Les classiques de la liberté (I)

La lettre du vendredi 16 mars 2018

Dès son deuxième numéro, Commentaire a inauguré une série intitulée « Les classiques de la liberté ». Et dans cette série, en quarante ans, elle aura publié cent articles.
La liberté dont il s’agit est la liberté politique. Celle de s’exprimer librement, de vivre librement, de se gouverner librement. Un pays libre est un pays composé d’hommes libres. Les classiques de la liberté sont les écrivains, les philosophes, les historiens, les hommes et les femmes qui ont défendu la liberté quand elle était menacée ou quand elle n’était pas accomplie. Ce sont les hommes et les femmes qui depuis Thucydide savent qu’elle est fragile et qu'« il n’y a pas de bonheur sans liberté,  ni de liberté sans vaillance ».
Les racines de la liberté sont grecques, romaines, chrétiennes, elles sont donc européennes. Et donc aussi aristocratiques, parlementaires, bourgeoises, protestantes, latines, germaniques, néerlandaises, anglaises, helvétiques, françaises et américaines.
Voici les dix premiers articles de cette série. Chacun des mois qui viennent, nous mentionnerons dans cette lettre du vendredi dix des autres articles de cette série.

Commentaire

Benjamin Constant et ses partenaires 

Alfred Fabre-Luce         
Commentaire n° 2/Été 1978

Il y a bien des raisons de s'intéresser à Benjamin Constant. La vie du personnage est amusante et des publications d'inédits ont récemment contribué à l'éclairer. Sa pensée politique aussi mérite d'être étudiée à nouveau, car chaque génération est apte à recevoir une part différente du message qu'elle contient. Constant se situe dans une lignée qui commence par Montesquieu et continue par Tocqueville. Montesquieu était plus abstrait. Tocqueville, soucieux d'enquêtes et de comparaisons, est plus proche des sociologues d'aujourd'hui. Constant n'a pas été, comme lui, observer, aux Etats-Unis, la première démocratie moderne. Lire la suite

 

 

Taine libéral 

Jean-Thomas Nordmann
Commentaire n°3/Automne 1978

« Il s'est défié par crainte d'être dupe, et il a été dupe de sa défiance ». Taine définissait ainsi Mérimée. La formule vaudrait pour son auteur. Et surtout pour les aspects politiques de sa conduite et de son œœuvre. Tout au long du XIXe siècle marqué par les convulsions, les régimes chancelants et la quête presque désespérée d'une nouvelle légitimité, Taine s'efforce de ne pas sacrifier les droits de la recherche et de la pensée libre à des engagements séculiers et c'est pourquoi, sans doute, chacun des partis l'aura tiré à soi. Théoricien du solidarisme, Célestin Bouglé invoquera souvent son patronage tandis que Maurras se réclamera de son autorité et que les doctrinaires de l'Action Française célébreront en lui le chantre de la continuité historique et l'apologiste des traditions. Lire la suite

 

 

Singulier Voltaire          

Jean Molino     
Commentaire n°4/Hiver 1978

Voltaire, on le sait, est au Panthéon et représente, à lui tout seul, une institution. Régulièrement, on fête des anniversaires et on fait le point sur ce que l'on a appris de nouveau sur l'homme et sur son œuvre. Mais il ne s'agit pas seulement d'un savoir objectif. Voltaire est un Père Fondateur, sous le nom duquel se règlent les comptes d'hier et d'aujourd'hui. Rien ne serait plus drôle et plus instructif que l'histoire des images et des interprétations de Voltaire, oscillant du diable souriant au Prophète de la Troisième République. Lire la suite

 

 

Le véritable paradoxe de Condorcet     

 Bernard Cazes                 
Commentaire n°5/Printemps 1979

Condorcet mérite-t-il d'être relu ? Si l'on interroge les dix-huitiémistes, la réponse n'est pas extrêmement encourageante. L'annuaire de la Société internationale d'Etudes du XVIIIe siècle contient un index des noms propres faisant l'objet de recherches en cours, depuis John Adams jusqu'à Zannowich. On s'aperçoit qu'avec six mentions Condorcet arrive au même rang qu'Addison, et se trouve très loin derrière ces géants que sont Voltaire (152 chercheurs), Diderot (140), Rousseau (121), Swift (78) et Samuel Johnson (67), même s'il est vrai que son modeste score est encore deux fois plus élevé que celui de Jefferson ou de Leibnitz. Lire la suite

 

 

Considérations sur la Révolution française      

Edward Gibbon                
Commentaire n°6/Été 1979

La révolution française ne vous frappe-t-elle pas d'étonnement ? Ils en ont le pouvoir, mais auront-ils assez de modération pour se donner une bonne constitution ?         

