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Kostas Papaïoannou (1925-1981)

La lettre du 12 novembre 2021

Voilà quarante ans cette semaine que Kostas Papaïoannou nous a quittés, le 17 novembre 1981. Avec cette « lettre du vendredi », Commentaire a souhaité rendre hommage à celui qui, en 1978, fut l’un de ses fondateurs. Grec de naissance, cet européen humaniste, parfaitement francophone, le resta de cœur : l’histoire de la Grèce antique, ainsi que l’art byzantin, occupèrent toujours dans sa vie une place capitale. Il n’était pas, cependant, de ces esthètes réfugiés dans leur tour d’ivoire. Grand spécialiste de Hegel et, partant, du marxisme, il s’investit aux côtés de Raymond Aron, d’Annie Kriegel ou encore d’Alain Besançon dans la lutte contre le communisme soviétique et ses admirateurs. Aussi parce qu’elle dénonce et démonte les principes et mécanismes des religions séculières, parce qu’elle promeut la liberté en tout, son œuvre, articles et livres, est toujours d’actualité. À lire ou à relire, les articles qui suivent en sont la preuve.

Le rire de Kostas Papaïoannou

François BORDES
n° 106 – été 2004

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Un soir de l'hiver 1977 se réunirent, rue de Bourgogne, autour de Raymond Aron, quelques amis : Annie Kriegel, François Bourricaud, Kostas Papaïoannou, Pierre Manent, Alain Besançon, Marc Fumaroli et moi-même. Nous avons décidé ce soir-là de créer la revue. Ensuite il a fallu trouver un titre. Commentaire a alors surgi. Kostas a insisté sur le singulier qu'il fallait absolument conserver et sur l'épigraphe tirée de Thucydide qu'il fallait ajouter. Voilà qu'un jeune homme qui ne l'a pas connu le fait resurgir parmi nous. Il croyait que le royaume des morts et celui des vivants communiquent. Puissent les jeunes lecteurs de Commentaire l'entendre et l'admirer à travers ces quelques pages, dont ceux qui l'ont connu comme nous peuvent témoigner qu'elles sont justes et véridiques. J.-C. C. [Lire l’article]

 

Capitalisme et impérialisme 
I : Marx et Malthus

Kostas PAPAÏOANNOU
n° 23 – automne 1983

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Notre ami Kostas Papaïoannou est mort en novembre 1981. Deux recueils de ses articles viennent de paraître et nous voudrions en signaler l'importance à nos lecteurs. Il s'agit de De Marx et du marxisme (préfacé par Raymond Aron) qui reprend les articles du Contrat social, et de La Consécration de l'histoire (avant-propos d'Alain Pons) qui contient les articles de Diogène. C'est vers Kostas que nous nous serions tournés pour célébrer le centenaire de la mort de Marx. Aussi publions-nous, dans ce numéro, d'autres extraits du manuscrit inachevé qu'il nous avait confié et dont nous avions publié une première partie dans notre numéro 17, au printemps 1982. Dans le livre V du Capital, Marx voulait étudier le marché mondial ; le livre IV, lui, devait être consacré à l'État. Le passage d'un livre à l'autre devait faire apparaître la tension entre l'État, prétendument souverain, et le marché mondial qu'impliquait le capitalisme. Aussi la deuxième section du livre IV devait-elle étudier l'État dans ses rapports avec l'extérieur sous l'angle de l'émigration et de la colonisation. C'est ce point charnière, dans le projet de système et dans la conception de l'histoire de Marx, que Kostas étudie dans le texte que nous publions ici. [Lire l’article]

 

