Le centenaire de Soljenitsyne (1918-2008)

La lettre du vendredi 16 novembre 2018

   

Les plus jeunes ne connaissent pas Soljenitsyne. D’autres parfois le trahissent.
Une droite dure l’enferme dans une caricature anti-libérale et slavophile. L’extrême gauche et même une part de la gauche s’accommodent volontiers de cette caricature en cédant au « sinistrisme » décrit par Raymond Aron et pour éviter de trop en faire dans la condamnation du communisme. S’y ajoutera, pour d’autres, un procès en antisémitisme qui n’est pas juste.
Certains textes de Soljenitsyne ont provoqué des surprises, des débats, des incompréhensions, comme le discours de Harvard, le 8 juin 1978, analysé en particulier dans Commentaire par Alain Besançon.
Ce  discours de Soljenitsyne a été réédité aux Belles Lettres, sous le titre Le Déclin du courage, chacun aujourd’hui peut s’y reporter. Toute son œuvre est disponible aux éditions Fayard.
Soljenitsyne reste un des acteurs majeurs de la pensée du XXe siècle ; nous ne pouvons l’ignorer et nous avons la responsabilité de transmettre son témoignage.
Une très belle exposition lui rend hommage, à la mairie du Ve, jusqu’au 8 janvier 2019 (centenairesoljenitsyne.fr).

Hervé Mariton

 

Hervé Mariton, ancien élève de l’École polytechnique, lauréat de l’IEP de Paris, ingénieur général du corps des Mines, est maire de Crest. Il a été parlementaire et a exercé des fonctions gouvernementales. Il est membre du bureau politique des Républicains. Il a notamment écrit Transmettre pour construire (Pygmalion, 2010), Le bonheur regarde à droite (Le Cerf, 2014) et Le Printemps des libertés (L’Archipel, 2016). Membre du comité de rédaction de la revue, il est aussi membre du comité pour le centenaire d’Alexandre Soljenitsyne et c’est la raison pour laquelle il a bien voulu présenter pour nos lecteurs quelques articles sur Soljenitsyne parus dans Commentaire.

La nature paradoxale de l'œuvre de Soljenitsyne

Louis Martinez
N° 135, automne 2011

Gigantesque, l'image de Soljenitsyne n'a jamais été parfaitement nette, et l'écrivain n'y est pour rien. Question d'objectif, qu'il convient de régler constamment sur la lettre de ses œuvres littéraires, historiques ou politiques, et cela aussi bien dans ce qui fut sa patrie qu'en Occident. Pareil flottement fait problème. À la différence de son illustre compatriote, le comte Tolstoï, dont le pontificat spirituel s'exerça à peu près sans contestation à la veille de 1914, Soljenitsyne fut à la fois quasiment méconnu de l'opinion mais durement persécuté dans son pays, célèbre ailleurs, couronné, mais vite suspect d'arrière-pensées noires. Il est certain que L'Archipel du Goulag fut le bélier qui jeta bas la muraille de mensonge qui cachait au monde l'horreur du système communiste. [Lire la suite] 

 

Alexandre Soljenitsyne (1918-2008)

Alain Besançon
N° 123, automne 2008

Cette revue n'a jamais, depuis sa création, ménagé son admiration à la personne et à l'oeuvre d'Alexandre Soljenitsyne. Alain Besançon a préfacé l'édition française du livre de Daniel T. Mahoney, Alexandre Soljenitsyne. En finir avec l'idéologie (339 p.), que Commentaire a publié en 2008 en association avec Fayard. Nous proposons à nos lecteurs cette préface, comme un ultime adieu que nous adressons à ce géant russe bienfaisant et courageux. [Lire gratuitement la suite]

 

Soljenitsyne, la Russie et les Juifs. Vers un jugement impartial et une compréhension mutuelle 

Daniel J. Mahoney 
N° 105, printemps 2004

Alexandre SOLJENITSYNE : Deux siècles ensemble (1917-1972), tome II, Juifs et Russes pendant la période soviétique. (Traduit du russe par Anne Kichilov, Georges Philippenko et Nikita Struve, Fayard, 2003, 607 pages.)

 Le second tome de la monumentale étude de Soljenitsyne sur les relations entre Juifs et Russes, Dvseti let vmeste (Deux siècles ensemble), est apparu dans les librairies de sa Russie natale dans les derniers jours de 2002 (avec un premier tirage de 100 000 exemplaires). Les deux tomes de l'ouvrage ont été des best-sellers en Russie et ont suscité une grande variété de réponses critiques, tantôt amicales, tantôt respectueuses, tantôt violemment hostiles. Le premier volume traite de la rencontre entre Russes et Juifs à partir de 1772 (date à laquelle 100 000 Juifs furent autorisés à s'installer dans l'empire) jusqu'à la veille de la conflagration révolutionnaire de 1917. Ce second tome va des révolutions de 1917 jusqu'à l'exode de centaines de milliers de Juifs vers Israël ou l'Occident au début des années 1970. Soljenitsyne commence cet ouvrage par une remarquable digression sur ce que cela signifie d'être un Juif (et il est fascinant de voir le grand écrivain russe se confronter respectueusement à des auteurs comme Hannah Arendt, Gershom Scholem et Amos Oz). Ce n'est qu'après ce préambule qu'il se tourne vers l'examen détaillé des relations entre Russes et Juifs pendant presque toute la période soviétique. sur le premier volume parus dans The New Yorker, le TLS, The New Republic, Society, les maisons d'éditions continuent à faire preuve de timidité face à ce qui est vraisemblablement la dernière œuvre majeure de Soljenitsyne. Quels qu'en soient les motifs, il y a là une lacune qui doit être comblée. [Lire la suite]

 

Prendre Soljenitsyne au sérieux 

Franck Dardenne
N° 102, été 2003

Daniel J. MAHONEY : Aleksandr Solzhenitsyn, The Ascent from Ideology. (Lanham, Maryland, Rowman & Littlefield, 2001, 182 pages.)

