"La fin de l'histoire ?" Retour sur un débat

La lettre du vendredi 13 avril 2018

La publication en septembre 1989 de l’article de Francis Fukuyama intitulé « La fin de l’histoire ? » fut un grand événement dans la vie de Commentaire, elle coïncidait avec l’effondrement de l’Union soviétique et l’article, qui ne cesse pas d’être lu encore aujourd’hui, était audacieux et brillant. Il avait été rédigé l’hiver de cette même année, après une conférence prononcée au Olin Center de l’université de Chicago que dirigeaient Nathan Tarcov et Allan Bloom. Allan Bloom avait participé à la création de Commentaire, il appartenait à notre comité de rédaction et passait le plus souvent l’été en France. Il m’avait adressé ainsi qu’à Pierre Hassner le texte de l’exposé de Fukuyama. Nous décidâmes immédiatement de traduire l’article qu’en tirerait son auteur et de le publier accompagné d’un débat dans lequel interviendraient Allan Bloom, Alain Besançon, Pierre Hassner, Philippe Raynaud et Jean-François Revel. Comme parallèlement Bloom avait adressé le papier de Fukuyama à Irving Kristol et à l’Australien Owen Harries, editors du National Interest, qui furent eux aussi enthousiastes, nous savions qu’ils le publieraient outre-Atlantique et nous décidâmes de traduire et de publier également le débat qu’organiseraient de leur côté nos amis de New York.

Francis Fukuyama revient sur ce sujet dans notre numéro anniversaire
Le débat s'est prolongé dans Commentaire sur quatre numéros entre l'automne 1989 et l'été 1990 (n° 47, 48, 49 et 50). Aussi avons-nous été fiers et heureux que, presque trente ans après, Francis Fukuyama  nous ait fait l’honneur de revenir sur ce sujet, sur son sujet, dans notre numéro anniversaire (Commentaire, n° 161, printemps 2018) d’autant qu’il reste d’une profonde actualité, car, comme l’écrivait Allan Bloom en le commentant en septembre 1989 : « Si le libéralisme l’a emporté, il se peut qu’il soit décidément non satisfaisant. » Là est la question centrale. Le doute sur la liberté, la crainte de la voir faiblir accompagnant toujours sa défense et la fidélité à sa cause.

Francis Fukuyama, « Retour sur “La fin de l’histoire ?” »

Commentaire, n° 161, printemps 2018

Depuis 1989, on me pose toujours la même question : « Et alors, la fin de l’histoire ? Est-ce que X n’invalide pas votre thèse ? », X étant un événement qui s’est produit dans les affaires internationales, comme un coup d’État au Pérou ou les attaques du 11-Septembre ou une crise financière à Wall Street. Cette question émane en général de quelqu’un qui n’a pas compris le sens de la fin de l’histoire et qui n’a pas lu mon livre The End of History and the Last Man, publié en 1992. Acheter l'article

 

 

Francis Fukuyama, « La fin de l’histoire »

Commentaire, n°47, automne 1989

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Allan Bloom, « Le moment de la philosophie »

Commentaire, n°47, automne 1989

L'article audacieux et brillant de Fukuyama, qu'il ne considère certainement pas comme son dernier mot, est l'amorce d'une discussion qu'il nous faut impérativement entamer, nous qui sommes les fidèles défenseurs de l'Alliance occidentale. Maintenant qu'il apparaît à l'évidence que nous avons remporté la victoire, que sommes-nous et que nous faut-il faire ? Cette glorieuse victoire, si c'en est vraiment une, est l'accomplissement le plus noble de la démocratie, un miracle de constance de la part d'une alliance de régimes populaires, aux autorités divisées, aux directions changeantes, durant cinquante années. Acheter l'article

 

 

 

Pierre Hassner, « Fin de l’histoire ou phase d’un cycle ? »

Commentaire, n°47, automne 1989

Ce qui fait le charme de l'article de Fukuyama, c'est en grande partie son intrépidité, c'est la vigueur impétueuse avec laquelle il se fraye un chemin à coups de hache à travers le dédale des complexités politiques et philosophiques pour affirmer une thèse outrageusement provocante. C'est en cela plus peut-être que par le contenu de son analyse qu'il apparaît comme le digne héritier d'Alexandre Kojève, de son audace intellectuelle et de son goût irrésistible pour épater le bourgeois. J'ai presque honte, dès lors, d'approcher son texte armé de ma panoplie de « oui, mais », de « d'une part » et de « d'autre part ». Aussi voudrais-je faire précéder mon commentaire par une déclaration : je pense non seulement que cet article est brillant et stimulant, mais aussi que sa thèse est plus juste que fausse. Accéder gratuitement à l'article

