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L’idée d’université

La lettre du vendredi 10 septembre 2021

« L’idée d’université », la formule a été revendiquée par le philosophe allemand Karl Jaspers et par le Cardinal Newman, quand devenu catholique il quitta Oxford, pour dire l’importance et la spécificité de cette institution. C’est aussi le titre d’une chronique régulière de Commentaire. Puisque c’est la rentrée dans les universités, reprenons quelques articles sur ce sujet et rappelons que la situation des universités reste critique en France, comparée aux États-Unis et aux autres pays européens, et que c’est regrettable pour notre pays, compte tenu de son histoire et du rôle qu’il veut jouer en Europe et dans le monde.

La liberté académique en France : un silence instructif

Olivier Beaud
À paraître dans le n° 175/Automne 2021

image Quiconque s’intéresse en France à la liberté académique ou aux libertés universitaires constate que les grands « intellectuels » ou « savants » français se sont désintéressés de cette question, comme si elle n’existait pas. Il suffit de taper l’expression de « liberté académique » comme sujet d’une recherche sur un catalogue informatisé d’une grande bibliothèque, de type la Bibliothèque nationale ou la bibliothèque de la Sorbonne, pour constater la rareté des occurrences. En revanche, si l’on recherche avec les mots anglais, academic freedom, alors une avalanche de titres d’ouvrages et d’articles s’abat sur l’infortuné chercheur, submergé par le nombre de références.

 

Une expression malheureuse, « enseignant-chercheur », et un statut dégradé (I)

Olivier Beaud et François Vatin
N° 172/Hiver 2020

« Je fais deux métiers ». Tel est le propos récent d'un jeune maître de conférence d'Université. Il évoquait par-là ses tâches de recherche et ses tâches d'enseignement et il signifiait qu'elles étaient sans lien direct. Un tel rapport à la profession universitaire, sans doute seule solution pour beaucoup aujourd'hui, signe une grave crise. Qu'entendre en effet par l'expression d'enseignant-chercheur, qui, depuis la loi Savary de 1984, définit la profession universitaire ? [Lire gratuitement l’article]

 

La profession universitaire
Une expression malheureuse, « enseignant-chercheur », et un statut dégradé (II)

Olivier Beaud et François Vatin
N° 173/Printemps 2021

image Poursuivons l'analyse que nous avons entreprise dans la précédente livraison de Commentaire. En 2009, un décret statutaire, à propos des personnels universitaires a repris l'expression contenue dans la loi Savary en faisant réapparaître un trait d'union entre enseignant et chercheur. [Lire gratuitement l’article]

 

La Cité internationale universitaire
L'éclatant destin d'une utopie

Marcel Pochard
N° 169/Printemps 2020

image Créée par la IIIe République au sortir de la Première Guerre mondiale dans l'objet d'accueillir, sous l'égide de l'Université de Paris, des étudiants venus du monde entier et de contribuer ainsi au rapprochement entre les peuples, la Cité internationale universitaire de Paris aborde son centenaire en pleine vitalité. Elle doit sa réussite à sa vocation universaliste, à sa nature internationale, et à sa gouvernance fédérale. Son défi majeur : que son modèle fondé sur des échanges durables entre personnes et entre cultures prenne valeur de référence dans un monde de clics, de tweets et de mobilité exacerbée. [Lire l’article]

 

La profession universitaire
Vers de véritables universités en France ?

Bernard Bobe
N° 168/Hiver 2019

Deux faits porteurs d'avenir feront probablement évoluer le « baroque universitaire français » déjà analysé dans cette revue. La création de l'Institut polytechnique de Paris met en place les conditions pouvant permettre l'instauration, en France, d'une véritable université scientifique et technologique. En créer d'autres ensuite ? La procédure « Parcoursup » oriente et sélectionne les bacheliers vers des filières où ils auront des chances de réussir, ce qui peut permettre aux établissements publics d'enseignement supérieur à caractère professionnel (EPSCP) de devenir, s'ils le veulent, de véritables universités autonomes. [Lire l’article]

 

Éducation et ascenseur social

Jean Tirole
N° 168/Hiver 2019

image L'éducation conditionne la réussite professionnelle et sociale. L'égalité des chances joue donc un rôle primordial pour prémunir les enfants, quand ils deviennent élèves des écoles, des collèges et des lycées puis éventuellement étudiants, des conséquences tenant à la disparité des familles et des milieux dont ils sont issus. Dans les considérations qui suivent, Jean Tirole, Prix Nobel d'économie, revient sur cette notion et examine la situation française. Notre système d'éducation, nos organismes universitaire et scientifiques favorisent-ils l'ascenseur social ? Ou au contraire le contrarient-ils ? Dans ce cas comment les réformer ? [Lire l’article]

 

Les diplômes français se dévalorisent-ils ?

