L'islam et le monde musulman (II)

La lettre du vendredi 6 novembre 2020

Pour réfléchir au monde musulman et aux problèmes qu’il pose à l’Europe, il faut avoir présent à l’esprit quelques évidences. En 1900, le monde musulman représentait environ 10 % de la population mondiale, dans les trente ans qui viennent il atteindra plus de 20 %. En 1950, la population musulmane en Europe était infime, exception faite de la Yougoslavie, de l’Albanie et de la Bulgarie. Aujourd’hui, d’importantes communautés musulmanes y vivent du fait d’un courant continu d’immigration. Le monde islamique est divisé entre chiites et sunnites. Cette division est devenue agressive. Les sunnites sont divisés entre modernes et fondamentalistes. Les chiites d’Iran, depuis la chute de la monarchie, sont soumis à un régime théocratique. Du terreau fondamentaliste sont issus des mouvements radicaux qui ont causé en Asie Mineure, au Proche-Orient, en Afrique et en Europe des soulèvements violents et des actes terroristes. La plupart des pays du Proche-Orient connaissent de graves difficultés économiques, à l’exception de l’Arabie saoudite et de petits États du golfe Persique. Beaucoup, depuis la Deuxième Guerre mondiale, ont connu des guerres, des révolutions et des coups d’État. Aucun des pays musulmans (à l’exception du Liban, de la Tunisie et du Maroc) n’est doté de régimes politiques assimilables aux démocraties libérales. Trois grands pays musulmans, mais non arabes, Le Pakistan, l’Iran et la Turquie disposent d’une puissance militaire réelle au service de pouvoirs autoritaires, le premier détient l’arme nucléaire, le second y aspire. L’Arabie saoudite est riche en armes, rien ne prouve qu’elle sache les utiliser. Israël, seul État non musulman du Proche-Orient (mais habité d’une importante minorité de citoyens israéliens arabes de confession musulmane ou chrétienne), dans un environnement qui ne lui est pas favorable, assure sa sécurité par ses propres forces et grâce à son alliance privilégiée avec les États-Unis. Ces évidences conduisent nos lecteurs de France et d’Europe à un examen attentif des problèmes que pose désormais le monde islamique. Voici donc, dans une seconde lettre, quelques-uns des nombreux articles que Commentaire a consacrés à ces questions.

Tocqueville : de la question indienne à l'Algérie

Jean-Louis Benoît
N° 163/Automne 2018

Il s’agit d'analyser en détail la nature et la portée de la dénonciation par Tocqueville  du génocide des Indiens en Amérique. Ce qui joua par la suite un rôle essentiel dans ses prises de position sur la colonisation en Algérie. Voici les conclusions auxquelles ces réflexions conduisent. [Lire l'article]

 

L'islam et ses attraits

Alain Besançon
N° 156/Hiver 2016

L'islam doit être jugé non pas sur son rapport à Dieu – comme font souvent les chrétiens – mais sur son rapport au monde. C'est ce rapport qui fait de lui « une bonne religion ». Elle explique la fidélité de ses adeptes et l'attrait qu'elle exerce sur notre monde moderne, en dépit de ses agressions. [Lire l'article]

 

Le Moyen-Orient après l'accord nucléaire iranien

Armand Laferrère
N° 152/Hiver 2015

Lorsque, le 14 juillet 2015, fut finalement approuvé l'accord entre l'Iran et les six puissances son contenu ne pouvait plus étonner personne. L'accord avait été négocié, en pratique, presque exclusivement par l'Iran et les États-Unis ; la France était intervenue sur certains points pour tempérer l'enthousiasme des Américains à multiplier les concessions. L'effet immédiat de cet accord est de réduire, pendant une décennie, la capacité de l'Iran à se doter d'une arme nucléaire. Le stock d'uranium sera fortement réduit ; le nombre des centrifugeuses en activité sera diminué ; le cœur du réacteur à eau lourde d'Arak, qui pouvait être utilisé pour la production de plutonium, sera bétonné (une concession majeure obtenue par la France) ; les inspections internationales seront renforcées. Son effet stratégique est de modifier l'équilibre du Moyen-Orient et d'y renforcer la puissance iranienne. C'est ce que nous devons examiner. [Lire l'article]

