. Il paya donc aussitôt la consommation de l'inconnu. Une conversation s'ensuivit, et il apparut qu'en effet les deux hommes étaient de nature à se comprendre. Vingt-cinq ans plus tard, il vaudrait la peine de rappeler que leur amitié avait débuté par une hypothèse aussi optimiste. L'homme qui l'avait formulée était Jean-Paul Sartre. [Lire l'article]

 

Histoire

Honteuse Révocation, glorieuse Révolution

Emmanuel Le Roy Ladurie
N°32/Hiver 1985

Emmanuel Le Roy Ladurie développe une comparaison entre l'histoire politico-religieuse de la France qui aboutit à la Révocation de 1685 et celle de l'Angleterre qui culmine avec la Glorious Revolution de 1688-1689. [Lire l'article]

 

Note sur l’histoire moderne du peuple juif

Alain Besançon
N°34/Été 1986

L'histoire générale des chrétiens se confond avec la discipline historique comme elle a été pratiquée depuis Gibbon au moins. L'histoire des Juifs est plus mal connue, d’abord à cause de l'isolement du peuple juif qui, au milieu de l'Europe chrétienne, gardait ses moeurs, sa langue, ne se souciait pas trop de connaître le monde extérieur ni d'en être connu. Ensuite à cause de l'orientation principale de l'historiographie juive. Martyrologique, apologétique, elle a mis en lumière les injustices et les crimes dont le peuple juif a été la victime et, en regard, les contributions glorieuses de toutes sortes qu'il a apportées au monde. On perd de vue par exemple que le siècle de la Shoah a été aussi le siècle juif le plus glorieux depuis les tempsde Salomon. Sans tenir compte de l'action positive du peuple juif, il n'est pas possible de comprendre des faits aussi considérables que la science et la philosophie modernes, le libéralisme, le socialisme, le communisme, etc. Dans les deux derniers siècles il n'est pas une entreprise humaine, bonne ou mauvaise, où le peuple juif n'ait pris sa part. De même que l'incompréhension du judaïsme fausse chez les chrétiens l'intelligence de leur propre religion, l'occultation de l'histoire positive du peuple juif aveugle l'histoire européenne moderne. [Lire l'article]

 

Économie

Les économistes et le monde moderne. Positions et propositions

André Giraud
N°34/Été 1986

Nul ne peut être satisfait de la situation économique actuelle du monde. Alors qu'il reste tant de besoins insatisfaits, des ressources humaines considérables restent inemployées, aussi bien dans les pays dits « avancés » que dans ceux qui luttent pour leur simple survie. [Lire l'article]

 

La justice sociale introuvable

Jean-Pierre Dupuy
N°34/Été 1986

Enquête sur les principales représentations sociales en matière de justice sociale. On est parti d'un ensemble de déclarations politiques, d'articles de journaux, d'essais, d'interviews divers ou d'opinions communes. On a tenté d'en dégager un ordre, une intelligibilité. À lire ce corpus, on ressent une double impression contradictoire : les thèmes y paraissent en nombre très limité, ce sont toujours les mêmes qui reviennent sous des habillages divers, mais il semble aussi très difficile de les identifier et de les classer. C'est une fois le travail achevé que l'on comprend la nature de la difficulté. Ces modèles se dissimulent, ils n'apparaissent jamais dans leur vérité. D'être trop soumis à l'influence attractive, répulsive ou intimidante des autres, ils sont dénaturés. Le travail de l'auteur a consisté à tenter de les révéler à eux-mêmes. [Lire l'article]

 

Réduction de la durée du travail et lutte contre le chômage.
Le double échec de 1936 et 1982

Nicolas Baverez
N°36/Hiver 1986

Depuis le temps que Raymond Aron a écrit que la politique économique du Front populaire avait échoué (c'était en 1937 dans la Revue de métaphysique et de morale, on retrouvera ce texte dans Commentaire, n° 28-29, p. 311-326), depuis le temps que Robert Marjolin a fait le même diagnostic, depuis le temps qu'Alfred Sauvy nous explique chacune des raisons et des péripéties de cet échec (ainsi dans son dernier livre : De la rumeur à l'histoire, Dunod, 1985, chap. XV), depuis le temps que les manuels d'histoire de l'enseignement secondaire s'entêtent à nier ou à dissimuler cet échec : on pourrait se lasser de revenir sur cette question. L'article calme, précis et mesuré de Nicolas Baverez nous y ramène. Il utilise des données statistiques nouvelles et les techniques modernes de l'analyse. Il compare la politique menée en 1936 avec celle entreprise par Pierre Mauroy en 1981 et 1982. Nous célébrons ainsi le cinquantième anniversaire de 1936 en confirmant la formule de Santayana : ceux qui veulent ignorer l'histoire sont condamnés à la répéter. [Lire l'article]

 

Le contrôle de la contitutionnalité des lois

Un contrôle possible ou impossible ?

N°35/Automne 1986
Varii auctores

Pourquoi ne pas permettre aux tribunaux de déclarer qu'une loi est inconstitutionnelle et qu'ils ne l'appliqueront pas ? N'est-ce pas la voie la plus simple, la plus élégante, la plus efficace aussi, pour assurer la suprématie de la Constitution sur la loi ? À cette idée pourtant, la tradition française s'insurge. Depuis deux siècles elle a sacralisé la loi expression de la volonté générale. S'exprimant à travers elle le peuple souverain ne peut être contrôlé. Intimidés, les juges s'abstiennent. Le développement dans notre système juridique d'un contrôle de constitutionnalité par voie d'exception est-il utile ? 

 

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