Les classiques de la liberté (VIII)

La lettre du vendredi 25 octobre 2019

Nous poursuivons la découverte ou la redécouverte de la série intitulée « Les classiques de la liberté », en présentant dans cette lettre une dizaine d’articles tirés de cette série. Dès sa fondation, Commentaire s'est attachée à l'étude des fondements, des perspectives et des conséquences du libéralisme politique. Voici donc quelques-uns de ces articles. Ils concernent  Benjamin Constant, Thiers fondateur de la IIIe République et grand vulgarisateur du libéralisme en France, le Conseil d’État que sauvegarda Thiers, le duc Victor de Broglie,  Kant (et par dérision Barère), les intellectuels et le socialisme, et enfin nos lecteurs découvriront un panorama de l’idée fédérale dû au Doyen Vedel, l’un des grands juristes français du XXe siècle.

Droit, État et obligation selon Benjamin Constant

Lucien Jaume
N° 87 Automne 1999

 Le libéralisme de Benjamin Constant fait incontestablement l'objet d'un intérêt renouvelé, car il est, avec Tocqueville, l'un des auteurs qui nous délivrent une vérité théorique, et même philosophique, sur les fondements comme sur les ambiguïtés, voire les pathologies, de la démocratie moderne. Si Constant, théoricien des Constitutions, est connu et reconnu comme l'est Montesquieu, on n'a pas toujours mesuré avec l'attention nécessaire l'acuité de sa réflexion sur les fondements de l'obligation juridique, une dimension fondatrice, à son tour, d'une société de liberté. [Lire la suite]

 

Monsieur Thiers et la souveraineté nationale

Guillaume Bacot
N° 88 Hiver 1999

 Acteur politique de premier plan, Thiers n'est certes pas un grand penseur politique. Mais la place centrale qu'il a occupée dans la vie politique française pendant un demi-siècle en fait sans doute le représentant le plus caractéristique de l'opinion bourgeoise de l'époque, ainsi que l'atteste ce fameux titre de « Monsieur » qu'il a su préserver pour la postérité elle-même. Auteur plus prolixe que fécond, il n'a guère renouvelé ni enrichi une doctrine libérale dont ses discours et ses écrits révèlent bien plutôt les limites et les contradictions. Cependant, là réside précisément l'intérêt de son œuvre : elle permet de saisir, mieux que celles qui jouissent à juste titre d'une beaucoup plus grande renommée, ce que fut réellement l'idéologie dominante du XIXe siècle, depuis la fin de la Restauration jusqu'à l'affermissement de la IIIe République. [Lire la suite]

 

Sur le Conseil d'État

Commentaire
N° 89 Printemps 2000

Quelques Français commémorent discrètement, depuis décembre dernier, le deux centième anniversaire du 18 brumaire et celui de la Constitution de l'an VIII. La France officielle célèbre ou va célébrer plus fastueusement les événements adjacents qui découlent de l'arrivée au pouvoir du Premier consul : la création du Conseil d'État, celle de la Banque de France, puis du corps préfectoral, de même celles de la Légion d'honneur et du Code civil. En célébrant les conséquences, on rend aussi hommage aux causes et à leur auteur principal. Mais chacun comprend qu'une République voile parfois ses origines et que l'esprit démocratique répugne à trop glorifier les grands hommes. Aussi, sans rien oublier, suivrons-nous l'esprit public et étudierons-nous dans cette revue les grandes institutions qui à la suite du 18 brumaire façonnèrent la France moderne. Commençons par le Conseil d'État [Lire la suite]

 

La compétence de la juridiction administrative.
Quand les libéraux s'interrogeaient (1828)

Gabriel de Broglie
N° 89 Printemps 2000

 Pour commémorer la création du Conseil d'État, il n'est pas interdit de détacher les yeux des deux cents ans de remarquable développement de l'institution et de les fixer sur tel ou tel épisode de son évolution. Celle-ci fut, en effet, loin d'être continue au XIXe siècle et l'histoire mouvementée de notre pays a souvent affecté soit l'existence du corps, soit son organisation et l'étendue de ses attributions, soit enfin les compétences respectives de la juridiction administrative et de la juridiction judiciaire. Ce dernier point, pour être moins spectaculaire que les questions constitutionnelles, n'en est pas moins significatif pour comprendre l'originalité de la situation française. [Lire la suite]

 

Qu'est-ce donc que la justice administrative ?
Compte rendu du livre de L. A. Macarel, Des tribunaux administratifs, paru dans la Revue française, n° 6, novembre 1828