 

Situation des musulmans français

Pierre Manent
N° 152/Hiver 2015

Cet article concerne la situation des Français musulmans, et définit ce que la France est en droit de demander aux musulmans et ce qu'ils sont en droit réciproquement de demander à la France. Tocqueville l'avait annoncé, la politique littéraire prévaut dans notre pays. On se contente d'énoncer des problèmes sans offrir de solutions, ou d'avancer des solutions qui ne résolvent aucun problème. Dans cette revue nous n'aimons pas traiter de politique sans suggérer ce que l'on pourrait et devrait faire. Voici donc les solutions que propose Pierre Manent. [Lire l'article]

 

Algérie : défis intérieurs, menaces extérieures

Mansouria Mokhefi
N° 151/Automne 2015

L'immobilisme politique de l'Algérie a été conforté par la réélection, le 17 avril 2014, d'Abdelaziz Bouteflika pour un quatrième mandat de Président. Ce vote fait entrer l'Algérie dans une période d'incertitudes. La situation géopolitique du Maghreb et du Sahel place aussi l'Algérie face à des défis redoutables. Depuis le Printemps arabe, on a assisté à la chute de deux piliers sécuritaires du Maghreb : la Libye de Kadhafi et la Tunisie de Ben Ali. La région est fragilisée, les risques de voir l'Algérie déstabilisée en sont accrus. Elle doit endosser de nouvelles responsabilités et devenir un acteur majeur de la région. demeure l'instauration d'un califat islamique au Maghreb et au Sahel amplifient ces nouveaux défis. [Lire l'article]

 

Obama et le Proche-Orient

Adam Garfinkle
N° 146/Été 2014

Considérons sa politique au Proche-Orient. Il a annoncé de grands changements. Il est engagé dans une négociation difficile en Iran. On ne perçoit dans sa politique ni stratégie ni pur opportunisme. Comment alors la définir ? Adam Garfinkle, , a cherché à pénétrer les intentions du Président américain à propos du Proche-Orient. Il les a confrontés à ses actes. Voici l'analyse à laquelle il s'est livré et les conclusions auxquelles il parvient. [Lire l'article]

 

Relire la géographie de l'islam subsaharien

Maud Lasseur
N° 143/Automne 2013

Avec l'opération Serval au Mali, l'enlèvement de la famille Moulin-Fournier au Cameroun, les attentats perpétrés par Boko Haram au Nigeria, l'année 2013 semble marquer le basculement de l'Afrique soudano-sahélienne dans l'espace du chaos islamiste. Si l'on en croit les médias, l'islamisation de la société et son glissement vers le radicalisme seraient les traits saillants des évolutions touchant l'islam subsaharien, dont on avait pourtant pris l'habitude de souligner le caractère tolérant et syncrétique. Une lecture géographique, précise et nuancée, permet un regard moins caricatural sur les transformations qui caractérisent l'islam au sud du Sahara. [Lire l'article]

 

Négocier avec la République islamique ?

Thérèse Delpech
N° 127/Automne 2009

La confiscation de la religion par la politique a rarement été aussi radicale qu'avec l'Iran des mollahs. Ce à quoi l'on assiste depuis quelques mois n'est qu'un nouvel épisode du processus engagé avec la révolution islamique. Après avoir utilisé pendant trente ans une interprétation du chiisme qui donne aux chefs religieux une autorité inconnue dans le reste du monde musulman, le régime iranien a laissé tomber le masque. [Lire l'article]

 