Capitalisme et impérialisme
II : Marx et les colonies

Kostas PAPAÏOANNOU
n° 24 – hiver 1983

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Les colonies dont parle Marx n'ont rien à voir avec ce qu'on entend habituellement par ce terme dans la littérature « anti-impérialiste » et « anti-colonialiste » contemporaine. D'après Marx, seules les colonies de peuplement « où un sol vierge est colonisé par des émigrants libres », ou les plantations où l'esclavage a été aboli méritent d'être considérées comme des « véritables colonies », des « colonies réelles ». Or les États-Unis, l'Australie, le Canada, etc., ainsi que les anciennes plantations où « l'abolition de l'esclavage a depuis longtemps radicalement bouleversé l'ordre imposé par les conquérants », doivent être considérés comme de « véritables gangrènes anti-capitalistes » qui opposent « la plus vive résistance à l'établissement du capital » et rendent même « impossibles l'accumulation et la production capitalistes ». K. P. [Lire l’article]

 

Capitalisme et impérialisme
III : Marx et l’échange inégal

Kostas PAPAÏOANNOU
n° 25 – printemps 1984

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Relisons dans Le Capital le chapitre consacré au Machinisme et à la grande industrie. Marx y dresse un tableau triomphant de l'irrésistible ascension de l'entreprise mécanisée. Au début, dit-il, l'exploitation mécanique affronte l'artisanat traditionnel ou la manufacture. « Cette première période pendant laquelle la machine doit conquérir son champ d'action est d'une importance décisive, à cause des profits extraordinaires qu'elle aide à produire. » Mais dès que la fabrique a acquis un certain degré de « maturité », dès que sa base technique, c'est-à-dire la machine, est reproduite au moyen de machines, en un mot, dès que les conditions générales de la production sont adaptées aux exigences de la grande industrie, dès lors, ce type d'entreprise acquiert une élasticité et une faculté de s'étendre soudainement et par bonds qui ne rencontrent d'autres limites que celles de la matière première et du débouché. Or le capital tend constamment à faire reculer ces limites. K. P. [Lire l’article]

 

Marx et l’aube de l’histoire universelle

Kostas PAPAÏOANNOU
n° 17 – printemps 1982

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Ce texte, sous le titre « L’aube de l'histoire universelle », constitue l'introduction d'un manuscrit de 114 pages que Kostas Papaïoannou nous avait confié, en 1980, pour en discuter et en tirer des articles pour Commentaire. Kostas préparait un grand livre sur Marx et la civilisation moderne, à la fois universelle et divisée. À la fin du texte que nous publions, il nous indique le plan de son projet : première partie, Les fondements économiques de l'ère planétaire ; deuxième partie, Empires et Nations ; troisième partie, Marx et Engels stratèges et pédagogues du prolétariat international. Le manuscrit correspond aux premiers chapitres de la première partie. À partir des différents articles de Kostas, dont on trouvera la bibliographie dans ce numéro de Commentaire, et des manuscrits qu'il a laissés, souhaitons que soit édité le grand volume sur Marx auquel il n'a pas cessé de songer et de travailler. [Lire gratuitement l’article]

 

Marx, la Pologne et la Russie

Kostas PAPAÏOANNOU
n° 17 – printemps 1982

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Ce qui effrayait le plus les Occidentaux, vers le milieu du siècle dernier, c'était l'extraordinaire efficacité de la diplomatie russe. « Il semble que la Russie possède le don de fasciner ses ennemis et de les faire coopérer à son élévation et à sa grandeur », écrivait en 1851 l'auteur anonyme de La Russie considérée au point de vue européen. De son côté, Michelet se déclarait horrifié par « cette force dissolvante, ce froid poison que la Russie fait circuler peu à peu, qui détend le nerf de la vie, démoralise ses futures victimes et les livre sans défense ». Comme la plupart de ses contemporains, Michelet pensait surtout au sort de la Pologne. Personne n’avait oublié l’effroyable répression des insurrections de 1830-31 et de 1863. Marx, qui allait jusqu’à dire que « le mot honneur n’existe pas dans la langue russe », était du même avis. [Lire l’article]

 