Duc Victor de Broglie
N° 89 Printemps 2000

 Les progrès constants de l'étatisation depuis cent soixante-dix ans l'ont peut-être rendu inutile. Mais ce n'est pas certain, et je ne le dis pas seulement par fidélité à l'analyse de Victor de Broglie. La juridiction administrative est-elle assurée de traverser le siècle qui s'ouvre sans remise en cause de son domaine ? Jusqu'ici, elle s'est révélée une très efficace protection de la puissance publique dans la conception très élevée que nous avons de cette notion, à la fois ordre et liberté, autorité de l'État et autonomie des citoyens, épanouissement de la démocratie. Mais l'idée que nous nous faisions du rôle de l'État dans la société n'est plus tout à fait actuelle. Notre notion de l'État est contrebattue ou controversée de bien des manières : par la construction de l'Europe au-dessus des États, par la mondialisation de l'économie, par la décentralisation, par la judiciarisation de la société, qui atteint aussi la sphère du droit public. Je souhaite qu'il ne soit pas iconoclaste de dire que certaines des questions soulevées dans le débat de 1828 fassent, elles aussi, l'objet d'un examen à l'occasion du deuxième centenaire du Conseil d'État. Gabriel de Broglie [Lire gratuitement la suite]

 

Sur les langues régionales.
Post-scriptum d'un ami

Emmanuel Kant
N° 93 Printemps 2001

 Le texte de Kant que l'on va lire est une de ses dernières publications. Il a paru en 1800. Il s'intitule Post-scriptum d'un ami (Nachschrift eines Freundes). On trouvera le texte dans le vol. VIII de l'édition des Œuvres complètes de Kant par l'Académie de Berlin. À notre connaissance il n'avait jamais été traduit en français. Il tient en une page. Kant l'a rédigé à propos d’un ouvrage de Christian Gottlieb Le Dictionnaire lituanien-allemand et allemand-lituanien. Kant esquisse un portrait des Lituaniens prussiens et prend partie pour que soit préservée la spécificité de leur caractère et maintenue la pureté de leur langue, autant à l'école primaire qu'à l'Université. [Lire gratuitement la suite]

 

Contre les idiomes contraires à la propagation de l'esprit public

Bertrand Barère
N° 93 Printemps 2001

 Quatre points du territoire de la République méritent seuls de fixer l'attention du législateur révolutionnaire sous le rapport des idiomes qui paraissent les plus contraires à la propagation de l'esprit public et présentent des obstacles à la connaissance des lois de la République et à leur exécution. Parmi les idiomes anciens, welches, gascons, celtiques, visigoths, phocéens ou orientaux, qui forment quelques nuances dans les communications des divers citoyens et des pays formant le territoire de la République, nous avons observé (et les rapports des représentants se réunissent sur ce point avec ceux des divers agents envoyés dans les départements) que l'idiome appelé bas-breton, l'idiome basque, les langues allemande et italienne ont perpétué le règne du fanatisme et de la superstition, assuré la domination des prêtres, des nobles et des praticiens, empêché la révolution de pénétrer dans neuf départements importants, et peuvent favoriser les ennemis de la France. Je commence par le bas-breton. Ainsi s’exprimait Barère, l’un des personnages les plus méprisables et les plus prolixes de la Révolution. Il mérite d’être lu par antiphrase et il dit bien évidemment le contraire de ce que dit Kant dans le texte qui précède. [Lire gratuitement la suite]

 

Les intellectuels et le socialisme

Friedrich August Von Hayek
N° 99 Automne 2002

 Ce texte classique de Hayek est ici traduit pour la première fois en français. Nous sommes heureux de le proposer à nos lecteurs. Hayek a obtenu le prix Nobel en 1974. Il était né à Vienne en 1899. Il enseigna d'abord à l'Université de Vienne, puis à la London School of Economics de 1931 à 1950, puis au Committee on Social Thought de l'Université de Chicago de 1951 à 1965. Il est décédé à Fribourg-en-Brisgau en 1992, peu de temps après la réunification de l'Allemagne et la fin de la « servitude » en Europe centrale et orientale. [Lire la suite]

 

La pensée politique et le fédéralisme (I)

Georges Vedel
N° 97 Printemps 2002

 Au moment où nous mettions en pages cet article du doyen Georges Vedel, nous avons appris la tragique nouvelle de sa disparition. Il fut un des fondateurs de cette revue et il en a toujours été très proche. En juillet, je lui avais suggéré de republier une série de conférences qu'il avait données à Nice en 1955 sur l'histoire du fédéralisme dans la pensée politique. « Croyez-vous que ce soit encore actuel ? m'avait-il dit. Plus que jamais, lui avais-je répondu. Le Conseil européen a décidé de créer une Convention qui proposera une Constitution européenne. Valéry Giscard d'Estaing en sera peut-être le président. Il faut expliquer les racines philosophiques et historiques du fédéralisme aux étudiants d'aujourd'hui. - Faites pour le mieux. Toilettez et titrez à votre convenance, m’avait-il répondu. » Je lui ai téléphoné pour lui demander ce qu'il pensait des épreuves que nous lui avions adressées au début de février. C'était hélas le lendemain matin de sa mort. C'est donc avec émotion et avec admiration, au nom de notre affection et de nos convictions, que nous proposons à nos lecteurs ce texte qu'il a sans doute relu mais qu'il n'a pas pu corriger. J.-C. C [Lire l’article]

 

La pensée politique et le fédéralisme (II)

Georges Vedel
N° 98 Été 2002

Nous publions ici la seconde partie de l'article du doyen Georges Vedel, dont la première partie avait paru dans notre livraison précédente. [Lire l’article]

 

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Retrouvez la liste intégrale des classiques de la liberté sur www.commentaire.fr

 

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