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Les idéologies

La lettre du vendredi 5 novembre 2021

Au cours des années 1980 et 1990, on a pu dire que nous assistions, dans le monde, à la fin des idéologies. C’est-à-dire qu’allaient disparaître les systèmes de pensée qui justifiaient les régimes tyranniques qui, autour d’une religion séculière, d’une philosophie de l’histoire, d’une doctrine sociale ou d’une fausse science, imposaient aux peuples le culte d’une idée et la renonciation à la pluralité des opinions, à la liberté de l’esprit, à la liberté d’expression et à la liberté tout court, en confiant un pouvoir exclusif à un parti, à une secte ou à un homme qui prétendait détenir exclusivement cette vérité.
Sont-elles vraiment disparues ? Ont-elles pris une forme différente ? Le pluralisme des opinions, le libre choix des dirigeants règnent-ils partout ? Les tyrans manquent-ils d’idées ? Le ressentiment des demi-lettrés ne fournit-il plus d’arguments à la violence et aux pouvoirs sans limite ? On peut en douter. Regardons en arrière pour mieux voir en avant. Voici quelques articles parus dans Commentaire sur l’idéologie ou sur l’idéocratie.

Mao dévoilé
Sur le communisme, la tyrannie et la Chine

Alain BESANÇON
n° 116 – hiver 2006

 

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Le livre de Jung Chang et Jon Halliday est, pour ce qui concerne la politique et l'histoire contemporaine, un des ouvrages les plus importants des dernières années. Aussi sa publication en français (Mao. L'histoire inconnue, trad. de l'anglais, Gallimard, « NRF Biographies », 2006, 864 p.) constitue-t-elle un événement qu'il faut saluer et commenter. Commenter, car ce livre éclaire des pans entiers d'une histoire ignorée, particulièrement en France, et permet d'aller plus avant dans la réflexion sur le communisme et sur les tyrannies modernes. Il contribue également au débat sur l'avenir de la Chine, pays dont le rôle ne cessera pas de croître mais dont on ignore quels seront les ressorts profonds. L'Occident espère que le désir de bien-être et la volonté de s'enrichir amèneront, un jour, le goût de la liberté. [Lire l’article]

  

Les libéraux face aux révolutions
1688, 1789, 1917, 1933

Émile PERREAU-SAUSSINE
 109 – printemps 2005

 

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On lit sous la plume de Hobbes que « rien n'a jamais coûté aussi cher à quiconque que ce qu'a coûté à nos pays occidentaux leur connaissance du grec et du latin ». À ses yeux, l'imitation des anciens a moins bénéficié à la cité que suscité la plus lamentable anarchie, trop de gens rêvant de républiques et de liberté, sans s'apercevoir que, bien souvent, le mieux est l'ennemi du bien. En sens contraire, Tocqueville consacre un des chapitres de La Démocratie en Amérique aux raisons pour lesquelles « l'étude de la littérature grecque et latine est particulièrement utile dans les sociétés démocratiques ». À qui faut-il donner raison ? Les modernes ont dégagé les principes de leur propre originalité en se distinguant ou en s'opposant à l'autorité qui avait été jusque-là reconnue, celle des anciens. E. P.-S. [Lire l’article]

 

Nazisme et communisme : réflexions sur une comparaison

Martin MALIA
 99 – automne 2002

 

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À la question de savoir si c'est le communisme ou le nazisme qui doit être tenu pour le mal suprême, par quelle comparaison précise faut-il répondre ? L’habitude est de dresser un bilan comparatif de l'horreur : nombre de victimes, moyens et circonstances de leurs meurtres, types de camps de concentration. Mais comment passer de la dimension factuelle de ces atrocités à un jugement sur leur sens moral ? L’extermination industrielle menée par Hitler est-elle « pire » que la « technologie pharaonique » utilisée par Staline et Mao Zedong ? Ce serait une erreur de croire qu'une réponse simple ou sans détour est possible. En fait, cette question est la plus controversée de toutes celles que nous a léguées le xxe siècle, et elle doit être approchée à trois niveaux solidaires : moral, politique et historique. M. M. [Lire l’article]

