Sortie de crise ?

Ambroise Laurent

N° 130 Été 2010

Article


Les futurs manuels d'histoire retiendront que le monde a traversé à la fin de la première décennie du xxie siècle sa plus grave crise économique et financière depuis celle de 1929. En cette mi-2010, en sommes-nous vraiment sortis ? Les indicateurs qui annoncent le retour à une croissance soutenue cette année le laissent penser. Il en va de même des critiques qui dénoncent le retour au business as usual. Mais nombre de données montrent que la reprise est fragile et que l'onde de choc de la fin 2008 continue de diffuser ses effets. L'illustration en a été donnée par la crise grecque et sa propagation en avril-mai 2010 dans la zone euro. Le débat public sur ces événements et leurs conséquences bat son plein. Le présent article tente de mettre un peu d'ordre dans ces faits et ces échanges. Avec le début de clairvoyance que donne maintenant un premier recul, rappelons ce qu'ont été les facteurs clés de cette crise et de son dénouement apparent. Ni le système financier, ni les banques centrales, ni l'industrie bancaire, ni les activités de marché ne vont sortir indemnes de ces événements. Des changements structurels modifieront notre environnement économique et politique. Ceux qui affectent la puissance économique relative des grandes nations et les marges de manœuvre des différents États sont déjà clairement perceptibles, à commencer en Europe où des ajustements majeurs s'imposent. En revanche, l'incertitude demeure quant à la manière et à la capacité dont, en Occident, la finance pourra continuer à apporter sa contribution décisive au progrès économique. Au sortir de cette crise, la finance de nos pays sera-t-elle encore libérale dans son projet, son expression et sa mise en œuvre ? Tel n'est pas le moindre des enjeux.

A. L.

Les événements clés de 2007-2008Les caractéristiques majeures de la crise qui s'est déclenchée à l'été 2007 sont maintenant bien connues1. Encouragé par des mesures publiques d'incitation à l'accès à la propriété, par un environnement de taux faibles et par une hausse régulière de la valeur...

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