Pour Kostas

Raymond ARON, Alain BESANÇON et Claude ROY
n° 16 – hiver 1981

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Kostas avait le génie de l'amitié. Dans les conversations, quels que fussent ses interlocuteurs, il prodiguait à foison son savoir, ses souvenirs, son affection. Il écoutait aussi bien qu'il parlait, aussi éloigné de ceux qui accaparent la parole que de ceux qui se détachent, par un silence dédaigneux, d'un entretien où ils ne trouvent pas leur part. Que nous fussions à deux, à quatre, à dix, Kostas prenait plaisir à commenter les nouvelles du jour, les Grundrisse de Marx, la peinture de Byzance, les tragiques grecs. Il ne ressemblait pas à ceux que l'on appelle les causeurs éblouissants, un André Malraux ou un Isaiah Berlin ; il parlait pour communiquer non pour éblouir, il instruisait pour s'instruire lui-même par le dialogue. R. A. [Lire l’article]

 

La religion grecque

Kostas PAPAÏOANNOU
n° 16 – hiver 1981

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Le monde d'outre-mer dont vient Dionysos n'est pas la Thrace ou la Phrygie mythique, mais l'anti-monde où se dissolvent toutes les formes clairement délimitées de l'univers apollinien et de l'ordre de la cité. À la civilisation et à ses règles : « Rien de trop », « Connais-toi toi-même », « La mesure est la meilleure des choses », Dionysos oppose la sainteté de la transgression, la nature reprenant possession de la société, les hommes fusionnant avec le divin. À la distance infinie qui sépare les hommes et les dieux, Dionysos oppose l'enthousiasme ou présence du dieu en l'homme, et l'extase ou sortie hors de soi, matérialisée par le masque, l'ivresse et le déchaînement sexuel. S'il vient d'ailleurs, c'est pour rappeler la précarité de l'ordre fragile que la civilisation a arraché à la nature, émancipé de la nature et érigé en contre-nature. K. P. [Lire l’article]

  

Pourquoi Staline réussit-il à vaincre Trotski ?

Kostas PAPAÏOANNOU
n° 8 – hiver 1979

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L'interdiction des fractions au lendemain de la révolte de Cronstadt (1921) ouvrait la voie au triomphe de l'appareil, qui devait prendre bientôt sous son contrôle la dernière force politique qui subsistait dans le pays, le parti, et devenir le seul détenteur du pouvoir réel. Staline, que son passé de comitard prédestinait à ces fonctions administratives alors peu glorieuses, fut nommé Secrétaire général du parti en 1922. Cet événement capital, qui marqua pourtant le passage de l'ère des tribuns et des chefs charismatiques à celui des organisateurs et des « hommes de l'appareil », passa inaperçu. Mais, où la contrainte se substitue à la persuasion et l'organisation à la libre discussion, la politique, au sens strict du terme, devient une simple question de décor. L'avenir appartenait désormais aux organisateurs et aux bureaucrates, non aux orateurs et aux intellectuels. K. P. [Lire l’article]

  

L’art contre le néant.
Introduction à l’art de la résistance
en Union soviétique

Kostas PAPAÏOANNOU
n° 2 – été 1978

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Le 15 septembre 1974, un terrain vague de la banlieue sud de Moscou fut le théâtre de scènes de violence sans précédent et sans équivalent dans les annales des tyrannies. Une vingtaine de peintres représentant diverses tendances de l'art contemporain avaient choisi ce terrain pour exposer leurs œuvres. Après avoir vainement attendu l'autorisation (ou l'interdiction) d'organiser ce modeste « salon » en plein air, ces artistes se rendirent sur le lieu choisi avec leurs œuvres. Des camions-bennes, quatre bulldozers, des arroseuses municipales et un rouleau compresseur passèrent aussitôt à l'action, fonçant sur les groupes pour les disperser, aspergeant le public avec des jets d'eau glacée, ensevelissant les toiles sous des mètres cubes de boue, tandis que les peintres et leurs amis étaient roués de coups. Le tout fut couronné par le feu de joie. K. P. [Lire l’article]

 

Bibliographie des principaux articles de Kostas Papaïoannou

n° 17 – printemps 1982

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Cette recension des principaux articles de Kostas Papaïoannou parus dans diverses revues permettra à nos lecteurs de (re)découvrir plus avant ce membre fondateur de Commentaire. [Lire gratuitement l’article]

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