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Un diplôme universitaire vaut-il le prix d'une voiture ?

Candide

N° 140 Hiver 2012

Article


Les Assises nationales de l'enseignement supérieur et de la recherche lancées par la ministre – les premières instances de cette nature depuis 1981 – appellent une réflexion sur l'état des universités, et suscitent des propositions de réformes pour une nouvelle réforme en 2013. Le verdict sur la situation actuelle est lourd. Sept professeurs d'université, sans responsabilités administratives, car ils enseignent et expérimentent, en France et aux États-Unis, se sont réunis pour en discuter. De leur discussion est née l'idée de cet article. L'un d'entre eux a pris la plume, il a rédigé ce texte et il l'a adressé à Commentaire en demandant à la revue de le publier. Candide souhaitait aller à l'essentiel. Il propose seulement deux mesures pour transformer les universités françaises : la liberté pour chacune de fixer son propre barème de droits d'inscription, et le droit de contrôler ses flux d'entrants. Ce serait le début de cette autonomie, dont on parle sans cesse et qui ne vient jamais. Son devoir achevé Candide est reparti cultiver son jardin, c'est-à-dire connaître pour enseigner. Il sait que jamais les Universités françaises, quoiqu'on dise, n'ont été aussi dépendantes d'une administration centrale aveugle et impuissante. Il redoute qu'on ne puisse réformer l'enseignement supérieur. La crainte paralyse les politiques et l'emporte sur tout argument. Comme son maître Voltaire, Candide sait que « les vrais travailleurs, derrière la scène, ont à peine une subsistance honnête, tandis que des personnages en titre fleurissent sur le théâtre ; que les sots sont aux nues et les génies dans la fange ». Pangloss lui avait recommandé de se taire. Il n'a pu s'empêcher d'aller aux Assises et d'y mettre son grain de sel. Il en est ressorti en courant. En nous quittant, comme il n'avait pas abordé le problème difficile de l'organisation publique de la recherche, il nous a suggéré la lecture des « Remarques et propositions sur les structures de la recherche publique en France », que vient de publier l'Académie des sciences. Tout y est dit. La presse n'en parlera pas. Le ton en est mesuré. Le verdict implacable.

COMMENTAIRE

L'enseignement supérieur et la recherche en France sont en crise depuis des décennies. En témoignent le déclassement scientifique de la France et la démoralisation d'une partie importante des étudiants et du corps enseignant des universités. En visant les faiblesses du système universitaire, ce n'est pas notre intention...

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