De Gaulle et le XXe siècle (I)

La lettre du vendredi 26 juin 2020

Pour le xxe siècle, le général de Gaulle est le plus illustre des Français. Avec Jean Monnet, qui repose au Panthéon, il est l’un des deux acteurs historiques décisifs de l’histoire de notre pays après 1940. Héros de la France Libre, il a joué le rôle que l’on sait pendant la guerre et à la Libération. Il a refondé nos institutions en 1958, achevé en Algérie la décolonisation entreprise par la IVe République, poursuivi l’unification de l’Europe en ancrant la France dans le Marché commun et en appliquant le traité de Rome, rééquilibré nos finances en 1958 et instauré le Nouveau franc. Il a connu deux échecs, Mai 68 et le referendum de 1969, qui ouvrirent la voie à Georges Pompidou. Qu’on l’admire ou non, qu’on s’en inspire ou non, on ne peut comprendre la situation de la France depuis quatre-vingt ans sans se référer à son action, à ses idées et à ses écrits. Commentaire lui a consacré depuis sa création plus d’une centaine d’articles et elle lui en consacrera d’autres dans ses prochaines livraisons, avec la révérence et la liberté dues aux gloires de notre histoire. Dans cette « lettre du vendredi », et dans celle du 10 juillet, contribuons aux commémorations de 2020 en signalant quelques-uns des articles que notre revue a publiés à son sujet et dont on verra qu’ils restent d’actualité.

Une bien triste nouvelle. Notre ami Marc Fumaroli, l’un des fondateurs de cette revue, est mort cette semaine. Nous venons de publier dans notre numéro 170 son dernier article, sur Léonard de Vinci, écrit dans les pires souffrances. Son premier article avait paru en 1978 dans notre numéro 4. Nous reviendrons dans notre prochaine lettre sur sa longue et magnifique contribution à Commentaire.

De la légitimité du gouvernement provisoire
du général de Gaulle (8 septembre 1944)

Gaston Fessard
N° 67/Automne 1994

« Les principes et les textes pontificaux qui permettent de résoudre cette question ont été souvent cités à propos des controverses qui ont eu lieu au sujet du gouvernement de Vichy »  C’est ainsi que le célèbre jésuite, ami de Raymond Aron, résistant à Lyon dés 1940, commençait cette note destinée à des autorités religieuses pour démontrer que la légitimité importe plus que la légalité. [Lire l'article]

 

Le général de Gaulle évincé de l'opération « Torch »

Jean-Baptiste Duroselle
N° 20/Hiver 1982

Ce texte est tiré du livre de J.-B. Duroselle, L'Abîme 1939-1944, sur le point de paraître. À une brève période d'entente, en juillet 1942, succède la reprise et même, du côté anglais, le paroxysme de l'éternelle querelle qui dominait les relations du Général avec les « Anglo-Saxons ». L'usage massif des archives du Quai d'Orsay, complétant les innombrables sources déjà connues, permet de mieux situer les responsabilités. [Lire l'article]

 

L'État et les partis sur le discours
du général de Gaulle à Bayeux­­­­­­­ (16 juin 1946)

Raymond Aron
N° 41/Printemps 1988

Le discours prononcé le 16 juin 1946 par le général de Gaulle à Bayeux a toujours été considéré comme exprimant les principes de la pensée constitutionnelle du fondateur de la Ve République. Aussi, il nous a paru intéressant d’offrir à nos lecteurs le texte des deux articles que Raymond Aron consacra au discours du général de Gaulle. Ils parurent dans Combat les 18 et 20 juin 1946. [Lire l'article]

 

Le retour du général de Gaulle en 1958

Raymond Aron
N° 28/Hiver 1984

Nous regroupons deux textes liés aux événements de mai 1958, au retour au pouvoir du général de Gaulle, à la guerre d'Algérie et au référendum sur la Constitution de 1958. Le premier donne les principaux extraits du discours prononcé à Harvard par Raymond Aron le 12 juin 1958. Il est de tradition dans cette université que pour le Commencement Day (jour de clôture de l'année universitaire), le plus honoré des docteurs honoris causa prononce un discours. Le général de Gaulle venait d'accéder au pouvoir, dans les circonstances que l'on sait ; Raymond Aron n'a pas voulu exprimer ses préférences mais « faire comprendre la situation » à ses hôtes. Le second article a paru dans Le Monde (en libres opinions) le 22 août 1958. Ils traduisent l'un et l'autre les premières réactions de Raymond Aron au projet de Constitution soumis au référendum et ses premières analyses. [Lire l'article]

 

