Triomphe de la censure en Russie

Victor Erofeev

N° 161 Printemps 2018

Article


Daniel Vernet, hélas disparu en février dernier, avait noté le 31 janvier sur son site « Boulevard extérieur » qu'une vague de censure déferlait sur la Russie. Un cinéma de Moscou avait mis à son programme un film d'Armando Iannucci, La Mort de Staline, inspiré par la bande dessinée éponyme de deux Français, Thierry Robin et Fabien Nury. Il s'agissait d'un film produit en Angleterre en 2017, qui a connu un grand succès à Londres en octobre de cette même année et qui est actuellement en salles à Paris.L'annonce de sa sortie à Moscou conduisit quelques professionnels de la culture à s'indigner et à dénoncer par une pétition « ce pamphlet visant à humilier l'homme russe (soviétique) ». Le ministre de la Culture Vladimir Medinski avait autorisé le film. Il revint sur sa décision après cette pétition inspirée par le patriotisme « russe et soviétique ».Victor Erofeev, lui-même auteur d'une biographie au titre ironique Ce bon Staline (Albin Michel, 2005), et que nos lecteurs connaissent déjà (« Poutine : un héros de conte russe », Commentaire, n° 158, été 2017), souligne à cette occasion, dans cet article qu'il a bien voulu nous confier, le durcissement du régime russe.

COMMENTAIRE

Un film à LondresIl n'y a pas longtemps, me promenant un soir dans les jolies rues de Londres, je suis tombé par hasard sur un cinéma où passait un nouveau film anglais, La Mort de Staline. Je vois qu'ils annoncent une comédie. Je vois que les acteurs sont...

Pour lire la suite, achetez l'article