Commentaire célèbre ses quarante ans

1978 - 2018

La lettre du vendredi 6 avril 2018

Le numéro 161, printemps 2018, de Commentaire, qui célèbre les quarante ans de la revue, sera disponible en librairie le 11 avril.

 

Des thèmes toujours d’actualité : incertitudes, héritages, Est/Ouest…

Pour nos quarante ans, nous avons choisi d’offrir un numéro plus copieux que d’habitude et de privilégier quelques thèmes. Dans notre première livraison, en 1978, Raymond Aron écrivait un article sur les « Incertitudes françaises ». Incertitude est un terme inhérent à la prévision et à la décision politiques. Mais la France de 1978 paraissait plus incertaine qu’auparavant, comme le monde d’aujourd’hui, mais pour bien d’autres raisons, paraît plus incertain qu’à la fin du siècle précédent, et il l’est certainement. Il fallait donc poser la question des incertitudes. Ce qui nous ramène à d’autres questions souvent posées dans nos colonnes : vers où va l’histoire ? A-t-elle une fin ou procède-t-elle par retours ? Que reste-t-il de notre héritage ? Quels regards porter sur la France, sur l’Europe, sur ses voisins à l’Ouest et à l’Est ? À ces immenses questions, il faut répondre modestement comme le font les articles réunis ici. Il ne s’agit pas de dresser un inventaire ou d’imaginer un bilan, mais de tracer quelques pistes de réflexion simplement et, comme nous fêtons un anniversaire, de réunir nos amis les plus anciens et nos plus jeunes amis.


Découvrez, dès aujourd’hui, un aperçu de ce numéro :

 

POLITIQUE

Bruno Tertrais, « Huntington et le risque de la prophétie »
Nicolas Baverez, « Quelle défense face aux nouvelles menaces ? »
« Le choc des civilisations », tel était le titre de l’article de Samuel Huntington et du débat à son propos que nous avons publiés dans notre numéro 66 à l’été 1994. […] Tout le monde se demande aujourd’hui si la démocratie n’est pas en reflux et si le choc des civilisations explique les tensions entre une partie du monde islamique et l’Occident.
C’est pourquoi nous avons sollicité Bruno Tertrais et Nicolas Baverez pour deux articles qui renvoient au débat que nous avions organisé autour du célèbre article de Samuel Huntington, avec Daniel Bell, Alain Besançon, François Duchêne, André Fontaine, Pierre Hassner, William Pfaff, Giuseppe Sacco et Francis Fukuyama.

George Walden, « La politique tory ou la sottise comme philosophie »
En 2017, l’Europe a connu une année d’élections si problématiques – aux Pays-Bas, en Allemagne et en France – que l’on était en droit de penser que, sur le plan politique, les lumières couraient le risque de décliner sur le continent.
Le seul pays où la stabilité après les élections semblait garantie était la Grande-Bretagne… La victoire anticipée des conservateurs ne donnerait pas seulement à Theresa May la majorité confortable qui lui faisait défaut. Avec une économie britannique se portant plutôt bien, alors que l’Europe était hantée par le fantôme de l’immigration, que les Britanniques avaient si audacieusement exorcisé par leur référendum un an plus tôt, l’élection unifierait un pays divisé et justifierait la décision du Brexit. Ce ne fut pas le cas.

 

INCERTITUDES

Pierre Manent était l’auteur du liminaire du premier numéro de Commentaire. Il revient à son article d’ouvrir cette enquête auprès de nos amis. Elle se poursuivra certainement. Les textes qui suivent, publiés dans l’ordre alphabétique des auteurs, esquissent des réponses diverses et des suggestions à une question : dans une France, une Europe, un monde plus incertains qu’autrefois, de quelles incertitudes aimeriez-vous parler ?

Pierre Manent, Rétrécissement du temps   Gilles Andréani, Du bon usage des incertitudes   Cédric Argenton, Mondialisation économique, climat, paix   Jean-Claude Casanova, Contraste   Jean-Marc Daniel, La fin de la gauche ?   Gil Delannoi, Avis d’incertitude sur la grammaire    Michel Duclos, Où va le monde ?   Jean-François de Fuentes, Force et contagion du modèle chinois   Jean Gatty, Incertitude financière   Hervé Mariton, Le fil continu de l’incertitude   George de Menil, La menace populiste   Rémy Prud’homme, Le cas du climat   Christian Saint-Etienne, Emmanuel Macron prend-il la mesure du problème ?   Dominique Schnapper, Sortons-nous de l’obstination dans l’irréel ?   Éric Thiers, La certitude de la bêtise   Philippe Trainar, Incertitudes… économiques   Michèle Tribalat, La question migratoire   Hubert Védrine, Certitudes et incertitudes en 2018   Emmanuel de Waresquiel, L’histoire comme antidote   Jean-Claude Casanova et Béatrice Dedinger, L’Europe de 1800 à 2055. Perspectives historiques et démographiques

 

HÉRITAGES

Alain Besançon, L’héritage du christianisme aujourd’hui

Philippe Raynaud, L’héritage des Lumières aujourd’hui

Sebastian Haffner, La Commune de Paris. I. L’école primaire de la liberté
Nous offrons à nos lecteurs la première traduction française de cet essai de Sebastian Haffner. Et cela pour deux raisons. Parce que la Commune de Paris fut un événement considérable, qui a inspiré les révolutions du XXe siècle et qui a posé les enjeux de ce siècle et peut-être du nôtre. Parce que Sebastian Haffner appartient à la catégorie de ceux que Raymond Aron appelait « les esprits supérieurs ». Il alliait l’amour de la liberté et une intelligence profonde de l’histoire et de la politique.

Leszek Kolakowski, L’École de Francfort et la « théorie critique » (I)
On sait l’importance de Leszek Kołakowski (1927-2009), de son œuvre et le grand rôle qu’il a joué dans cette revue. Il a appartenu à son comité de patronage dès sa création et il y a publié de nombreux articles. Nous avons aussi fait paraître des écrits posthumes de lui et nous espérons continuer d’offrir à nos lecteurs d’autres textes qui, publiés en polonais ou en anglais, sont encore malheureusement ignorés du public français.
Nous avons donc décidé, en accord avec ses héritiers, pour notre anniversaire, de traduire une partie du troisième volume (celui intitulé The Breakdown) de Main Currents of Marxism. Its origin, growth and dissolution (Oxford University Press), celle qui concerne l’École dite de Francfort.

Antoine Antonini, Le message d’Albert Camus
Antoine Antonini a joué un grand rôle à Commentaire, dès la naissance de la revue (voir Commentaire, n° 145, printemps 2014, p. 177). Il s’est toujours intéressé à l’œuvre d’Albert Camus et à celle de Jean Grenier. Raymond Aron, qui, comme Jean-Paul Sartre, préférait dans Camus l’écrivain au philosophe, taquinait parfois Antoine sur sa défense philosophique de Camus. Voici pour nos lecteurs le texte d’une conférence qu’Antoine Antonini a prononcée à l’Institut français de Naples en 1960, peu de mois après la disparition de Camus. Nos lecteurs pourront comme l’entendre et imaginer la défense de Camus qu’il aurait présentée à Aron.

Marc Fumaroli, Le Régent et Rabelais
Marc Fumaroli écrit, en ce moment, un livre sur la guerre et la paix.
Il prépare un chapitre sur le temps de la Régence, il en a détaché l’extrait que l’on va lire et qui montre ce que fut dans l’ordre de la littérature et des mœurs la réaction qui suivit la fin du règne de Louis XIV.

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116 rue du Bac – 75007 Paris – ISSN 0180- 8214
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