L'Église

La lettre du vendredi 22 mars 2019

La religion catholique occupe une place importante dans la revue. Les autres religions aussi. Dans cette lettre, il ne sera question que de l’Église catholique. Un grand théologien catholique (venu du protestantisme), Louis Bouyer, dès le premier numéro de Commentaire, ouvre la voie aux réflexions sur l’Église, ses relations avec la société, ses discours, les rapports qu’elle entretient avec l’État. Dans le dernier numéro paru, Serge Besançon, catholique et psychiatre, apporte un éclairage nouveau sur le scandale de la pédophilie dans l’Église catholique.

Plusieurs collaborateurs de la revue sont catholiques, protestants, juifs ou musulmans, d’autres sont détachés de toute foi religieuse, mais tous prennent la religion au sérieux. Sur cette question, Commentaire ne propose ni ligne de conduite  ni « prêt à penser ». Elle offre des réflexions pour en susciter d’autres. Voici quelques-uns des articles publiés au fil du temps sur ce sujet.

L’Église épouse et mère dans la crise des prêtres pervers

Serge Besançon
N° 165 Printemps 2019

Mon propos n’est pas d’accuser l’Église, tout le monde s’en charge, ni de l’innocenter à tout prix, d’autres s’en chargent aussi. Mon propos est clinique, il porte à se pencher sur l’Église et à l’aider à se soigner. Pourquoi l’Église est-elle si fuyante voire dissimulatrice sur ce fléau de pédophilie dont on croyait l’accuser abusivement il y a peu ? Pourquoi fait-elle l’effarouchée, jette-t-elle la pierre sur le voisin à tel point que les papes à leur tour sont éclaboussés ?
Deux manières permettent d’aborder le sujet. Soit en prenant un point de vue extérieur au monde catholique, ce sera celui des médias, de la justice et enfin du praticien. Mais il restera toujours quelque point inexploré ou mal compris, qui tient justement à la nature religieuse et particulière qu’a l’Église d’être ce qu’elle est. Soit, au contraire, on adoptera un point de vue intérieur au catholicisme qui permettra, du moins je l’espère, de mieux comprendre ses ressorts intimes. [Lire la suite]

 

Emmanuel Macron, la religion catholique et la démocratie

N° 162 Été 2018 

Le discours qu’a prononcé Emmanuel Macron aux Bernardins, le 10 avril 2018, en s’adressant aux Évêques de France et à travers eux aux catholiques français a produit un grand effet, et chez certains : un désarroi et même un désaveu. L’événement mérite d’être considéré. Depuis de nombreuses années, les paroles présidentielles n’étaient pas d’une élévation telle qu’elles pouvaient susciter de tels effets. Aussi avons-nous demandé à quelques-uns de nos amis, les uns catholiques, les autres non, quelles impressions ils retiraient de ce discours et quelles réflexions il leur inspirait.

Ce numéro contient les contributions suivantes (pour lire les articles cliquer sur les liens) :

Alain BESANÇON, Un ton élevé 

 Fabrice BOUTHILLON, Classicisme des Bernardins

 François DAGUET, Dieu et César redivivus  

 Pierre MANENT, Un discours amical et direct

 Olivier MONGIN, Le Président Macron, l’Église et la question intranquille du salut

 Jean-Thomas NORDMANN, Un subtil exercice de langage 

 Philippe RAYNAUD, L’incomplétude de la démocratie

 

Les voies de l'athéisme catholique

Alain Besançon
N° 160 Hiver 2017

Cette réflexion sur l'état actuel de l'Église de France devait-elle être publiée ? Écrite rapidement, elle peut paraître – à l'auteur lui-même – schématique, caricaturale, voire provocatrice. Je l'ai déjà montrée à quelques personnes, dont des ecclésiastiques. Parmi ceux-ci, deux l'ont trouvée assez juste, moyennant nuances, compléments et corrections. Deux l'ont approuvée sans réserve. Je pense donc que ce texte, si imparfait soit-il, pourrait constituer une base de discussion. Je réponds à des soucis assez largement répandus chez les catholiques. Mais pas seulement chez ceux-ci, car ces affaires concernent, en fin de compte, les équilibres généraux, religieux ou autres, de notre pays. [Lire gratuitement la suite]

 

