Au cœur du n° 162/Été 2018

La lettre du vendredi 29 juin 2018

Avec son nouveau numéro disponible en librairie, en kiosque et sur www.commentaire.fr, Commentaire vous offre des lectures diverses pour l’été. Cette lettre du vendredi poursuit la découverte du n° 162 au travers d’une sélection d’articles. 

Maurizio Serra, Gabriele D’Annunzio entre en guerre (1914-1915)

Comme on va le voir, Gabriele D'Annunzio entra en guerre avant son propre pays et cet épisode important de sa vie contribue à expliquer son rôle dans l'histoire italienne et européenne. Cet article, que son auteur a bien voulu adapter pour notre revue, est tiré d'une biographie, D'Annunzio le magnifique, qu'il publie ce trimestre aux éditions Grasset. [Acheter la suite de l’article]

 

Bernard de Fallois, Variété (I)

Nous avons dit quel grand rôle avait joué Bernard de Fallois lors de la création de Commentaire et quel ami fidèle il avait été pour Raymond Aron et pour tous ceux qui animent cette revue.
En hommage, nous publions dans ce numéro quelques textes de lui, dont certains sont inédits et qui tous sont susceptibles, croyons-nous, d’intéresser nos lecteurs.

Littérature : Proust et Sagan
Bernard de Fallois a étudié, édité, préfacé, commenté, expliqué Proust. On va enfin publier à la rentrée la série des préfaces qu'il avait rédigées, sans les signer, pour les différents livres de La Recherche, dans l'édition de France Loisirs. Il n'existe pas de meilleure introduction, pour de jeunes lecteurs souvent intimidés par cette œuvre majeure. Spécialiste de Proust, il a été aussi un grand critique littéraire, dont il faudra réunir les écrits. En voici deux : Le premier, cela s'imposait, concerne Proust : comment a-t-on lu Proust, comment doit-on le lire et le relire ? Dans notre prochain numéro nous reviendrons sur son écrivain de prédilection et nous publierons un long texte inédit sur « Proust avant La Recherche  ». Le second traite d'un auteur mineur : Françoise Sagan. Proust a paru dans l'indifférence générale, ses livres se sont très peu vendus et seuls deux critiques ont immédiatement perçu son génie. Françoise Sagan fut encensée et connut d'immenses tirages. À la demande de Jean Paulhan, Fallois rédigea l'article que l'on va lire et qui explique la renommée encore persistante de cette écrivaine.

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Lecteurs de Proust
Un ouvrage fort bien fait 

Le cinéma de Fellini : La Dolce vita
« La Dolce Vita, le meilleur film de Fellini, a été mal accueilli à Cannes par les spectateurs et par les critiques. Le jury lui-même paraît très réservé. Ce sera peut-être un des scandales de ce festival. Espérons qu'il se trouvera au sein du jury quelques voix en sa faveur. Georges Simenon et Henry Miller, qui se sont élevés cette semaine devant les caméras de la télévision contre les tabous en art, ont ici l'occasion de passer aux actes », écrivait Bernard de Fallois en tête de cet article. Effectivement, Georges Simenon qui présidait le jury fut convaincu par Fallois, et La Dolce Vita de Fellini obtient la palme d'or du XIVe festival de Cannes. [Acheter la suite de l’article]

Politique 
Cette partie politique comprend quatre textes écrits entre 1974 et 1984. Dans le premier, « Le cœur et la raison », Bernard de Fallois explique pourquoi il prend position en faveur de Valéry Giscard d'Estaing lors de l'élection présidentielle de mai 1974. Le deuxième article, « La fin de trois légendes »,  en mars 1978, après les élections législatives, en tire les leçons. Le troisième répond à Michel Debré, qui, avait soutenu que les États de type national protégeaient mieux des tensions raciales que les États de type fédéral. Fallois soutient la thèse exactement contraire. Enfin, le dernier texte est une longue lettre de Fallois, en octobre 1984, sur le problème de la cohabitation. On sait que le texte de la Constitution de 1958 autorise la dyarchie, c'est-à-dire la cohabitation d'un président de la République et d'un Premier ministre s'appuyant chacun sur des majorités différentes. Raymond Barre, comme Pierre Mesmer, s'était opposé à la cohabitation telle qu'elle a été pratiquée en 1986. Fallois prend la même position que Barre.

