Au cœur du numéro 160

La lettre du vendredi 12 janvier 2018

Notre numéro 160 revient sur des thèmes de réflexion chers à la revue. Ces articles partagent le sommaire avec d'autres articles, plus intimistes, que nos lecteurs liront également avec intérêt.
Jacques Rupnik aborde un sujet d'inquiétude : le libéralisme en Europe de l'Est est loin d'être acquis ; Alain Besançon ouvre un débat sur l'état actuel de l'Église de France, débat qui sera prolongé dans notre numéro de juin ; André Comte-Sponville apporte une réponse à la question : peut-il exister une spiritualité sans croyance en un dieu ?
L'édition intégrale des Mémoires de Jean-François Revel vient de paraître chez "Bouquins". Nous laissons le soin et le plaisir à nos lecteurs de découvrir un inédit de Revel que Laurent Theis, qui a préparé l'édition de Robert Laffont, a bien voulu préfacer.
Enfin, François Furet est mort il y a vingt ans. Roland Hureaux avait participé à son séminaire à l'EHESS. Il nous livre ici quelques souvenirs.
Nous vous souhaitons une bonne lecture.

 

La crise du libéralisme en Europe centrale, Jacques Rupnik

En Europe centrale, l'émergence parallèle dans la dissidence des années 1970 et 1980 du libéralisme et de l'affirmation de l'appartenance culturelle à l'Occident a préparé la fin de l'Ancien Régime communiste. Les deux récits, le « moment Havel » et le « moment Kundera », se complétaient dans la résistance au totalitarisme et dans les « révolutions de velours » de 1989. Société ouverte et identité européenne allaient de pair. Un quart de siècle plus tard, force est de constater que les deux éléments, et surtout leur complémentarité, furent remis en cause. Entre « démocratie illibérale » et crispation identitaire face à la vague migratoire, la dérive autoritaire et souverainiste en Europe centrale révèle une cassure au sein de l'Union européenne. Au-delà de la division Est/Ouest ressuscitée, c'est la remise en question du libéralisme d'après-1989 qui mérite d'être analysée. Elle comporte des spécificités centre-européennes, mais la montée des populismes et le rejet du libéralisme sont aussi des traits partagés dans le reste de l'Europe. Lire la suite

 

Les voies de l'athéisme catholique, Alain Besançon

Cette réflexion sur l'état actuel de l'Église de France devait-elle être publiée ? Écrite rapidement, elle peut paraître – à l'auteur lui-même – schématique, caricaturale, voire provocatrice. Je l'ai déjà montrée à quelques personnes, dont des ecclésiastiques. Parmi ceux-ci, deux l'ont trouvée assez juste, moyennant nuances, compléments et corrections. Deux l'ont approuvée sans réserve. Je pense donc que ce texte, si imparfait soit-il, pourrait constituer une base de discussion.Je réponds à des soucis assez largement répandus chez les catholiques. Mais pas seulement chez ceux-ci, car ces affaires concernent, en fin de compte, les équilibres généraux, religieux ou autres, de notre pays. Commentaire espère donc, en ouvrant cette tribune, des réactions critiques venues de tous les horizons.Comme je l'espérais, des réponses me sont parvenues. Lire la suite

Existe-t-il une spiritualité athée ? André Comte-Sponville

Nous sommes tellement habitués, depuis vingt siècles d'Occident chrétien, à vivre dans des sociétés où la seule spiritualité socialement disponible était une religion (en l'occurrence le christianisme pour nos pays) qu'on a fini par croire que « religion » et « spiritualité » étaient synonymes – auquel cas mon titre serait non seulement paradoxal mais contradictoire. Si « spiritualité » n'était qu'un autre mot pour désigner la religion, au sens occidental du terme (comme croyance en un ou plusieurs Dieux), l'idée même d'une spiritualité non religieuse serait une contradiction dans les termes. Mais c'est bien sûr cette synonymie que je conteste. Lire la suite

Un inédit de Revel, Laurent Theis

Jean-François Revel

À la fin de mes Mémoires, Le Voleur dans la maison vide, je dis pourquoi j'envisage la possibilité d'ajouter un jour à ces souvenirs un complément, un « bada ». Ce dernier terme semblera énigmatique à quiconque n'a pas grandi à Marseille. Aussi expliqué-je dans cet ultime chapitre du Voleur qu'en « marsilhès » – variante phocéenne du provençal – « bada » désignait, à l'époque de mon enfance, le petit morceau supplémentaire que le marchand de glaces ambulant offrait gracieusement, en le posant au sommet du cornet qu'un gamin venait de lui payer cinq, dix ou vingt sous, selon le nombre de boules. Un glacier qui n'aurait pas « donné le bada » eût été considéré comme un pingre méprisable.

Roland Hureaux

Passant à Figeac cet été, je me suis souvenu que François Furet nous avait quittés dans cette ville il y a vingt ans, le 12 juillet 1997, à la suite d'un malheureux accident de tennis. J'avais eu le privilège de suivre son séminaire à l'École pratique des hautes études (VIe section) durant l'année 1969-1970.

Retrouvez l'intégralité du numéro sur notre site : www.commentaire.fr

Commentaire est une revue fondée par Raymond Aron et dirigée par Jean-Claude Casanova
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