La confiance

La lettre du vendredi 14 décembre 2018

La crise que connaissent les démocraties occidentales tient en grande partie à la perte de confiance des peuples à l’égard des institutions représentatives, des gouvernants, des élus, des juges, des journalistes et plus généralement de toutes les élites. Il en résulte de graves difficultés. C’est pourquoi il nous paraît nécessaire de comprendre et pour cela d’analyser ce phénomène. Voici quelques articles de Commentaire qui ont abordé cette question.

Pourquoi n’avons-nous plus confiance ?

Adam Garfinkle

Retrouver la raison

Pierre Manent
N° 164 Hiver 2018-2019

Parmi les problèmes de l’Amérique, l’hémorragie de la confiance sociale est un élément déterminant pour l’avenir, nous dit Adam Garfinkle dans cet important article. Il en est de même dans les démocraties européennes. Les faits crèvent les yeux : les citoyens n’ont plus, dans une très large majorité, confiance dans les institutions et dans les hommes qui les incarnent. Le débat que devrait, nous l’espérons, susciter cet article en est d’autant plus important. Pierre Manent a bien voulu réagir immédiatement et on lira son article à la suite de celui d’Adam Garfinkle, que nos lecteurs connaissent bien. [Lire la suite des articles -1 -2]

 

Les imprévus du nouveau monde

Olivier Mongin
N° 163 Automne 2018

Plus d'un an après la victoire d'Emmanuel Macron à l'élection présidentielle, qui oserait dire qu'il ne s'est rien passé ? C'est un fait indéniable, il se passe quelque chose tous les jours et le Président a imposé un style bien à lui. L'emporte cependant un sentiment d'incertitude sinon d'insatisfaction : la « déconstruction » en cours de l'ancien monde politique et « le train des réformes » qui l'accompagne ne permettent pas de saisir si un « nouveau monde politique » est en train de prendre forme, ou si l'effondrement de « l'ancien monde politique » laisse juste la place à des rééquilibrages budgétaires et à des réaménagements pragmatiques. L'idée que je voudrais mettre en avant ici est celle d'un décalage, voire d'une disjonction entre une action hexagonale menée à bride abattue et une difficulté à inscrire celle-ci dans la mondialisation historique en cours, celle du « nouveau monde ». La crise de la représentation politique est aussi une crise de la représentation historique. Cet article a été rédigé en juin 2018 avant le coup de tonnerre de l'affaire Benalla. Si parler d'affaire d'État et de Watergate est caricatural, une telle exacerbation du climat politique montre bien que restaurer la confiance se joue désormais à tous les niveaux. [Lire la suite]

 

L’énigme de la confiance 

Olivia Leboyer
N° 159 Automne 2017

La démocratie représentative connaît une crise de confiance. Mais comment suscite-t-on de la confiance ? Complexe, le phénomène tient à la fois de l’intuition (confidence) et de la décision (trust), et demeure largement une énigme. Construire une société de confiance est, pour autant, indispensable. [Lire gratuitement la suite]

 

Notre malheureux XXIe siècle ?

Nicholas N. Eberstadt
N° 159 Automne 2017

Les choses vont mal en Amérique depuis le début du XXIe siècle. Le travail, le revenu, la santé, la mobilité sociale, tout se détériore et montre que les États-Unis sont entrés dans une ère de détresse. [Lire la suite]

 

Trump : le Président d'une génération perdue

Giuseppe Sacco
N° 158 Été 2017

Les valeurs fondatrices de l'Amérique, selon une récente et solennelle formulation, émise, paradoxalement, par une Chancelière allemande, seraient « le respect de la loi et de la dignité de chaque individu, indépendamment de son origine, de la couleur de sa peau, de sa religion, de son genre, de son orientation sexuelle ou de ses idées politiques ». Aucune mention n'est faite d'une garantie contre la discrimination pour l'âge. Et pourtant de là vient la tragédie dont a été victime une génération entière d'Américains, la génération qui est à l'origine du succès de Donald Trump, et de l'énorme secousse que l’Amérique, celle qui a perdu toute confiance. [Lire la suite]

 

Une stratégie de confiance

Jean-Philippe Vincent
N° 157 Printemps 2017

Il y a un mot et un concept qui ne sont guère présents dans le débat politique, mais qui sont pourtant présents dans tous les esprits. Ce mot et ce concept sont : la confiance. [Lire la suite]

 

En qui peut-on avoir confiance ?

Dominique Schnapper
N° 132 Hiver 2010

En 1934, Marcel Mauss remarquait lors d’un débat : « Ce à quoi nous arrivons, vous et moi, c’est à l’importance de la notion d’attente, d’escompte de l’avenir, qui est précisément l’une des formes de la pensée collective. Nous sommes entre nous, en société, pour nous attendre entre nous à tel et tel résultat ; c’est cela la forme essentielle de la communauté. Les expressions : contrainte, force, autorité, nous avons pu les utiliser autrefois, et elles ont leur valeur, mais cette notion de l’attente collective est à mon avis l’une des notions fondamentales sur lesquelles nous devons travailler. Je ne connais pas d’autre notion génératrice de droit et d’économie : “Je m’attends”, c’est la définition même de tout acte de nature collective. […] Les infractions à ces attentes collectives, cela se mesure, par exemple les krachs en matière économique, les paniques, les sursauts sociaux, ainsi de suite. » Il est difficile de dire mieux que, dans toute société, le fondement des échanges sociaux repose sur la confiance que les êtres humains s’accordent les uns aux autres, sur la confiance qu’ils manifestent à l’égard de leurs institutions, sur la confiance qu’ils ont ensemble dans l’avenir. [Lire la suite]

 

La société de défiance et les distorsions de marché

Gilles Saint-Paul
N° 139 Automne 2012

Les travaux de Yann Algan et Pierre Cahuc sur le manque de confiance au sein de notre société suscitent un vif intérêt. Ils montrent que, selon un grand nombre d'indicateurs, les Français n'ont confiance ni en leurs institutions ni en leurs concitoyens. Dans quelle mesure les spécificités culturelles, du type « village d'Astérix », sont à incriminer reste une question ouverte. Dans cet article, je voudrais attirer l'attention sur un facteur qui à mes yeux revêt une importance cruciale : le rôle excessif de l'administration et de la planification dans l'allocation des ressources, au détriment du marché et de la concurrence. [Lire la suite]

 

La société de défiance

George de Menil
N° 121 Printemps 2008

À propos de : Yann Algan et Pierre Cahuc : La Société de défiance : comment le modèle social français s'autodétruit. (Éd. Rue d'Ulm, coll. Cepremap, 2007, 100 p.)
Depuis la presciente analyse de Stanley Hoffman, en 1963, de nombreux politologues, sociologues et hommes politiques se sont succédés dans la recherche des causes profondes des blocages dont souffre la société française. Pourquoi la France a-t-elle tant de mal à s'adapter au monde moderne, plus de mal que n'ont ses concurrents et ses voisins ? Quelles sont les origines de cette exception française ? La question est pertinente en ce début de mandat d'un Président. [Lire gratuitement la suite]

 

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Le N° 164 Hiver 2018-2019 vient de paraître, retrouvez-le ainsi que l'ensemble des numéros de la revue sur www.commentaire.fr

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