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George de Menil

La lettre du vendredi 3 septembre 2021

Si un fil conducteur traverse mes contributions à Commentaire, c’est une certaine volonté de réconcilier ordre et liberté en économie et en politique. 

En économie, la liberté c’est le marché. Il est chaotique, quelquefois brutal, mais il donne à l’intelligence humaine une liberté d’agir, de résoudre des problèmes, d’innover qui est incomparable avec ce qu’offrent les alternatives. La chute du mur de Berlin nous en a donné des démonstrations dramatiques en Europe de l’Est et ailleurs dans le monde. Les trajectoires ont trop souvent été décevantes, mais la faillite de l’organisation communiste est restée flagrante. 

En Occident, l’enthousiasme suscité par la liberté des marchés a débouché sur la catastrophe de la Grande Récession de 2008, séisme dont les après-chocs politiques persistent. L’ingénierie financière, joyau de la science économique, avait encouragé l’illusion que l’homme pouvait dominer le risque, et avait ainsi contribué à un engouement pour la libéralisation des marchés. Au lieu de suivre avec une réglementation prudentielle appropriée, les autorités laissèrent s’effilocher les sauvegardes existantes. Le tremblement économique qui suivit brisa le consensus social, et contribua à envenimer les divisions politiques à l’intérieur de l’Occident. 

Les bénéfices d’une libéralisation économique prudente ne sont pas une illusion. Un domaine actuellement prescrit, qui reviendra un jour, est celui de la place de la capitalisation dans nos systèmes de retraite. Si volatile qu’il soit, le rendement à terme du capital dépasse de façon dramatique le rendement de tous les systèmes par répartition. Avec des garde-fous et une réglementation prudentielle, l’épargne populaire peut devenir une des réponses d’une société capitaliste démocratique à la croissance des inégalités. 

En pleine crise de Covid, concilier ordre et liberté politique est la première des priorités. Au-delà des exigences sanitaires, cela demande une gestion prudente des processus démocratiques (élections, primaires…) qui tienne compte des risques démagogiques qui nous entourent.

George de Menil

 

Membre du conseil de rédaction de Commentaire, George de Menil est un économiste formé à Harvard et au MIT, spécialisé dans la construction de modèles macroéconomiques, il a conseillé  les gouvernements ukrainien et roumain. Directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales, entre 2007 et 2011, il a été membre du conseil d'administration de l'École d'économie de Paris. Il est membre correspondant de l'Académie des sciences morales et politiques. Il a notamment publié en français : Common Sense. Pour débloquer la société française (Odile Jacob, 2007).

La menace populiste

N° 161/Printemps 2018

image La montée du populisme menace les démocraties libérales. La victoire du leave dans le référendum sur le Brexit et l'élection de Donald Trump aux États-Unis en sont des manifestations troublantes. En 2017, la France a évité le pire, mais il ne faut pas oublier que 40 % des votants au premier tour de l'élection présidentielle ont porté leurs voix à des partis extrémistes. [Lire l'article]

 

Du courage, encore du courage

N° 157/Printemps 2017

La France est malade d'immobilisme. Une pléthore de règlements étouffe l'entreprise. L'obsession des droits acquis paralyse l'action. Un quart de la population est enfermé dans un cercle vicieux de chômage et de petits emplois sans avenir. Garant de tout, employeur de dernier recours, l'État dépense toujours plus, et assomme ses ressortissants d'impôts qui frôlent l'expropriation. Diverses voies sont proposées pour sortir de ces blocages. Au-delà des nostalgies de la « gauche dure », les propositions des candidats progressistes et des candidats libéraux divergent sur des points importants. [Lire l'article]

 

L'enseignement des sciences économiques et sociales au lycée

N° 157/Printemps 2017

image En avril 2008, l'Académie des sciences morales et politiques organisa un jury international pour évaluer les programmes et les manuels de sciences économiques et sociales dans les lycées français. Les résultats furent publiés dans Commentaire (automne 2008, n˚ 123). La critique fut sévère. Pierre-André Chiappori la résuma en quelques mots : « On aimerait pouvoir dire que l'élève ne retirera de cet enseignement que peu de bénéfices. Mais même cette conclusion paraît trop optimiste ; il est difficile d'écarter l'hypothèse que cet enseignement, inadapté dans ses principes et biaisé dans la présentation, soit en fait néfaste. » Qu’en est-il aujourd’hui ? [Lire l'article]

 

La science économique et le contrôle du risque macroéconomique :
une illusion dangereuse

N° 146/Été 2014

À la suite de l'article d'André Babeau (« L'avenir de la science économique », Commentaire, n˚ 145, printemps 2014), nous avons interrogé plusieurs économistes, qui ont bien voulu nous faire part de leurs opinions sur l'état actuel de la science économique, après la crise et face aux vives controverses qui, en matière de politique économique, divisent les économistes et souvent les séparent de l'opinion. Nous publions dans ce numéro les réponses de François Bourguignon, de George de Ménil et de Philippe Trainar. [Lire l'article]

 

Pour en finir avec les privilèges !

