Au cœur du numéro 170

La lettre du vendredi 19 juin 2020

Le numéro 170 de Commentaire vient de paraître. Il aborde de nombreux sujets. Continuons d’en donner un aperçu.

François Hollande en quelques dates

Bernard Poignant

Membre du Parti socialiste depuis longtemps, ancien maire de Quimper, longtemps député à l’Assemblée nationale, ancien parlementaire européen, ami de François Hollande, Bernard Poignant a appartenu à son cabinet. Il revient ici sur le quinquennat de François Hollande, pour répondre à une seule question. Pourquoi François Hollande est-il le seul des présidents de la République à n’avoir pu se représenter pour un second mandat, alors qu’il le souhaitait ? Bernard Poignant répond à cette question, sans apprêt, avec clarté et franchise. [Lire l'article]

 

Patrick Devedjian (1944-2020)

Jean-Louis Bourlanges

La fin tragique de Patrick Devedjian nous a tous bouleversés. Il fut le premier maire de France à inaugurer, à Antony, une rue portant le nom de Raymond Aron. Il aimait le droit, les arts et les lettres. En politique, il était déterminé et avisé, et aussi, trait rare, profondément et absolument courageux. Nul mieux que Jean-Louis Bourlanges, à qui le liait une fraternelle amitié, ne pouvait exprimer en notre nom, à Sophie et à ses enfants, toute notre peine, à nos lecteurs notre fidélité à sa mémoire. [Lire l'article]

 

La peste noire de 1348-1350
L’événement le plus important du xive siècle

Yves Renouard

Événement sanitaire mondial le plus grave depuis la grippe espagnole de 1918, la pandémie de coronavirus va sans doute provoquer des évolutions majeures. Il n’est donc pas indifférent de lire les analyses proposées, en 1948 et 1950, par le doyen Yves Renouard, à l’occasion du sixième centenaire de la peste noire de 1348, fléau qui a profondément marqué l’histoire de l’humanité occidentale. [Lire gratuitement l'article]

 

Un moment protestant ?
Les débuts de la IIIe République

Laurent Theis

Aux débuts de la Troisième République, une génération de protestants, née sous la monarchie constitutionnelle, devait se distinguer pendant environ vingt-cinq ans. Occupant une place sans proportion avec son effectif réel, elle contribua très largement à installer la République. [Lire gratuitement l'article]

 

Souvenirs de la IIIe République (I)

Charles Pomaret

Un jour, un libraire d’anciens annonçait sur son catalogue un manuscrit intitulé Ceux que j’ai connus, par Charles Pomaret qui fut le major de sa promotion au Conseil d’État et l’avant dernier ministre de l’Intérieur de la IIIème République. Il avait connu Vincent Auriol, Louis Barthou, Léon Blum, René Coty, Paul Doumer et bien d’autres. Qui aime l’histoire politique ne pouvait résister à la tentation. Il s’agissait d’un texte inédit. Commentaire, pourrait donc en publier des extraits : ceux concernant Caillaux, Blum, Barthou ou celui sur le pauvre Doumer, d’autres aussi, car rien ne vaut l’appréciation d’un homme politique sur ses collègues, si celui qui les apprécie est perspicace. [Lire l'article]

 

Retour sur l’affaire Polanski en cinq questions

André Perrin

Le scandale déclenché par l’attribution du César de la meilleure réalisation au film J’accuse de Roman Polanski soulève toute une série de questions, les unes d’ordre juridique, les autres d’ordre philosophique ou moral. Ces questions ont été posées dans un climat qu’on peut, sans exagération, qualifier de passionnel et ont suscité des réponses volontiers péremptoires formulées, parfois, dans un langage outrancier. On s’efforcera ici de formuler les premières de façon plus rationnelle et les secondes sur un mode plus réfléchi. [Lire l'article]

 

Et Dieu mettra un nouveau masque stérile…

Viktor Erofeev

Nos lecteurs connaissent l’important écrivain russe Viktor Erofeev, notamment ses livres dont beaucoup ont été traduits en français. Signalons le dernier publié : L’Encyclopédie de l’âme russe (Nouvelles Éditions Place, 2018). Rappelons aussi que nous avons déjà publié trois articles de lui ces trois dernières années (voir nos numéros 158, 161 et 166). Il a bien voulu nous adresser de Moscou au début d’avril le brillant essai sur la pandémie que l’on va lire. [Lire l'article]

 

Le coronavirus n’est pas sans papiers

Gil Delannoi

Les mondialisateurs l’affirmaient, les mondialisés le croyaient, plus ou moins. Enfin c’est fait. Connexion, délocalisation, désindustrialisation, bourses et marchés, consommations, chaînes de production, tourisme de masse, media sans frontière, organisations planétaires, campus et colloques n’avaient fait que l’approcher, propager, promettre et vanter. Un être microscopique l’a fait… [Lire l'article]

 

Lectures pour temps d’épidémies

Guy Berger

À l’intention des membres de la Société des amis de Chateaubriand, pour les réconforter et rester en relation avec eux, j’ai recensé à partir de leur écrivain de prédilection quelques lectures classiques. Je suis heureux de partager ces quelques suggestions avec les lecteurs de Commentaire. Ces lectures leur permettront de relativiser notre infortune présente et de percevoir que le monde moderne a, tout de même, quelques avantages. [Lire l'article]

 

L’art des bulles ?