 Soljenitsyne a souffert d'un excès de politisation et d'un grand dédain sur ce qu'il a effectivement écrit de la politique qui en fut le corollaire. Le succès de ses livres en Occident ayant coïncidé avec la prise de conscience des crimes qu'il dénonçait et avec la lutte contre l'Union soviétique, son œuvre s'est réduite aux yeux de beaucoup à cet aspect. L’intérêt de ce qu'il dit de la politique se serait au mieux évanoui avec l'effondrement de son ennemi, quand on n'a pas tenté de faire de lui un auteur réactionnaire, tsariste, panslave... Les mythes que l'Occident a forgés au sujet de la Russie, et qui lui ont fait tant de mal, se seraient alors appliqués à l'adversaire de l'URSS. [Lire gratuitement la suite]

 

Soljenitsyne et Sartre 

Raymond Aron
N° 64, hiver 1993

 L'essai qui suit a été écrit par Raymond Aron en 1976 pour les Mélanges – le Festschrift  – en l'honneur de Manès Sperber, son vieil ami. Nous en publions le texte original tiré des archives Raymond Aron. Il fut à l'époque traduit et publié en allemand, puis en anglais par Leo Labedz. En 1976, en France, nous ne disposions d'aucune revue dans laquelle cet article aurait pu être publié : Preuves, Le Contrat social avaient cessé de paraître, et Contrepoint (première manière) également. Le communisme a disparu. Soljenitsyne s'apprête à rentrer en Russie. Sartre est mort. Les jeunes gens d'aujourd'hui liront ce texte et sauront ainsi que penser de la formule fameuse et sotte selon laquelle « il valait mieux avoir tort avec Sartre que raison avec Aron ». [Lire la suite]

 

Soljenitsyne à Harvard 

Alain Besançon
N° 4, hiver 1978

 Le discours qu'a prononcé Soljenitsyne à Harvard, en juin 1978, est susceptible d'au moins deux interprétations, l'une évidente et facile, l'autre plus risquée et plus hypothétique, mais qui pourrait être aussi la plus intéressante et la plus vraie. Je voudrais les présenter l'une après l'autre. Depuis 1917, il est né peu d'hommes et sans doute aucun Russe plus digne d'admiration qu'Alexandre Soljenitsyne. D'un mal radical qui a failli l'anéantir physiquement et moralement, parmi cinquante millions d'autres, il s'est échappé blessé mais vainqueur. Il a vu que la puissance du régime soviétique résidait dans le secret jalousement gardé de son principe et de ses opérations. Ce secret, il l'a pénétré et publié. [Lire la suite]

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On lira aussi, pour l’occasion, d’autres articles sur Soljenitsyne parus dans Commentaire, ainsi que des citations extraites de son œuvre :

  • Louis MARTINEZ, « L'agent de Soljenitsyne », n° 135, automne 2011 [Lire l'article]

  • Daniel J. MAHONEY, « La place unique de Soljenitsyne », n° 129, printemps 2010 [Lire l'article]

  • Cécile VAISSIÉ, « Soljenitsyne, les Juifs et la révolution », n° 98, été 2002 [Lire l'article]

  • Alain BESANÇON, « Taine et Soljenitsyne », n° 98, été 2002 [Lire l'article]

  • Alain BESANÇON, « Hommage à Alexandre Soljenitsyne », n° 93, printemps 2001 [Lire l'article]

  • Jacques JULLIARD, « L'honneur de Soljenitsyne », n° 52, hiver 1990 [Lire l'article]

  • Henri FROMENT-MEURICE, « La perestroïka de Soljenitsyne », n° 52, hiver 1990 [Lire l'article]

  • Michel HELLER, « Passé russe et présent soviétique. La Roue Rouge d'Alexandre Soljenitsyne », n° 33, printemps 1986 [Lire l'article]

  • Jean LALOY, « Hommage à Soljenitsyne, Sakharov et leurs compagnons », n° 3, automne 1978 [Lire l'article]

Retrouvez les citations choisies par la revue dans l'œuvre d'Alexandre Soljenitsyne en souscrivant un abonnement numérique 100 % ou Premium.

« Le refus du mensonge », n° 122, été 2008

« À la télévision française », n° 85, printemps 1999

« Ma querelle avec la presse allemande », n° 85, printemps 1999

« Qui a payé un tel prix ? », n° 49, printemps 1990

« Marche funèbre », n° 17, printemps 1982

« Il n'est pas une nation... », n° 17, printemps 1982

 

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