Le temps de la réflexion dans le monde politique

La lettre du vendredi 17 novembre 2017

Quand les hommes politiques prennent le temps de la réflexion, quand ils appartiennent à la catégorie de ceux qui peuvent eux-mêmes penser et rédiger les discours qu'ils prononcent et les articles qu'ils publient, leurs écrits méritent d'être lus attentivement et conservés. Commentaire a été créé pour favoriser la réflexion dans le monde politique et pour initier le monde des intellectuels à la complexité de la politique, aussi la revue a-t-elle publié, par exemple, des articles d'Édouard Balladur, Raymond Barre, François Bayrou, Valéry Giscard d'Estaing, Jacques Delors, Laurent Fabius, Jean-Marcel Jeanneney, Alain Juppé, Jean-Yves Le Drian, Jean Lecanuet, Michel Rocard et Laurent Wauquiez. Voici une première liste de quelques-uns de ces articles.

COMMENTAIRE

LA NÉCESSAIRE RÉFORME DES INSTITUTIONS

Édouard Balladur 

Parmi les grands pays occidentaux, la France est celui qui a connu depuis le XVIIIe siècle la plus grande diversité de régimes. Elle les a à peu près tous expérimentés, puis rejetés. Pourtant, à la différence de la Grande-Bretagne, des États-Unis et même de l'Allemagne ou de l'Espagne, elle ne paraît pas encore avoir trouvé son équilibre institutionnel. Si la forme du régime, la république, est aujourd'hui incontestée, il n'en va pas de même de son organisation, c'est-à-dire des rapports entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif et plus encore de l'attribution de la fonction gouvernante au sein du pouvoir exécutif. Lire la suite

 

DÉFENSE DES UNIVERSITÉS

Raymond Barre 

Ce texte  n'a rien perdu de son actualité : les universités souffrent de la centralisation, de la syndicalisation et de la politisation. La sélection règne là où elle ne devrait pas : pour les IUT et les enseignements courts. Elle est absente là où elle serait nécessaire. La spécialisation des premiers cycles universitaires est un non-sens. Au nom de la démocratie, on entretient les bavardages inutiles. On croit remonter dans les classements internationaux par des astuces subalternes. Les lois changent et passent, les problèmes restent. Lire la suite

 

POUR UN ESPOIR FRANÇAIS

François Bayrou 

"Mon pays, mon pays a des mares où je lis le malheur des temps", écrivait splendidement Aragon dans La Diane Française. Pour beaucoup, ces lignes sont aussi d'aujourd'hui. Comme si la conscience d'un malaise français n'avait jamais été si palpable,  ressentie de tous, et jamais non plus l'adhésion à une démarche, à un projet, n'avait paru si éloignée. Au moment où tournent le siècle et le millénaire, la France est plus inquiète, moins projetée vers l'avenir que la plupart des pays qui l'entourent et qui sont ses partenaires sur la scène du monde. Le chômage, plus important que dans les autres grands pays, Allemagne exceptée, taraude le tissu social français. La dépense publique paraît impossible à maîtriser. Le mal moral n'est pas moindre, ruinant l'architecture de valeurs communes, humanistes et judéo-chrétiennes, qui soudait la communauté nationale. Lire la suite

 

EDMUND BURKE : RÉFORMER SANS DÉTRUIRE 

Valéry Giscard d'Estaing 

Cette réflexion sur Burke prononcée par un homme d'État français s'inscrit tout naturellement dans notre série des Classiques de la liberté inaugurée avec les premières livraisons de Commentaire. Cet éloge d'un philosophe politique profond, ami et admirateur de notre pays, fils de l'Irlande et génie anglais, honore  ce numéro de notre revue dans lequel nous fêtons notre XXe anniversaire. Lire la suite 

 