Damiano Argan et Robert Gary-Bobo
N° 167/Automne 2019

Cet article étudie l'évolution des salaires des jeunes diplômés français entre 1992 et 2013, enquêtes à l'appui. On constate une dévalorisation des diplômes, de l'ordre de 10 % en termes réels, pour les diplômes universitaires (licence classique et master) et pour les diplômes des écoles d'ingénieurs. Cette dévalorisation a conduit à un tassement de la hiérarchie salariale. Les périodes étudiées, 1992-1995 et 2010-2013, sont comparables sur le plan macroéconomique, et le taux de chômage, le taux d'accès et le temps d'accès à un CDI se sont dégradés pour tous les jeunes diplômés. L'examen des origines sociales des étudiants montre que la mobilité sociale a peu évolué. La massification de l'enseignement supérieur ne s'accompagne pas nécessairement de démocratisation. Nous proposons donc une interprétation économique de ces faits, en partie conjecturale, et nous nous demandons si, au vu de ces faits, la poursuite de la massification, sous sa forme actuelle, est souhaitable. [Lire l’article]

 

Comment financer les universités

Béatrice Majnoni d'Intignano
N° 165/Printemps 2019

Le monde universitaire n'échappe pas aux convulsions. Tabous, hypocrisie, mépris et paradoxes y règnent, exacerbés dès qu'il s'agit d'argent ! Or la question du financement est sur la table. Paradoxal le refus d'analyser les stratégies et les innovations étrangères pour augmenter les moyens financiers des universités, pour absorber l'accès massif des étudiants aux études supérieures, pour préserver la qualité des enseignements et pour résister à la concurrence mondiale en conservant ou en attirant les meilleurs étudiants… [Lire l’article]

 

« Orientation et réussite des étudiants »
Une nouvelle loi pour les universités (I)

Olivier Beaud et François Vatin
N° 163/Automne 2018

Parcoursup : la loi en pratique (II)

Olivier Beaud, François Vatin et Sylvia Marques
N° 164/Hiver 2018

image Dans la première partie de cet article, nous avons examiné la loi « Orientation et réussite des étudiants » du 8 mars 2018 d'un point de vue sociologique et juridique. Nous avons conclu qu'elle conduisait : d'une part, à affirmer la séparation de l'enseignement supérieur public français entre son secteur sélectif et son secteur non sélectif (les licences universitaires) ; d'autre part, à combler une lacune des textes antérieurs en résolvant le caractère contradictoire des dispositions qu'ils comprenaient. Ceux-ci affirmaient, tout à la fois, l'obligation faite aux universités d'inscrire dans un cycle de licence tout titulaire d'un baccalauréat et leur droit à fixer, pour ces mêmes licences, des capacités d'accueil. La combinaison de ces deux règles, alors que certaines licences se trouvaient « en tension » (attiraient plus de candidats qu'elles ne disposaient de places), avait conduit les pouvoirs publics comme les universités à diverses contorsions, dont la plus manifeste était l'usage du tirage au sort, utilisé lors de la campagne d'inscription 2017. C'est le scandale qui en a résulté qui fut à l'origine de la rédaction de la loi ORE. Cette loi vise à couvrir juridiquement une nouvelle plate-forme d'appariement des candidats et des formations : « Parcoursup », en remplacement de l'ancienne (APB), qui avait été au fil des années complétée par un ensemble de dispositifs « techniques » non conformes aux textes en vigueur et n'avait pu in fine éviter un recours arbitraire au tirage au sort. Dans ce second volet de l'article, nous allons nous pencher sur la mise en œuvre du dispositif Parcoursup lors de cette première campagne 2018. Nous montrerons que, contrairement aux craintes formulées, dès sa présentation et encore plus lors de la publication des premiers résultats, le 22 mai 2018, ce dispositif a, globalement, montré son efficacité technique. Nous nous pencherons ensuite sur les motifs de sa critique, voire de son rejet, par une partie du corps universitaire, en nous appuyant sur une enquête menée par Mme Sylvia Marques auprès de responsables de licences universitaires de diverses disciplines et universités, à Paris, dans la région parisienne et en province au cours du printemps 2018. Nous montrerons, pour conclure, que Parcoursup a fonctionné comme un révélateur de la crise que traverse l'institution universitaire française. [Lire l’article 1] [Lire l’article 2]

 

Université

Philippe Raynaud
N° 121/Printemps 2008

À en juger par la plupart des commentaires, la réforme des universités apparaît comme un des principaux succès du Président Sarkozy, aussi bien sur le fond que par l'habileté de la stratégie adoptée par le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Là où une partie de la droite aurait voulu s'enfermer dans un conflit stérile sur la sélection des étudiants et l'augmentation des droits d'inscription, le gouvernement aurait sagement choisi de s'en tenir à l'essentiel – « l'autonomie des universités » – pour obtenir ainsi la neutralisation, voire le soutien, de la Conférence des présidents d'université et du principal syndicat étudiant, l'UNEF. De là, dit-on, la réussite du gouvernement dans la réforme de l'Université, qui contraste avec l'échec de divers projets balayés par les mobilisations étudiantes, de la loi Devaquet (1986), au Contrat première embauche (2005) : le succès de la réforme serait dû, comme pour les régimes sociaux de retraite, à une habile gestion de la crise, qui, sans toucher à l'essentiel, aurait permis l'émergence d'une culture réformiste au prix de concessions mineures, comme le montrerait du reste la neutralité bienveillante du Parti socialiste. [Lire gratuitement l’article]

 

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