Le général de Gaulle et les Français

Alain Duhamel
N° 165/Printemps 2019

Le général de Gaulle s'est toujours fait une certaine idée de la France, de lui-même et des Français. De la France, c'est une idée quasi religieuse, presque mystique. De lui-même, c'est une idée altière et intraitable. Des Français, c'est une idée circonspecte, voire goguenarde. L'Homme du 18-Juin regarde la France avec les yeux de Corneille et les Français avec les yeux de Racine : il imagine donc la France telle qu'elle devrait être et les Français tels qu'il croit qu'ils sont. Mais ce qui nous occupe, c'est beaucoup moins l'idée que le général de Gaulle se fait des Français que l'idée que les Français se font du général de Gaulle. [Lire l'article]

 

De Gaulle et la Russie

Henri Froment-Meurice
N° 156/Hiver 2016

À propos de la Russie de Poutine, pour critiquer ceux qui préconisent une grande fermeté à son égard, on évoque la politique du général de Gaulle à l'égard de l'Union soviétique. Comme on verra en lisant cet article : comparaison n'est pas raison et de Gaulle ne fut pas complaisant. [Lire l'article]

 

De Gaulle, la Résistance et les communistes

Claude Pierre-Brossolette
N° 150/Été 2015

François Hollande vient de porter la dépouille de Pierre Brossolette au Panthéon. Son fils Claude Pierre-Brossolette éclaire le sens politique de l'engagement de son père dans la Résistance. [Lire l'article]

 

Péguy, Bernanos, Claudel, Mauriac et de Gaulle

Jacques Julliard
N° 131/Automne 2010

Jacques Julliard a prononcé cette communication lors du colloque organisé par la Fondation Charles de Gaulle, les 13 et 14 novembre 2009, sur le thème : « Charles de Gaulle, chrétien, homme d'État ». Il a bien voulu remanier et augmenter son texte à l'intention des lecteurs de notre revue. [Lire l'article]

 

Le général de Gaulle, le plan Fouchet et l'Europe

Georges-Henri Soutou
N° 52/Hiver 1990

On s'est souvent interrogé sur la place exacte du plan Fouchet dans l'ensemble de la politique extérieure du général de Gaulle. Pour les uns, de Gaulle tenait à son projet d'union politique, qu'il aurait poursuivi, sous une forme ou sous une autre, depuis la Seconde Guerre mondiale. Jean Lacouture va jusqu'à qualifier le Général d'« Européen malheureux ». Pour les autres, le plan Fouchet n'était qu'un épisode tactique, déblayant la voie pour le traité franco-allemand de l'Élysée, et au-delà levant l'hypothèque européenne occidentale pour permettre à partir de 1965 la politique « de détente, d'entente et de coopération » avec l'URSS et l'Europe orientale. [Lire l'article]

 

Le rêve des sages et l'ambition des puissants.
De Gaulle et l'Europe. Textes choisis