Le fondamentalisme islamique. Esquisse d'une interprétation

Mohamed Cherkaoui
N° 114/Été 2006

Pour nous comme sans doute pour beaucoup d'autres, rien d'essentiel dans les problèmes que soulève le fondamentalisme islamiste n'a changé depuis des années. L'origine de ces interrogations ne réside pas davantage dans la soudaine acuité et les accès aigus de la crise qu'il provoque. Mais c'est bien l'analyse du paradoxe des conséquences qui nous a rendu plus attentif aux problèmes intellectuels que soulève cet ensemble de phénomènes tout à la fois intrigant et alarmant dont les interprétations communes avancées ne nous paraissent guère satisfaisantes. [Lire gratuitement l'article]

 

L'islam au miroir de Tibhirine

Henry Quinson
N° 113/Printemps 2006

Selon un sondage Ipsos-LCI-Le Point réalisé en mai 2003, 62 % des Français considèrent que les valeurs de l'islam ne sont pas compatibles avec celles de la République. L’image de l'islam reste donc négative. De surcroît, cette religion est plus que jamais au coeur du débat public en France pour au moins trois raisons. [Lire l'article]

 

Renan et l'islam

Laudyce Rétat
N° 107/Automne 2004

Dans Marc-Aurèle, en 1882, Renan rêve un instant de transposer les problèmes du jour sous le regard du sage antique : l'intuition de l'historien pourrait-elle aller jusqu'à susciter la réverbération, dans une haute conscience du passé, de problèmes insoupçonnables à son époque ? De cet effet de rétroversion fictionnelle Renan n'attendait certes pas des solutions mais plutôt des stimulants, des indices, des incitations à penser. [Lire l'article]

 

L'islam et la science

Ernest Renan
N° 46/Été 1989

Depuis qu'il a perdu la supériorité intellectuelle qu'il connut du Ville au xiie siècle et la puissance militaire, que lui donnèrent tour à tour les Arabes et les Turcs, l'islam éprouve à l'égard de l'Europe un cruel sentiment d'infériorité, que l'histoire et l'évolution démographique, par leurs diverses conséquences, effaceront peut-être un jour. Ce sentiment ne tient pas aux seules défaites militaires (l'islam a conservé la majeure partie de ses conquêtes sur les pays chrétiens, là où la conversion des indigènes avait été accomplie) ou à la colonisation (qui s'est partout défaite) ; il se nourrit de trois caractères distinguant les pays musulmans des nôtres. Dans le domaine de la science, de la politique et de l'économie, ces pays sont différents. Du refus par les pays d'islam de séparer le temporel du spirituel, les différences d'attitudes à l'égard de la science, de la démocratie et du capitalisme contemporains, de ce qui définit en substance la modernité occidentale, ont joué et jouent, sans doute encore, un grand rôle. Aussi, pour nourrir la réflexion sur cette opposition entre deux formes de civilisation, reproduisons-nous un texte oublié d'Ernest Renan : une conférence prononcée à la Sorbonne le 29 mars 1883 et reproduite dans Le Journal des débats, le 30 mars de la même année, sous le titre « L'Islamisme et la science ». [Lire l'article]

 

L'islam

Alain Besançon
N° 107/Automne 2004

Il est bien entendu hors de mes intentions de porter un jugement global sur l'islam. En 622 de notre ère commune naissait officiellement à Médine une religion nouvelle, directement opposée aux trois dogmes chrétiens fondamentaux, la Trinité, l'Incarnation et la Rédemption. Aujourd'hui, les adeptes de cette religion représentent 20% de la population mondiale pour 33 % de chrétiens, toutes confessions réunies. Depuis un demi-siècle, trois faits ont radicalement changé le tableau. [Lire gratuitement l'article]

 

L'Islam, la démocratie et l'Asie Antérieure

Jean Baechler
N° 86/Été 1999

Vaste sujet! Si vaste qu'il devrait faire reculer de crainte et de méfiance le lecteur mais aussi le spécialiste, tant l'islamologue que le politologue. Mais le citoyen du monde, intéressé à l'état de celui-ci et à ses développements possibles, ne peut pas éviter de se poser des questions à faire reculer les spécialistes. A qui doit-il les adresser, s'il veut une réponse ? À un généraliste. Un généraliste ne sait pas un peu de tout, c'est-à-dire rien, mais il s'efforce de construire le point de vue qui permette aux spécialistes de mettre leurs différents points de vue en perspective et d'en tirer, dans le meilleur des cas, des interrogations renouvelées. [Lire gratuitement l'article]

