Au cœur du n°172 (II)

La lettre du vendredi 18 décembre 2020

 

PERSÉVÉRER

La pluralité des revues est aussi nécessaire à la vie intellectuelle que la pluralité des partis à la vie politique ou celle des entreprises à la vie économique, parce que les idées sont diverses, parce que la compétition et la confrontation élèvent la réflexion et rendent chacun plus agile et plus rapide, parce que la diversité des points de vue rapproche de la vérité. Ce ne sont pas les seules raisons qui nous font regretter la disparition de deux revues : Le Débat que publiait Gallimard, sous la direction de Pierre Nora et de Marcel Gauchet, Histoire et liberté que dirigeait Pierre Rigoulot et que publiait l’Institut d’histoire sociale fondé par Boris Souvarine. Nous admirions leurs brillantes contributions, et elles étaient toutes deux, comme Commentaire, dévouées à la liberté de l’esprit. Nous ne doutons pas que ces amis continueront de s’exprimer et contribueront par d’autres voies à animer le débat intellectuel et politique. [...] Le recueillement et le silence ne sont pas compatibles avec la vie démocratique. Pour ces raisons, tant que tous nos lecteurs nous permettront de vivre, notre seul souci restera de nous améliorer et de persévérer. [Lire la suite]

Aujourd'hui, nous poursuivons la découverte du numéro 172/Hiver 2020-2021 avec une nouvelle sélection d'articles inédits.

France

Sur la France de 1940 à 1944

Raymond Aron

Nous avons choisi cette année un des derniers articles de la revue La France Libre, dont il était le rédacteur en chef à Londres). C’est sans doute un de ses plus beaux textes, pas seulement par la qualité du jugement historique et moral sur le présent, mais aussi parce qu’il rejoint et démontre ses analyses philosophiques de la décision politique toujours incertaine, telles qu’elles sont exprimées dans son ouvrage majeur : Introduction à la philosophie de l’histoire. [Lire l'article]

 

Bernanos et de Gaulle

François Sureau

Notre ami François Sureau, qui vient d’être élu à l’Académie française, publie chez Gallimard un maître livre : L’Or du temps (« Récit », 848 pages), dont il a bien voulu nous autoriser à publier des bonnes feuilles. Il a choisi avec nous ces pages sur Bernanos et de Gaulle qui conviennent particulièrement à cette fin d’année 2020. [Lire l'article]

 

Idées

Camus, Dostoïevski et le problème du mal

Antoine Antonini

Nous avons publié le premier article d’Antoine Antonini sur Albert Camus en 2018 (Commentaire, n° 161). Voici un autre article de lui tiré d’une conférence qu’il avait prononcée devant des étudiants il y a bien longtemps et que nous avions conservée précieusement. [Lire l'article]

 

Jean de Pange ou une vocation pour la tradition

 Henri de Montety

Jean de Pange (1881-1957) a fréquenté au long de sa vie des milieux très divers, de tous bords, de droite et de gauche, nationaliste ou fédéraliste. Il fut historien et publiciste. Il a poursuivi deux idées : d’une part, celle du sacre et de l’onction royale, d’autre part celle de la tension entre la volonté générale et le principe des nationalités, qu’il traita en l’appliquant au cas germanique. Dans son esprit, ces travaux relevaient de la morale et de la politique autant que des sciences historiques.. Son œuvre et sa personnalité, trop peu connues, méritent l’attention. [Lire l'article]

 

Religion et politique

L’Église et le politique : l’impossible amour

François Daguet

Les papes récents ont bien compris, et souvent dit à mots à peine voilés, que la civilisation chrétienne est morte, ce qui ne signifie pas que la religion chrétienne le soit. Mais cela conduit à reconnaître sans équivoque que l’époque contemporaine est pour l’Église celle du retour au porte-à-faux avec les sociétés dans lesquelles vivent les fidèles chrétiens. Pour ce corps politique d’un genre particulier, porteur d’une histoire bimillénaire, il n’y a pas là matière à être autrement surpris. En fait, les chrétiens conséquents se retrouvent aujourd’hui, dans le monde libéral, comme ceux des premiers siècles immergés dans le paganisme du monde romain. [Lire l'article]

 

Science et société

Science et politique : la preuve par l’absurde

Yves Bréchet

Yves Bréchet est membre de l’Académie des sciences, il a bien voulu introduire pour nos lecteurs l’article qui va suivre et qui émane du groupe de réflexion « La Tortue », formé de jeunes hauts-fonctionnaires, de membres des corps techniques de l’État, de jeunes entrepreneurs et de chercheurs. Ce groupe s’est attaché à une question : comment constituer et mettre à la disposition du gouvernement une structure capable d’analyses scientifiques approfondies utiles aux décisions politiques ? [Lire l'article]

 

La science peut-elle éclairer la décision publique ?

