De Gaulle (1890-1970)

La lettre du vendredi 20 novembre 2020

Nous avons déjà souligné dans cette lettre que les commémorations en 2020 du Général de Gaulle méritaient une attention particulière. En effet, qu’on l’admire profondément ou faiblement, qu’on s’en inspire ou non, on ne peut nier son rôle historique ni comprendre la situation de la France depuis quatre-vingt ans sans se référer à son action, à ses idées et à ses écrits. Commentaire lui a consacré depuis sa création plus d’une centaine d’articles et elle lui en consacrera d’autres dans sa prochaine livraison, en décembre, avec la révérence et la liberté dues aux gloires de notre histoire. Signalons ici quelques-uns des articles que notre revue a publiés à son sujet et dont on verra qu’ils restent d’actualité.

Le général de Gaulle et les Français

Alain Duhamel
N° 165/Printemps 2019

Le général de Gaulle s'est toujours fait une certaine idée de la France, de lui-même et des Français. De la France, c'est une idée quasi religieuse, presque mystique. De lui-même, c'est une idée altière et intraitable. Des Français, c'est une idée circonspecte, voire goguenarde. L'Homme du 18-Juin regarde la France avec les yeux de Corneille et les Français avec les yeux de Racine : il imagine donc la France telle qu'elle devrait être et les Français tels qu'il croit qu'ils sont. Mais ce qui nous occupe, c'est beaucoup moins l'idée que le général de Gaulle se fait des Français que l'idée que les Français se font du général de Gaulle. [Lire l'article]

 

La fondation de la Ve République et l'avenir du gaullisme

Raymond Aron
N° 164/Hiver 2018

Les années 1958 et 1959 correspondent à la première étape de la Ve République (la partie la moins décisive en termes institutionnels), mais elles correspondent aussi et surtout au retour du général de Gaulle. Le paradoxe étant que l'Algérie française l'a porté au pouvoir et qu'il l'a rendue indépendante, au grand désarroi de ses plus proches compagnons. Aussi, nous a-t-il paru opportun de reproduire l'essentiel d'une longue interview de Raymond Aron par Jean Daniel intitulée « L'avenir du gaullisme » et publiée le 20 août 1959. [Lire l'article]

 

Stanley Hoffmann et de Gaulle

Jean-Claude Casanova
N° 159/Automne 2017

Stanley Hoffmann admirait le général de Gaulle. Puis-je dire même qu'il l'aimait ? Je le crois. Ses sentiments à son égard se confondaient avec ses sentiments à l'égard de la France. Pour le montrer, je le citerai et j'évoquerai des souvenirs. [Lire l'article]

 

De Gaulle et la Russie

Henri Froment-Meurice
N° 156/Hiver 2016

À propos de la Russie de Poutine, pour critiquer ceux qui préconisent une grande fermeté à son égard, on évoque la politique du général de Gaulle à l'égard de l'Union soviétique. Comme on verra en lisant cet article : comparaison n'est pas raison et de Gaulle ne fut pas aussi complaisant qu'on le dit. [Lire l'article]

 

François Mauriac. De Philippe Pétain à Charles de Gaulle

Paul Yonnet
N° 150/Été 2015

Cet article porte sur Mauriac et la défaite de 1940, sur l'armistice et son engagement dans la Résistance, sur ses sentiments et ses opinions à l'égard du maréchal Pétain et du général de Gaulle. [Lire l'article]

 

De Gaulle, la Résistance et les communistes

Claude Pierre-Brossolette
N° 150/Été 2015

François Hollande a porté la dépouille de Pierre Brossolette au Panthéon. Son fils Claude Pierre-Brossolette éclaire le sens politique de l'engagement de son père dans la Résistance et précise ce que furent ses rapports avec le Général de Gaulle. [Lire l'article]

 

Péguy, Bernanos, Claudel, Mauriac et de Gaulle

Jacques Julliard
N° 131/Automne 2010

Jacques Julliard a prononcé cette communication lors du colloque organisé par la Fondation Charles de Gaulle, les 13 et 14 novembre 2009, sur le thème : « Charles de Gaulle, chrétien, homme d'État ». Il a bien voulu remanier et augmenter son texte à l'intention des lecteurs de notre revue. [Lire l'article]

