Au sommaire du numéro d'hiver

La lettre du vendredi 30 novembre 2018

Le 6 décembre, le n°164, hiver 2018-2019, de Commentaire sera disponible en librairie et sur notre site. Aujourd'hui, la lettre du vendredi vous en donne un aperçu et vous propose, pour patienter, deux articles gratuits du numéro d'automne.

Nos lecteurs  trouveront dans le nouveau numéro des réflexions sur la crise de confiance dans les démocraties, sur la démocratie espagnole, sur la Ve République, un bilan de l’euro, des études sur la guerre au Sahel et sur les interventions militaires menées par l’ONU, un examen de la réforme des retraites, une perspective de l’économie mondiale dix ans après la crise. Du côté des idées : que penser de l’œuvre de René Girard ? Quel aura été l’apport de François Furet à la compréhension de la Révolution française ?

 

POLITIQUE

Adam Garfinkle, « Pourquoi n’avons-nous plus confiance ? »

Parmi les problèmes de l’Amérique, l’hémorragie de la confiance sociale est un élément déterminant pour l’avenir, nous dit Adam Garfinkle dans cet important article. Il en est de même dans les démocraties européennes. Les faits crèvent les yeux : les citoyens n’ont plus, dans une très large majorité, confiance dans les institutions et dans les hommes qui les incarnent. Le débat que devrait, nous l’espérons, susciter cet article en est d’autant plus important. Pierre Manent a bien voulu réagir immédiatement et on lira son article à la suite de celui d’Adam Garfinkle, que nos lecteurs connaissent bien.

Raymond Aron, « La fondation de la Ve République et l’avenir du gaullisme  »

À l’hiver, nous rendons hommage au fondateur de notre revue en revenant à lui. On a célébré cette année le soixantième anniversaire de la Constitution de la Ve République. Ce n’était que partiellement exact, puisque le principe de notre Constitution remonte à 1962. Les années 1958 et 1959 correspondent à la première étape de la Ve République, et surtout au retour du général de Gaulle. Le paradoxe étant que l’Algérie française l’a porté au pouvoir et qu’il l’a rendue indépendante, au grand désarroi de ses plus proches compagnons.

 

POLITIQUE EUROPÉENNE

Jean-Claude Trichet, « Un succès historique : l’euro »

Lorsqu’on lit certains travaux académiques et des articles signés par des institutions financières et des participants du marché qui n’appartiennent pas à la zone euro, la présentation qu’ils font de l’euro est souvent négative. Les résultats économiques de la monnaie unique auraient été médiocres, particulièrement en comparaison des États-Unis. L’euro et la zone euro ne seraient pas soutenus par l’opinion publique des pays membres. La confiance dans le projet européen aurait diminué au cours de ces dernières années, ce qui rendrait très difficile la mise en œuvre des réformes indispensables au succès de l’euro. En somme, l’avenir serait sombre et la question de l’existence même de la monnaie unique et de la zone euro serait plus actuelle que jamais. Il s’agit d’une vision erronée qui ne rend pas compte de la réalité.

Benoît Pellistrandi, « Récits de la démocratie espagnole »

La Constitution espagnole fête ses quarante ans. Ratifié par le référendum du 6 décembre 1978, ce texte né du consensus politique de la Transition démocratique a donné à l’Espagne les années les plus brillantes de son histoire contemporaine. Tel était le discours général en 1998, pour ses vingt ans, et peut-être encore en 2008 alors que, déjà, la crise économique et sociale commençait d’ébranler les certitudes des Espagnols. Aujourd’hui, dans un pays marqué par les effets de la « Grande Dépression », la recomposition accélérée de son système des partis et par la crise sécessionniste catalane, le consensus de la Transition a volé en éclats. L’Espagne est désormais accusée de tous les maux : un système politique vérolé par la corruption, une économie déséquilibrée et peu compétitive, une démocratie imparfaite. Comment est-on passé de la success story espagnole à un sentiment de crise généralisé, voire à l’idée d’un épuisement du système politique ?

 

POLITIQUE MONDIALE

Jean-Marie Guéhenno, « Le brouillard de la paix »

Jean-Marie Guéhenno a exercé de grandes responsabilités aux Nations unies. Il a publié à la Brookings Institution de Washington des souvenirs et des observations concernant les interventions internationales pour le maintien de la paix. Inversant la célèbre formule de Clausewitz,  il les a intitulés The Fog of Peace. Son expérience et l’extrême qualité de son ouvrage nous ont conduits à lui demander l’autorisation d’en traduire et d’en publier l’épilogue.

Nicolas Normand, « Le Sahel peut-il retrouver la paix ? »

Six ans après une rébellion touarègue et une offensive djihadiste au nord du Mali, l’insécurité s’est étendue à de nouvelles régions, au Mali même, « homme malade » du Sahel, mais aussi dans les pays avoisinants, malgré l’intervention armée de la France et la mobilisation de la communauté internationale. Il semble donc nécessaire de tirer les leçons de cette expérience apparemment peu concluante et, pour l’avenir, de se demander s’il est possible de mieux faire.