 

L'Afrique entre succès et désastre

Serge Michailof
N° 73/Printemps 1996

L’aide n'est plus à la mode. Dans la plupart des pays donateurs, les responsables politiques s'interrogent sur l'intérêt de poursuivre leur effort de coopération, et l'aide à l'Afrique, qui a aujourd'hui mauvaise presse, n'est pas épargnée. Dans des conjonctures budgétaires difficiles, il est en effet tentant de réduire ou supprimer un poste de dépense dont l'utilité apparaît contestée à triple titre : elle serait en effet mal employée, certains disent même gaspillée ; elle serait sans effet parce que l'Afrique serait dans un tel état de délabrement que ce continent relèverait désormais de l'assistance humanitaire, c'est-à-dire de l'envoi de couvertures et de poudre de lait; elle serait enfin inutile parce que la fin de la guerre froide ne justifie plus l'entretien coûteux de clientèles dévouées sous les tropiques, sous le seul prétexte d'éviter que les Soviétiques ne s'y installent. [Lire l'article]

 

Tropisme musulman et France catholique

Alain Besançon
N° 75/Automne 1996

Notre ami Alain Besançon publie chez Calmann-Lévy un nouveau livre intitulé Trois tentations dans l’Église. Ces trois tentations sont la tentation antidémocratique, la tentation démocratique et enfin l’islam. Nous donnons un extrait de son chapitre sur l’islam. [Lire l'article]

 

L'Afrique au-delà de l'an 2000

Daniel Bell
N° 69/Printemps 1995

Parmi les pays pauvres, l'Afrique est le seul continent dont la population s'est trouvée à la fin des années 1980 dans une situation pire que celle des années 1970 et sera à la fin des années 1990 dans une situation pire que durant les années 80. Et il semble probable qu'au-delà de l'an 2000 – peut-être à une ou deux exceptions près, le Ghana et l'Afrique du Sud (si celle-ci parvient à maintenir une stabilité politique) – la dégringolade va se poursuivre. [Lire l'article]

 

La politique étrangère de la République islamique d'Iran

Ramine Kamrane
N° 45/Printemps 1989

L’illusion de la constance des intérêts nationaux d'un pays et de la continuité de sa politique étrangère malgré les changements de régime est tenace et laisse sa trace dans les analyses, comme si le changement des gouvernants, de leur vision du système international, de leurs moyens, de leurs méthodes, de leurs objectifs et de leurs buts stratégiques ne suffisait pas à créer des changements profonds dans la politique étrangère d'un pays. [Lire l'article]

 

L'URSS, l'Iran et le Moyen-Orient

Olivier Roy
N° 39/Automne 1987

Notre vision de l'Asie occidentale oppose d'une part le Moyen-Orient, dominé par le monde arabe et dont l'Iran n'est que la marche de l'Est, et l'Asie du Sud, dominée par l'Inde et dont l'Afghanistan est la marche de l'Ouest. Iran et Afghanistan sont marginaux dans les deux cas et appartiennent à deux ensembles différents. L'URSS au contraire voit cet espace comme une unité et y applique une stratégie coordonnée. [Lire l'article]

 

La tragédie algérienne

Michel Winock
N° 28/Hiver 1984

C'est en juin 1957 que Raymond Aron a publié la Tragédie algérienne, dans la collection Tribune libre, créée par les éditions Plon. L'auteur, réputé homme de droite – n'avait-il pas, deux ans auparavant, fustigé l'intelligentsia progressiste dans l'Opium des intellectuels ? – jetait l'affliction dans les rangs de son public habituel, en soutenant dans sa brochure la cause de l'indépendance algérienne. [Lire l'article]

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