Les classiques de la liberté (IX)

La lettre du vendredi 17 janvier 2020

Nous poursuivons la découverte ou la redécouverte de la série intitulée « Les classiques de la liberté », en présentant dans cette lettre une dizaine d’articles tirés de cette série. À sa fondation, Commentaire s'est attachée à l'étude des fondements, des perspectives et des conséquences du libéralisme politique. Voici donc quelques-uns de ces articles de cette série dont nous avions décidé la création avec Raymond Aron dés les premiers numéros de la revue. Ils concernent de grands auteurs et les grands hommes que l’on peut admirer et grâce auxquels on peut s’éduquer : Guizot, Croce, Constant, Churchill, Lacordaire, Mill, Reinach, Aron, et de grandes questions sur lesquelles on doit réfléchir : le coup d’État, le socialisme, la religion, les révolutions, les colonies, l’esclavage, le commerce, le droit d’ingérence.

Le coup d’État du 2 décembre

François Guizot
N° 99/Automne 2002

Parmi les grandes correspondances privées françaises, et mêmes européennes, qui donnent au xixe siècle, à sa littérature et à son histoire une dimension et un cachet incomparables – on pense à Tocqueville, Sainte-Beuve, Mérimée –, celle de François Guizot pourrait bien être l’une des plus riches et des plus variées. Sa fille Henriette avait classé et conservé neuf cent soixante et une lettres reçues de son père entre août 1836 et février 1874, année même de la mort de Guizot. Voici des extraits de lettres relatifs au coup d’État du 2 décembre 1851. À Henriette et son mari qui séjournent alors à Rome, François Guizot, depuis sa propriété du Val-Richer dans le Calvados, où il prépare son discours de réception de Charles de Montalembert à l’Académie française, puis de Paris, fait la chronique des événements politiques, qui se précipitent. [Lire la suite]

 

Pourquoi nous ne pouvons pas
ne pas nous dire « chrétiens »

Benedetto Croce
N° 101/Printemps 2003

Ce texte de Benedetto Croce (1866-1952) date de 1942. Tous les Italiens cultivés le connaissent et il mérite d’être connu en France. Il répond au livre de Bertrand Russell, Why I Am Not a Christian (1927), ce qui explique le titre choisi par Croce. Nous publions la traduction de l’article avec l’aimable autorisation des héritiers de Benedetto Croce que nous remercions. [Lire la suite]

 

Commerce et religion dans le libéralisme
de Benjamin Constant

Helena Rosenblatt
N° 102/Été 2003

Benjamin Constant est l’un des pères fondateurs du libéralisme. On entend souvent répéter l’idée, exprimée avec concision dans le manuscrit de ses Principes de politique, que « la liberté n’est autre chose que ce que les individus ont le droit de faire et ce que la société n’a pas celui d’empêcher ». Cette définition de la liberté est la raison pour laquelle Isaiah Berlin fait de Constant le plus éloquent porte-parole d’un libéralisme « négatif ».
Ce libéralisme « négatif » n’est pourtant pas sans détracteurs. Le libéralisme de Constant est en effet accusé de subordonner le bien commun à des desseins individualistes, de sous-évaluer l’importance de l’engagement civique, et de négliger les valeurs morales. Notre but est de montrer que cette perspective sur Constant est erronée. Tout son système libéral est en vérité nourri par une théorie qui accorde un rôle essentiel à la religion. Pour illustrer ce fait, nous nous concentrerons d’abord sur sa notion de perfectibilité ainsi que sur son attitude envers l’idée du doux commerce. [Lire la suite]

 