Charles de Gaulle
N° 51/Automne 1990

S'il existe un parti européen, voulant regrouper les nations dans des États-Unis d'Europe, en font partie, chacun à sa manière, Robert Schuman et Jean Monnet, Valéry Giscard d'Estaing et François Mitterrand, Raymond Barre et Jacques Delors. Charles de Gaulle se range-t-il parmi eux ? Imaginons que le procès soit ouvert. Le procureur reprochera à de Gaulle d'avoir desservi la cause européenne. En défense, l'avocat ne manque pas d'arguments. Le Marché commun devait entrer en application le 1er janvier 1959. Sans de Gaulle et ses réformes, aurions-nous respecté nos engagements et fait aboutir l'union douanière, le tarif extérieur commun, la politique agricole, avec son règlement financier ? La constitution d'un espace économique a été rendue possible par de Gaulle. De même, comment ne pas voir dans le Conseil européen, instauré par Giscard et dont Mitterrand souhaite renforcer les pouvoirs, le prolongement du plan d'union politique (appelé plan Fouchet) que la France proposa, en 1962 ? Le 17 juillet 1961, de Gaulle écrit, pour préparer sa rencontre avec Adenauer : l'Europe doit constituer « une entité politique distincte des autres » et avoir « sa personnalité au point de vue de la défense […], qui est toujours à la base de la politique ». Aussi lui faut-il « une direction, un plan et des moyens qui soient les siens », d'autant qu'elle « forme un tout stratégique ; le terrain d'une seule et même bataille ». Dans cette affaire, de Gaulle et Adenauer se comportent en vrais européens, et le Néerlandais Luns en nationaliste. D'où le repli sur le traité franco-allemand. Puis la désillusion. Quittons le prétoire, où le procès, inévitablement, tourne court. Après 1962, la voie politique est fermée. Il ne reste qu'à perfectionner le Marché commun et à faire patienter les Britanniques jusqu'à Pompidou. Mais continuons de lire attentivement de Gaulle. On y trouve une pensée européenne constante et charpentée, plus historique, il est vrai, que celle de Monnet. Celui-ci prolonge Briand. Il s'inscrit dans une perspective pacifique, juridique et économique, transnationale et universelle. De Gaulle, lui, rêve de l'Europe comme d'une nation plus grande, elle-même composée de nations, armée pour traverser un âge de fer, affronter un monde rempli de menaces et toujours guetté par les conflits. Laquelle ? L'Europe des patries ? Le mot n'est pas de lui. Une confédération ? Ce terme, qui n'est pas faible, revient constamment chez lui, mais pas exclusivement. Le 22 juin 1951, il affirme : « Nous sommes pour la Fédération européenne. » N'importe, fédération ou confédération, il s'agit d'une union entre États, qui délègue à un organisme commun « une part de leur souveraineté en matière stratégique, économique et culturelle » (25 février 1953) . La faiblesse, les hésitations, la quasi-absence de l'Europe en tant que telle dans l'affaire irakienne, alors qu'elle est plus dépendante et plus voisine du Moyen-Orient que les États-Unis, illustrent d'ailleurs combien la critique gaulliste (reprise par Mme Thatcher) du risque d'impuissance congénitale, dans l'ordre historique et politique, des institutions communautaires a de sens. Mais cela ne suffit pas à faire de De Gaulle un nationaliste impénitent ni de Delors le seul vrai européen. Car cette difficulté institutionnelle reflète un problème redoutable, celui du passage à l'acte, de la nature exacte qu'il faudra donner au pouvoir européen si on veut qu'il joue un rôle politique majeur, de l'identification et de la légitimité de ses responsables. Sur cette question, de Gaulle ne fait pas le saut. Mais bien peu d'Européens le font et n'osent se proclamer partisan d'un véritable exécutif politique pour l'Europe. De Gaulle ajoutait : « L'Europe doit être indépendante. » Condition, bien sûr, de l'indépendance de la France. Car, sans l'Europe, la Russie et l'Allemagne peuvent s'entendre, et la France, moins peuplée, plus faible, dans ce jeu de bascule, doit, alors, tout attendre des Anglo-Saxons. L'Europe unie, au contraire, peut progressivement se passer de l'assistance militaire des États-Unis et se défendre par elle-même. On peut reprocher à de Gaulle d'avoir voulu trop tôt mettre fin à la dépendance européenne par rapport aux États-Unis, et, donc, d'avoir inutilement inquiété nos voisins. Il reste que, à long terme, il voyait juste. Une Europe unie et puissante sera indépendante des États-Unis comme de l'Union soviétique (en attendant que celle-ci, démocratisée, développée et réduite à la seule Russie ne devienne une nation comme les autres). Qui ne se demande, à l'instar de Chateaubriand, « quelle sera une société universelle qui n'aura point de pays particulier, qui ne serait ni française, ni anglaise, ni allemande, ni italienne, ni espagnole » ? De Gaulle savait, en tout cas, que le mouvement résoudrait les contradictions, car, comme il l'a écrit, « en marchant vers l'unité de l'Europe, on marche dans le sens de l'Histoire ». [Lire gratuitement l'article]
Jean-Claude Casanova, Extrait de la préface aux textes du général de Gaulle.

 

De Gaulle et les deux grands

Pierre Hassner
N° 51/Automne 1990

« Homme d’avant-hier et d’après-demain ». Dans aucun domaine cette célèbre formule ne s’applique mieux à de Gaulle que dans celui de son attitude envers l’Union soviétique et les États-Unis. Homme d’avant et d’après le communisme. Tout se résume dans l’usage constant par de Gaulle du terme « Russie » au lieu de celui d’Union soviétique, et dans la formule de « l’Europe de l’Atlantique à l’Oural », donc dans l’idée que les constances de l’histoire et de la géographie sont plus fortes ou plus importantes que les nouveautés du totalitarisme et de la technique moderne qui, pendant la guerre froide, ont semblé séparer de manière durable l’Europe de l’Union soviétique et la rapprocher des États-Unis. [Lire l'article]

 

All is not lost. Le général de Gaulle et la critique des sources

Marc Fumaroli
N°147/Automne 2014

Pierre Nora prétendait naguère, cum grano salis, que le célèbre exorde des Mémoires de guerre du général de Gaulle (« Toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la France ») était inspiré par le non moins célèbre exorde de La Recherche du temps perdu (« Longtemps je me suis couché de bonne heure ») : la même sonorité et le même rythme, étant chez l'un au service de l'action militante du général, et chez l'autre, au loisir lettré du grand écrivain souffreteux. [Lire l'article]

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