Béatrice Majnoni d’Intignano

Tout se ferme : les musées, les galeries et les salles de ventes, toutes les références financières et culturelles.... Les foires d’art contemporain, où s’expriment les tendances, sont repoussées à septembre ou décembre. Comment réagira le monde de l’art contemporain ?  [Lire l'article]

 

« Nous pouvons perdre l’Ukraine »

Philippe de Lara

La violence du régime soviétique est le plus souvent associée au goulag et à la terreur. La famine est pourtant aussi emblématique. De 1917 à 1947, l’URSS aura subi trois grandes famines dues à la politique du régime. La plus meurtrière survient à la suite de la collectivisation de l’agriculture lancée en 1929 : la famine tue 7 millions de personnes en deux ans (1931-1933), pour la plupart des paysans. Toutes les régions de l’URSS sont frappées. Mais ce n’est pas tout. À partir de novembre 1932, Staline déclenche en Ukraine une famine dans la famine : il s’agit désormais d’affamer pour punir et non plus d’affamer pour réquisitionner. [Lire l'article]

 

Le fou d’amour et le prix Nobel

Pierre Rigoulot

La publication de la correspondance entre Panaït Istrati et Romain Rolland par les éditions Gallimard nous permet de revenir sur la figure quelque peu oubliée de Panaït Istrati, romancier roumain lyrique, et même exalté, des années 1920 et 1930. Romancier, mais aussi personnalité engagée – pour reprendre ses propres termes – dans la dénonciation des tares de notre société, de ses riches profiteurs et de ses égoïstes fermés aux malheurs des autres. [Lire l'article]

 

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Parmi les citations de ce numéro :

L’unité élective a ce double danger pour la liberté que si l’individu revêtu de la puissance n’a pas l’opinion pour lui, il est trop faible, et qu’il est trop fort si l’opinion est en sa faveur. Aussi, tandis qu’un monarque héréditaire relève sa puissance et sa gloire en entourant ses agents de considération, parce qu’il n’a nulle concurrence à craindre, l’homme revêtu d’un pouvoir électif unique est obligé d’avilir ses instruments, pour qu’ils ne deviennent pas ses rivaux.

Benjamin Constant

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Notre libéralisme français, croyant tout expliquer par le despotisme, préoccupé exclusivement de liberté, considérant le gouvernement et les sujets comme des ennemis naturels, est en vérité bien superficiel. Persuadons-nous bien qu’il ne s’agit pas de liberté, mais de faire, de créer, de travailler. Le vrai trouve toujours assez de liberté pour se faire jour, et la liberté ne peut être que préjudiciable, quand ce sont des insensés qui la réclament. Elle n’aboutit qu’à favoriser l’anarchie, et n’est d’aucun usage pour le progrès réel de l’humanité. Qu’un commissaire de police s’introduise dans une salle où quelques têtes faibles et vides échauffent réciproquement leurs passions instinctives, nous jetons les hauts cris, la liberté est violée. Croyez-vous donc que ce seront ces pauvres gens qui résoudront le problème ? Nous usons de la force pour conserver à tous le droit de radoter à leur aise ; ne vaudrait-il pas mieux chercher à parler raison et enseigner à tous à parler et à comprendre ce langage ? Fermez les clubs, ouvrez des écoles, et vous servirez vraiment la cause populaire.
[…] La liberté de l’enseignement est une absurdité, au point de vue de l’enfant. Car l’enfant, acceptant ce qu’on lui dit, sans pouvoir en faire la critique, prenant son maître non comme un homme qui dit son avis à ses semblables afin que ceux-ci l’examinent, mais comme une autorité, il est évident qu’une surveillance doit être exercée sur ce qu’on lui enseigne et qu’une autre liberté doit être substituée à la sienne pour opérer le discernement. Comme il est impossible de tracer des catégories entre les adultes, la liberté devient, en ce qui les concerne, le seul parti possible. Mais il est certain qu’avant l’éducation du peuple, toutes les libertés sont dangereuses et exigent des restrictions. En effet, dans les questions relatives à la liberté d’exprimer sa pensée, il ne faut pas seulement considérer le droit qu’a celui qui parle, droit qui est naturel et n’est limité que par le droit d’autrui, mais encore la position de celui qui écoute, lequel n’ayant pas toujours le discernement nécessaire est comme placé sous la tutelle de l’État. C’est au point de vue de celui qui écoute et non au point de vue de celui qui parle que les restrictions sont permises et légitimes. La liberté de tout dire ne pourra avoir lieu que lorsque tous auront le discernement nécessaire, et que la meilleure punition des fous sera le mépris du public.

Ernest Renan

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