Logo
Au cœur du numéro 174 (III)

La lettre du vendredi 9 juillet 2021

Le numéro 174 Été 2021 de Commentaire est disponible en kiosque, en librairie et sur notre site. Aujourd'hui, nous poursuivons la découverte de ce numéro avec une nouvelle sélection d'articles portant sur des sujets variés : la Banque centrale européenne, Fénelon, Heidegger, le néolibéralisme, Alexandre, l’identité, les « violences policières », l’hôpital et l’écriture inclusive. Comme on a dit : Mieux vaut savoir un peu sur tout, que tout sur peu.

image

Améliorer la responsabilité de la Banque centrale européenne

Jean-Claude Trichet

image La question de la responsabilité d’une Banque centrale vis-à-vis de la sphère politique dans une démocratie est l’une des plus débattues aujourd’hui. L’une des raisons en est la généralisation du concept d’indépendance des Banques centrales qui a caractérisé les trente dernières années. [Lire l’article]

 

Fénelon et l’éducation d’un prince

Marc Fumaroli

imageLes Éditions de Fallois et les Éditions des Belles Lettres publient le dernier livre de Marc Fumaroli : Dans ma bibliothèque. La guerre et la paix (Préface de Pierre Laurens, 420 pages, 2021). Livre émouvant, parce qu’il est posthume, parce qu’il est inachevé, admirable parce qu’il contient les méditations des dernières années de sa vie et l’espoir presque réalisé, si longtemps caressé, d’écrire tout un ouvrage sur le comte de Caylus et un autre sur Fénelon, personnages aux œuvres desquels il portait comme une dévotion et dont il abreuvait ses amis dans les longues conversations qu’il aimait poursuivre le soir. [Lire l’article]

 

Sur Koinon de Martin Heidegger

Hubert Carron

image Les éditions Gallimard poursuivent la publication en français de l’édition intégrale des œuvres de Martin Heidegger. Le tome 69 doit paraître prochainement dans une traduction due à Pascal David et Hubert Carron. La deuxième partie du livre contient deux essais importants (rédigés en 1939-1940), regroupés sous le titre Koinon (terme grec que l’on traduit habituellement par « commun »), dans lesquels Heidegger livre une analyse originale du « communisme » à la lumière de la métaphysique : « Le “communisme” n’est pas une simple forme que revêt un État, ni non plus une variété dans l’éventail des conceptions politiques du monde (Weltanschauung), c’est bien plutôt le cadre métaphysique dans lequel se trouve l’humanité moderne sitôt que les Temps modernes sont engagés dans la dernière phase de leur accomplissement » Hubert Carron, qui est l’un des traducteurs de ce livre, a bien voulu nous confier cette analyse du Koinon. [Lire l’article]

 

Walter Lippmann et John Dewey
Deux « nouveaux libéralismes » en conflit

Barbara Stiegler

image En 1937, Walter Lippmann, un grand publiciste américain, , publia un livre important, The Good Society. Le succès de ce livre aux États-Unis et en Angleterre offrit l’occasion à Louis Rougier d’organiser avec Walter Lippmann, à Paris en 1938, un colloque international auquel participèrent, entre autres, , du côté français : Raymond Aron, Étienne Mantoux, Robert Marjolin et Jacques Rueff. Ce symposium, connu comme « Le colloque Lippmann », popularisa l’expression « néolibéralisme ». Depuis, ce concept ressurgit périodiquement pour désigner des réalités sociales, économiques ou politiques vagues, changeantes et différentes entre elles.

Rappelons deux simples précautions. La première est que depuis la guerre mondiale de 14-18, en français et en anglais, les termes « libéral » et « liberal » n’ont pas tout à fait le même sens. C’est regrettable (car on traduit presque toujours l’un par l’autre), mais c’est ainsi. Il faut donc faire attention quand on les emploie pour dire ce que pense un Français ou un Anglo-Saxon quand il utilise ce vocable ou quand on lui en prête l’usage. La seconde précaution consiste à se souvenir que dans les années 1920 et 1930 la démocratie libre et représentative avait largement reculé dans le monde : en Russie, en Italie, au Japon, en Allemagne, en Espagne et dans beaucoup d’autres pays. Il faut se souvenir aussi que la guerre de 14-18 eut des effets économiques considérables, notamment en matière monétaire et financière, et que la grande crise de 1929 déprima l’activité, augmenta le chômage et désorganisa les échanges internationaux. Quand cette expression de « néolibéralisme » fut inventée et utilisée, elle avait un sens général : réorganiser l’économie et les échanges, sortir de la dépression, de l’inflation, des dévaluations (terme inventé en 1927) et de l’autarcie protectionniste en cherchant des formes nouvelles de liberté des marchés et de libre-échange et, parallèlement, redonner sa vitalité au libéralisme politique, le défendre et donc défendre les régimes démocratiques qui se définissent par la liberté des élections, la liberté d’opinion, la liberté d’expression, le respect des droits individuels et la séparation des pouvoirs. Dans ces régimes, l’esprit de la démocratie, le progrès technique et la croissance économique, au fil du temps, ont fait grandir le rôle de l’État, de l’impôt et des systèmes sociaux sans mettre en cause les principes : dans l’ordre économique, les principes de la propriété et du marché, mais en acceptant la transformation de leurs modalités ; dans l’ordre politique, les principes qui distinguent les régimes libéraux des régimes autoritaires, tyranniques ou totalitaires.