Un cas de sagesse orientale : le Second Ralliement de l'Église à la République

Fabrice Bouthillon
N° 159 Automne 2017

Le « Second Ralliement », selon l'expression d'Adrien Dansette, désigne la réconciliation entre l'Église catholique et la République française qui s'opère entre 1914 et 1926. Sur cette évolution et sur ses implications considérables, Fabrice Bouthillon a écrit le texte qui suit. [Lire l'article]

 

L'encyclique et l'économiste (1)  
Perplexités (2)

François Meunier (1)
Rémy Prud'homme (2)
N° 152 Hiver 2015

L'encyclique Laudato si' est un texte, qui oblige, dans la quête écologique, à revoir la notion chrétienne de domination de l'homme sur la nature. Le texte pontifical  associe la lutte pour l'environnement et la lutte contre la pauvreté ; mais, dans cette double intention, il remet en question  l'apport croissant de l'économiste et des techniques de marché à l'écologie.
Pour cette raison et pour d’autres, l'encyclique du pape François fait grand bruit, car il n'y est pas question que de théologie et d’environnement, mais aussi d'économie, de politique et de société. Elle mérite donc une discussion approfondie. Nos lecteurs trouveront ici deux articles  : le premier a pour auteur François Meunier, il est moins sévère, plus approbatif que le second, celui de Rémy Prud'homme, qui lui est fondamentalement critique. En lisant ces articles, on confrontera les deux analyses, qui ne divergent pas sur tous les points. [Lire les articles - (1) - (2)

 

L'intelligence a-t-elle déserté l'Église latine ?

Alain Besançon
N° 150 Été 2015

Publiant aux Éditions de Fallois un livre intitulé Problèmes religieux contemporains, je suis heureux d'offrir aux lecteurs de Commentaire la primeur d'un des chapitres de cet ouvrage. Il s'agit de la capacité de l'Église à appréhender la réalité. Des institutions comme la censure et l'Index, la centralisation excessive, ont créé lentement un climat défavorable à la vie intellectuelle. Maintenant que l'Église s'est dépouillée elle-même de ses moyens de force, qui lui ont été aussi retirés un à un par l'histoire, il importe qu'elle renoue avec les labeurs de la pensée. Si elle n'a plus que sa langue, il faut qu'elle soit intelligente pour être persuasive. [Lire la suite]

 

Catholicisme

Fabrice Bouthillon
N° 121 Printemps 2008

J'avais d'abord pensé montrer comment, du gauchisme à l'islamisme, l'essentiel des idées du siècle procède toujours du démembrement que le catholicisme politique a connu lors de la Révolution ; mais j'ai fini par me convaincre que, plutôt que de céder encore une fois à la tentation de brasser des universaux, il valait peut-être mieux prendre la question sous son angle le plus opposé, je veux dire le plus local. [Lire la suite]

 

Le Vatican et l'islam

Alain Besançon
N° 120 Hiver 2007

La charte des relations entre l'Église catholique et l'islam a été théologiquement posée il y a quarante-deux ans au concile de Vatican II. La déclaration Nostra Aetate est-elle encore suffisante pour éclairer les développements ultérieurs ? Alain Besançon ne critique nullement l'islam, mais il se demande si, à l'époque, il a été compris tel qu'il est. [Lire la suite]

 

Situation de l'Église catholique. Au seuil d'un pontificat

Alain Besançon
N° 113 Printemps 2006

Le cardinal Ratzinger a écrit une autobiographie simple et limpide (Ma Vie, Fayard, 1998). Il est le fils d'un gendarme pieux, né dans la pieuse Bavière. La Bavière a été lointainement convertie par saint Boniface (Winfrith, de son nom anglo-saxon), de façon plus douce que ne l'a été la Saxe par les armées de Charlemagne. C'est peut-être pourquoi le christianisme et le catholicisme y ont été plus solidement implantés qu'ailleurs. Ce garçon brillant a été envoyé au Gymnasium, l'équivalent allemand de nos lycées les plus forts. Le Gymnasium qu'il a connu était, sous le nazisme, « comme avant ». Il y avait certes des professeurs nazis, d'autres antinazis, d'autres neutres, mais le contenu de l'enseignement restait le même, au contraire de ce qui s'était passé en Russie soviétique aussitôt après la révolution. On apprenait le grec, le latin, les langues modernes, la philosophie, et le petit Josef Ratzinger, bon élève, excellait dans les vers grecs et latins. L'Allemagne nazie, telle qu'il la présente, donne l'impression d'un pays non pas converti au nazisme, mais occupé par le parti nazi et par ses bandes. Un peu comme notre France sous l'Occupation, avec une plus dense quantité de collaborateurs. [Lire la suite]