INTÉGRATION EUROPÉENNE ET SÉCURITÉ

Jacques Delors 

Comment se présentent, de mon point de vue, les aspects de sécurité dans l'intégration politique et économique de l'Europe ? La guerre du Golfe a démontré, si besoin en était, les limites d'influence et d'action de la Communauté européenne, même si celle-ci progresse à pas de géant vers son intégration économique, même si la coopération en matière de politique étrangère a marqué des points ces deux dernières années. Ce constat n'est qu'un stimulant de plus pour aller vers une forme d'Union politique comportant une politique commune en matière de relations extérieures et de sécurité. Tel est le but assigné à la Conférence intergouvernementale qui s'est ouverte à Rome, en décembre dernier, sur la base des orientations adoptées par le Conseil européen. Lire la suite

Laurent Fabius

L'euro, l'élargissement, l'intégration, c'est l'ensemble du vocabulaire européen qui est tourné vers l'avenir. Pourtant, rien dans les faits ne prouve que l'Union soit harmonieusement sur les rails, ni qu'elle connaisse encore exactement sa direction. Après cinquante ans de construction européenne ininterrompue, le mouvement paraît parfois venir d'autres régions du monde.

Jean-Marcel Jeanneney

Je vais essayer de retracer rapidement les circonstances dans lesquelles la Fondation nationale des sciences politiques a été créée. Je suis sans doute le seul survivant en état d'en témoigner. Il s'est trouvé que j'étais à l'époque directeur du cabinet de mon père qui, comme ministre d'État en 1944-1945, était chargé entre autres de préparer non seulement l'établissement d'une constitution provisoire, mais aussi des réformes administratives. À ce titre, j'eus avec Michel Debré, vieil ami d'avant-guerre, à m'occuper de la création de la Fondation nationale des sciences politiques.

Alain Juppé

Ce texte offre une analyse sereine et perspicace de la situation de la France et de l'Europe dans le monde. Elle part des réalités pour tracer des perspectives.

Jean-Yves Le Drian

Des forces françaises sont engagées dans des combats qui concernent toute l'Europe. L' auteur rappelle que la guerre, toujours extrême par elle-même, exige qu'on « y réfléchisse profondément ».

Jean Lecanuet

Les événements dans les territoires occupés ont modifié, avec une ampleur dans laquelle les media ont joué leur rôle, une situation relativement calme, de jeunes Palestiniens clamant leur révolte sans répit et de manière éprouvante pour les forces israéliennes. Plutôt que de tirer un prétexte de ces événements pour dénoncer, hâtivement, Israël, il importe de s'interroger sur leur signification. Le jugement peut, à cet égard, hésiter : s'agit-il d'un mouvement ponctuel ou, au contraire, irrésistible qui ruine les perspectives de cohabitation entre Juifs et Arabes ? S'agit-il d'un accès de fièvre du nationalisme palestinien ou — l'évolution du rapport démographique aidant — d'un tournant irrévocable mettant aux prises Israël et, bientôt, le million d'Arabes vivant sur le territoire même d'Israël ? Personne n'est, sans doute, aujourd'hui en mesure d'apporter à ces questions une réponse claire et assurée.

Michel Rocard

Il existe, dans la mémoire collective de notre pays, et plus particulièrement chez les gens de gauche, une zone d'ombre assez profondément enfouie, des circonvolutions où se réfugie le non-dit, des replis cachés qui abritent ces sentiments indistincts où se mélangent à la fois l'envie et la négation : c'est là que se trouve la social-démocratie.

Laurent Wauquiez

La droite française de gouvernement a défendu et mis en œuvre une politique sociale, qui complète et modère la défense du libéralisme économique, elle a contribué, autant que la gauche, à constituer ce que l'on appelle le modèle social français, partie du modèle social européen. Le tableau qui figure en annexe et qui résume toute la législation depuis 1864 (c'est-à-dire depuis la remise en cause des lois libérales de la Révolution française, notamment la loi Le Chapelier) offrira un utile instrument de réflexion et de discussion sur l'histoire politique et sociale de la France, puisqu'il suggère de classer 115 lois, dites de progrès social, sous l'angle droite-gauche.

Commentaire est une revue fondée par Raymond Aron et dirigée par Jean-Claude Casanova
116 rue du Bac – 75007 Paris – ISSN 0180- 8214
Copyright © 1978-2017 Commentaire - Tous droits réservés
twitter
facebook
Si vous ne souhaitez plus recevoir cette newsletter, désabonnez-vous en suivant ce lien