 

 

Alain Besançon, « Le drame est encore devant nous »

Commentaire, n°47, automne 1989

Francis Fukuyama pose une grande question. Mais comme il arrive parfois quand on s'élève à ce degré de généralité, les faits historiques sur lesquels il construit son édifice philosophique ne sont pas toujours bien assurés. Mais quelques vétilles ne mettent pas en danger la thèse principale de F. Fukuyama. Il constate que le regard ne peut aller au-delà du type de société consécutif à la Révolution, entendue comme le long processus (environ un siècle) qui conduit de la chute de l'Ancien Régime à l'établissement définitif du Nouveau. Ce Nouveau Régime qui date en Angleterre de 1715, environ, en France de 1880, en Allemagne de 1945, en Espagne de 1975, c'est la démocratie, au sens tocquevillien, pour le meilleur et pour le pire. Ce n'est pas une révolution seulement politique mais sociale et morale, dont les effets sont infinis, qui modifient en profondeur la vie, l'amour, la famille, la religion, l'art, la patrie, l'âme, au point qu'on se demande si toutes ces choses peuvent subsister en démocratie. Acheter l'article

 

 

Jean-François Revel, « Raison pure et raison pratique. À propos de la fin de l’histoire »

Commentaire, n° 48, hiver 1989-1990

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Philippe Raynaud, « Un problème philosophique sérieux »

Commentaire, n° 48, hiver 1989-1990

La pire erreur que l'on puisse commettre au sujet du brillant article de Francis Fukuyama serait d'y voir simplement le constat, par un citoyen des États-Unis, du triomphe progressif de l'American way of life. En fait, le problème de la « Fin de l'histoire » est tellement sérieux que, au-delà de Hegel et de Marx, il a toujours été considéré comme tel par (presque) tout ce qui compte dans la pensée politique du XXe siècle. C'est vrai d'abord de la pensée allemande : on ne comprend pas l'œuvre de Max Weber, de Heidegger ou de Leo Strauss si on ne voit pas que son problème central est celui du conflit entre l'idée hégélienne de la réconciliation et son retournement ironique dans la critique nietzschéenne du « dernier homme » ; sur un mode moins profond, ou plus sophistique, ce n'est pas moins vrai de la philosophie française, dont Vincent Descombes considère non sans raisons que, pendant près d'un demi-siècle, elle a été dominée par le problème posé par Kojève : que devient (ou si l'on préfère : que deviendra ?) la « négativité humaine » lorsque les fins qui lui donnaient son sens ont (auront) été accomplies ? Acheter l'article

 

Alexandre Kojève, « Américanisation ou japonisation du monde ? »

Commentaire, n° 48, hiver 1989-1990

Dans la première édition de son grand livre Introduction à la lecture de Hegel (Gallimard, 1947), Alexandre Kojève avait dans une note explicité sa conception de la fin de l'histoire chez Hegel. En 1962, dans la 2e édition (pp. 434-437), après un voyage en Asie, il commentait, et d'une certaine façon modifiait, son premier commentaire. On trouvera ci-dessous les deux textes. Le dernier n'a pas cessé depuis vingt-sept ans d'amuser les lecteurs de Kojève et d'être discuté par eux. Acheter l'article

 

 

Gertrude Himmelfarb, « L’avenir est inconnaissable »