 

Un entretien avec de Gaulle

Jean-François Deniau
N° 116/Hiver 2006

Parmi ses immenses qualités d’érudit et d’homme de courage, il y avait l’humour. Je me suis permis un peu d’humour. Je rêve. Le général de Gaulle convoque à l’Élysée Jean-François Revel. [Lire l'article]

           

La France du général de Gaulle, la Turquie et l'Europe

Georges-Henri Soutou
N° 104/Hiver 2003

Dans ses Mémoires d’espoir, le général de Gaulle a défini « ce qu’ont en commun », à ses yeux, les nations européennes : « Toutes étant de même race blanche, de même origine chrétienne, de même manière de vivre, liées entre elles depuis toujours par d’innombrables relations de pensée, d’art, de science, de politique, de commerce, il est conforme à leur nature qu’elles en viennent à former un tout, ayant au milieu du monde son caractère et son organisation. » [Lire l'article]

 

Le général de Gaulle

Raymond Aron
N° 88/Hiver 1999

Cet article a dû être rédigé à la fin de l'année 1964, donc après le règlement de l'affaire algérienne et avant les élections présidentielles de 1965. S'adressant à un public étranger, l'auteur s'astreint à rappeler des événements bien connus des Français de l'époque mais moins connus aujourd'hui. Pour tracer ce portrait du général de Gaulle à l'intention des lecteurs d'une encyclopédie, Raymond Aron devait aussi prendre du recul et esquisser une synthèse. [Lire l'article]

 

De la légitimité du gouvernement provisoire du général de Gaulle
Consultation pour Mgr Théas (8 septembre 1944)

Gaston Fessard
N° 67/Automne 1994

« Les principes et les textes pontificaux qui permettent de résoudre cette question ont été souvent cités à propos des controverses qui ont eu lieu au sujet du gouvernement de Vichy » C’est ainsi que le célèbre jésuite, ami de Raymond Aron, résistant à Lyon dés 1940, commençait cette note destinée à des autorités religieuses pour démontrer que la légitimité importe plus que la légalité. Il avait en 1942 défini le gouvernement de Vichy comme celui du « prince-esclave ». [Lire l'article]

 

L'État républicain selon de Gaulle (I et II)

Lucien Jaume
N° 51 et 52/Automne et Hiver 1990

L’étude de Lucien Jaume porte sur « L'État républicain selon de Gaulle ». Elle procède d’une analyse historique et philosophique des concetions et de l’action du fondateur de la Vème République De Gaulle poursuit une idée de l'État dont l'aspect essentiel pourrait s'énoncer ainsi : la République, du moins en France, n'est ni authentique, ni complète, tant que l'État républicain ne se dote pas d'une « tête ». De Gaulle reprend cette expression avec insistance au fil des ans, et elle s'alimente chaque fois d'une polémique sourde, parfois virulente, vis-à-vis des conceptions régnantes. C'est en réalité toute l'histoire des institutions depuis la Révolution que de Gaulle ne cesse de méditer, convaincu que, selon la formule de Prévost-Paradol en 1868, « la Révolution a fondé une société, elle cherche encore son gouvernement » ; ce qui, dans les Mémoires d'espoir, coïncide avec le projet de 1958 ainsi défini par son auteur : « doter l'État d'institutions qui lui rendent (...) la stabilité et la continuité dont il est privé depuis cent soixante-neuf ans », soit depuis 1789. [Lire l'article parties I et II]

 

           

Le général de Gaulle, le plan Fouchet et l'Europe

Georges-Henri Soutou
N° 52/Hiver 1990

On s'est souvent interrogé sur la place exacte du plan Fouchet dans l'ensemble de la politique extérieure du général de Gaulle. Pour les uns, de Gaulle tenait à son projet d'union politique, qu'il aurait poursuivi, sous une forme ou sous une autre, depuis la Seconde Guerre mondiale. Jean Lacouture va jusqu'à qualifier le Général d'« européen malheureux ». Pour les autres, le plan Fouchet n'était qu'un épisode tactique, déblayant la voie pour le traité franco-allemand de l'Élysée, et au-delà levant l'hypothèque européenne occidentale pour permettre à partir de 1965 la politique « de détente, d'entente et de coopération » avec l'URSS et l'Europe orientale. [Lire l'article]