 

Un grand parlementaire libéral. Alexandre Ribot et la séparation des Églises et de l'État

Jean-Marie Mayeur
N° 111 Automne 2005

On célèbre en 2005 le centième anniversaire de la loi de séparation des Églises et de l'État. Cette loi fut en définitive une loi pacificatrice bien qu'elle ait été précédée et qu'elle fût suivie par une quasi-guerre civile dans laquelle Émile Combes et d'autres jouèrent un rôle néfaste. Guerre civile qui se prolongea sporadiquement jusqu'à la période 1940-1944 et qui explique, en partie, la tentative de revanche du régime de Vichy contre la République. En 1905, un homme joua un rôle essentiel, ce fut Aristide Briand, aussi grand par son esprit pacificateur que l'avait été Waldeck-Rousseau. Mais, face à Briand incarnant le centre-gauche, il ne faut pas oublier le rôle d'un autre grand parlementaire, Alexandre Ribot, qui, comme on va le voir, jouera au centre-droit, dans l'opposition, un rôle décisif dans la voie de la conciliation. [Lire la suite]

 

À propos du Père Congar. L'Église et mai 1968

Alain Besançon
N° 97 Printemps 2002

L'effet le plus patent de 1968 est la chute de l'autorité, plus précisément de l'autorité qui s'exerce de personne à personne. Cette deuxième révolution, aussi importante que celle qui, en 1789, a instauré la démocratie politique, et qui en est la suite logique puisqu'elle peut être analysée comme un débordement de la démocratie hors de l'ordre politique, a commencé et a porté ses plus grands effets dans les deux pays qui avaient initié la première révolution, l'Amérique et la France, et dans le même ordre chronologique. Et de même que la Révolution française avait pris une autre allure et un autre style que l'américaine, de même le style de 1968 a été différent dans chacune de ces deux nations : plus violent, plus idéologique en France et laissant des déséquilibres difficiles à guérir ; plus moral aux États-Unis, qui a paisiblement adapté aux nouvelles normes son système légal. Le changement des moeurs a été immense. Même là où subsistent des corps hiérarchiques, il faut prendre des précautions. L’Église n'ose plus excommunier, le colonel donne ses ordres sur un ton moins tranchant, dans l'entreprise il n'y a plus de patrons ni d'employés, seulement des collaborateurs, que ne dirige plus le chef du personnel, mais dont prend soin le directeur, mieux, le gestionnaire des ressources humaines. Nous aussi, nous pouvons dire, comme Lamartine, que vous avons passé « le tropique orageux d'une autre humanité ». L’affaiblissement de l'autorité porte essentiellement sur toutes les relations qui pouvaient être considérées comme la métaphore ou l'analogie de la relation père-enfant. C'est pourquoi les psychanalystes y trouvaient une aussi riche matière à leurs interprétations. Or il est important de remarquer que cette métaphore (ou cette analogie) structure les textes sacrés de notre civilisation. C'est pourquoi il vaut la peine d'aborder le phénomène de 1968 non seulement sous l'angle politique, mais aussi sous l'angle religieux. [Lire la suite]

 

La théorie du « Prince-esclave ». L'Église française pendant l'Occupation

René Rémond
N° 93 Printemps 2001

Les Français étaient-ils tenus d'obéir au gouvernement de Vichy ? Poser cette question suppose d'en examiner une autre : ce gouvernement était-il légitime ? Telles sont les interrogations qui courent dans les textes écrits par le Père Gaston Fessard entre 1942 et 1946, et publiés, pour la première fois, dans un livre de la collection Commentaire chez Plon, préparé par le Révérend Père Michel Sales s.j. sous le titre : Journal de la conscience française, 1942-1946. Le lecteur y trouvera une reconstitution de l'esprit public sous Vichy, qui permet de comprendre la hantise des Français de ce temps : l'unité nationale résistera-t-elle à la guerre franco-française ? Bien entendu, le thème des conditions de la légitimité vient au centre du débat. Si Vichy est légitime, on doit lui être fidèle, sinon on doit lui désobéir. Mais, puisque Vichy n'est pas libre, n'est-il pas illégitime ? Dès le début de l'Occupation, Gaston Fessard forgera le concept de « Prince-esclave ». À Londres, Raymond Aron prit connaissance d'un tract qui circulait en France depuis 1942, et qui recommandait de désobéir à un Prince de plus en plus esclave. Il en reconnut immédiatement l'auteur, son ami le Père Fessard. Cette oeuvre du grand jésuite, à la fois historique, politique, philosophique et théologique, offre une critique acérée de l'attitude de la plupart des évêques au cours de cette période. « Par leur silence, écrit René Rémond dans l'essai qui sert de préface à l'ouvrage, au lieu d'éclairer les consciences, ils les ont laissées dans l'ignorance. » C'est cet essai que nous sommes heureux de proposer à nos lecteurs. [Lire la suite]