Commentaire, n° 48, hiver 1989-1990

Ce n'est pas souvent qu'on a l'occasion de discuter de Hegel dans cette revue (ni, du reste, n'importe où ailleurs) : il faut en profiter. On est même tenté, alors, de ranimer la vieille querelle à propos du Hegel « précoce » et du Hegel « tardif ». C'est le Hegel précoce (mais pas vraiment « jeune », car il avait alors trente-six ans) qui eut la vision de Napoléon, l' « âme du monde », galopant dans la ville à la veille de ce qui devait bientôt s'avérer être la bataille d'Iéna. Et ce fut pour lui enivrant de penser que cette bataille, livrée dans la ville même où il enseignait, était un événement « historique, d'une portée mondiale », qui débouchait sur le stade final de l'histoire. Hegel a sans doute pensé que l'incendie de sa maison par les Français et la perte de son emploi par suite de la fermeture de l'université constituaient un mince tribut à payer pour l'avènement du règne de la Raison et de la Liberté. Mais le Hegel plus tardif fut quelque peu dégrisé au sujet de la Révolution française. Celle-ci était trop abstraite et trop individualiste, décida-t-il, pour « actualiser » les principes des Lumières. De là découlait la Terreur, qui avait cherché à imposer arbitrairement ces principes, au mépris de l'histoire et sans bénéfice pour l'État. Accéder gratuitement à l'article

 

 

Irving Kristol, « L'ennemi, désormais, c'est nous »

Commentaire, n° 48, hiver 1989-1990

Je suis enchanté d'accueillir G. W. F. Hegel à Washington. Il contribuera certainement à élever le niveau intellectuel de l'endroit. C'est particulièrement utile si, comme ce semble être le cas, nos universités ont décidé d'exiler de leurs programmes les grands penseurs de la civilisation occidentale. Acheter l'article

 

 

Harvey C. Mansfield, Jr., « Le libéralisme et la vertu »

Commentaire, n° 48, hiver 1989-1990

Dans cet article un peu provocateur, Fukuyama s'interroge sur le sens profond de ce qui apparaît comme un événement grave : la désintégration du communisme, telle qu'elle se manifeste aujourd'hui partout dans le monde. Si c'est bien ce qui est en train de se produire, il s'agit d'un événement totalement inattendu, que n'escomptaient ou ne préméditaient ni les adversaires ni les partisans du communisme. Il y a déjà un certain temps que plus personne ne songeait à renverser le communisme : ses adversaires se sont bornés à le contenir dans certaines limites et à débattre des meilleurs moyens, militaires ou socio-économiques, de faire face à une force dont on supposait qu'elle allait se maintenir ou croître. Acheter l'article

 

 

François Fejtö, « L'avenir du communisme »

Commentaire, n° 48, hiver 1989-1990

Kolakowski, dans un célèbre article publié au cours de la même année, dans Nowa Kultura de Varsovie, a défini le socialisme par tout ce qu'il ne devrait pas être : il ne devrait pas signifier « une société dont les dirigeants se nomment eux-mêmes à leurs postes, dans lequel le nombre des fonctionnaires augmente plus vite que celui des travailleurs, une nation qui occupe le territoire d'autres nations, un État où le gouvernement définit les droits de ses citoyens, alors que les citoyens ne définissent pas les droits des gouvernements », etc. La liste négative de Kolakowski était longue. Dans ce qu'il définissait comme non socialiste, on reconnaissait le portrait du « socialisme réel ». Acheter l'article

 

 

Samuel P. Huntington, « On ne sort pas de l'histoire »

Commentaire, n°49, printemps 1990

Le débat sur l'article de Francis Fukuyama et « la fin de l'histoire » s'achèvera bien un jour. Mais il n'est pas mauvais qu'il dure, tant les questions soulevées sont importantes. Acheter l'article

 

 

Julien Cheverny, « Désarmant Fukuyama »

Commentaire, n°49, printemps 1990

Que penser de cette « fin de l'histoire », qu'un point d'interrogation vient d'ailleurs si prudemment ponctuer ? Y verra-t-on essai de réflexion stimulante ? Un canular plus ou moins laborieux ? Le produit de cette arrogance mêlée de naïveté provinciale, dont certains professeurs d'outre-Atlantique ne sont pas toujours dépourvus ? Hâtivement on déclare audacieuses des considérations moins provocantes que sommaires ; on s'émeut, on s'extasie, on s'indigne, au lieu de passer outre : il y a là de quoi s'étonner. Acheter l'article

 

 

Anthony Hartley, « Le vent se lève... »