 

Quatre apologies du terrorisme révolutionnaire

Daniel BELL
 98 – été 2002

 

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Pour les mouvements extrémistes du xixe siècle, la question cruciale était de savoir comment faire la révolution et changer la société. Les deux grandes thèses en présence étaient celle de Karl Marx et celle de Mikhaïl Bakounine. Les anarchistes rêvaient d'apocalypse, et la durée n'entrait pas en ligne de compte : seul existait le présent, qui pouvait être transformé par un acte cataclysmique détruisant la société. Pour Bakounine, « le déchaînement de ce qu'on appelle aujourd'hui les passions du mal, et la destruction de ce qu'on baptise ordre public », étaient résumés dans sa fameuse déclaration : « Le désir de destruction est aussi un désir créateur. » Esthétique et politique ne faisaient qu'un. D. B. [Lire l’article]

 

La religion et le profane
Islam, nationalisme et marxisme au xxe siècle

Ernest GELLNER
 85 – printemps 1999

 

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Cet article est basé sur la transcription d'une conférence prononcée par Ernest Gellner en octobre 1995, lors d'un colloque organisé, à Heidelberg, par l'Institut germano-américain, et portant sur « La religion comme culture et anticulture ». Ce fut très probablement sa dernière conférence car il mourut au début du mois de novembre suivant, à Prague. Cette conférence fut transcrite par Caroline Schmidt Hornstein. Une version en langue allemande a d'abord paru dans Internationale Zeitschrift für Philosophie, n° 1, 1996. La version anglaise, corrigée par l'auteur, a été publiée par l'Institut für die Wissenschaften vom Menschen de Vienne, qui a bien voulu nous permettre de la traduire et de la publier en français. [Lire l’article]

 

Note conjointe sur le communisme et le nazisme

Leszek KOLAKOWSKI
 83 – été 1998

 

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Mon ami Alain Besançon propose une longue liste de raisons pour expliquer l'asymétrie flagrante des perceptions du communisme et du nazisme et les différences entre les critères des jugements que l'on porte sur ces deux jouets de la grande Dame Histoire. Nul doute, toutes ces raisons ont été bien choisies ; je crois pourtant que le tableau général que dresse Besançon exige encore des corrections. Le socialisme international et le socialisme national sont-ils deux jumeaux hétérozygotes ? Peut-être. Comme pour toutes les métaphores historiques on trouvera des arguments pour et des arguments contre. Mais le nazisme n'avait pas besoin de grands mensonges, il disait plus ou moins ce qu'il était ; le communisme était le mensonge incarné, mensonge monumental et presque sublime par son élan. Une différence futile ? Je ne le crois pas. L. K. [Lire l’article]

 

Utopie noire

 Jean-Claude CASANOVA
n° 169 – hiver 2020

 

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L'utopie est un état des choses qui ne se rencontre en aucun lieu. On peut l'imaginer mentalement et on peut le comparer avec un état effectif, actuel ou passé, pour en mesurer le bien et le mal. On peut l'imaginer de deux manières : en idéalisant, en peignant en rose, c'est l'utopie optimiste ; ou, au contraire, en noircissant, en dépréciant, c'est l'utopie noire ou pessimiste. Le Préjugé vaincu, ou Nouveau moyen de subsistance de la Nation de l’abbé Morellet en est une. J.-C. C. [Lire l’article]

 

Mémoire et oubli du communisme

Alain BESANÇON
 80 – hiver 1997

 

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Notre numéro s'ouvre sur deux grandes fresques historiques. La première concerne le communisme, sa mémoire et l'oubli que l'on a de ses crimes. Il s'agit du texte intégral complété et annoté, de la communication que notre ami Alain Besançon a présentée lors de la rentrée solennelle de l'Institut de France à l'automne 1997. Nos lecteurs auront constaté à propos du livre de Stéphane Courtois que le débat sur ces questions reste vif en France, que l'amnésie y gagne et le commerce des grâces amnistiantes y fleurit. Aussi à partir du texte d'Alain Besançon avons-nous décidé d'ouvrir auprès d'historiens et de philosophes étrangers et français une vaste enquête sur ce sujet dont nous commencerons la publication en mars prochain. [Lire gratuitement l’article]