 

L'Église catholique et la politique. De l'usage théologique de toute doctrine sociale

Juan-Miguel Garrigues
N° 47 Automne 1989

Nous préférons utiliser le terme de doctrine sociale plutôt que celui de « science sociale ». Les « sciences sociales », comme les autres « sciences humaines » contemporaines, ne relèvent entièrement dans leur méthode ni de la science expérimentale, qu'elles suivent seulement dans certaines disciplines subsidiaires, ni de la science au sens aristotélicien, c'est-à-dire de la connaissance par les principes naturels, dont l'approche métaphysique du réel leur est complètement étrangère. N'étant vraiment fondées ni sur la connaissance expérimentale, trop parcellaire, ni sur la connaissance métaphysique des principes, elles sont des doctrines sur la société, au mieux « rhétoriques », quand elles reconnaissent le caractère prudentiel de leur argumentation, et au pire idéologiques, quand elles prétendent à la certitude scientifique de leurs conclusions. La théologie ne peut donc les intégrer qu'après avoir discerné en elles ces deux statuts épistémologiques qui indiquent leur vérité partielle ou leur fausseté globale. [Lire la suite]

 

La Révolution française et l'Église

Jean Marensin
N° 47 Automne 1989

Rien comme le retour aux sources ne permet d'éclairer un débat difficile. Ainsi en est-il de l'épineuse question des rapports de l'Église et de la Révolution française, que le bicentenaire de 1789 a ramenée sur le devant de la scène. On a réédité le bref Quod aliquantum du pape Pie VI le 10 mars 1791 : sa lecture est particulièrement instructive. [Lire la suite]

 

Vatican II et la genèse d'un schisme

Guy Bedouelle
N° 47 Automne 1989

Le schisme de Mgr Lefebvre, pour limité par  rapport à la catholicité, et pour déterminé par l'évolution de l'Église de France au XXe siècle qu'il soit, n'en pose pas moins d'intéressantes questions sur les tournants pris par le concile de Vatican II au sujet des rapports entre l'Église romaine et la société en général. Un peu plus de vingt-cinq ans après la séance inaugurale du 11 octobre 1962, rassemblant environ 2 300 Pères du Concile, c'est-à-dire cardinaux, archevêques, évêques et supérieurs d'ordres religieux, en la présence d'une quarantaine d'observateurs appartenant aux Églises qui ne sont pas en communion avec Rome, il n'est pas inutile de rappeler les étapes décisives de cette assemblée, réunie pour la première fois depuis le 18 juillet 1870 qui vit la dernière session solennelle du concile inachevé de Vatican I. [Lire la suite]

 

Le second silence de l'Église

Alain Besançon
N° 23 Automne 1983

Cet article est la préface au livre de J.M. Garrigues o. p., l'Église dans la société, à paraître dans la collection Commentaire, Julliard, à l'automne 1983. [Lire la suite]

 

Quel silence ? À propos d'un article d'Alain Besançon

Jean Laloy
N° 25 Printemps 1984

Jean Laloy répond ici à l'article d'Alain Besançon, ci-dessus : Le second silence de l'Église. [Lire la suite]

 

Le second silence de l'Église. Réponse à Jean Laloy

Alain Besançon
N° 25 Printemps 1984

Et Alain Besançon répond à cette réponse :
Les questions posées dans mon article sont parmi les plus graves et les plus délicates. Je ne suis nullement sûr de les avoir résolues correctement et encore moins complètement. C'est pourquoi je remercie Jean Laloy de les avoir reposées dans un éclairage différent. Je le remercie aussi d'avoir évité tout esprit de polémique ainsi qu'il convient quand on entreprend sérieusement la recherche de la vérité. [Lire la suite]

 

Le langage de l'Église et la défense de la société civile

Juan-Miguel Garrigues
N° 13 Printemps 1981
 N° 14 Été 1981 (suite et fin)

