Le Brexit

La lettre du vendredi 1er novembre 2019

La Grande-Bretagne n’est pas encore sortie de l’Union européenne, mais il semble que l’acte final approche. Boris Johnson plus énergique, plus  politique, plus orateur que Mrs May a remporté trois succès : gagner aux Communes  un vote de principe sur l’accord conclu à Bruxelles, obtenir des élections pour le 9 décembre, renforcer le courage du parti tory. En décembre, si les conservateurs remportent ces élections, nous serons sortis de ce que Paul McCartney, l’ancien beatle, appelle « This Brexit thing right old mess ». D’ici là revenons sur quelques articles récents que nous avons publiés à propos du Brexit et de l’Europe, car, bien sûr, même si Boris Johnson quitte l’Union, la patrie de Shakespeare, de Milton, de Newton, de Hume reste une pièce majeure de notre patrie européenne.

Le Brexit. Chaos politique au Royaume-Uni

Pauline Schnapper
N° 166 Été 2019

Le référendum britannique du 23 juin 2016, qui a abouti à la décision de quitter l'Union européenne, a creusé les divisions au sein de la société britannique et provoqué une succession de crises politiques qui ont atteint une dimension constitutionnelle dont l'apprenti sorcier David Cameron était loin de prendre la mesure en organisant ce scrutin. Le Parti conservateur et le Parti travailliste, divisés comme jamais sur la question du Brexit, sont aujourd'hui dans une position de faiblesse sans précédent. Plus généralement, c'est tout le système politique national, fondé sur le principe de la démocratie représentative et de l'alternance au pouvoir des deux principaux partis, qui a été affaibli par le recours à la démocratie directe et se trouve aujourd'hui dans un état de paralysie et de déliquescence illustré entre autres par l'effondrement de la discipline des partis et du principe de responsabilité collective du gouvernement. [Lire gratuitement la suite]

 

Le Brexit : souveraineté nationale et décrochage stratégique

Thomas d'Ibérie
N° 162 Été 2018

Avec le Brexit, le peuple britannique a choisi un projet politique singulier visant au rétablissement de sa souveraineté nationale. Au-delà du coût économique induit par sa sortie du marché unique et de l'union douanière, le Royaume-Uni risque un décrochage stratégique et une marginalisation de son influence internationale. Le Brexit pourrait paradoxalement conduire à une dévitalisation de la souveraineté effective du peuple britannique pouvant aller jusqu'à une remise en cause de l'intégrité même du Royaume-Uni. [Lire la suite]

 

Le Brexit : retour sur des malentendus

Benoît d'Aboville
N° 160 Hiver 2017

Source: Craig Oliver : Unleashing Demons. The Inside Story of Brexit. (Hodder & Stoughton, 2016 [rééd. poche 2017], 432 pages.)

Démentant les pronostics et prenant par surprise l'ensemble des dirigeants européens, le vote britannique du 23 juin 2016 sur la sortie de la Grande-Bretagne de l'Union européenne a conduit Londres à invoquer le 29 mars 2017 l'article 50 du Traité européen. La procédure de divorce a donc été enclenchée formellement avec l'objectif d'aboutir d'ici deux ans. Les Européens se sont mis en ordre de bataille, mais il n'en va pas encore de même du côté britannique où le gouvernement et la classe politique se divisent entre partisans d'une rupture franche et ceux, de plus en plus majoritaires, qui prônent une période de transition qui permettrait de minimiser les dommages pour l'économie du Royaume-Uni. [Lire gratuitement la suite]
 