N° 135/Automne 2011

L'état de la France est inquiétant. Les incertitudes d'une conjoncture européenne et mondiale pèsent sur une économie nationale bloquée dans une culture anticapitaliste qui remonte à la Seconde Guerre mondiale. On vante le « modèle social français », qui aurait servi à amortir la crise, mais on oublie trop facilement que ses rigidités freinent la croissance. [Lire l'article]

 

À propos de l'avenir de l’euro

N° 133/Printemps 2011

image Nous avons procédé à une enquête en interrogeant des observateurs : « Pourriez-vous procéder à une expérience mentale ? Supposons que les élections législatives de 2012 soient remportées par le Parti socialiste. Compte tenu de ce que sera, en 2012, la situation de la France et de l'Europe, et compte tenu de l'orientation probable de cet éventuel gouvernement : quelles sont, à vos yeux, les principales lignes du programme qu'il devrait ou pourrait mettre en œuvre pour la législature 2012-2017, ou les principales décisions qu'il devrait ou pourrait prendre ? »

Nous avons choisi cette hypothèse sans nous poser la question de savoir s'il fallait la souhaiter. C'est une probabilité : espérée par certains, redoutée par d'autres, indifférente à plusieurs. La réflexion politique consiste à prévoir les conséquences possibles d'un événement probable et à tirer les leçons de ces éventualités. Réflexion utile car elle modère les passions des acteurs, les craintes ou les illusions des spectateurs. Nos lecteurs trouveront dans ces pages une analyse de la situation présente et future de la France. De là, ils réfléchiront aux politiques, celles que l'on souhaite et celles que l'on redoute. Nos lecteurs pourront ainsi suggérer aux électeurs et aux élus que la politique n'est jamais rien d'autre que l'art du possible. [Lire l'article]

 

Anatomie de la crise financière

N° 126/Été 2009

Avec cet article et ceux qui suivent, nous revenons sur la crise. On dit que les économistes ne l'ont pas prévue. C'est certain. En économie (comme en politique), les événements liés à des séries causales multiples et complexes sont difficiles à prévoir. Mais il semble que les économistes mieux que dans les années 1930 disposent des outils conceptuels permettant de comprendre les causes de ces événements, après qu'ils sont survenus. Georges de Ménil tente donc une anatomie clinique de la crise. [Lire gratuitement l'article]

 

La crise
Après le 15 septembre

N° 124/Hiver 2008

image La crise économique et financière de 2008 est la plus grave que le monde ait connu depuis les années trente. Déclenchée en 2007 par l'effondrement de la spéculation immobilière, notamment aux États-Unis, elle s'est rapidement étendue aux marchés financiers mondiaux, le tissu complexe des crédits titrisés jouant le rôle d'une courroie de transmission. Le 15 septembre, avec la faillite de Lehman Brothers, la boule de neige a pris les allures d'une avalanche et la crise est entrée dans une nouvelle phase. [Lire l'article]

 

Banlieues

N° 117/Printemps 2007

Georges de Ménil publie un livre consacré à la situation économique et sociale de la France dans lequel il propose les solutions nécessaires à son redressement. Ce livre, Common Sense. Pour débloquer la société française (234 pages), paraît chez Odile Jacob. Nous remercions l'auteur et l'éditeur qui ont bien voulu nous autoriser à publier en bonnes feuilles le premier chapitre de l'ouvrage. Il concerne les banlieues et procède à une comparaison entre l'Amérique et la France à propos de l'intégration des minorités ethniques. [Lire gratuitement l'article]

 

Constitution européenne et droits sociaux : un texte imprudent

N° 106/Été 2004

image La Constitution européenne est de nouveau à l'ordre du jour : trois mois après avoir été dans l'impossibilité de s'entendre, les dirigeants de l'Union européenne ont récemment décidé que le texte devrait être approuvé au plus tard en juin. Économistes, chefs d'entreprise et hommes politiques feraient bien de se plonger dans ce gros document et de le lire avec soin. [Lire l'article]

 

L'épargne populaire et la réforme des retraites

N° 100/Hiver 2002

EN France, les régimes de répartition assurent plus de 70 % de la masse globale des retraites. Ce système de solidarité, institué dans l'entre-deux-guerres, a vu son ancrage renforcé par la forte croissance des Trente Glorieuses. L’épargne de retraite, un appoint pour ceux qui ont les moyens de la constituer, est aujourd'hui facultative et secondaire. [Lire l'article]

 

