Les classiques de la liberté (V)

La lettre du vendredi 26 octobre 2018

Nous poursuivons la découverte ou la redécouverte de  la série intitulée « Les classiques de la liberté », avec une dizaine d’articles tirés de cette série présentés ici. Dès sa fondation, Commentaire s'est attachée à l'étude des fondements, des perspectives et des conséquences du libéralisme politique. Voici donc ces articles. Parmi eux l’article de George Vedel offre un abrégé de l’histoire des droits de l’homme en France,  celui de Jean-Claude Lamberti fait apparaître l’influence de Montesquieu sur les pères fondateurs de la Constitution des États-Unis. On trouvera aussi l’étude de Raymond Aron sur La révolte des masses de Ortega y Gasset.

Ortega y Gasset et la « révolte des masses »

Raymond Aron
N° 40 Hiver 1987

 Voici le texte de la conférence que Raymond Aron devait prononcer sur le grand philosophe espagnol José Ortega y Gasset (1883-1955), le 6 mai 1983, à  Madrid. La mort l’en empêcha. [Lire la suite de l’article]

 

En l'honneur d'un vivant : Ortega y Gasset (1883-1955)

François-Michel Pasquet
N° 40 Hiver 1987

 « Imaginons un animal malade, d'une maladie que symboliquement j'appelle paludisme, puisqu'il vit sur des marais infestés. Et cette maladie, qui ne réussit pas à détruire l'espèce, lui inocula une intoxication qui produisit en lui une hyperfonction cérébrale ; celle-ci déclencha une hypertrophie des organes cérébraux, qui produisit à son tour un degré supplémentaire d'hyperfonction cérébrale — dont le résultat fut qu'il se remplit de représentations imaginaires »... Ainsi naquit, selon José Ortega y Gasset, l'animal chimérique et douloureux : voici l'homme. [Lire la suite de l’article]

 

Adams et Madison, lecteurs de Montesquieu

Jean-Claude Lamberti
N° 41 Printemps 1988

Commentaire a consacré plusieurs articles aux États-Unis, et en particulier à la Constitution américaine, à l'occasion du bicentenaire de celle-ci (voir les nos 38, 39 et 40). 1989 verra le tricentenaire de la naissance de Montesquieu, qui influença tellement les constituants américains. Jean-Claude Lamberti, dans l'article qu'on va lire, analyse cette influence, et nous offre une leçon de politique constitutionnelle. [Lire la suite de l’article]

 

Démocratie et socialisme

Alexis de Tocqueville
N° 41 Printemps 1988

 Le beau discours d'Alexis de Tocqueville que nous reproduisons est pour ainsi dire inédit. Objet de plusieurs tirages à part au lendemain même de sa publication dans le Moniteur Universel du 13 septembre 1848, il n'a plus ensuite été reproduit que dans l'édition des Œuvres Complètes faite par Gustave de Beaumont en 1861. […] Par ce discours prononcé le 12 septembre 1848, Tocqueville intervient dans la discussion de l'article 8 du projet de Constitution. Le texte présenté par la Commission, dont Tocqueville était membre, était ainsi rédigé : « La République doit protéger le citoyen dans sa personne, sa famille, sa religion, sa propriété, son travail et son domicile, mettre à la portée de chacun l'instruction indispensable à tous les hommes et propre à développer les intelligences qui peuvent servir et honorer la patrie ; elle doit la subsistance aux citoyens malheureux, soit en leur procurant du travail (dans les limites de ses ressources), soit en assurant à défaut de la famille les moyens d'exister à ceux qui sont hors d'état de travailler. » [Lire la suite de l’article]

 

Montesquieu (1689-1989)

Pierre Manent - Montesquieu
N° 48 Hiver 1989

 Montesquieu note dans ses Pensées : « On ne saurait croire jusques où a été, dans ce dernier siècle, la décadence de l'admiration. » Il suggère ainsi que l'admiration est un art noble et salutaire dont tous les hommes ou toutes les sociétés ne sont pas également capables. Je ne sais si aujourd'hui nous avons la volonté et la capacité d'admirer Montesquieu. Ce n'est pas seulement qu'il est difficile à comprendre, mais il use d'un instrument qu'il faut apprendre à écouter. Il écrivait en un temps - c'était avant la Révolution française - où il n'était pas nécessaire de hurler pour être entendu. Déjà pourtant le sarcasme électrique de Voltaire, et bientôt l'indignation et les larmes de Rousseau viennent déranger le sévère portique. Seul dans son siècle, Montesquieu garde la mesure. [Lire la suite de l’article]

