Tenir ses comptes pour tenir son rang

Bernard (de) Montferrand

N° 147 Automne 2014

Article


Le vote français aux européennes n'est que la juste récolte de ce qui a été semé. Pas ou quasiment pas de campagne électorale, un pays affaibli parce que, contrairement à ses voisins, il repousse les réformes de son marché du travail et de ses comptes publics et sociaux qui lui permettraient de sortir du chômage et de la stagnation, un pays qui mène des politiques peu compatibles avec les engagements européens qu'il a signés en pleine connaissance de cause, un pays conscient de son retard qui l'empêche de prendre à Bruxelles les initiatives nécessaires et lui donne le sentiment que l'Union lui échappe, un pays et une classe politique, enfin, qui pour se déculpabiliser désignent les premiers boucs émissaires venus à la vindicte populaire. « Quand la France va mal, le Front national va bien et quand la France va bien, le Front national va mal », disait un auditeur à RTL ... Il en va de même pour l'Europe. Les Français ont moins voté contre l'Europe − ils disent d'ailleurs dans tous les sondages qu'ils sont attachés à l'euro − qu'ils n'ont exprimé leur exaspération devant les impasses dans lesquelles leurs responsables politiques les enferment.

B. de M.

L'Europe, un problème françaisSoigner le trouble que beaucoup ressentent après les élections, c'est d'abord reprendre raison sur le cas français. Pour tenir son rang à Bruxelles, la France doit tenir ses comptes. Comme l'a montré Georgette Elgey, de Gaulle en 1958 a marqué les premiers pas...

Pour lire la suite, achetez l'article