Sur l'entrée en guerre en 1914. I. Éclairagistes et architectes

Serge Sur

N° 164 Hiver 2018

Article


Nous avons publié l'été précédent (Commentaire, n° 162) un article de Georges-Henri Soutou intitulé : « Les responsabilités de la guerre de 1914 et Alfred Fabre-Luce ». Cet article reprenait la préface écrite pour l'édition, par Bernard de Fallois, d'un livre de Fabre-Luce intitulé Comment naquit la guerre de 1914. L'article, par rapport à la préface du livre, était enrichi de toutes les références nécessaires aux archives et aux travaux historiques. Le livre reprenait une partie du premier ouvrage de Fabre-Luce, La Victoire, publié en 1924 par Gallimard, complété par d'autres écrits plus tardifs sur les origines de la guerre de 1914-1918.La Victoire avait eu un grand retentissement en 1924. Le livre fut traduit en plusieurs langues. Il suscita l'indignation de Maurras, de Poincaré et de beaucoup d'autres car, contrairement à la lettre du traité de Versailles, il n'imputait pas à l'Allemagne la responsabilité exclusive de la guerre. Il écrivait : « L'Allemagne et l'Autriche ont fait les gestes qui rendaient la guerre possible ; la Triple Entente a fait ceux qui la rendaient certaine. » Georges-Henri Soutou approuvait cette formule. Serge Sur, que nous sommes heureux d'accueillir, la désapprouve. Il soutient un point de vue radicalement opposé. Et Georges-Henri Soutou, qui lui répond, maintient son opinion.

COMMENTAIRE

« L'Allemagne et l'Autriche ont fait les gestes qui rendaient la guerre possible ; la Triple Entente a fait ceux qui la rendaient certaine. » Trois termes implicites apparaissent derrière la formule d'Alfred Fabre-Luce : une constatation, des causes, des responsabilités. L'obsession de Fabre-Luce « était de retrouver les...

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