 

HISTOIRE

Yann Fauchois, « François Furet et l’énigme révolutionnaire »

En 1858, Alexis de Tocqueville écrivait à Louis de Kergorlay : « Indépendamment de tout ce qui s’explique dans la Révolution française, il y a quelque chose dans son esprit et dans ses actes d’inexpliqué. Je sens où est l’objet inconnu, mais j’ai beau faire, je ne puis lever le voile qui le couvre. Je le tâte comme à travers un corps étranger qui m’empêche soit de le bien toucher, soit de le voir. » S’il existe dans l’œuvre de Tocqueville un hiatus entre son analyse de la France de Louis XVI et ses réflexions sur la période suivant l’avènement de Bonaparte, c’est peut-être parce qu’il s’est plus attaché à comprendre les causes et à dégager les résultats de la Révolution française qu’à examiner l’événement lui-même. Il a conceptualisé la continuité de l’histoire mais pas la rupture révolutionnaire. Il allait revenir à François Furet de reprendre le flambeau, de remplir la page laissée blanche par Tocqueville et de proposer une histoire de la Révolution qui concilie la continuité et la cassure.

 

ÉCONOMIE ET SOCIÉTÉ

Didier Maillard, « Réforme des retraites : poser les bonnes questions »

Le gouvernement français projette une grande réforme des retraites. Plusieurs raisons sous-tendent ce projet. Parmi celles-ci, on peut citer le poids croissant des dépenses de pensions, qui sont pour l’essentiel en France des dépenses publiques. On peut citer également la volonté de répondre à un possible sentiment d’injustice dans la population, au regard d’un foisonnement des régimes de retraite, chacun ayant ses propres règles. La réforme s’inscrit aussi dans le souhait de garantir la pérennité des régimes.
Il ne fait guère de doute que le grand projet se heurtera à de grandes résistances, et il est difficile de prévoir ce qui ressortira des conflits et négociations à venir. Le but visé par cet article est de décrire aussi objectivement que possible l’état des lieux et la manière dont les dispositifs existants ou à venir répondent aux objectifs d’un système de retraites.

Ambroise Laurent, « Dix ans après la crise… menace ! »

L’année des commémorations s’achève. Entre celles des événements de mai 68 et de l’armistice de novembre 1918, nous avons eu en septembre celle de la faillite de Lehman Brothers qui a donné lieu à quantité de débats sur les causes, les responsabilités et les conséquences de la crise financière qui a marqué toute la décennie 2008-2018. Mais, comme nous ne faisons que sortir de ce profond séisme, les commentateurs n’ont pas fait état du même recul que celui qui a prévalu dans l’analyse des deux autres événements précités.

 

IDÉES

Michel Zink, « Sur René Girard »

Notre ami Michel Zink, qui appartient à notre conseil de rédaction, a été élu à l’Académie française. Il succède à René Girard et il occupe donc « le 37e fauteuil qui fut successivement celui du cardinal Tisserant, du cardinal Daniélou, du R. P. Carré, et dont, si l’on remonte le cours des âges, le deuxième occupant fut Bossuet ». Selon la tradition, Michel Zink, le jeudi 18 octobre, a prononcé l’éloge de son prédécesseur. Il a bien voulu, et nous l’en remercions vivement, nous autoriser à publier cet éloge qui concerne une œuvre importante de notre époque dont il a souvent été question dans notre revue.

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Découvrez l'intégralité du n° 164 en librairie et sur notre site dès le jeudi 6 décembre.

À lire gratuitement dans le n° 163, automne 2018

Benoît d’Aboville, « Bataille diplomatique autour de la dissuasion »

Le 26 décembre 1954, Pierre Mendès France convoque au Quai d'Orsay les principaux responsables du programme nucléaire français. Bien qu'il s'en soit défendu ultérieurement, cette réunion marqua le début de l'engagement gouvernemental en faveur de l'option nucléaire militaire. En 1974 à Ottawa, les alliés reconnaissent, lors de la réunion du Conseil de l'Atlantique nord (25e anniversaire de l'Alliance), le rôle dissuasif propre des forces nucléaires française et britannique. De la contestation du principe même d'une force nucléaire indépendante on en est venu finalement à son acceptation. La contribution des savants, des ingénieurs et des industriels à la constitution de la force de dissuasion est aujourd'hui bien connue. Il n'en est pas de même du rôle de la diplomatie et des diplomates, car cette politique, par les réactions qu'elle a suscitées, a constitué un élément clé de nos relations avec les États-Unis, avec nos partenaires européens et avec tous nos alliés au sein de l'OTAN. [Lire la suite]

Jacques Tournier, « La politique française de défense. Enjeux et perspectives »

La France doit au général de Gaulle les principes qui, depuis plus de cinquante ans, fondent sa politique de défense. Celle-ci a été conçue pour donner à notre pays une souveraineté de décision et d'action dont l'enjeu ultime touche à sa capacité d'exister en tant que nation libre. Sa mise en œuvre s'est opérée au prix d'un effort financier considérable visant à nous doter d'un outil de défense aux performances opérationnelles du meilleur niveau, et dont le développement autonome supposait également celui d'une puissante base industrielle et technologique qui en est devenue une composante majeure. Les évolutions du contexte international et des menaces auxquelles la France est confrontée ont conduit, au fil du temps, à en infléchir les orientations stratégiques initiales, entraînant des transformations régulières de l'outil militaire et sa constante modernisation en relation avec le progrès des technologies. Aussi, au moment où la combinaison d'une revue stratégique et d'une nouvelle loi de programmation militaire en a arrêté les orientations pour les années à venir, il convient de situer la politique de défense française par rapport à cet héritage dans lequel elle s'inscrit. [Lire la suite]

 

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