Louis de Crevoisier, Simon Matet et Paul Poupet

« Un principe nous guide pour définir nos actions [...] : c’est la confiance dans la science. » Ces propos du président de la République ont été prononcés lors de son allocution du 12 mars 2020 consacrée à l’épidémie de Covid-19. [Lire l'article]

 

Sur la recherche médicale. Leçons d’une expérience

Gérard Karsenty

« Ce serait folie de croire en la médecine si n’y pas croire en était une encore plus grande, car de cette succession d’erreurs sont nées quelques vérités. » Cette phrase lapidaire et pourtant si complète de Marcel Proust capture sans illusion, mais avec admiration la vérité quotidienne de la médecine, et elle va beaucoup plus loin. Pour qui est comme moi, médecin de formation et chercheur scientifique par profession, cette phrase parle autant à celui que je fus qu’à celui que je suis devenu. En effet, comme et peut-être plus que la médecine, la recherche scientifique progresse, en partie, d’erreur en erreur. Ce texte propose, pour moi d’abord je l’admets, mais aussi peut-être pour tous ceux qui se demandent ce qu’est la recherche scientifique et comment la définir, une définition particulière de la médecine. Cette définition, parce qu’elle est subjective et personnelle, n’est pas, je le sais bien, la seule possible pour cette profession nimbée de mystère et sujette à tant de fausses conceptions. On ne trouvera donc dans cet article ni jugement de valeur sur la recherche des deux côtés de l’Atlantique, ni tentative d’explication des différences entre les recherches fondamentales et scientifiques des États-Unis et de l’Europe. J’ai simplement cherché, en écrivant, à comprendre comment un médecin peut croire continuer à pratiquer la médecine quand les apparences disent le contraire. [Lire l'article]

 

Économie et pandémie

La gestion du risque dans la sphère publique

Patrick Thourot

Les catastrophes récentes conduisent à s’interroger sur l’opportunité d’accroître substantiellement la vigilance de la sphère publique (c’est-à-dire de l’État, des collectivités et des agences publiques, et d’autres) sur la prévision et la gestion des risques auxquels elle est exposée. Faut-il instituer une fonction d’analyse et de gestion de « risque public » ? Tout en sachant que la prévision est difficile, il est sans doute possible d’améliorer la prévention du risque, la réponse au risque ou sa gestion. Et passer ainsi du regret à la responsabilité. [Lire l'article]

 

Les classiques de la liberté

Benjamin Constant, heurs et malheurs
de la liberté des modernes

 Philippe Raynaud

Le cas de Benjamin Constant est emblématique de la difficulté de classer politiquement le libéralisme, dont la signification varie selon les périodes et les contextes. 1789 n’est pas 1848 comme la Terreur n’est pas Thermidor. Guizot se situa à droite sur l’échiquier politique de la monarchie de Juillet après avoir été nettement à gauche sous la Restauration. Le cas Constant, républicain d’esprit devenu monarchiste de raison, se complique en raison des évolutions complexes de l’intéressé, accusé d’opportunisme pour avoir cautionné le coup d’État du 18 fructidor puis celui du 18 brumaire avant de s’opposer à Bonaparte et se rallier à lui durant les Cent-Jours. Certes, Benjamin a pu donner l’impression d’être inconstant et la postérité ne lui a guère été favorable, alors que la pérennité de ses principes et de ses principales idées jure avec la sinuosité de son itinéraire. L’école libérale a salué en lui son maître à penser, irriguant principalement le courant orléaniste réformateur, demeuré puissant sous le Second Empire et au début de la IIIe République. C’est ce pragmatisme dans le choix du régime conjugué avec la fermeté de ses idées mères qui donne les clefs de son œuvre et permet de percer le mystère d’un de nos plus grands écrivains politiques.
Constant est une figure chère aux amis de Commentaire, et je suis donc heureux d’y publier ce texte. [Lire l'article]

 

Adieu à Marc Fumaroli

Nous pleurons Marc Fumaroli qui était né le 10 juin 1932 à Marseille et qui est mort le 24 juin 2020 à Paris. Il a honoré l’Université et les plus grandes institutions. Agrégé des lettres, docteur ès lettres, il a été professeur à la faculté des lettres de Lille, à la Sorbonne puis au Collège de France. Il était professor at large de l’université de Chicago, membre de l’Académie française et de l’Académie des inscriptions et belles lettres. Il a présidé la Société des amis du Louvre.
Pour nous, il était un des fondateurs de cette revue, un ami proche de plusieurs de ses animateurs, un de ses contributeurs les plus éminents et l’inspirateur de beaucoup de nos publications. Il ne souhaitait pas d’éloge ici, mais il souhaitait rester parmi nous en nous laissant ses écrits et son souvenir. Commentaire, avec quelques-uns de ses amis, Alain Besançon, Maxence Caron, Jean-Claude Casanova, Frédéric Cousinié, Benedetta Craveri, Pierre Manent, Philippe Raynaud, Jean Tulard, Michel Zink, lui dit adieu dans les pages qui suivent et qu’introduisent l’homélie qu’a prononcée le Père Armogathe, lors de ses obsèques.
Il ne s’absentera pas de nos colonnes puisque nous espérons publier par la suite des écrits encore inédits et des études sur son œuvre.

L'intégralité de l'hommage à Marc Fumaroli est disponible gratuitement seulement cette semaine.

Jean-Robert ARMOGATHE, Homélie

Alain BESANÇON, L’amour des lettres et l’amour des arts

Jean-Claude CASANOVA, Marc et Commentaire

Frédéric COUSINIÉ, La conversion du regard

Benedetta CRAVERI, La sua seconda patria

Pierre MANENT, Professeur d’admiration

Philippe RAYNAUD, Un artiste et un esprit religieux

Jean TULARD, De la Fondation Thiers à l’Académie

Michel ZINK, Courageux et libre

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n° 172/Hiver 2020-2021.

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Pendant les fêtes, écoutez l'émission en podcast avant sa rentrée le 9 janvier 2021.
Voici le lien : Radio Classique

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