Une vertu politique : la modération

Aurelian Craiutu

N° 148 Hiver 2014

Article


La modération s'oppose au radicalisme ou à l'extrémisme. Elle est « le cordon de soie qui court à travée le rang de perles de toutes les vertus », a précisé un évêque anglais du xviie siècle. Nous avons souhaité traduire pour nos lecteurs des extraits du dernier livre d'Aurelian Craiutu, A Virtue for Courageous Minds : Moderation in French Political Thought, 1748-1830 (Princeton University Press, 2012). Ce livre est consacré aux « modérés » ou aux « centristes » français du début du xixe siècle : Mounier, Lally-Tollendal, Necker, Germain de Staël et Benjamin Constant qui furent, à la suite de Montesquieu, les fondateurs du libéralisme français et les précurseurs de Tocqueville. À partir de ces écrivains, l'auteur propose un « décalogue » de la modération que nos lecteurs pourraient méditer. Nous remercions Aurelian Craiutu et son éditeur d'avoir bien voulu autoriser cette publication.

COMMENTAIRE

« Tout vouloir est d'un fou. L'excès est son partage. La modération est le trésor du sage. »VoltaireLa « modération animée »La modération est un concept contesté, qui reflète l'ambiguïté de notre vocabulaire moral et politique. Elle ressemble à un archipel perdu, que doivent redécouvrir les historiens et les...

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