Churchill

Anthony Rowley
N° 102/Été 2003

« Vieux comme un prophète, jeune comme un génie et grave comme un enfant, il fonce lourd de pourvoir et de devoir. » L’envolée lyrique d’Albert Cohen, en février 1943, illustre une évidence perceptible dès le début de la Deuxième Guerre mondiale : Churchill LE héros de cette guerre. Aujourd’hui, cette héroïsation relève du stéréotype. Curieusement, Winston Churchill ne laisse en héritage ni législation majeure, ni transformation décisive de l’État ou de la société, ni nouvel ordre international. Il laisse le souvenir d’une vie fabuleuse digne d’un héros de roman et d’un homme qui a incarné la démocratie au moment le plus périlleux de son histoire contemporaine. Il fut, à soixante-cinq ans passés, le héros improbable du monde libre et un personnage providentiel. Son rival de l’époque, Neville Chamberlain, a écrit : « Je finis par croire que ce survivant de la politique s’est préparé toute sa vie pour cette circonstance et pour rien d’autre. » Tentons de vérifier cette hypothèse. [Lire la suite]

 

François Guizot et Henri Lacordaire

Laurent Theis
N° 108/Hiver 2004-2005

Parmi les catholiques que fréquenta Guizot qui était protestant , Henri Lacordaire ne figure pas au tout premier rang. Montalembert est mieux placé, comme en fait foi une abondante correspondance qui montre une intimité d'idée longtemps insoupçonnée. Mais l'étude, sur ce point, a été esquissée, ce qui n'est pas le cas des rapports entre Guizot et Lacordaire, entre un « catholique du protestantisme » et un « protestant du catholicisme », pour reprendre l'expression d'Eugène de Margerie, catholique libéral contemporain des deux hommes.
La trace la plus visible qu'a laissée leur rencontre dans la mémoire collective vient de la fameuse séance de l'Académie française du 24 janvier 1861. C'était l'époque où une réception sous la Coupole pouvait se transformer en un événement intellectuel et politique. La confrontation entre l'hérétique et le Dominicain était prometteuse aux yeux du monde, d'autant qu'il s'agissait de deux orateurs reconnus comme des prodiges d'éloquence, en un siècle qui en compta beaucoup. Enfin, la curiosité s'accroissait du fait que Lacordaire devait faire l'éloge de son prédécesseur Tocqueville, dont le nom était tout un programme. Les deux discours se lisent toujours avec intérêt. Ils traitent de l'histoire et du gouvernement des peuples, de la religion et de la société, de l'État et de l'Église, du catholicisme et du protestantisme, des intérêts généraux du christianisme, des États-Unis, de l'Angleterre et de l’Italie ; et, enfin et surtout, de la liberté. Sans doute Guizot entendit-il prononcer pour la première fois le nom d'Henri Lacordaire à l'occasion du retentissant procès, relatif à l'école libre, qui le fit comparaître, avec Montalembert en août 1831. Trente ans plus tard, la dernière lettre signée de la main de Lacordaire, datée du 2 novembre 1861, est adressée à Guizot, le remerciant pour son livre – L'Église et la société chrétienne – en 1861 - qui fut aussi son ultime lecture : « Je m'associe à vos pensées comme à celles qui seules pourront sauver le monde, et l'Église. » [Lire la suite]

 

Les libéraux face aux révolutions 
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688, 1789, 1917, 1933

Émile Perreau-Saussine
N° 109/Printemps 2005

La pente naturelle des « modernes » semble être individualiste. Cet individualisme présente un immense avantage, car il garantit que nous tendons naturellement vers la liberté, vers la démocratie libérale. L'Histoire aurait un caractère providentiel ; elle nous conduirait insensiblement vers le bonheur. Le Progrès serait notre dieu. En politique, un optimisme de fond serait de mise : nos angoisses n'auraient qu'un caractère passager. Malgré certains revers ici et là, la démocratie libérale serait appelée à vaincre sans retour, à constituer le point final des luttes humaines. Cette manière de voir les choses, cette interprétation du progrès, ont été contestées de deux manières. Les adversaires du libéralisme ont expliqué que la modernité n'était pas intrinsèquement libérale. Ils ont montré, par exemple, qu'elle était plutôt socialiste ou communiste. Les adversaires de la modernité ont renvoyé dos à dos libéraux et socialistes, soutenant que la modernité elle-même n'avait rien d'inévitable, qu'elle était même particulière ment fragile, que nous serions déjà postmodernes, et qu'il fallait s'en réjouir.