 

Monsieur Guizot

François-Michel Pasquet
N° 54 Été 1991

 Guizot, longtemps j'ai cru qu'il se levait de bonne heure, pour déglutir un grand verre d'eau - point trop fraîche : gosier fragile. Eh bien, Thiers, un matin de campagne, le tira du lit sur les neuf heures ; il ingurgita deux grands verres d'eau. Guizot est ainsi : toujours autre, meilleur et pire ; si différent de sa caricature, et qui s'en irritait : « ce personnage tragique, solitaire, tendu, qui finira par devenir une espèce de légende ; fausse comme toutes les légendes » ; et cette légende seule, néanmoins, à la hauteur de l'homme étrange, et bien plus riche, qui la nourrit. [Lire gratuitement la suite de l’article]

 

Le problème des nationalités

Élie Halévy
N° 57 Printemps 1992

Les événements récents en Europe nous ont incité à exhumer ce petit texte totalement ignoré dont nos lecteurs apprécieront la force et la clairvoyance. Il s'agit de la version française d'une communication présentée à Oxford en septembre 1920, lors d'une réunion conjointe des sociétés de philosophie anglaise et française. Après la mort d'Élie Halévy, en 1937, la Revue de Métaphysique et de Morale, dont il avait été un des fondateurs publia ce texte en une double page glissée comme une lettre dans la revue. C'était en octobre 1938, après Munich, la guerre s'annonçait, et le texte d'Halévy prenait « une singulière et tragique actualité », témoignant « chez l'historien et le philosophe d'un pénétrant et prophétique sentiment des réalités ». Nos lecteurs verront combien cet exposé lucide conserve de force historique et de pénétration philosophique. [Lire gratuitement la suite de l’article]

 

Abrégé de l'histoire des droits de l'homme en France depuis 1789 (I & II)

Georges Vedel
N° 59 Automne 1992 (I)
N° 60 Hiver 1992 (II)

 Nous publions en deux parties une histoire des droits de l'homme en France qu'a bien voulu nous confier un des plus éminents juristes français : le doyen Vedel. Il montrait que depuis quarante ans une mutation décisive affectait l'histoire des droits de l'homme en France. Le Préambule de 1946 complétait la Déclaration de 1789. Ces principes prenaient une valeur constitutionnelle. Un organe juridictionnel était instauré qui pouvait censurer, avant leur promulgation, les lois contraires à la Constitution. Enfin le droit et les juridictions de l'Europe pouvaient désormais assurer également la protection des droits et des libertés. [Lire la suite des articles (I) & (II)]

 

Le pouvoir social. Variations sur un thème de Tocqueville

Raymond Boudon
N° 62 Été 1993

À la différence du pouvoir judiciaire, politique ou médiatique, la notion de pouvoir social n'appartient pas au domaine public. C'est un concept propre à Tocqueville, qui n'a guère été repris ensuite, qu'on ne trouve consigné dans aucun dictionnaire de sociologie et qui, de surcroît, apparaît comme mystérieux chez Tocqueville lui-même au premier abord du moins. J'essaierai d'en préciser le sens. Mais aussi de montrer qu'à travers cette notion, Tocqueville a mis le doigt sur des mécanismes sociaux importants, dont l'analyse a été clarifiée et complétée par les sciences sociales modernes. En m'en inspirant librement, je suggérerai qu'elle permet de mieux comprendre toutes sortes de phénomènes sociaux à la fois déconcertants et facilement observables, en France comme ailleurs. [Lire la suite de l’article]

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Retrouvez la liste intégrale des classiques de la liberté sur www.commentaire.fr

 

Commentaire est une revue fondée par Raymond Aron et dirigée par Jean-Claude Casanova
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