Au cœur du numéro 169

La lettre du vendredi 13 mars 2020

Le numéro 169 de Commentaire vient de paraître. Il aborde de nombreux sujets. Continuons d’en donner un aperçu.

 

 

L'Allemagne en surfusion

Georges-Henri Soutou

Depuis le xixe siècle, l'Allemagne a longtemps cherché sa voie, entre les différentes idéologies et les différents types de régimes politiques imaginés depuis le xviiie siècle, du libéralisme au communisme en passant par les différents modèles, monarchique, républicain, autoritaire ou totalitaire. L'Allemagne a été un extraordinaire laboratoire politico-idéologique, et à mon avis elle est en train de le redevenir. Peut-être sommes-nous entrés dans le temps des incertitudes et des recompositions ? [Lire la suite]

 

La Pologne en Europe : notable ou rebelle ?

Cyrille Bret

Devenue en une décennie un acteur incontournable de l’économie et de la politique, la Pologne a encore à choisir son identité politique au sein de l’Union. D’un côté, son peuple est résolument européen. Mais, d’un autre côté, son atlantisme radical, son attachement sourcilleux à la souveraineté nationale lui donnent un statut de rebelle que le parti au pouvoir cultive mais qui la marginalise politiquement. [Lire la suite]

 

Lettre à Maritain et à Mauriac

Joseph Czapski

Joseph Czapski (1896-1993) était issu d'une famille aristocratique. Il naquit à Prague, vécut son enfance en Biélorussie et fit ses études à Saint-Pétersbourg. En 1919-1920, officier de la nouvelle armée polonaise il participa en la guerre contre les bolchéviques, puis alla étudier à Paris. En 1939, il rendossa l'uniforme polonais et fut fait prisonnier par les Soviétiques. C'est au Goulag qu'il écrivit son admirable Proust contre la déchéance. Après que l'Allemagne eut attaqué l'URSS en juin 1941, Staline créa l’armée du général Anders, elle quitta la Russie par l'Iran et rejoignit les troupes alliées pour participer à la campagne d'Italie. Anders avait confié à Czapski l'hebdomadaire Orzel Bialy (L'Aigle blanc). C'est dans cet organe qu'il publiera en français le 5 octobre 1944 la lettre ouverte à Jacques Maritain et à François Mauriac qu'on va lire. En juillet 1944, les Russes avaient atteint les faubourgs de Varsovie et les Allemands commençaient à évacuer la ville. Le général polonais Bor-Komorowski donna le 1er août 1944 l'ordre de lancer les opérations. L'armée de l’intérieur (AK) n'avait que quatre jours de munitions et ne pouvait l'emporter sur la Wehrmacht qu'avec un soutien extérieur, qui ne vint pas. Après une soixantaine de jours de combats, les derniers soldats de l'AK se rendirent. Le bilan fut terrible : 200 000 victimes civiles (dont 50 000 fusillés), 20 000 morts du côté de l'AK, et Varsovie en cendres. Ni Maritain ni Mauriac ne réagiront publiquement à cette lettre ouverte. [Lire la suite]

 

Afrique de l'Ouest : la fin du franc CFA

Patrick Guillaumont
Sylviane Guillaumont Jeanneney

Le samedi 21 décembre 2019, le président de la République française et le président de la Côte d'Ivoire réunis à Abidjan à l'occasion de la visite du premier ont ensemble annoncé la fin du franc CFA et son remplacement par l'éco. Ce changement présenté comme historique par les deux présidents, mais cosmétique par certains de leurs opposants, était attendu. Le franc CFA avait assuré la stabilité monétaire, tout en permettant la croissance, mais une page politique devait être tournée. Pour en garder les bénéfices, il fallait en changer la perception politique. Il fallait le purger de ce qui nourrissait critiques et fantasmes, tout en le situant dans une perspective régionale élargie. [Lire gratuitement la suite]

 

À la croisée des chemins : Buber et le sionisme

Cédric Cohen Skalli

Les pages qui suivent proposent au lecteur de revenir sur deux débats intellectuels très riches que le jeune et brillant Martin Buber (1878-1965) mena contre le leader sioniste Max Nordau (1849-1923) et le philosophe Hermann Cohen (1842-1918) au tournant du xxe siècle et au milieu de la Première Guerre mondiale. Ces deux joutes menées par Buber éclairent rétrospectivement les premiers contours de l'espace politique israélien et contiennent en creux certaines impasses à venir. [Lire la suite]

 

L’utopie républicaine

Dominique Schnapper

La démocratie dans son fonctionnement quotidien évoque une médiocrité mélancolique et ennuyeuse. Les responsables politiques répondent pauvrement aux espoirs que la promesse républicaine a suscités lors de sa naissance. Donner le même poids civil, juridique et politique à tous les citoyens, quels que soient leurs mérites et leurs qualités, respecter les procédures lentes et formelles par lesquelles l'ensemble des institutions politiques organisent la vie collective n'est ni romantique ni poétique ni enthousiasmant. Pourtant, contrairement à cette image, la démocratie nourrit une utopie qui la rend particulièrement vulnérable et l'expose à une critique constante et justifiée. Elle se donne un idéal irréalisable. [Lire la suite]

 

Utopie noire

Jean-Claude Casanova

L'utopie est un état des choses qui ne se rencontre en aucun lieu. On peut l'imaginer mentalement et le comparer avec un état effectif, actuel ou passé, pour en mesurer le bien et le mal. On peut l'imaginer de deux manières : en idéalisant, en peignant en rose, c'est l'utopie optimiste ; ou, au contraire, en noircissant, en dépréciant, c'est l'utopie noire ou pessimiste qui imagine une situation pire que celle qui existe. La critique, sous-jacente, exprime la condamnation du présent. On invente un monde plus terrible, plus oppressant, plus cruel, que celui que l'on désigne. Disons que l'utopie noire, par un humour grinçant ou par une dérision menaçante, dénonce et condamne. Ainsi Swift, Orwell et l’Abbé Morellet dont il est question ici. [Lire la suite]

 

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Commentaire est une revue fondée par Raymond Aron et dirigée par Jean-Claude Casanova, Philippe Raynaud et Philippe Trainar
116, rue du Bac 75007 Paris – ISSN 0180- 8214
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