Pour mettre en perspective ces critiques du libéralisme, je voudrais reprendre trois interprétations de la querelle des anciens et des modernes. La première, celle de Montesquieu, semble tenir pour acquise une identification de l'individualisme libéral et de la modernité. La seconde, celle de Tocqueville, part du primat de l'égalité, et cherche à protéger la liberté dans un monde qui ne s'en soucie pas suffisamment. La troisième interprétation, celle de Leo Strauss, suggère que c'est l'idée même d'une philosophie de l'histoire qui menace la démocratie libérale, c'est l'idée même d'une pente propre aux modernes qui égare les esprits et conduit à perdre de vue le sens libéral de la modération politique. La sauvegarde de la liberté implique à ses yeux la redécouverte d'une pensée qui échappe au relativisme historique. Chacune de ces interprétations renvoie à un moment clé du développement de la modernité, à l'une de ces révolutions qui ont successivement manifesté le Nouveau. Montesquieu s'exprime après la révolution anglaise de 1688, Tocqueville après la Révolution française, et Leo Strauss après les révolutions totalitaires, soviétique et nazie, de 1917 et de 1933. [Lire la suite]

 

Sur le droit et le devoir d’ingérence (1849)

John Stuart Mill
N° 113/Printemps 2006

 

Le texte de Mill est tiré d'un grand article publié en avril 1849 dans la Westminster Review, pour défendre la révolution de 1848, principalement contre Lord Brougham qui l'avait critiquée dans l'Edinburgh Review. La traduction française de Mill est celle publiée en 1875 à Paris par Sadi Carnot, le petit-fils du grand Carnot. Polytechnicien lui-même, ingénieur des Ponts et Chaussées, il devint président de la République, il refusa de gracier Ravachol et Vaillant et fut assassiné par un autre anarchiste. Mill, dans le texte retenu, défend le droit d'ingérence, droit, devoir même, que la tradition libérale soutient contre les héritiers de Metternich, mais qui, pour s'exercer, exige la prudence et le discernement. [Lire gratuitement la suite]

 

La traite des Noirs (1821)

Benjamin Constant
N° 113/Printemps 2006

Le texte de Benjamin Constant est celui d'un discours prononcé à la Chambre des députés le 27 juin 1821. Il concerne la traite des Noirs. Rappelons que cette politique était condamnée par les libéraux français depuis Montesquieu et, bien avant les Anglais, par l'Église catholique et par le Saint-Siège. Le discours de Constant intervient à propos du vote du budget des colonies, dont le ministre de la Marine était responsable. [Lire la suite]

 

Joseph Reinach et l'éloquence française

Antoine Compagnon
N°120/Hiver 2007

Antoine Compagnon, professeur au Collège de France, lors d'un colloque sur les frères Reinach, à l'Académie des inscriptions et belles-lettres, a donné une communication sur Joseph Reinach. Celui-ci a joué un rôle considérable dans la politique française, au côté des grands « opportunistes » de la fin du XIXe siècle (Gambetta, Jules Ferry, Waldeck-Rousseau). Leur parti incarna, un temps, le libéralisme français, entre les radicaux, parfois bonapartistes, et les conservateurs, souvent royalistes. L'influence de Joseph Reinach tenait autant à ses talents de journaliste et de parlementaire qu'à sa profonde culture et à son rôle pédagogique et rhétorique. C'est ce personnage influent et complexe qu'étudie Antoine Compagnon dans le texte qu'il a bien voulu nous autoriser à publier, avec l'accord de l'Académie des inscriptions et belles-lettres. Nous les en remercions l'un et l'autre. [Lire la suite]

 

Raymond Aron et la fin du communisme
L'Opium des intellectuels revisité

André Babeau
N°120/Hiver 2007

 

Chaque année, avant l'hiver, cette revue rend hommage à son fondateur. Cette fois nous avons retenu cette relecture de L'Opium des intellectuels à la lumière des événements que nous avons vécus ces dernières décennies. [Lire la suite]

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des classiques de la liberté sur www.commentaire.fr

Retrouvez au micro de Radio Classique Jean-Claude Casanova et Jean-Marie Colombani tous les samedis de 8h à 8h30 et à tout moment en podcast.

 

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