Les méfaits de la surétatisation

N° 81/Printemps 1998

La France souffre de manque de liberté. Le citoyen est confronté à un État bureaucratique et centralisé dont la présence écrase beaucoup d'initiatives. En temps normaux l'État gère la vie collective. Avec une périodicité ancrée dans son histoire, cette gestion pesante est interrompue de temps à autre par un mouvement d'humeur qui déborde les charnières habituelles. [Lire l'article]

 

Du débat à l'action

N° 72/Hiver 1995

image Le débat économique en France tourne en rond depuis 1993,, année de double rupture  récession, d'une part, et crise du SME, d'autre part. Une illusion  celle du passage en douceur à la monnaie unique cède la place aux inquiétudes. N'y a-t-il pas pour la France incompatibilité entre l'objectif du retour au plein emploi et celui du passage à l'UM ? Peut-on simultanément réduire le chômage et réduire le déficit de l'État? Face à un taux de chômage qui approche 13 %, ne faut-il pas donner la priorité à l'emploi ? [Lire l'article]

 

Les avantages de l'union monétaire

N° 69/Printemps 1995

Le débat sur le franc et l'unification monétaire de l'Europe se poursuit. Il a été introduit par deux articles de Nicolas Baverez dans nos numéros 66 et 67 (« Sur deux erreurs de politique économique. I- La politique du bloc-or, II- Le franc fort »); Christian de Boissieu, Bruno Durieux et Bernard Cherlonneix y ont contribué. George de Ménil, qui appartient à notre comité, intervient à son tour dans une discussion qui se poursuivra au cours de l'année 1995. [Lire l'article]

 

Propositions pour parvenir à une monnaie unique

N° 65/Printemps 1994

Les crises de change successives de septembre 1992 à juillet 1993 ont ébranlé la crédibilité de la marche vers l'Union monétaire et laissé dans leurs sillons un SME avec des faiblesses structurelles qu'il faudra corriger pour assurer la bonne conduite de la deuxième phase et pour que l'Union européenne parvienne le plus rapidement possible à une monnaie unique. [Lire l'article]

 

Comment combattre l'hyperinflation en Russie

N° 57/Printemps 1992

image La situation économique des Républiques de l'ancienne Union soviétique est grave. La production aurait chutée en 1991 de 20 %. Sous le régime de commandement les mécanismes de transmission des biens d'une branche à l'autre étaient déjà lourds et inefficaces. La libéralisation des prix et la transition vers un système de marchés ont initialement aggravé les problèmes : la planification centralisée ne fonctionne plus, mais les marchés n'ont pas encore pris la relève. Les entreprises ont beaucoup de mal à fonctionner, et la production continue de baisser. [Lire l'article]

 

Conseils au gouvernement

N° 33/Printemps 1986

La majorité issue du scrutin de mars serait-elle en mesure de mettre en œuvre un programme économique à la hauteur du dynamisme potentiel de l'économie française et de ses difficultés présentes ? La profondeur du rejet par le pays du socialisme archaïque de 1981 devrait permettre au gouvernement de sortir du cadre des idées reçues et de présenter des propositions nouvelles et courageuses. Le gouvernement et la majorité doivent d'abord formuler leur stratégie de redressement sur la base d'une analyse lucide de la situation. L'efficacité des remèdes dépendra de la clarté du diagnostic. [Lire l'article]

 

Si le sommet de Versailles n'avait pas eu lieu

N° 20/Hiver 1982

image Dans l'état de tension actuelle des relations commerciales internationales certains se posent des questions sur l'utilité d'un dialogue direct entre chefs d'État et de Gouvernement comme celui du Sommet de Versailles. C'est bien de Versailles que date l'escalade des hostilités verbales et judiciaires concernant le gazoduc sibérien qui ont taie envenimé les relations euro-américaines l'été dernier. On peut se demander : si la Conférence de Versailles n'avait pas eu lieu, est-ce que les rapports entre les alliés auraient été moins perturbés ? Serait-il maintenant souhaitable que les Sept mettent une fin à la pratique de ces rencontres annuelles ? [Lire gratuitement l'article]

 

La politique économique de la France et le Système monétaire européen

N° 6/Été 1979

En entrant dans le Système monétaire européen, en mars 1978, les pays membres ont pris l'engagement implicite de rechercher une convergence de leurs politiques et de leurs performances économiques. Ce fut un pas important dans l'organisation de l'Europe. À ce tournant, où en est la France ? Comment évolue son économie ? Quel jugement peut-on porter sur la politique économique du gouvernement ? Est-elle compatible avec l'entrée du pays dans le SME ? [Lire l'article]

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Commentaire est une revue fondée par Raymond Aron et dirigée par Jean-Claude Casanova, Philippe Raynaud et Philippe Trainar
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