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Définir la gauche, la droite et le centre

La lettre du vendredi 28 janvier 2022

À une semaine de la primaire populaire, Anne Hidalgo organisait le 22 janvier à Aubervilliers un meeting dont les commentateurs se sont empressés de souligner le public clairsemé. Ce constat rejoint celui des sondages qui tous pronostiquent les scores très faibles des candidatures de gauche, tandis que ceux de la droite et du centre sont au contraire très élevés. Il y a là de quoi confirmer les études, florissantes depuis le second tour de l’élection présidentielle de 2017, consacrées à la caducité du modèle bipartite de la vie politique française.
Nos lecteurs trouveront dans la lettre de cette semaine quelques articles de Commentaire consacrés à la définition des valeurs fondant les distinctions de la droite, de la gauche et du centre, ainsi qu'à l’évolution de l’échiquier politique français depuis ces trente dernières années.

Droite et gauche depuis 1958

Vincent FERÉ
n° 159 – automne 2017

 

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Le gaullisme de rassemblement du général de Gaulle en 1958 a paradoxalement créé un régime basé sur une bipolarité devenue un élément structurant de la vie politique française. On a pu du reste retourner l'argument et considérer que la Ve République ne pouvait fonctionner qu'au prix de cette bipolarisation gauche/droite. Or la victoire récente du candidat centriste Emmanuel Macron et la défaite cinglante des partis de gouvernement montrent que ce n'est plus le cas. L'histoire de la droite et de la gauche depuis 1958 et de leur position respective par rapport aux questions sociale et nationale permet alors de mettre en perspective ce bouleversement de la vie politique française et d'en mesurer la portée. 2017 représente-t-il une rupture équivalente à celle de 1958 ? V. F. [Lire gratuitement l’article]

 

Du « centre » au projet démocrate

François BAYROU
n° 119 – automne 2007

 

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Quelle est la question ? Il n'y en a pas de plus simple : sommes-nous voués, comme citoyens, à n'avoir le choix qu'entre deux options politiques, l'option néoconservatrice ou l'option archéo-socialiste, alors même que nous croyons qu'elles sont toutes deux erronées et promises à l'échec parce que ne répondant ni à l'attente des citoyens ni à celle des temps ? Ou avons-nous le droit (et même selon moi le devoir) de récuser ce manichéisme et de considérer comme vital de proposer une option originale, que j'appellerai ici « démocrate » et qui offrira des perspectives nouvelles à un pays et à un monde menacés d'épuisement intellectuel et moral ? F. B. [Lire l’article]

 

La fin de la gauche ?

Jean-Marc DANIEL
n° 161 – printemps 2018

 

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Ce n'est pas la première fois dans l'histoire que la gauche installée ne trouve ni les mots ni le programme lui permettant d'être crédible. En 1852, rédigeant l'article « socialisme » pour le Dictionnaire d'économie politique de Charles Coquelin, l'économiste Louis Reybaud écrivait que parler de socialisme revenait désormais à prononcer une « oraison funèbre »… Vu ce qu'il advint par la suite, on se doit d'être prudent. Néanmoins, en 2018, nous pouvons faire sérieusement l'hypothèse que l'étatisme plus ou moins socialiste qui marqua le xxsiècle est derrière nous. Certes, on croise quelques nostalgiques, notamment en France. S'ils sont bruyants et sans vergogne, la population ne se tourne guère vers eux, même quand elle est en attente sinon d'une nouvelle illusion, du moins d'une nouvelle espérance. J.-M. D. [Lire l’article]

 

L’état de la droite

Philippe RAYNAUD
n° 167 – automne 2019

 

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La crise de la droite « républicaine » déclenchée par les élections européennes est d'autant plus aiguë que, pendant la campagne électorale en vue du scrutin, les sondages avaient annoncé un score honorable, de l'ordre de 14 %, pour la liste conduite par François-Xavier Bellamy. Cette prévision semblait valider la stratégie de Laurent Wauquiez, qui reposait tout entière sur l'idée de la solidité d'un électorat conservateur qui s'était reconnu en 2017 dans la candidature de François Fillon, dont l'échec dès le premier tour ne pouvait s'expliquer, aux yeux de ses partisans, que par ses mésaventures judiciaires. Pourtant, la défaite cuisante du 26 mai ne peut pas s'expliquer seulement par les défaillances des dirigeants : elle est le résultat d'une longue série d'erreurs qui traduisent à la fois l'aveuglement de la droite sur son influence réelle et ses incertitudes sur son identité présente et à venir. Ph. R. [Lire l’article]

 

Centre

Jean-Claude CASANOVA
n° 121 – printemps 2008

 

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Quelle est l'idée centrale de la gauche ? La justice. La gauche n'a cru au progrès que parce qu'il lui semblait aller dans le sens d'une plus grande justice, en permettant de donner à chacun plus de droits, plus de chances, plus de biens. De l'idée de justice découle le souci, voire la passion de l'égalité. Quelle est l'idée centrale de la droite ? On a dit l'ordre. Je ne crois pas. Ce serait plutôt la fidélité, c'est-à-dire la volonté de voir conservé et respecté ce qui définit l'identité d'un pays ou d'une famille, ses souvenirs, ses morts, son histoire, sa religion.
Les deux idées directrices de la gauche et de la droite sont-elles exclusives l'une de l'autre ? Qui ne voudrait être à la fois fidèle et juste ? L'aspiration au centre découle de cette évidence. J.-C. C. [Lire l’article]

 

Qu’est-ce qu’être de gauche ?

