Les classiques de la liberté (VII)

La lettre du vendredi 24 mai 2019

Nous poursuivons la découverte ou la redécouverte de la série intitulée « Les classiques de la liberté », en présentant dans cette lettre une dizaine d’articles tirés de cette série. Dès sa fondation, Commentaire s'est attachée à l'étude des fondements, des perspectives et des conséquences du libéralisme politique. Voici donc ces articles. Ils traitent de Benjamin Constant, d’Edmund Burke, de Maine de Biran, de Benedetto Croce et de deux thèmes majeurs dans l’histoire de la liberté : le droit d’intervention à l’extérieur pour cause d’humanité et La Fable des abeilles de Mandeville qui bouleversa et éclaira le XVIIIsiècle en affirmant que la poursuite des intérêts privés peut servir l’intérêt public.

Croce : la liberté et l'Europe

Bronislaw Geremek
N° 84 Hiver 1998

 Bronislaw Geremek, le grand historien polonais, l'un des fondateurs du syndicat Solidarité, est actuellement ministre des Affaires étrangères de son pays. Il a tenu à présenter à ses compatriotes la première traduction, dans leur langue, du livre de Benedetto Croce, Histoire de l'Europe du XIXesiècle, livre classique par sa profondeur et par son ampleur, mais aussi par la place centrale qu'il occupe au coeur du libéralisme européen : écrit sous le fascisme, il montre comment sont intimement liées l'idée européenne et l'idée de liberté. [Lire la suite]

 

Benjamin Constant et la chambre des pairs.
Histoire d'une hésitation constitutionnelle

Emmanuel de Waresquiel
N° 73 Printemps 1996

 « J’ai défendu pendant quarante ans le même principe, liberté en tout, en religion, en philosophie, en littérature, en industrie, en politique, et, par liberté, j'entends le triomphe de l'individualité, tant sur l'autorité qui voudrait gouverner par le despotisme, que sur les masses qui réclament le droit d'asservir la minorité à la majorité. » En 1829, un an avant sa mort, Benjamin Constant entonne une dernière fois ce qui est presque devenu un hymne à la fidélité : fidélité à des principes et à une conduite politique qui, pour avoir été sinueuse, n'en est pas moins restée logique et cohérente, de l'exil philosophique de Coppet en 1794 aux luttes parlementaires et parisiennes de la Restauration. Il existe plusieurs sortes de libertés. Benjamin Constant n'a rien d'un utopiste. La seule forme de liberté qui l'intéresse est celle de l'homme en société. [Lire la suite]

 

Quelques mots sur la non-intervention

John Stuart Mill
N° 74 Été 1996

 Le texte qui suit - A Few Words on Non-Intervention - a été écrit et publié par John Stuart Mill en 1859Nous en publions la première traduction française pour deux raisons. L'une tient à l'auteur. Il s'agit d'un des penseurs les plus importants du XIXsiècle, trop mal connu en France alors que, ami de Tocqueville et de Comte, il tient dans la pensée européenne et dans la tradition libérale une place éminente comme philosophe politique, comme historien, comme économiste et comme sociologue, à la fois comme un grand libéral et comme le père spirituel de la gauche radicale. L'autre raison tient au sujet traité dont on mesure, en le lisant, la brûlante actualité. Cet article naquit d'une occasion : Palmerston s'opposa à la construction du canal de Suez par les Français. En regrettant le comportement de Palmerston, Mill présente une apologie de la politique anglaise : celle d'une grande puissance, la première dans l'Histoire, qui ne fut pas agressive, mais humaine et généreuse. Cette nation devait-elle désormais toujours intervenir à l'extérieur pour mettre fin à des guerres civiles, contre des tyrannies oppressives? En Hongrie ? En Égypte. Dans les Balkans? Questions historiques et interrogation permanente. [Lire l’article]

 

L'intervention pour cause d'humanité

N° 74 Été 1996

L'intervention pour cause d'humanité traduit-elle un progrès récent de la conscience universelle ? Non. Comme le montre le texte de John Stuart Mill qui précède, c'est un des thèmes favoris du XIXsiècle et, comme vont le montrer les citations suivantes, un des principes du droit international classique. Mais pour intervenir dans les affaires d'un autre pays au nom de l'humanité, il faut évidemment admettre que le droit de l'humanité est supérieur à celui des États et donc renoncer à une doctrine moderne : celle de la souveraineté. L'accorderont immédiatement ceux pour qui le droit naturel l'emporte sur le droit positif. Mais parallèlement la prudence conduira, tant qu'il n'existe pas d'État universel, à se demander en quelles occasions l'intervention d'un pays dans un autre devient légitime, qui peut en décider, et comment et à quelles fins elle doit s'exercer. 