L'accession au Pontificat de Jean-Paul II a dirigé vers l'Église catholique un intérêt et des attentes chez les incroyants comme chez les croyants auxquels elle n'était plus habituée et auxquels, peut-être, elle n'était pas préparée. Ce que le Pape dit au monde a pris une importance renouvelée. De plus, parce que Jean-Paul II est polonais et que le communisme soviétique est aujourd'hui la menace majeure qui pèse sur le monde, ce que le Pape dit explicitement ou implicitement du communisme et de ce qui s'oppose au communisme joue un rôle considérable dans la stratégie spirituelle des peuples libres. Juan Miguel Garrigues analyse selon cette perspective certains aspects du langage actuel du Magistère romain. [Lire (l'article) - (suite et fin)

 

L'Évêque dans l'Église

Louis Bouyer
N° 9 Printemps 1980

Il n'est pas douteux que le ministère de l'évêque dans les Églises traditionnelles, soit l'Église catholique soit l'Église orthodoxe, paraît un élément essentiel de leur vie, et qu'il a été considéré comme tel depuis au moins le début du Second Siècle. La même chose demeure plus ou moins vraie dans l'Église anglicane et dans certaines des Églises luthériennes comme l'Église de Suède. C'est donc, d'abord, une condition sine qua nonde la vie perpétuée de ces Églises que de posséder une notion exacte de ce que ce ministère signifie, et une pratique susceptible d'y correspondre effectivement. [Lire la suite]

 

Jean-Paul II et le monde de demain

Jean Laloy
N° 6 Été 1979

La lettre encyclique de Jean-Paul II a été bien accueillie. Beaucoup font simplement confiance à un homme qui, dès les premiers mots prononcés, place Saint-Pierre au soir de son élection, a bouleversé la foule. On approuve ses paroles, en tout cas ses intentions. Mais qu'a-t-il dit au juste ? [Lire la suite]

 

Les « religieux » : ont-ils encore quelque avenir ?

Louis Bouyer
N° 5 Printemps 1979

Aux temps préconciliaires, c'était un thème courant de l'apologétique catholique, que l'incroyable multiplicité et variété des « religieux » : entendons par là, en sus de ce qu'on appelle « les grands ordres » : jésuites, dominicains, franciscains, cisterciens, bénédictins, etc., et des religieuses qui leur sont apparentées, toute la turba magnades « congrégations », masculines ou féminines, auxquelles étaient venus encore s'adjoindre récemment les « instituts séculiers »... Tout cela représentait, paraît-il, au service de l'Église catholique, d'innombrables cohortes prêtes aux activités les plus variées, développant des spiritualités aussi bigarrées que leurs « habits » et qui donnaient aux bons vieux anticléricaux des sueurs froides, persuadés qu'ils étaient que le machiavélisme ecclésial trouvait là d'inépuisables possibilités de se faire tout à tous, de se fourrer partout et de tirer parti de tout. [Lire la suite]

 

L'Église catholique en crise

Louis Bouyer
N° 1 Printemps 1978

Ce qu’on en est venu à appeler « l'affaire Lefebvre » mérite une étude attentive. A première vue, on pourrait croire qu'elle révèle seulement la mentalité quelque peu étrange, une mentalité de ghetto, de catholiques incapables de sortir de leur isolement, de leur vie en vase clos dans un rêve protégé. En réalité, lorsqu'on l'examine sérieusement, elle nous découvre un profond malaise du catholicisme français, et, par contrecoup, de toute la société française. Et ce serait une erreur de croire que ce malaise est récent : il vient de loin et l'on n'en guérira jamais les symptômes tant qu'on se refusera à remonter à ses sources. Encore n'est-ce pas assez dire. Il y a là quelque chose qui n'aurait pu se développer, se ramifier et finalement bourgeonner de façon si monstrueuse et grotesque si ce que le catholicisme moderne a de plus caractéristique: un développement phénoménal mais pas entièrement sain, de la papauté ne s'était pas produit. Et ici, derechef, c'est toute l'évolution de la société française, et, plus généralement, de cette société occidentale qui s'est longtemps confondue avec ce qu'on nommait « la chrétienté » qui est en cause. S'il en est ainsi, nous ne perdrons pas notre temps à pousser notre analyse du phénomène « lefebvriste » plus loin qu'on ne le fait d'ordinaire. [Lire la suite]

 

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