Commentaire, n°49, printemps 1990

« La fin de l'histoire » : voilà une expression qui tire sa résonance des profondeurs religieuses de la conscience humaine. En fixant une limite prévue et désirée à l'existence, elle signifie la rupture du flot quotidien de la vie humaine par l'incursion d'un événement transcendant, qui peut marquer la seconde venue d'un Dieu, le jour du jugement dernier, ou, au contraire, un Götterdämmerung, la mort d'un ancien monde et la rénovation de toutes choses. Pour les individus, cela peut annoncer le retour d'un monde souterrain, une résurrection d'entre les morts ou une condamnation irrévocable. Des visions apocalyptiques de ce genre ont hanté l'imagination de prophètes, tels saint Jean à Patmos et Joachim de Flore, ou de constructeurs de systèmes historicistes dans lesquels on voit les êtres humains travailler et souffrir pour parvenir à une espèce de sommet social sur lequel l'humanité demeurera pour toujours immobile dans la contemplation de son propre accomplissement. Hegel, Marx et Comte, exemples notables du goût qu'avait le XIXe siècle pour l'élaboration de systèmes, ont tous trois envisagé des butoirs à la fin de la dangereuse ligne de chemin de fer de l'histoire. Mais une fois qu'elle sera arrivée à ce terme, l'humanité pourra se reposer de sa fatigue et verra son bonheur assuré dans une sorte de buffet de la gare éternel. Acheter l'article

 

 

 

 

Pascal Salin, « Les dangers de l'ambiguïté »

Commentaire, n°49, printemps 1990

Francis Fukuyama a eu un grand mérite : il a probablement écrit en termes brillants ce que les gens attendaient, au moment où ils l'attendaient. Mais sa thèse, à savoir que nous nous trouvons devant une « victoire éclatante du libéralisme économique et politique », est ambiguë. Les termes mêmes qu'il emploie mettent en alerte : ainsi, lorsqu'on éprouve le besoin d'accoler des adjectifs au terme « libéralisme », c'est généralement parce qu'on l'a mal compris et mal défini. En réalité, la seule victoire de l'époque actuelle est celle de la social-démocratie, c'est-à-dire la combinaison de l'omnipotence d'une minorité élue et de l'économie mixte (définie non pas seulement par les nationalisations, mais aussi par une fiscalité forte et discriminatoire ou des réglementations tentaculaires). Acheter l'article

 

 

Robert W. Tucker, « Espoir et incertitude »

Commentaire, n°49, printemps 1990

Nous traversons une période d'espoir et d'incertitude. Soudain, la vision d'un monde nouveau semble nous faire signe. Hier encore, nous étions résignés à vivre dans le monde accoutumé. La première moitié de cette décennie qui paraît à présent tellement éloignée a encore été dominée par le grand conflit surgi dans le sillage de la Seconde Guerre mondiale, conflit qui, après si longtemps, paraissait insoluble. Acheter l'article

 

 

Leon Wieseltier, « Les trouble-fête »

Commentaire, n°49, printemps 1990

Je voudrais adresser quelques critiques à l'étonnant essai de Francis Fukuyama. Mais avant cela, je tiens à délimiter nettement les zones dans lesquelles nous sommes en parfait accord, lui et moi. Acheter l'article

 

 

Bernard Cazes, « Une “bonne nouvelle” à relativiser »

Commentaire, n° 50, été 1990

Étant donné l'imprégnation philosophique de cet article, il est tentant de l'analyser sous l'angle théorico-méthodologique, afin d'essayer de comprendre le mode de raisonnement utilisé, et d'identifier en particulier les variables qui jouent un rôle explicatif. Le résultat n'est pas très concluant, car l'auteur donne l'impression de n'avoir pas des convictions bien fermes en la matière. En un sens, tout son papier est un hymne en l'honneur des idées-qui-mènent-le-monde face à ceux qui cèdent au « penchant matérialiste de la pensée moderne » ou s'inspirent de « l'école du matérialisme déterministe du Wall Street Journal ». Et pourtant on lit dans le même texte qu'en Asie « le libéralisme politique a suivi le libéralisme économique » (c'est moi qui souligne). Acheter l'article

 

 

Claude Le Borgne, « L'hécatombe »

Commentaire, n° 50, été 1990

Mort de Dieu, mort de l'histoire, mort de la guerre, c'est l'hécatombe ! Le succès du libéralisme annonce, selon Francis Fukuyama, la fin de l'histoire. L'idée triomphe, ayant fait la preuve de son efficacité à combler le désir des hommes, consommer en paix : paradise now! Mais, comme il le souligne, « la puissance de l'idée libérale paraîtrait moins impressionnante» si, a contrario, l'URSS n'avait pas expérimenté le marxisme-léninisme et reconnu enfin son échec. D'où il suit que l'auteur eût été mieux inspiré en saluant l'échec du marxisme-léninisme, idée absolue, qu'en célébrant le triomphe de la démocratie libérale, laquelle est rien moins qu'absolue. Acheter l'article