FRANÇOIS DE VITORIA, Préserver les innocents de la tyrannie des souverains barbares [Lire gratuitement la citation]

FRANÇOIS SUAREZ, Le droit naturel permet d'entreprendre une guerre pour défendre des innocents [Lire gratuitement la citation]

HUGUES GROTIUS, Une chose juste en elle-même [Lire gratuitement la citation]

 

Le devoir d'intervention

Louis Le Fur
N° 74 Été 1996

Il fallut les actes de barbarie et les massacres exécutés sur une grande échelle par la Turquie dans ses provinces chrétiennes pour soulever l'indignation des gouvernements et des publicistes d'Europe ; c'est là ce qui, après l'affirmation du principe de non-intervention qui suivit les abus interventionnistes de la Sainte-Alliance, a forcé à revenir à une plus juste appréciation des choses ; on peut dire en ce sens que c'est à la Turquie qu'est due l'apparition du nouveau principe. C'est après les massacres de Bulgarie et de Bosnie-Herzégovine (1875-1877) que nous voyons des publicistes européens et américains, poser nettement le principe, parfois presque dans les mêmes termes. Ils n'hésitent pas à revenir à la règle posée par Pufendorf - on en trouverait déjà une ébauche dans Vitoria - qu'il peut y avoir non seulement un droit mais un devoir d'intervention, et que l'intervention est légitime lorsque les institutions d'un État violent les droits d'un tiers, ou bien lorsqu'un gouvernement, « tout en agissant dans la limite de ses droits de souveraineté, viole les droits de l'humanité » par des actes d'injustice et de cruauté qui blessent profondément les mœurs et notre civilisation. [Lire la suite]

 

Maine de Biran et la Restauration

Agnès Antoine
N° 76 Hiver 1996

 Maine de Biran fut davantage connu de ses contemporains comme homme politique que comme penseur. Il n'était pas, en effet, philosophe de profession, et, de plus, la publication de son œuvre fut essentiellement posthume. Il a, en revanche, exercé tout au long de son existence des fonctions administratives et politiques qui, à défaut d'être de tout premier plan, l'ont amené à suivre de très près les remous de la période révolutionnaire et postrévolutionnaire. [Lire la suite]

 

Edmund Burke : réformer sans détruire

Valéry Giscard d'Estaing
N° 81 Printemps 1998 

 Pour le bicentenaire de la mort d'Edmund Burke, un colloque a été organisé à Dublin en novembre 1997 à l'instigation de Frank O'Reilly et de Conor Cruise O'Brien. À cette occasion, le Keynote speech a été prononcé par Valéry Giscard d'Estaing. Nous sommes heureux de publier la version française de son adresse. Cette réflexion sur Burke prononcée par un homme d'État français s'inscrit tout naturellement dans notre série des Classiques de la liberté Cet éloge d'un philosophe politique profond, ami et admirateur de notre pays, fils de l'Irlande et génie anglais, honore tout particulièrement ce numéro de notre revue dans lequel nous fêtons notre XXanniversaire. [Lire gratuitement la suite]

 

Gentis incunabula nostrae. Burke et la France

Norbert Col
N° 83 Automne 1998

 Au coeur des ultimes préoccupations de Burke, la France, qu'il connaissait peu mais dont il prend la pleine mesure avec 1789, a toujours exercé sur la Grande-Bretagne une telle influence quelle en est d'autant plus dangereuse. La richesse des textes que Burke lui consacre plus ou moins directement en est un bon indice. La France lui permet aussi d'élaborer une philosophie politique dont la singularité apparaîtra encore plus clairement lorsqu'on la confrontera à des auteurs ultérieurs, francophones sinon tous français, qui témoignent, chacun à sa façon, d'interrogations qui ont leur pendant chez lui. [Lire la suite]

 

Vices privés, vertus publiques 
Mandeville, la tradition libérale et Hayek

Éric Oudin
N° 85 Printemps 1999

 Le nom de Mandeville n'est pas inconnu de ceux qui s'intéressent à l'économie politique : Marx et Keynes, Hayek plus récemment, s'y réfèrent en termes élogieux. À son oeuvre majeure, La Fable des abeilles, reste attaché le souvenir du plus retentissant scandale qui ait ébranlé l'Europe des Lumières. De quoi s'agit-il ? [Lire la suite]

 

Dr Bernard Mandeville

Friedrich August Hayek
N° 85 Printemps 1999

 On pourrait craindre non seulement que la plupart des contemporains de Bernard Mandeville ne se retournent dans leurs tombes s'ils pouvaient savoir qu'on le présente aujourd'hui comme un « esprit éminent » (master mind), mais que maintenant encore l'opportunité de ce choix ne suscite quelques haussements de sourcils. L'auteur qui obtint un tel succès de scandale il y a presque deux cent cinquante ans, n'a toujours pas très bonne réputation. Bien qu'il ne soit pas douteux que son œuvre ait eu une très large audience et qu'elle ait amené beaucoup de gens à réfléchir à d'importants problèmes, il est moins facile d'expliquer en quoi précisément consiste sa contribution. [Lire la suite]

 

*
*  *

Retrouvez la liste intégrale des classiques de la liberté sur www.commentaire.fr

 

Commentaire est une revue fondée par Raymond Aron et dirigée par Jean-Claude Casanova
116 rue du Bac – 75007 Paris – ISSN 0180- 8214
Copyright © 1978-2019 Commentaire - Tous droits réservés
twitter
facebook
Si vous ne souhaitez plus recevoir cette newsletter, désabonnez-vous en suivant ce lien pixel