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Le cœur et la raison
La fin de trois légendes
Contre le racisme
Lettre sur la cohabitation

 

Anka Muhlstein, Joseph Roth, l’exil et Le Roman des Cent-jours
Soixante-dix ans après sa parution, un roman quasiment oublié de Joseph Roth, Le Roman des Cent-Jours, a été réédité en 2016 par New Directions, une maison d'édition américaine. À cette occasion, Anka Muhlstein a étudié les années d'exil de l'écrivain. Elle retrace les étapes de la vie et de l'œuvre de Joseph Roth : la fin de l'Empire des Habsbourg, les succès d'un auteur prestigieux, l'exil, les derniers romans, l'Anschluss, le désespoir et la mort d'un grand écrivain. [Acheter la suite de l’article]

Béatrice Majnoni d’Intignano, Hirst à Venise. Transgression dans l’art contemporain
De mai à décembre 2017, l'exposition Treasures from the Wreck of the Unbelievable se déroulait au Palazzo Grassi et à la Punta della Dogana à Venise. Cette exposition, préparée depuis dix ans par l'artiste britannique, parfois sulfureux, souvent controversé, se déploie comme un rêve, une narration entre fiction et réalité. Cette forme d'art plastique détrônera-t-elle l'art conceptuel ? [Acheter la suite de l’article]

 

REVUE DE PRESSE

On a commémoré Mai 1968. Le cinquantenaire était bien là : les livres ont engorgé les librairies, les articles se sont multipliés, les radios et les télévisions ont crépité. Mélenchon et Martinez ont voulu recommencer et faire « converger les luttes » pour humilier Macron. Ils ont réuni des cheminots, des lycéens, des intermittents du spectacle, des étudiants, des « agriculteurs » de Notre-Dame-des-Landes et quelques autres, mais pas assez. L'Histoire n'a pas resservi les plats. D'ailleurs, le vieux Cohn-Bendit, héros éponyme qui a défait De Gaulle, soutient aujourd'hui le jeune Macron et les Français ont préféré les ponts de mai aux révolutions du même mois

Édouard Balladur, Retour sur Mai 68
Un livre mérite la recommandation, celui que republie Édouard Balladur, L'Arbre de Mai, chronique alternée, chez Plon, avec une nouvelle préface, que l'on va lire ici. Le jeune Balladur était à Matignon auprès de Georges Pompidou Premier ministre. Son livre décrit la débandade, face aux manifestants et aux grévistes, des ministres, des directeurs, des préfets, des recteurs, des patrons. Édouard Balladur, comme Georges Pompidou, est resté lucide et ferme. La leçon est simple : le pouvoir ne s'écroule que lorsque ceux qui le détiennent ne sont pas capables de le tenir. Pour comprendre l'Histoire, mieux vaut regarder à la tête, pas dans la foule. Mieux vaut commémorer ceux qui tiennent que ceux qui cèdent.

Laurent Joffrin, Les politiques économiques de la gauche radicale
Dans cet article, Laurent Joffrin analyse la pensée économique de la gauche radicale. Mais sa réflexion conduit à une question : pourquoi ranger sous la même étiquette (la gauche) des pensées discordantes ? Pourrait-on admettre une fois pour toutes qu'il existe plus de deux familles politiques et renoncer à l'hémiplégie, tantôt à gauche tantôt à droite, source de toutes les paralysies ?

Rémi Brague, Le Coran et l’antijudaïsme
Un manifeste a dénoncé « l'antisémitisme islamiste ». Son intention était louable, mais, comme le montre Rémi Brague, il aurait gagné à être mieux rédigé.

Alain Frachon, Le journalisme de Daniel Vernet
Alain Frachon salue un grand journaliste, Daniel Vernet, respecté par Pierre Hassner et par Commentaire. Comme André Fontaine, il illustra le service étranger, puis la direction du Monde.

Adrien Louis, Écriture inclusive et moralisme
Adrien Louis revient sur la querelle de l'écriture inclusive et son moralisme caché.