Le libéralisme, avec ses deux faces liées entre elles, la face politique et la face économique, constitue un corps de pensée, qui n’a jamais été un dogme ou une doctrine unifié et intangible. Il existe quant aux modalités, mais pas quant aux principes, presque autant de libéralismes que d’auteurs ou de philosophes libéraux. Ce corps de pensée a évolué, car, comme a dit Keynes, qui en Angleterre se considérait comme « liberal » et non comme socialiste : « quand les faits changent, la théorie change ». Ces évolutions ont été critiquées, appréciées ou contestées dans un débat permanent. Il n’existe pas une idée pure et permanente appelée « libéralisme », pas plus qu’il n’existe une idée pure et permanente du « néolibéralisme ».

À chaque occasion, avant d’utiliser ces mots, mieux vaut-il préciser de quoi l’on parle. C’est en prenant ces précautions qu’il faut lire l’article qui suit et qui concerne deux grandes figures intellectuelles américaines du xxe siècle : un philosophe important : John Dewey (1859-1952) et un grand essayiste, Walter Lippmann (1889-1974), qui ont réfléchi sur leur temps et sur l’histoire, et qui, l’un et l’autre, méritent d’être connus et étudiés en France et en Europe. [Lire l’article]

 

Le pouvoir d’Alexandre et ses limites
L’agôn de l’Hyphase

Olivier Battistini

image Alexandre appartient à un monde aristocratique où les rois sont choisis, pour leur valeur au combat et pour leur mérite, par les acclamations du peuple en armes, l’Assemblée des Macédoniens, le to koinon Makedonôn. Sur les rives de l’Hyphase, en 326, l’Assemblée des hommes en armes refuse de continuer plus avant…. [Lire l’article]

 

Identités mélancoliques

Claude Arnaud

image Claude Arnaud publie, chez Grasset, Le Mal des ruines. Au cours d’une conversation cet automne à propos de ce livre, il expliquait comment ses identités se partageaient et coexistaient. Il a bien voulu envisager de publier dans Commentaire un des chapitres du livre qu’il allait donner à son éditeur. [Lire l’article]

 

Lettre à un ami sur les violences policières, la dérive autoritaire et la démocratie

André Perrin

image André Perrin s’interroge, dans une lettre à un ami, sur la question des « violences policières » et sur ce que les controverses dont celles-ci sont l’objet nous disent de la démocratie française. [Lire l’article]

 

Je pique !

Victor Erofeev

image Victor Erofeev est un grand écrivain russe qui veut bien, à la plus grande satisfaction de nos lecteurs, que nous traduisions et publiions ses chroniques. Il est revenu en France où il a souvent vécu, où il compte des amis et des admirateurs. Hélas, au moment de quitter Paris, pour retrouver Moscou, il s’est trouvé malade et il a été hospitalisé. Voici la chronique d’un Russe confiée à nos soins. [Lire gratuitement l’article]

 

La terreur dans les lettres

Victor Véore

image Nous avons reçu d’un étudiant de première année à Sciences Po une lettre accompagnée d’un projet d’article. Il nous apprenait que lors d’un examen de deuxième année l’usage de l’écriture inclusive avait été recommandé par le professeur chargé du cours et assorti d’un bonus dans la notation des copies, pour ceux qui se plieraient à cet usage. Aucun d’entre nous ne connaissait notre correspondant et l’information nous a surpris.