 

 

Daniel Patrick Moynihan, « Fin de la Guerre froide »

Commentaire, n° 50, été 1990

À fin de l'histoire », à laquelle se réfère l'article stimulant de Francis Fukuyama, je la comprends en deux sens. Il y a d'abord l'usage hégélien, dans lequel une dialectique historique atteint sa conclusion nécessaire et prévisible. La seconde signification de l'article se réfère à la fin de l'histoire de l'après-guerre. En ce sens, elle nous pose la question : « Est-ce que la Guerre froide est terminée ? » Je ne suis pas de taille à formuler un commentaire utile sur la première acception de l'article ; toutefois, j'userai ici de mon droit de citoyen (« un homme, un vote ») pour me déclarer sceptique devant toute proposition qui affirme que, désormais, il ne se produira plus rien de nouveau dans l'expérience humaine. Acheter l'article

 

 

Émile Quinet, « La fin de la géographie ? »

Commentaire, n° 50, été 1990

Le même mot sert souvent à désigner des réalités diverses. En dehors du fait que des hommes y tuent d'autres hommes, quoi de commun entre la guerre du feu des âges préhistoriques, le déferlement des hordes de Timour-Lang, la guerre en dentelles du XVIIIe siècle et la guerre d'Algérie, si ce n'est le terme utilisé ? La pauvreté du vocabulaire est d'ailleurs une tyrannie pour l'esprit, dont elle entrave la mobilité. Il nous est difficile d'imaginer l'avenir autrement qu'à travers les schémas que nous lègue le passé. Et lorsque F. Fukuyama, voyant dans l'évolution actuelle des relations Est-Ouest la réalisation d'un monde unifié au sens de Hegel, annonce dans un article récent la fin de l'histoire, n'est-ce pas plutôt la fin d'une certaine forme d'histoire à laquelle il se réfère, celle des relations internationales fondée sur le concept de nation tel qu'il s'est élaboré progressivement depuis le Moyen Âge ? Acheter l'article

 

 

Stephen Sestanovich, « Ce qui change et ce qui ne change pas »

Commentaire, n° 50, été 1990

La fin de l'histoire, dans l'excellent essai de Francis Fukuyama, pourrait passer facilement pour l'équivalent politique du « réchauffement global » de la planète. Les deux théories présentent certains des mêmes avantages et inconvénients conceptuels et, pour le meilleur ou pour le pire, ceux-ci affecteront probablement les réactions de nombreux lecteurs. Principal avantage : deux étés torrides qui se succèdent prédisposent les gens à croire qu'un changement permanent s'est produit dans le climat ; et on peut écarter les éléments allant en sens contraire sous prétexte qu'ils relèvent d'une perspective trop courte. Principal inconvénient : on veut savoir si la nouvelle prédiction comporte une application pratique ; on n'est pas entièrement satisfait d'apprendre que les glaciers fondront à un certain moment entre la dernière décennie du XXe (c'est-à-dire très bientôt) et la dernière décennie du XXIe (c'est-à-dire trop loin dans l'avenir pour avoir une répercussion sur les plans de vacances). Acheter l'article

 

 

Christian Stoffaës, « Staline et Gorbatchev : l'histoire continue... »

Commentaire, n° 50, été 1990

Chez Hegel, il y a aussi la dialectique... Mikhail Gorbatchev aurait-il lu Francis Fukuyama, après avoir lu Milton Friedman ? Il y a quinze ans, ce dernier prônait le retour aux mécanismes purs et durs du marché pour sauver l'Occident et la démocratie : ses idées annonçaient la grande vague libérale-monétariste qui changea l'idéologie mondiale. Acheter l'article

 

 

Francis Fukuyama, « Réponse à mes contradicteurs »

Commentaire, n° 50, été 1990

Si je considère les litres d'encre que « La Fin de l'Histoire ? » a fait couler, j'en arrive à me dire que j'ai vraiment à mon actif une belle réalisation : je suis parvenu à réunir un consensus exceptionnel, non pas sur la position présente du libéralisme, mais sur le fait que je suis dans l'erreur et que l'histoire n'est nullement arrivée à son terme. Acheter l'article

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