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LES IDÉES ET LES LIVRES

Pierre Manent, L’État et le gouvernement
Voici un extrait du dernier livre de Pierre Manent - La Loi naturelle et les droits de l'homme. (PUF/Institut catholique de Paris, « Chaire Étienne Gilson », 2018, 140 pages.) - qui a participé à la fondation de Commentaire et qui appartient au comité de rédaction de la revue.
« Si la loi naturelle doit être capable de guider et juger l'action, son pouvoir d'éclairement et sa juridiction doivent s'étendre à l'action par excellence qu'est l'action politique, l'action pour la chose commune. Elle doit être capable de l'appréhender non pas dans les régularités empiriques qu'elle peut présenter et qui intéressent des disciplines moins relevées, mais dans ses ressorts pratiques, dans ses motifs, dans sa capacité d'augmenter et de perfectionner l'opération humaine. La loi naturelle n'est pas une règle étrangère à l'action humaine comme le serait un critère physique ou métaphysique élaboré par la raison théorique ; elle est amie de l'action, motivante pour l'action. Elle ne peut juger l'homme agissant que parce qu'elle sait le guider et l'encourager. »

Patrice Guenifey, Cochin et l’histoire de la Révolution
Patrice Gueniffey introduit les œuvres d'Augustin Cochin : La Machine révolutionnaire,  éditées par Tallandier.

Bernard Bruneteau, L’Europe incomprise ?
Bernard Bruneteau exprime dans Combattre l'Europe. De Lénine à Marine Le Pen. (CNRS Éditions, 2018, 304 pages.)  le système de pensée de ceux qui s’opposent, à gauche ou à droite, à l’unification de l’Europe.

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EMMANUEL MACRON, LA RELIGION CATHOLIQUE ET LA DÉMOCRATIE

Le discours qu’a prononcé Emmanuel Macron aux Bernardins, le 10 avril 2018, en s’adressant aux Évêques de France et à travers eux aux catholiques français a produit un grand effet, et chez certains un désarroi et même un désaveu. L’événement mérite d’être considéré. Depuis de nombreuses années, les paroles présidentielles n’étaient pas d’une élévation telle qu’elles pouvaient susciter de tels effets. Des auteurs très différents dans leurs convictions religieuses, chrétiens ou agnostiques, expriment les impressions qu’ils ont retiré de ce discours et quelles réflexions il leur a  inspiré.

Alain Besançon, Un ton élevé   Fabrice Bouthillon, Classicisme des Bernardins   François Daguet, Dieu et César redivivus   Pierre Manent, Un discours amical et direct   Olivier Mongin, Le Président Macron, l’Église et la question intranquille du salut   Jean-Thomas Nordmann, Un subtil exercice de langage   Philippe Raynaud, L’incomplétude de la démocratie

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HISTOIRE

Sebastian Haffner, La Commune de Paris (II). La guerre civile 
Voici la suite et la fin tragiques du grand article de Sebastien Haffner. Les crimes commis par la Commune, les otages fusillés, les bâtiments incendiés, ne justifiaient pas la sanglante répression hors de toute forme judiciaire qui suivit et dont l’ampleur estimée par Sebastian Haffner est peut-être discutable, mais, même discutée, reste injustifiable. [Acheter la suite de l’article]

Georges-Henri Soutou, Les responsabilités de la guerre de 1914 et Alfred Fabre-Luce 
L’année 2018 va s’achever, et il faut insister sur la seule commémoration qui compte, celle qui porte sur l’événement qui fonde, de 1914 à 1918, le XXe siècle et qui en entraîne tous les malheurs. Nous y contribuons avec ce texte que nous a confié Georges-Henri Soutou.
De quoi s’agit-il ? La Grande Guerre hanta la génération d’Alfred Fabre-Luce. Il avait quatorze ans en août 1914 et il vit disparaître une partie des générations qui précédaient la sienne. Aussi il consacra à cette guerre, une partie importante de son œuvre historique : d’abord, en 1924, La Victoire (Gallimard), qui connut un grand retentissement en France, fut immédiatement traduit  à l’étranger, et ensuite bien d’autres écrits. La Victoire indigna Maurras et Poincaré, pour une raison simple. La guerre avait provoqué tant de morts parmi les jeunes Français que ceux qui, pour des raisons peut-être légitimes et sans doute sincères, avaient applaudi à son déclenchement, ou l’avaient souhaitée, ou encore l’avaient favorisée, étaient pétrifiés à l’idée qu’on puisse penser que la politique française pourrait avoir la moindre responsabilité dans le déclenchement de la guerre.
Georges-Henri Soutou, dans une analyse très approfondie, montre que les historiens ont confirmé les principales conclusions de Fabre-Luce. Ce qui mérite aussi d’être reconnu c’est que cet auteur tira ces conclusions à l’âge de 25 ans. Il a écrit cette formule très juste : « L’Allemagne et l’Autriche ont fait les gestes qui rendaient la guerre possible ; la Triple Entente a fait ceux qui la rendaient certaine. » [Acheter la suite de l’article]

 

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