 

Le rêve des sages et l'ambition des puissants : l'Europe
Textes Choisis

Charles de Gaulle
N° 51/Automne 1990

S'il existe un parti européen, voulant regrouper les nations dans des États-Unis d'Europe, en font partie, chacun à sa manière, Robert Schuman et Jean Monnet, Valéry Giscard d'Estaing et François Mitterrand, Raymond Barre et Jacques Delors. Charles de Gaulle se range-t-il parmi eux ? Imaginons que le procès soit ouvert. Le procureur reprochera à de Gaulle d'avoir desservi la cause européenne. En défense, l'avocat ne manque pas d'arguments. Le Marché commun devait entrer en application le 1er janvier 1959. Sans de Gaulle et ses réformes, aurions-nous respecté nos engagements et fait aboutir l'union douanière, le tarif extérieur commun, la politique agricole, avec son règlement financier ? La constitution d'un espace économique a été rendue possible par de Gaulle. De même, comment ne pas voir dans le Conseil européen, instauré par Giscard et dont Mitterrand souhaite renforcer les pouvoirs, le prolongement du plan d'union politique (appelé plan Fouchet) que la France proposa, en 1962 ? Le 17 juillet 1961, de Gaulle écrit, pour préparer sa rencontre avec Adenauer : l'Europe doit constituer « une entité politique distincte des autres » et avoir « sa personnalité au point de vue de la défense […], qui est toujours à la base de la politique ». Aussi lui faut-il « une direction, un plan et des moyens qui soient les siens », d'autant qu'elle « forme un tout stratégique ; le terrain d'une seule et même bataille ». Dans cette affaire, de Gaulle et Adenauer se comportent en vrais européens, et le Néerlandais Luns en nationaliste. D'où le repli sur le traité franco-allemand. Puis la désillusion. Quittons le prétoire, où le procès, inévitablement, tourne court. Après 1962, la voie politique est fermée. Il ne reste qu'à perfectionner le Marché commun et à faire patienter les Britanniques jusqu'à Pompidou. Mais continuons de lire attentivement de Gaulle. On y trouve une pensée européenne constante et charpentée, plus historique, il est vrai, que celle de Monnet. Celui-ci prolonge Briand. Il s'inscrit dans une perspective pacifique, juridique et économique, transnationale et universelle. De Gaulle, lui, rêve de l'Europe comme d'une nation plus grande, elle-même composée de nations, armée pour traverser un âge de fer, affronter un monde rempli de menaces et toujours guetté par les conflits. Laquelle ? L'Europe des patries ? Le mot n'est pas de lui. Une confédération ? Ce terme, qui n'est pas faible, revient constamment chez lui, mais pas exclusivement. Le 22 juin 1951, il affirme : « Nous sommes pour la Fédération européenne. » N'importe, fédération ou confédération, il s'agit d'une union entre États, qui délègue à un organisme commun « une part de leur souveraineté en matière stratégique, économique et culturelle » (25 février 1953) . La faiblesse, les hésitations, la quasi-absence de l'Europe en tant que telle dans l'affaire irakienne, alors qu'elle est plus dépendante et plus voisine du Moyen-Orient que les États-Unis, illustrent d'ailleurs combien la critique gaulliste (reprise par Mme Thatcher) du risque d'impuissance congénitale, dans l'ordre historique et politique, des institutions communautaires a de sens. Mais cela ne suffit pas à faire de De Gaulle un nationaliste impénitent ni de Delors le seul vrai européen. Car cette difficulté institutionnelle reflète un problème redoutable, celui du passage à l'acte, de la nature exacte qu'il faudra donner au pouvoir européen si on veut qu'il joue un rôle politique majeur, de l'identification et de la légitimité de ses responsables. Sur cette question, de Gaulle ne fait pas le saut. Mais bien peu d'Européens le font et n'osent se proclamer partisan d'un véritable exécutif politique pour l'Europe. De Gaulle ajoutait : « L'Europe doit être indépendante. » Condition, bien sûr, de l'indépendance de la France. Car, sans l'Europe, la Russie et l'Allemagne peuvent s'entendre, et la France, moins peuplée, plus faible, dans ce jeu de bascule, doit, alors, tout attendre des Anglo-Saxons. L'Europe unie, au contraire, peut progressivement se passer de l'assistance militaire des États-Unis et se défendre par elle-même. On peut reprocher à de Gaulle d'avoir voulu trop tôt mettre fin à la dépendance européenne par rapport aux États-Unis, et, donc, d'avoir inutilement inquiété nos voisins. Il reste que, à long terme, il voyait juste. Une Europe unie et puissante sera indépendante des États-Unis comme de l'Union soviétique (en attendant que celle-ci, démocratisée, développée et réduite à la seule Russie ne devienne une nation comme les autres). Qui ne se demande, à l'instar de Chateaubriand, « quelle sera une société universelle qui n'aura point de pays particulier, qui ne serait ni française, ni anglaise, ni allemande, ni italienne, ni espagnole » ? De Gaulle savait, en tout cas, que le mouvement résoudrait les contradictions, car, comme il l'a écrit, « en marchant vers l'unité de l'Europe, on marche dans le sens de l'Histoire ». On trouvera ici les principaux textes du général de Gaulle consacrés à l’Europe. [Lire gratuitement l'article]