Jean-Pierre LE GOFF et Roger MARTELLI
n° 154 – été 2016

 

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Jean-Pierre Le Goff, qui publie un livre important : Malaise dans la démocratie (Stock), se demande ce que signifie être de gauche aujourd’hui en France. Il en discute avec Roger Martelli, auteur de L’identité, c'est la guerre (Les liens qui libèrent). [Lire l’article]

 

Lettre sur le centre

Jean-Louis BOURLANGES
n° 119 – automne 2007

 

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La lettre personnelle que Jean-Louis Bourlanges a adressée à François Bayrou quatre mois avant l'élection présidentielle et le projet que celui-ci présente aujourd'hui permettent de comparer deux visions du centrisme. La première se prononce pour une alliance avec la droite. La seconde réaffirme son indépendance. [Lire l’article]

 

La droite m’attriste

Emmanuel LE ROY LADURIE
n° 81 – printemps 1998

 

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Attrister ? L'évidence est aveuglante : les élections législatives du printemps 1997 ont créé l'une des situations les plus inattendues qui soient : la double victoire, législative puis présidentielle, de la droite modérée s'est changée en son contraire, au terme d'une quinzaine de jours. Le pouvoir exécutif s'est coupé en deux, la partie « Élysée » ayant été réduite à une semi-impuissance, du fait d'une confiscation d'autorité opérée au profit de l'Hôtel Matignon. Le palais national de rive gauche est dorénavant conforté par une nouvelle majorité parlementaire de gauche qui tant bien que mal exerce aujourd'hui son influence. La confiscation du pouvoir exécutif ne fut pas toujours, au fil de notre histoire nationale, une impossible éventualité. Mais elle avait pris dans le temps jadis des formes fort peu ressemblantes à celles d'aujourd'hui. E. L. R. L. [Lire l’article]

 

Sur la gauche et la droite
Raisons philosophiques et éclairage symbolique

Corine PELLUCHON
n° 97 – printemps 2002

 

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Qu’est-ce qui fait que nous sommes de droite ou de gauche ? À cette question, la plupart sont tentés de répondre comme saint Augustin lorsqu'il s'exprime sur la nature du temps : si personne ne me le demande, je le sais, mais qu'on m'interroge et que je veuille l'expliquer, je ne le sais plus. Les plus lucides sont les plus perplexes. Reste à savoir s'ils se complairont dans l'embarras. Car, si le doute ne saurait justifier l'abstention, il n'en demeure pas moins vrai qu'une argumentation réduisant l'opposition entre la droite et la gauche à une question de valeurs est insuffisante. Bien plus, ce type d'argumentation brouille les pistes et emboîte le pas à ceux qui, pour encourager la confusion actuelle et le discrédit de la politique, ont intérêt à nier l'actualité d'un antagonisme qui s'appuie sur des contenus doctrinaux et des références différents mais qui relève d'abord de principes philosophiques divergents. C. P. [Lire l’article]

 

Le clivage gauche-droite sera éclipsé par celui sur l’Europe

Gérard GRUNBERG
n° 140 – hiver 2012

 

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La question européenne ravive les tensions, et de manière si forte et si durable que dans les années à venir il ne sera plus possible de parler de la gauche mais des gauches. Cette question n'est d'ailleurs pas un facteur de division seulement à gauche. Elle divise et divisera aussi profondément la droite. L'UMP sera soumise aux pressions croissantes du Front national. Ces tensions ne sont pas nouvelles mais la dynamique politique dans laquelle sont engagés les partis de gouvernement dans les affaires européennes, PS comme UMP, interdira tout rapprochement entre eux et les partis extrêmes, qu'il s'agisse du Front de gauche ou du Front national. Le clivage sur l'Europe l'emportera pendant une longue période sur le clivage gauche-droite. G. G. [Lire gratuitement l’article]

 

De la difficulté d’être de droite

Alain BESANÇON
n° 107 – automne 2004

 

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Ivan Rioufol se fait traiter de « salaud » dans l'hebdomadaire Marianne. Le livre qu'il vient de publier (La République des faux gentils, Éditions du Rocher) ne risque pas de le réconcilier avec les médias de gauche. Il s'agit évidemment pour ceux-ci d'un pamphlet « d'extrême droite » qui ne mérite que des épithètes pires encore. Mais il faut alors préciser qu'il s'agit de la gauche en France. Il faut en effet considérer le décalage de notre éventail politique par rapport à toutes les nations d'Europe et d'Amérique du Nord. Il est décalé en bloc de plusieurs degrés en direction de la gauche. Jean-Pierre Raffarin, qui appartient à une formation de droite, a déclaré récemment qu'il se sentait à la gauche de Tony Blair, Premier ministre travailliste du Royaume-Uni, et de Gerhard Schröder, chancelier socialiste allemand. Le plus fort, c'est que c'est vrai. A. B. [Lire l’article]

 

Les communistes, la gauche et la droite

Jean-Marie DOMENACH
n° 26 – été 1984

 

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Je prends les mots au sérieux. Je prends les forces au sérieux. C'est ce que les malins appellent de l'idéalisme. Mais je n'en démordrai pas. La prétendue Union de la gauche ne peut aboutir qu'à la dérision de la gauche, à la confusion mentale et à la démoralisation des citoyens. Si la gauche est bien cette espérance et ce combat que j'ai partagés longtemps avant que mes censeurs d'aujourd'hui aient découvert le socialisme, il est impossible, logiquement et moralement, de considérer que le parti communiste se situe à gauche. Il y a donc mensonge ou ruse. J.-M. D. [Lire l’article]

 

 

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