Il nous écrit : « Derrière le débat sur l’écriture inclusive se cache un rapport de force, une passion qui nie la raison et se justifie par ce qu’elle prétend défendre. La situation constatée plusieurs fois à Sciences Po est révélatrice de ces méthodes malsaines. » Et il ajoute : « Les jeunes gens oublient souvent de regarder leur avenir à la lumière du passé, mais le futur arrogant n’est pas un futur éclairé. »  [Lire l’article]

 

Revue de presse en accès gratuit

 

image

Ouvrons cette revue de presse sur un texte de Philippe Raynaud, bien utile pour méditer cet été sur la politique et sur la liberté dans les temps difficiles que nous traversons. Il cite ce passage prophétique de Tocqueville : « À mesure que les citoyens deviennent plus égaux et plus semblables, le penchant de chacun à croire aveuglément un certain homme ou une certaine classe diminue, la disposition à en croire la masse augmente et c'est de plus en plus l'opinion qui mène le monde. » Comment dès lors garantir la liberté de l'esprit en démocratie ? Aron a défini la meilleure voie : il ne suffit pas d'affirmer les droits du citoyen, ni d'obéir aveuglément à l'opinion majoritaire, il faut, pour juger la politique et pour agir, rechercher dans le monde et la société tels qu'ils sont ce que les politiques qui gouvernent peuvent raisonnablement faire.

À cet égard, la crise que vient de connaître les États-Unis, avec Trump et la fin de son mandat, nous fait retenir deux textes. L'un de William Kristol. Il vient du Parti républicain, mais il pense que Trump a été un président désastreux pour la démocratie et pour l'Amérique, que le prosaïque Biden liberal « direct et sans sophistication », pas woke pour un sou, pourra assurer à sa présidence un succès raisonnable. Le second texte, d'un jeune historien américain, Daniel N. Gullotta, porte sur les relations entre les présidents américains et les historiens, sur leur souci de l'histoire. Le rapport à l'histoire n'était pas le souci de Trump. On souhaiterait que ce soit le souci du président Macron.

Ce qui nous conduit à retenir plusieurs articles sur la France. Philippe d'Iribarne montre que la France et l'Europe, face à l'islamisme, devront affirmer clairement que la liberté de conscience concerne exclusivement la dimension spirituelle de l'existence et non l'imposition d'un ordre social et politique. Affirmation qui, comme le montre Adrien Louis, exige plus de profondeur et de vigueur que de se borner à diffuser aux écoliers des caricatures pour leur apprendre la liberté d'expression.

La parution de ce numéro de Commentaire vient quelques jours avant les élections départementales et régionales. Nos lecteurs, comme tous les électeurs, s'interrogent sur la façon dont les candidats et les partis répondent aux difficultés françaises. Philippe Raynaud, dans le second article de lui que nous retenons, considère que la ligne fixée par le Président Macron est plus claire et plus nette qu'on ne l'admet dans les médias.

Quittons les démocraties et regardons vers l'est. Françoise Thom montre comment désamorcer la question russe. Johanna Hosa avec Tara Varma étudie les implications du vaccin russe pour la souveraineté sanitaire de l'Europe. Le régime russe est ainsi fait que tout ce qu'il dit et propose ne doit pas être pris à la lettre, mais considéré politiquement !

Philippe RAYNAUD, L'esprit libre en politique

William KRISTOL, Liberal mais pas woke

Daniel N. GULLOTTA, Les historiens des présidents

Philippe D'IRIBARNE, Un projet de loi

Adrien LOUIS, Montrer les caricatures, et après ?

Philippe RAYNAUD, La République en marche et la campagne des élections régionales

Françoise THOM, Désamorcer la question russe

Joanne HOSA et Tara VARMA, Les implications du vaccin russe pour la souveraineté sanitaire de l'Europe

*
*  *

À noter cet été 

que du 19 juillet au 16 août, Commentaire ne recevra ni courrier ni livraison de colis. Pendant cette période, vous pouvez nous joindre par téléphone et mail (infos@commentaire.fr).


Pour la souscription ou le renouvellement d’abonnement, nous vous remercions de privilégier l’achat dans notre boutique en ligne : https://www.commentaire.fr/boutique/abonnement avec un règlement sécurisé par carte bancaire.

*
*  *

image

Retrouvez dès demain en direct et sur le site de Radio Classique l'émission de Jean-Claude Casanova et Jean-Marie Colombani.
Voici le lien : Radio Classique

 

*
*  *

Découvrez l'intégralité du numéro 174 Été 2021
sur notre site internet
LIEN COMMENTAIRE

image

Commentaire est une revue fondée par Raymond Aron et dirigée par Jean-Claude Casanova, Philippe Raynaud et Philippe Trainar
116, rue du Bac 75007 Paris – ISSN 0180- 8214
Copyright © 1978-2021 Commentaire - Tous droits réservés
Si vous ne souhaitez plus recevoir cette newsletter, désabonnez-vous en suivant ce lien pixel