L’avenir de l’Europe

N° 155 Automne 2016

Il ne faut ni négliger ni craindre les effets du Brexit. La Grande-Bretagne a pris une décision que l’on peut regretter mais que l’on peut expliquer. D’abord, un Premier ministre, too clever by half, diraient ses compatriotes, a choisi les voies de la démocratie directe dans le plus vieux pays parlementaire du monde. Il en est résulté cette déconvenue. Bagehot avait pourtant expliqué la supériorité de la représentation : un Parlement informé vaut mieux qu’une opinion sensible à la démagogie. La Grande-Bretagne, autant que le reste de l’Europe, subit les conséquences d’une immigration mal contrôlée qui accroît l’hétérogénéité des populations et nourrit les discordes. Elle subit aussi les effets de la mondialisation ou, si l’on préfère, du libre-échange, source d’instabilité et plus encore d’inquiétude. Il ne fait pas de doute que le libre-échange, en favorisant les spécialisations et en élargissant les échelles de production, contribue à l’enrichissement du monde. Mais il le fait en causant autant de troubles. Les économistes, ses défenseurs attitrés, devraient se souvenir que Ricardo souhaitait l’échange international des biens pour éviter justement les migrations qui rompent « l’attachement naturel des peuples » à leur terre. Cournot redoutait un libre-échange trop immédiat à cause des bouleversements qu’il entraînait dans la production. Enfin, Pareto montrait que le libre-échange, en rompant les aspirations à la stabilité, qui sont aussi constitutives des sociétés que les aspirations à la mobilité, menaçait l’optimum social qui ne correspond pas nécessairement à l’optimum économique. Pour ces raisons, le mariage de l’économie et de la politique reste toujours difficile. L’Union européenne n’est responsable ni du libre-échange ni des pressions migratoires, elle en subit les effets négatifs, parce qu’elle ne se donne pas les moyens d’y remédier, alors qu’elle serait en ces domaines bien plus efficace que les nations. Cela dit, le Brexit n’empêchera pas le mouvement politique qui progressivement fédère les nations européennes. Ce mouvement a connu d’autres crises : l’échec de la Communauté européenne de défense ou celui du premier projet de Constitution. Il surmontera celle-ci comme il a surmonté les précédentes. Car il naît de la profonde unité de la civilisation européenne et du souci des nations qui en portent l’héritage de ne pas figurer au « balcon de l’histoire » mais de jouer le rôle qui leur permettra d’en rester de grands acteurs. Or, ce rôle mondial, les petites nations qui constituent l’Europe ne pourront le jouer qu’en unissant leurs forces et leurs volontés. C’est la raison pour laquelle une grande partie de ce numéro est consacrée aux conséquences du Brexit et à l’avenir de la construction européenne. On lira les citations de Jean Monnet qui accompagnent ces articles. Elles disent une chose simple : l’Angleterre fait évidemment partie de l’Europe par la géographie, par l’histoire et par la civilisation. Elle s’écarte aujourd’hui des institutions de l’Union européenne. N’en doutons pas, elle y reviendra quand l’Union aura fait la preuve de sa légitimité politique.

Cliquez sur leur lien pour lire les articles

Jean-Louis BOURLANGES, Un Brexit, deux histoires

Michel DUCLOSQue faire après ?

Alain LAMASSOUREPour une Europe 4.00

Thierry CHOPIN et Jean-François JAMET, Comment répondre aux attentes des Européens ?

Xavier RAGOT, Coordonner les budgets en zone euro

Jean-Paul COSTA, La Cour européenne des droits de l'homme

Pierre LELLOUCHEUne Cour européenne en question

  

Leçons d'histoire pour une Europe en crise

Vincent Feré
N° 162 Été 2018

Le 17 avril dernier, devant les eurodéputés à Strasbourg, le Président Macron a redit sa volonté de relancer l'Europe en affirmant que la « souveraineté européenne » était nécessaire « pour montrer aux citoyens européens que nous pouvons les protéger ». Au scepticisme des partenaires de la France, ne peut-on pas objecter, en méditant l'histoire de l'Europe, que la « souveraineté européenne » constitue bien pourtant la réponse politique à une crise de l'UE qui est d'abord aujourd'hui, comme ce fut le cas déjà dans le passé, une crise de l'appartenance ? [Lire la suite]

 

Des idées économiques pour l'Europe

Cédric Argenton
N° 162 Été 2018

La zone euro souffre d'un déficit d'organisation et de gouvernance. Comment y remédier sans être soupçonné de privilégier un intérêt national ? Par une discussion sérieuse entre personnes compétentes. C'est cette tentative que nous analysons. [Lire la suite]

 

J'ai fait mon choix : pour l'Europe

Alain Juppé
N° 165 Printemps 2019

Au moment où Alain Juppé quitte ses fonctions politiques pour prendre de hautes fonctions civiques, nous sommes heureux et honorés de publier en tête de ce numéro son dernier message à propos des prochaines élections européennes, qu'il avait bien voulu nous adresser le 11 février 2019.

Pour une fois, j'ai envie d'être un peu manichéen. L'enjeu est trop important pour finasser. Il faut afficher clairement la couleur : pour ou contre l'Europe ; du côté des militants de la construction européenne ou de ses casseurs. J'ai fait mon choix. Depuis longtemps. Et, au sein du parti gaulliste, quand il existait, je ne me suis jamais senti mal à l'aise en affirmant mes convictions européennes. Aujourd'hui, il faut aller au combat car l'avenir de l'Union européenne est en jeu. [Lire la suite]

 

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