 

L'État et les partis sur le discours du général de Gaulle à Bayeux (16 juin 1946)

Raymond Aron
N° 41/Printemps 1988

Le discours prononcé le 16 juin 1946 par le général de Gaulle à Bayeux a toujours été considéré comme exprimant les principes de la pensée constitutionnelle du fondateur de la Ve République. On retrouve ce texte en tête des Documents pour servir à l'histoire de l'élaboration de la Constitution du 4 octobre 1958 (vol. I, Documentation française, 1987). Aussi, il nous a paru intéressant de reproduire pour nos lecteurs le texte des deux articles que Raymond Aron consacra au discours du général de Gaulle. Ils parurent dans Combat les 18 et 20 juin 1946. [Lire l'article]

 

De Gaulle et Mihaïlovitch

Stevan K. Pavlowitch
N° 38/Été 1987

On a beaucoup parlé de « l'inimitié personnelle » du général de Gaulle pour le maréchal Tito dont il faudrait chercher la cause dans la sympathie qu'il avait éprouvée pour le général Mihaïlovitch, le rival de Tito exécuté à Belgrade en 1946. En fin de compte, s'il y eut inimitié personnelle, elle fut bien réciproque. A un journaliste, qui lui demandait en 1949 ce qu'il pensait de l'attitude des communistes français sous l'occupation, Tito répondit : « Ils auraient dû mener la lutte de façon à pouvoir faire avec de Gaulle ce que nous avons fait avec Mihaîlovitch. » [Lire l'article]

 

Le retour du général de Gaulle en 1958

Raymond Aron
N° 28/Hiver 1984

Nous regroupons ici deux textes liés aux événements de mai 1958, au retour au pouvoir du général de Gaulle, à la guerre d'Algérie et au référendum sur la Constitution de 1958. Le premier donne les principaux extraits du discours prononcé à l'université Harvard par Raymond Aron le 12 juin 1958. 11 est de tradition dans cette université que pour le Commencement day (jour de clôture de l'année universitaire), un des docteurs honoris causa prononce un discours. Le général de Gaulle venait d’accéder au pouvoir, dans les circonstances que l’on sait ; Raymond Aron n’a pas voulu exprimer ses préférences, mais « faire comprendre la situation » à ses hôtes. Le second article a paru dans Le Monde (en libres opinions) le 22 août 1958. Ils traduisent l’un et l’autre les premières réactions de Raymond Aron au projet de Constitution soumis au référendum et ses premières analyses. [Lire l'article]

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