Gibbon pose cette double question en écrivant à Lord Sheffield, en août 1789. D'abord avec curiosité, puis avec fureur, parfois avec admiration, Gibbon observera de Lausanne le cours de la Révolution. Ses réflexions, écrites vivement, au fil des jours et de ses correspondances, ont été publiées en Angleterre, à la suite de son Autobiography, un an après sa mort, en 1795. Le livre fut, rapidement, traduit en français, en l'an V de la République, à Paris, chez le Directeur de la Décade philosophique. Depuis, ces textes n'ont jamais été réédités en français. Nos lecteurs y découvriront le témoignage d'un libéral du XVIII` siècle luttant contre les maux opposés du despotisme et de la démocratie, cheminant de l'espoir à l'inquiétude, puis à l'indignation, au fur et à mesure des événements qui se déroulent du 14 juillet 1789 au 21 janvier 1793. Lire la suite

 

 

Civilisation et barbarie dans Gibbon (1737-1794)

François Furet           
Commentaire n°6/Été 1979

L'œuvre historique de Gibbon sur l’empire romain, nourrie de culture française, n'a pourtant jamais acquis de vaste public, ni même d'influence significative en France. Malgré une traduction, à la fin de l'ancien régime, et celle, brillante au contraire, de Guizot en 1814, le livre fluvial qui a occupé cette vie n'est jamais devenu une référence fondamentale de notre vie intellectuelle et même de notre historiographie. Peut-être est-ce la rançon de sa précocité même. Lire la suite

 

 

Libéralisme.  Aux origines d'un mot  

Guillaume Bertier de Sauvigny   
Commentaire
 n°7/Automne 1979

L’histoire des idées est un domaine où il est trop facile de produire d'admirables constructions qui n'ont qu'un rapport lointain avec les réalités. Un excellent moyen, entre autres, de se garantir des fantaisies de l'imagination est la considération attentive des mots, de ces mots qui sont le support et le véhicule indispensable des idées. On se propose ici d'examiner la genèse du mot libéralisme, avec l'espoir d'éclairer ainsi celle de l'idéologie qui lui fut associée au début du XIXe siècle. Lire la suite

 

 

L'abbé de Pradt et l'Europe constitutionnelle  

Bertrand de Jouvenel  
Commentaire n°7/Automne 1979

 Les écrits de l'abbé de Pradt (1759-1837) m'ont paru d'une grande actualité voici plus de cinquante ans. Ils me paraissent aujourd'hui d'une plus grande et plus durable actualité. Ce seront ici mes deux thèmes. Comment ai-je fait sa connaissance? Chez mes amis bouquinistes, qui tiennent les plus excitants des salons, où l'on ne perd jamais son temps, où l'on fait toujours des rencontres imprévues et enrichissantes. Lire la suite

 

 

Machiavel, le Prince, et la liberté          

Yves Lévy          
Commentaire n°8/Hiver 1979

Chef d’œuvre bref et fulgurant, Le Prince a été écrit très vite, dans les derniers mois de l'année 1513. Ce livre auquel bientôt tous ceux qui traitent de politique seront obligés de se référer  pour l'approuver, pour le condamner, pour tout au moins le discuter n'est pas l'œuvre d'un théoricien, mais d'un haut fonctionnaire qu'une crise politique vient de réduire à l'inaction, et qui illuminé par la défaite s'efforce, en prenant la plume, de reprendre et d'amplifier l'action qu'il a, avec un zèle inlassable, menée au service de la République de Florence. Lire la suite

 

 

Pierre Bayle. Liberté et servitude de la raison  

Pierre Rétat      
Commentaire n°8/Hiver 1979

Lorsque fut inauguré le monument à la mémoire de Bayle, le 5 septembre 1905, à Pamiers, « chef-lieu de son pays natal », aucun doute n'était permis sur la signification de son œuvre. Dans la République laïque, Bayle fait figure de grand précurseur : « apôtre de la libre pensée », « libérateur de la pensée humaine », il prend place en tête de tous les « héroïques soldats » qui ont préparé la Révolution française. Son indifférence métaphysique, son scepticisme, révèlent une totale indépendance d'esprit. Le polémiste, l'historien, le critique, le philosophe, promeuvent le même idéal de progrès. Lire la suite

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Retrouvez la liste intégrale des classiques de la liberté sur www.commentaire.fr

Commentaire est une revue fondée par Raymond Aron et dirigée par Jean-Claude Casanova
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