 

Du bon usage des idéologies

Raymond ARON
n° 48 – hiver 1989

 

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Chaque année, à l'automne, nous publions un texte inédit de Raymond Aron. Nous avons choisi celui-ci parce qu'il nous a paru pouvoir légitimement accompagner notre dossier sur la fin de l'histoire. Il s'agit de la version originale en français, corrigée par Aron, d'un article publié en anglais dans les mélanges en l'honneur de son ami Edward Shils, de l'université de Chicago. Le texte anglais porte le titre : « On the proper use of ideologies » ; il figure dans le volume collectif, sous la direction de J. Ben-David et T. N. Clark, Culture and its creators, Essay in honor of Edward Shils (University of Chicago Press, 1977, 335 p.). [Lire l’article]

 

La fin de l’idéologie, 25 ans après (I & II)

Daniel BELL
n° 41 – printemps 1988 ; n° 42 – été 1988

 

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Certains livres sont mieux connus pour leur titre que pour leur contenu. Le mien est l'un d'eux. Plusieurs critiques, surtout de gauche, dirent que la montée du radicalisme au milieu des années 60 allait à l'encontre de la thèse du livre. D'autres virent dans cet ouvrage une défense « idéologique » de la pensée « technocratique » ou du « statu quo ». Quelques-uns, et c'est encore plus ridicule, crurent que le livre attaquait le rôle des idéaux en politique. Il n'était question de rien de tout cela. Le cadre du livre est donné par son sous-titre : « De l'épuisement des idées politiques dans les années 50 ». Néanmoins la dernière partie envisage l'avenir. Après avoir remarqué que de jeunes intellectuels de gauche exprimaient leur désir intense d'une idéologie, j'ai dit que les nouvelles inspirations, les nouvelles idéologies et les nouvelles identifications viendraient du tiers monde. D. B. [Lire la première partie] [Lire la seconde partie]

 

Le sens de la Terreur dans la Révolution française

Patrice HIGONNET
 35 – automne 1986

 

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Quelle que soit sa principale préoccupation (moralité publique, histoire politique moderne, ou plus banalement, les rapports de la Terreur aux Lumières et aux structures de l'Ancien Régime), tout historien de la Révolution française se doit de dégager les causes de la Terreur. Pour les uns, cet épisode est un incident de parcours, très regrettable sans doute, mais nécessaire à l'épanouissement de la Révolution, présentée comme un des grands moments dans l'histoire de l'humanité. Pour les autres, la Terreur est au cœur même du phénomène révolutionnaire. Elle est l'aspect le plus nauséabond d'un principe vicié. Pour tous, et c'est sur ceci que nous insisterons, l'étude de la Terreur est aussi une pierre de touche méthodologique. P. H. [Lire l’article]

 

Sur le langage communiste

Albert PALLE
 32 – hiver 1985

 

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Plus de trente ans après la parution en France de La Pensée captive, de Czeslaw Milosz, qui portait en sous-titre Essai sur les logocraties communistes, comprenons-nous mieux aujourd'hui le langage de l'Est ? Avons-nous appris à y répondre, à nous en défendre ? Pourrions-nous mieux faire ? Des auteurs considérables, depuis Boris Souvarine jusqu'à Alain Besançon, en passant par Hannah Arendt, Raymond Aron, Soljenitsyne et les dissidents soviétiques, ont mis l'accent sur l'importance du langage comme instrument de pouvoir dans les régimes idéologiques, aujourd'hui dans les régimes communistes-soviétiques. Or, à l'exception de quelques spécialistes, il semble bien que la « langue de bois » continue à déconcerter en pratique, voire en théorie, le plus grand nombre, même parmi les professionnels de la politique et les journalistes. A. P. [Lire l’article]

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